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Politique énergétique
La filière charbon privilégiée
Face à l'enjeu que représente la politique énergétique
dans le cadre des engagements pris avec l'Union européenne
pour la réforme sucrière, le gouvernement a dû
mettre en catastrophe les bouchées doubles pour élaborer
et adopter une Outline of Energy Policy 2007/2025. Ce document,
qui sera présenté à la Commission européenne
à plus ou moins brèves échéances,
prend l'engagement de soumettre un long term renewal energy
master plan au plus tard l'année prochaine. Mais le
fait majeur dans la nouvelle politique énergétique
adoptée par le conseil des ministres de vendredi demeure
le choix privilégié accordé à la filière
des centrales thermiques à charbon aux dépens de
la bagasse et d'autres sources traditonnelles. Quant au volet
consacré à la production d'éthanol, le document
préliminaire du gouvernement annonce que les partenaires
stratégiques et les stakeholders de l'industrie
sucrière seront appelés à contribuer au capital
des compagnies à être incorporées.
La Outline Policy 2007/2025 ne passe pas par quatre chemins
pour confirmer le rôle de premier plan qui sera consacré
aux centrales thermiques brûlant le charbon pour générer
de l'énergie électrique. " The preferred
strategy is to increase the share of coal in the country's enerygy
mix ", peut-on lire au paragraphe 4.7.2 du document officiel
du gouvernement. Poursuivant son analyse sur la stratégie
énergétique à être adoptée,
le gouvernement avance que " the alternative and reliable
source is coal with proven reserves that can last at least a century
and a range of technologies already available in the market place
for its efficient conversion into electricity ".
Une autre raison avancée pour favoriser l'option stratégique
du charbon est d'ordre géopolitique. " Coal is
the only fossil fuel oil available with proven reserves that can
last for much longer than oil, in addition to its even distribution
around the globe, making it less prone to geopolitical and other
associated risks and therefore less volatile in terms of prices
", fait encore ressortir la Outline of Energy Policy
pour 2007 à 2025.
Selon les prévisions établies par les spécialistes
de l'énergie au gouvernement, la part du charbon devrait
approcher la barre des 55% d'ici 2013 alors qu'actuellement cette
source assure quelque 42% des besoins énergétiques
du pays. Le poids de l'huile lourde passera de quelque 37% en
2007 à 20% en 2013. Ces chiffres confirment la thèse
avancée que " in the medium term, coal would substitute
oil to a great extent, thereby reducing the country's dependence
on oil ".
Pour atteindre cet objectif, les plans et projets d'investissements
devront être revus en délaissant les bagasse-coal
plants au profit des dedicated coal plants. " Such
a strategy would allow diversification away from oil with least
uncertainty and would improve security of electricity in the country
at a lower cost than oil. The higher efficency of dedicated coal
plants would also allow the cost of electricity generation from
coal to be less than from bagasse-coal plants ", souligne
le document, qui ne fait qu'effleurer le grave problème
de pollution avec la phrase que " the issue of ash disposal
to be addressed ".
Appréhensions
La place prépondérante réservée au
charbon dans la stratégie énergétique pour
les 20 prochaines années attise les appréhensions
suscitées par l'intérêt que porte le gouvernement
au projet d'une centrale à charbon de 110 MW à Pointe-aux-Caves
dans la région de Pointe-aux-Sables, projet dont les promoteurs
sont CT Power. (voir commentaires de Paul Bérenger
plus loin). La question avait initialement été évoquée
par le député MMM Alan Ganoo à l'Assemblée
nationale lors de la précédente séance. Le
ministre de tutelle, Abu Kasenally, avait parlé de "
coming into operation of the two coal thermal plants in which
the CEB will have equity ".
À ce stade, tout semble indiquer que la principale recommandation
de la politique énergétique définie par le
gouvernement sera au centre de controverses entre le gouvernement
et l'opposition. Néanmoins, la contradiction se trouve
également au sein du gouvernement. En première ligne,
Nita Deerpalsingh, membre de la Commission pour la démocratisation
de l'économie, a déjà signifié son
objection à un accroissement de l'importance du charbon
dans la production d'énergie électrique. C'était
lors de la précédente séance parlementaire
avec une passe d'armes avec le ministre Abu Kasenally.
