Le lait, le riz, les céréales et les grains secs
Ces denrées feront à nouveau l'objet de majoration
dans les jours à venir. Le riz Basmati a déjà
accusé une nouvelle hausse cette semaine. Soit une moyenne
de Rs 4,40 par kilo ou Rs 22 de plus pour un sachet de 5kg. Dans
cette spirale de hausse dictée par une situation où
la demande dépasse largement l'offre sur le marché
international, le lait sera sans doute le plus affecté.
Les importateurs annoncent une majoration de 20% pour bientôt.
Nestlé a donné le ton cette semaine réajustant
certains de ses produits, dont le lait en poudre destiné
aux enfants. Dans les grandes surfaces, les rayons "produits
laitiers" font déjà grise mine. Une bonne partie
annonce qu'elle sera bientôt en rupture de stock après
le week-end.
"Pa reste beaucoup !", déclarait, hier
matin, un employé d'un supermarché très prisé
dans la capitale, s'affairant à installer les boîtes
de lait Red Cow sur les étagères. À la sortie
de cette même grande surface, un couple poussant un caddie
contenant une dizaine de boîtes de lait Twin Cow confirme,
en quelque sorte, les craintes d'une éventuelle flambée
de prix de lait. Dans les autres hypermarchés, principalement
ceux des Plaines Wilhems, la même attitude est notée.
"Les nouvelles vont vite à Maurice. Cette semaine,
les clients se sont rué vers les rayons des produits laitiers.
Certains partent même avec dix boîtes de lait en poudre.
Nous disposons d'un stock d'un peu moins d'une semaine. Mais si
cette tendance se confirme, il est presque certain que nous serons
en rupture de stock après le week-end", déclare
le responsable d'un hypermarché.
Les importateurs se retrouvent également en situation difficile.
Ils n'arrivent pas à approvisionner les revendeurs qui,
pour leur part, n'écartent pas la possibilité d'une
pénurie de lait. Ce scénario n'est toutefois pas
à l'ordre du jour du côté des importateurs
qui, selon les informations recueillies, se sont déjà
penchés sur leur nouvelle liste de prix de leur dernière
et nouvelle cargaison. Il ressort en effet que la hausse moyenne
devrait se situer dans les 20% dans un premier temps. À
titre d'exemple, un kg de lait en poudre Red Cow devrait se vendre
entre Rs 142 à Rs 148 dans les jours à venir. Une
boîte de 1 kg de lait en poudre, globalement, devrait coûter
plus de Rs 125.
Les préoccupations des consommateurs portent toutefois
sur la disparition de certains produits dans les rayons des supermarchés,
dont certaines marques de lait vendues en brique, parmi lesquelles
Red Cow. "Depuis quelque temps nous n'en recevons plus",
déclare un gérant de supermarché. Il reste
que certaines marques sont encore disponibles dans les grandes
surfaces, alors que d'autres seront sans doute appelés
à disparaître, notamment les produits venant de l'Argentine.
"Le problème, c'est que l'Argentine a imposé
une export duty 1000 usd par tonnes, occasionnant ainsi
une hausse moyenne de 50% sur le prix de vente", indique
Mosadeq Sahebdin, coordonnateur à l'institut pour la protection
des consommateurs (ICP).
Le fait est qu'une baisse de la croissance de la production de
lait au niveau mondial aura un impact direct sur le prix, d'autant
plus que la demande a augmenté par 1% cette année
sur le marché mondial. À titre d'exemple, la poudre
de lait écrémé a connu une majoration de
50% sur le marché mondial. Les stocks s'épuisent
rapidement, notamment à cause des conditions climatiques
difficiles en Australie, la taxation élevée des
exportations décrétée en Argentine et l'arrêt
pur et simple des exportations décidé en Inde. À
cela s'ajoute l'arrivée de nouveaux grands pays importateurs
sur le marché comme la Chine, les pays du Moyen-Orient,
le Mexique et le Brésil. La baisse de l'offre s'explique
également par la réorientation de la production
des pays de l'Union européenne vers des produits à
haute valeur ajoutée, tels les fromages, les yaourts et
les produits laitiers liquides.
Le même scénario se dessine pour le riz, dont la
récolte est sérieusement affectée par les
mauvaises conditions climatiques. Cette semaine, le riz Basmati
a enregistré une nouvelle majoration de prix, un sachet
de 5kg de Rimilda, par exemple, est passé de Rs 148 à
Rs 170, alors que le sachet de Rosana coûte Rs181 au lieu
de Rs 159.