" With respect to this formulaton of the national energy
policy, may I ask the Honourable Minister whether the expertise
of people who have knowledge on the coastal reefs have been sought
because if we look at the data and evidence in Mr Gore's documentary,
the evidence on the impact of coal-fired power plants on coastal
reefs is devastating ? ", avait demandé la backbencher
de la majorité, qui devrait se faire entendre dans les
jours à venir maintenant que la politique énergétique
que compte adopter le gouvernement est connue.
Lors des interpellations supplémentaires, le député
du MMM Alan Ganoo devait également revenir à la
charge sur le projet de centrale à charbon à Pointe-aux-Caves.
" If any coherent energy policy means the increase on
the contribution of bagasse to national energy production, how
does he reconcile this to the stetting up of a 110 MW coal-fired
plant at Pointe-aux-Sables ? It is the first time in Mauritius
that a plant with a capacity of 110 MW will be set up. This is
unprecedented. How will that be possible to accommodate such a
huge coal-fired plant and at the same time increase our bagasse
contribution to our national energy production ? " avait-il
demandé au ministre Kasenally.
Éthanol
L'autre élément de controverse et de contradiction
dans la politique énergétique demeure la production
d'éthanol avec un objectif minimal de 30 millions de litres
annuellement selon les prévisions de la Multi Annual Adaptation
Strategy pour l'industrie sucrière. La Outline
of Energy Policy mise sur l'exportation de l'éthanol
même si, sur un potentiel d'exportation de 80 millions litres
au cours de ces trois dernières années, Maurice
n'a exporté que huit millions de litres.
" The objective with respect to biofuels is to integrate
its use in the energy mix for the transportation sector in the
medium-to-long-term. This would provide the opportunity to reduce
emissions of carbon dioxide in the transportation sector through
the use of renewable fuels. For the time being, the only target
which has been established is the completion of approprtiate studies
into the use of bio-fuels by mid-2008 ", affirme
le gouvernement.
Les possibilités de subventionner la production d'éthanol
sont considérées comme étant très
minces vu le contexte de réorientation des subventions.
" Any direct subsidy on production or use of ethanol would
not be warranted except in the environmental context. Biofuels
would therefore have to compete with other fuels on a level playing
field with a minimum of price incentives ", recommande
le rapport officiel.
La Outline of Energy Policy fait des propositions d'ordre
général au sujet de la constitution des entités
engagées dans la production d'éthanol. "
Participation by both strategic partners and sugar industry stakeholders
in the equity of ethanol companies will be a hallmark of the new
set up to democratize the economy. The level of participation
of the various parties in the equity of the ethanol companies
will be subject to mutual agreement on terms and conditions that
may be shaped by the specificities of molasses production ",
stipule encore le rapport.
L'introduction de differential tariffs est également
à l'étude dans le contexte de la nouvelle politique
énergétique. " The differential tariffs
could flatten peak demand and reduce costs to the CEB whilst at
the same time reducing the electricity bills of households ".
D'autre part, le gouvernement s'appesantit sur le fait que
" the price of electricity that the CEB would pay to IPPs,
including bagasse-coal plants, has to be cost-reflective and competitive
with any alternative supply options ".
En termes d'investissements, le rapport établit que pour
les 25 prochaines années, Maurice aura besoin d'un budget
de Rs 80 milliards. " The overriding priority will be
to secure adequate investment in a properly functional market
by providing the right investment climate. The close monitoring
of the demand and supply balance will be required to identify
any shortfall. Moreover, prior to any decision being taken, a
financial and economic analysis will be required as to gauge the
impact of options being chosen ", rappelle le gouvernement
alors que le débat sur le projet de centrale thermique
à charbon de Pointe-aux-Caves avec ses risques de pollution
et de contradiction avec les engagements pris avec Bruxelles fait
déjà rage
Beau-Bassin/Rose-Hill
L'ICAC enquête sur l'utilisation d'équipements
à des fins privées
Une équipe d'enquêteurs de la Independent Commission
against Corruption s'est, cette semaine, rendue à la
Municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill dans le cadre d'une
enquête ouverte sur l'utilisation par un haut responsable
administratif d'un équipement et de travailleurs municipaux
pour des travaux de fouille à sa résidence. Ce ne
serait, toutefois, pas la seule raison de la visite de l'ICAC
à la mairie, d'autres dossiers intéressant aussi
les enquêteurs de la commission. Mirella Chauvin, la maire
a laissé entendre que ses services collaborent pleinement
avec les enquêteurs et qu'elle est, elle-même, pour
la transparence.
L'affaire avait été dénoncée dans
une lettre envoyée à l'ICAC. Cette correspondance
portait la signature de Jean Marie Laviolette, un employé
municipal des villes surs. Or, convoqué à
l'ICAC pour une déposition formelle, l'employé a
catégoriquement nié être l'auteur de ces dénonciations.
Il aurait, toutefois, été soumis à un examen
de comparaison de signatures et la commission serait arrivée
à la conclusion, après vérification, qu'elles
ne corroborent pas et que Jean Marie Laviolette n'est pas le véritable
auteur de ses dénonciations. Cet employé, qui avait,
en juin 2006, dénoncé des abus et des irrégularités
à la municipalité, pense qu'il s'agit d'une usurpation
d'identité délibérée visant à
l'embarrasser et à le nuire. Il a consigné une déposition
dans ce sens à la police.
Une de ses requêtes en vue d'obtenir copie d'une lettre
qu'il est supposé avoir signé en relation avec la
dénonciation à l'ICAC et adressée au secrétaire
de la ville n'avait pas été entretenue jusqu'à
l'intervention de l'Attorney General, Rama Valayden qui
s'est rendu à la mairie le 28 mars pour "régler"
les problèmes de divers employés de l'administration
des villes surs. (voir Week-End du 1er avril et l'affaire
de l'employé réintégré au Quorum).
Le responsable des ressources humaines lui a bien remis le document
exigé sur intervention ministérielle mais il a pris
bien soin de noter que "copy of letter handed to Mr Laviolette
upon instructions from Chief Executive, M. K. Isram, SC, HRDO,
28/03/07".
Jean Marie Laviolette a eu maille à partir avec certains
de ses collègues et le secrétaire de la ville qui,
soutient-il, refuse d'approuver le paiement des heures supplémentaires
qu'il a effectué. Il y a aussi de nombreux échanges
de correspondances entre cet employé et les cadres administratifs.
On note un cas au moins où un avertissement qui lui avait
été administré a été retiré.
Celui de novembre 2005/mars 2006. Après des invectives
épistolaires graves, le secrétaire de la ville lui
écrit ceci, le 13 mars 2006: "I wish to refer to
the letter adressed to you on 03 Febraury 2006 and to reiterate
that the warning administered to you on 21 December 2005 has been
withdrawn and that there is no case against you".
Une nouvelle affaire d'indiscipline a été logée
contre Jean Yves Laviolette le 26 mars et
le 28 mars, date
de la "visite" de Rama Valayden à la mairie,
tout est, selon la formule consacrée, rentré dans
l'ordre.
Citoyenneté d'honneur -Nitin Soonarane propose Jean
Claude de l'Estrac
Nitin Soonarane a, dans une motion déposée le 26
mars dernier, proposé que la citoyenneté d'honneur
soit conférée à Jean Claude de l'Estrac.
Sa motion, qui doit, en principe, être débattue à
la prochaine réunion trimestrielle du Conseil municipal
de Beau Bassin/Rose Hill fixée au 26 avril prochain, se
lit comme suit:
"This Council moves that the Honorary Freedom (Citoyenneté
d'Honneur) of the Town of Beau-Bassin/Rose-Hill be conferred
upon Mr. Jean Claude de L'Estrac, for the exemplary services to
the Town of Beau-Bassin/Rose-Hill and most particularly to the
Republic of Mauritius".