Arrêt de vente de gaz ménager
Les gérants de stations-service menacent à nouveau
Les gérants des stations-service, réunis au sein
de la Petrol Retailers Association (PRA), ont à nouveau
menacé de stopper la vente de gaz ménager en raison
de l'absence de décision du gouvernement de revoir leur
marge de profit. Après avoir obtenu une augmentation de
50 sous sur chaque kilo de gaz ménager vendu en janvier,
ils s'attendaient en effet, selon les promesses du ministre du
Commerce, Rajesh Jeetah, disent-ils, à avoir 10 sous supplémentaires
en avril. "Minis Jeetah pe amenn nou an bato",
a déclaré le secrétaire de la PRA, Roopchand
Ragooputh.
"Non seulement il est en train de nous mener en bateau,
il fait tout pour mener notre bateau à la dérive",
ajoute le secrétaire de la PRA, qui relate les événements
de lundi: "Le ministère nous a informé à
11h25 que nous étions convoqués à une réunion
le même jour à 16h30. Lors de la réunion,
le Permanent Secretary nous annonce que les 10 sous promis ne
nous seront pas accordés parce que c'est une cabinet
decision. Le lendemain matin, mardi, nous avons organisé
une réunion d'urgence et à 11h, nous avons reçu
un appel du secrétaire du ministre nous faisant part que
ce dernier veut nous rencontrer à 15h30. Nous avons accepté
de le rencontrer. À 16h25, il se pointe pour nous annoncer
la même chose: it's a cabinet decision !"
Pour Roopchand Ragooputh, le ministre concerné n'aurait
pas tenu sa parole en prenant l'engagement en décembre
2006 d'accorder les 10 sous additionnels en avril, afin que les
gérants des stations-service puissent couvrir les coûts
liés à la vente des bonbonnes de gaz ménager.
Ils ont ainsi formulé une nouvelle demande dans ce sens,
de même que pour leur profit margin sur l'essence
et le diesel. "Nous avons demandé à ce que
notre marge de profit soit fixée à un taux de 6%.
Ailleurs, tous les dealers bénéficient d'un
pourcentage. À la Réunion par exemple, ils bénéficient
de 8%, ce qui leur permet d'accepter les cartes de crédit.
Or à Maurice, qui aspire à accueillir 2 millions
de touristes, les cartes de crédit ont été
bannies dans les stations-service. Au lieu d'avancer, nous sommes
en train de reculer", indique-t-il.
Les principaux points qui seront discutés lors de la réunion
du 19 avril sont l'arrêt de la vente du gaz ménager;
la marge de profit sur les carburants; les heures d'ouverture,
et la sécurité des travailleurs dans les stations-service.
Les récents braquages dans les fillings ces derniers
temps inquiète la PRA. Elle a eu une réunion de
travail avec les hauts gradés de la police en fin de semaine
pour voir dans quelle mesure la sécurité pourrait
être renforcée dans les stations-service.
Depuis mardi
Le diesel plus cher
Le diesel coûte plus cher depuis mardi, le prix d'un litre
à la pompe passant de Rs 26.50 à Rs 28.35. La nouvelle
structure de prix pour ce carburant sous l'Automatic Pricing Mechanism
(APM) a été avalisée lors de la réunion
du certification committee chargé de fixer les prix
des carburants pour ce deuxième trimestre de l'année.
Par contre, le prix de l'essence est resté inchangé,
Rs 32.50 le litre, ainsi que celui de l'huile lourde: Rs 11.15.
L'augmentation du prix du diesel est attribuée par une
baisse dans l'importation de ce carburant durant ces trois derniers
mois, et ce malgré une stabilisation du brut sur le marché
mondial. L'année dernière, c'est l'inverse qui s'était
produit lorsque le volume de carburant avait connu une importante
hausse. Le prix du diesel avait alors baissé. Si l'on suit
cette logique, le prix du diesel devrait baisser lors des deux
prochains exercices, avec une hausse attendue dans la consommation
avec l'ouverture de la coupe sucrière.
" Tailoring Fiscal Policy "
Fer de construction : baisse des tarifs douaniers à
15%
À peine le rachat de Desbro International Limited par Murray
and Roberts d'Afrique du Sud conclu, le gouvernement a accédé
à deux demandes qui avaient été jusqu'ici
rejetées par le ministère du Commerce.
À partir de la fin de la semaine écoulée,
les prix de vente au détail des barres de fer de construction
ont été libéralisés avec un ajustelent
vers la hausse et les tarifs douaniers sur les importations de
ces matériaux de construction ont été réduits
de 30% à 15%.
Ces décisions ont été entérinées
par le conseil des ministres de vendredi alors que les 181 employés
licenciés de Desbro International Limited sont toujours
dans le flou quant à leur avenir avec la fermeture de l'unité
de production de Plaine-Lauzun.