Tout allait très bien pour le conseiller Soonarane qui
avait déjà déposé sa motion et reçu,
d'ailleurs, un "acknowledgement" du secrétaire
de la ville, Krishnanan Isram en date du 2 avril dernier, lorsqu'il
a appris, un peu plus tard, que certains de ses collègues
envisageaient de l'approcher pour lui demander de ne pas aller
de l'avant et de laisser cette démarche à quelqu'un
d'autre.
"On cherche à me voler mon initiative"
a commenté le conseiller qui reproche à ses collègues
de ne pas y avoir pensé et de chercher à s'approprier
la paternité d'une démarche qui est la sienne. Il
a aussi dit espérer que cette motion ne connaîtra
pas le même sort que celle qu'il avait présenté
proposant la création d'un Sir Gaetan Duval Memorial
Scholarship. Cette motion présentée en janvier
dernier n'avait pas été considérée
faute de quorum, ses collègues de la majorité ayant
choisi d'effectuer un walk-out.
Le fait est que si la motion de citoyenneté d'honneur de
Nitin Soonarane est adoptée, c'est le conseil municipal
qui remettra à l'ancien député de Stanley/Rose
Hill et maire des villes surs et, actuel directeur exécutif
du groupe La Sentinelle cette distinction et non un conseiller
individuellement même si le mérite d'y avoir songé
lui revient.
Mais on se dispute tout à la mairie de Beau Bassin/Rose
Hill depuis qu'elle est tombée, dans les circonstances
que l'on sait, entre les mains de l'alliance sociale et du Mouvement
Républicain en particulier. Pas une semaine ne se passe
sans qu'il n'y ait scandale, malversation alléguée,
enquête de l'ICAC et ingérence politique.
Mêmes les conseils trimestriels, qui se tiennent pourtant
en public, ne sont pas épargnés avec des réunions
entachées par des arguments et des jurons qui volent très
bas. Et il vaut mieux ne pas parler de la gestion des affaires
courantes qui laisse beaucoup à désirer comme en
a témoigné l'incompétence à gérer
un simple problème de ramassage d'ordures post-Gamede.
Être citoyen d'honneur sous une telle administration, est-ce
vraiment
un honneur ? C'est à se demander.
Sanjay Ram aussi connu comme Pokelin: "Je n'étais
pas à la Municipalité de BB/RH le 28 mars"
Sanjay Ram, aussi connu comme Pokelin a, suite à notre
article publié la semaine dernière, relatif à
l'intervention de Rama Valayden en faveur de Jean Sylvio Vieillesse,
transféré, dans le cadre d'une action administrative
et disciplinaire, du Quorum et dont il a obtenu le retour à
son poste, a formellement démenti avoir été
à la Municipalité de Beau Bassin/Rose Hill le 28
mars en compagnie de l'Attorney General et, encore moins
d'avoir proféré le fait que c'est ce dernier "ki
zot mari ici".
Pokelin précise aussi, dans une communication à
Week-End, qu'il est un agent de Rajesh Bhagwan et que ce
fait est, d'ailleurs, connu de tous aux villes surs.
Tracts en circulation
Signe du pourrissement aux villes surs, l'apparition de
tracts dénonçant des conseillers des arrondissements
1 et 2. Certains conseillers de l'Alliance sociale sont critiqués
pour avoir disparu du terrain et restés insensibles aux
doléances des habitants des quartiers concernés
et d'autres, ceux qui revendiquent être dans les bons papiers
des principaux dirigeants de l'Alliance sociale sont carrément
accusés de pratiques corrompues. Les auteurs des tracts
en circulation reprochent aussi à ceux en qui ils avaient
placé leur confiance pour dénoncer leurs collègues
et la mauvaise gestion de Beau Bassin/Rose Hill de s'être
soudainement tus. Ils se demandent à quel prix leur silence
a été obtenu.
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