Les raisons avancées par le gouvernement pour justifier
ces décisions et pour essayer de rejeter la thèse
de tailoring fiscal policy en faveur du nouveau venu sur
le marché, Murray and Roberts, sont que l'objectif est
d'atténuer la pénurie des barres de fer sur le marché
local avec des risques de paralysie de l'industrie du bâtiment.
Murray and Roberts, qui a racheté Desbro, ne sera pas en
mesure de redémarrer la production avant trois mois.
Les mesures annoncées sont la réduction de la taxe
de 30% à 15% sur l'importation des barres en provenance
des pays ne faisant pas partie de la COMESA ; la libéralisation
du prix des barres de fer, importées ou produites localement.
D'autre part, le ministère du Commerce devra s'assurer
que les producteurs, les importateurs et les revendeurs ne s'engagent
pas dans des pratiques abusives au détriment des consommateurs.
Au cas contraire, la menace de la réintroduction du contrôle
des prix est brandie par le gouvernement.
Par ailleurs, la Commission pour la démocratisation de
l'économie, sous la présidence du député
Cader Sayed-Hossen, étudie les moyens d'encourager davantage
de compétition dans ce secteur. Cette instance compte dans
les jours à venir rencontrer les acteurs potentiels à
cet effet.
Du côté de Desbro International Limited, l'on dénonce
avec véhémence la politique adoptée par le
gouvernement depuis l'année dernière visant à
"étrangler" financièrement cette compagnie
en refusant une révision des prix de vente des barres de
fer sur le marché local pour permettre à l'usine
de fonctionner. Or, aujourd'hui, the first casualties ne
sont autres que 181 pères de familles, dont certains avec
plus de 30 ans de service, se retrouvent sur le pavé du
jour au lendemain.
Commerce du fer de construction
Jayen Chellum de l'Acim: "La déstabilisation du
marché coûtera cher aux consommateurs"
Les "tergiversations" et l'"utilisation"
du contrôle des prix pour "déstabiliser le
marché" coûteront cher aux consommateurs,
a estimé, hier, le secrétaire-général
de l'Association des Consommateurs de l'île Maurice (Acim),
Jayen Chellum.
En l'absence d'une législation pour régir la compétition
et les risques de constitution de monopoles, de duopoles et de
cartels, l'Acim doute fort que la libéralisation décidée
des prix de vente du fer de construction ne joue en faveur des
consommateurs. L'association cite, à cet effet, l'exemple
flagrant du poulet.
L'Acim condamne, d'abord, ce qu'elle estime être l'utilisation
du contrôle des prix pour, dans un premier temps, éliminer
un opérateur du marché du fer de construction. Maintenant
que, déclare-t-elle, une "compagnie étrangère"
contrôle 80% de ce marché, la libéralisation
des prix ne se fera, en rien, à l'avantage des consommateurs.
Même si l'association convient que la baisse à 15%
des droits de douane à l'importation des pays du Comesa
peut, dans un premier temps, entraîner une baisse des prix
de vente, l'absence d'un Competition Act en vue d'assurer
un "level praying field" dans le commerce n'est
pas, à terme, dans l'intérêt des consommateurs.
Sur le même dossier du fer de construction, Jayen Chellum
a allégué, hier, lors d'une conférence de
presse, que du fer de construction qui ne répondrait pas
aux normes initiales du Mauritius Standards Bureau (MSB) aurait
été écoulé sur le marché il
y a quelques mois. Selon lui, ces normes de fiabilité auraient
été, par la suite, révisées à
la baisse "à l'insu des autres compétiteurs
et des ingénieurs".
M. Chellum condamne aussi ce qu'il estime être l'importation
récente, "dans un manque de transparence",
de 20 000 tonnes de ciment par la State Trading Corporation (STC).
L'Acim salue, sous ce rapport, les fonctionnaires "qui
ont refusé de s'y associer" et dit son intention
de soutenir toute demande de commission d'enquête en vue
de faire la lumière sur cette transaction "qui a occasionné
plus de Rs 100 millions de pertes des caisses de l'État".
Fer de construction
Ashok Subron de la Steel Rolling Workers' Union: "Travailleurs
et consommateurs victimes de la lutte entre dinosaures et rapaces"
Pour Ashok Subron, conseiller technique de la Steel Rolling Workers
Union, syndicat affilié à la General Workers' Federation
(GWF), les derniers développements intervenus, vendredi,
dans le dossier du fer démontrent que le pays, les travailleurs
et les consommateurs "paient les conséquences de
la lutte féroce entre dinosaures et rapaces".
M. Subron trouve que c'est la débandade face à la
libéralisation du commerce international, conséquence
de la "mondialisation capitaliste". "Nous
constatons une guerre larvée entre différentes sections
du capital en vue de tirer le maximum de bénéfices
de la situation au détriment des consommateurs et des travailleurs".
Face à cela, l'État, d'après lui, avait le
choix de "protéger les travailleurs et les consommateurs"
en demandant à son bras économique, la State Investment
Corporation (SIC), d'acquérir 50% des intérêts
de la défunte Desbro. "Au lieu de cela, le gouvernement,
déclare Ashok Subron, a préféré
la loi de la jungle".
Pour le conseiller du syndicat des travailleurs de Desbro, après
la décision du Cabinet des ministres de libéraliser
les prix du fer de construction, il est encore plus important
pour Rogers et le gouvernement "d'assumer leurs responsabilités"
envers ces derniers, "victimes innocentes de la guerre
entre dinosaures et rapaces".
Aussi, la Steel Rolling Workers' Union maintient-elle toutes ses
demandes initiales, notamment le redéploiement des licenciés
dans les autres filiales de Rogers ou la réembauche de
l'ensemble des ex-travailleurs de Desbro par le repreneur "selon
les mêmes conditions d'emploi et de service".
Pour M. Subron, le sort de l'ex-Desbro n'est qu'un "avant-goût
de ce que réserve la mondialisation capitaliste à
l'ensemble des industries de substitution".
Assemblée générale annuelle MLC
Réalité socio-économique et mobilisation
"Zot bizin faire zot la voix tendé en corcordance
ek la réalité économique", a déclaré
Arvind Boolell, ministre de l'Agro-industrie à l'ouverture
de l'Assemblée générale annuelle de la Mauritius
Labour Congress à l'Hôtel Gold Crest à Quatre
Bornes. Déclaration dans un contexte de réformes
dans différents secteurs et de la crainte des travailleurs
exprimée par le Président de la fédération
syndicale Cassam Kurreeman. Arvind Boolell s'est voulu rassurant
en parlant de la formation et de l'encadrement des travailleurs
dans les secteurs en difficultés. Les travailleurs de l'industrie
sucrière bénéficieraient d'une grande part
de la somme de Rs 12, 5 milliards destinées aux mesures
d'accompagnement.
Inflation, changement dans le tripartisme, fermeture prochaine
de trois usines sucrières et surtout le Employees Relation
Bill. Telles sont les préoccupations majeures du MLC
dans un contexte de globalisation. Son président, Cassam
Kurreeman, a déclaré que la fédération
syndicale a atteint ses objectifs mais que son travail est entravé
par la situation économique et sociale prévalant
dans le pays. Il a parlé des négociations salariales
difficiles, de la crainte des travailleurs face à la centralisation,
le flou qui existe autour de la SIE Act et le manque d'information
par rapport au "new industrial law". Le ministre de
l'Agro-industrie a répondu au nom du gouvernement que le
Employees Relation Bill sera bientôt circulé
et que cette loi est nettement en faveur de la classe des travailleurs.
Il a cité en exemple une allocation chômage dont
bénéficieraient les sans-emplois en attendant de
trouver un autre travail. Le ministre Boolell a aussi parlé
du droit de grève, de l'encadrement des travailleurs et
des cotisations sociales. Il est important de réconcilier
l'économie et le social dans un contexte où les
réformes sont inévitables, a-t-il déclaré.
Le vice-Président de la République, Raouf Bundhun,
qui procédait à l'ouverture de l'assemblée
souhaitait que le ministre de l'Agro-industrie soit interpellé
sur la fermeture prochaine de trois sucreries et le redéploiement
des travailleurs dans ce secteur. Arvind Boolell a évoqué
le marché libre qui se profile à l'horizon. Le pays
n'a pas d'autres choix que de baisser les coûts de production
et d'adopter la politique de clustering. D'ici 2013, le
pays bénéficiera d'une somme de Rs 12, 5 milliards
en termes de mesures d'accompagnement. 51% de cette somme ira
dans divers secteurs de l'économie (seafood, textile
),
une partie dans le Empowerment Fund et une autre dans l'industrie
sucrière au bénéfice des travailleurs. "Nou
la pou proteze bane travailler
donne bane mesures d'accompagnement
pou empower zot", a déclaré Arvind Boolell.
Il a aussi parlé du Competition Bill et de la nécessité
d'élargir nos marchés d'exportation. Il a évoqué
le lien organique entre le travaillisme et le syndicalisme. Il
ne faut toutefois pas se dissocier de la réalité
économique et sociale, a-t-il ajouté.