a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 8 avril 2007



Économie - Sucre: L'escalade !
Politique et économie—Bérenger: Sucre: "une question de vie ou de mort"
Politique énergétique—La filière charbon privilégiée
Beau-Bassin/Rose-Hill—L'ICAC enquête sur l'utilisation d'équipements à des fins privées


Économie

Sucre: L'escalade !

Les dix derniers jours ont été témoins d'une véritable escalade au niveau du dossier sucre, que ce soit sur le plan local ou sur le plan étranger, notamment avec la confirmation de Bruxelles en ce qui concerne le démantèlement du Protocole Sucre. Profitant de l'occasion de la remise des prix de l'Illovo Award, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a lancé un appel pour que le dossier sucre soit traité au-dessus de toute considération partisane. Mais le véritable enjeu se joue au niveau des négociations sur les Accords de Partenariat Économique (APE) entre l'Union Européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), regroupés en six blocs régionaux. À ce niveau, les États des Caraïbes ont déjà une longueur d'avance sur les autres groupes car leur contestation de certaines dispositions des APE sont plus structurées. Le prochain sommet des ACP, prévu à la fin de ce mois aux îles Fidji, est considéré comme étant crucial et la délégation de Maurice s'apprête à participer activement à ces négociations pour sauver ce qui peut être sauvé de la coopération entre l'Union Européenne et les ACP.

Depuis le début de la semaine, le processus de centralisation sucrière est grippé avec les nouvelles conditions imposées par le gouvernement en marge de la fermeture de trois usines sucrières, Mon Loisir S.E., Riche en Eau S.E. et Mon Trésor S.E. En contrepartie à cette décision de fermeture, le gouvernement exige de l'ensemble de l'industrie une superficie de quelque 2 000 arpents de terre en sus des quelque 850 arpents nécessaires pour le volet social du Voluntary Retirement Scheme (VRS), du Blue Print et de l'Early Retirement Scheme.

Cette demande a eu l'effet d'une douche froide sur l'industrie sucrière, qui a clairement fait connaître son objection à qui de droit. Mais le bras de fer sournois qui se dessine à l'horizon suscite des appréhensions parmi les éventuels bénéficiaires de VRS et autres ERS. "Depuis dix-sept mois déjà, les employés de la sucrerie de St-Félix attendent un dénouement dans leur cas pour pouvoir obtenir leur dû avec la fermeture de cette usine. Mais jusqu'ici, les perspectives ne sont guère meilleures qu'il y a 17 mois. Pa bliyé kan léléfan laguerre, ti fourmi inosan ki gagn krazé. Travayer kapav atann so VRS avec labouzi rouz", a laissé entendre à Week-End un syndicaliste de l'industrie sucrière, inquiet de la tournure des événements.

Mais l'annonce officielle mercredi dernier par Bruxelles d'une nouvelle offre d'accès au marché européen est venue rappeler une dure réalité, à savoir le démantèlement du Protocole Sucre avec l'entrée en vigueur à partir du 1er janvier 2008 des Accords de Partenariat Économique. Le faux réconfort offert par la Commission Européenne aux producteurs de sucre des ACP est le libellé de l'annonce officielle à l'effet qu'il y a "une continuation du Protocole Sucre (avec prix garanti) jusqu'au 30 septembre 2009".

Dans les milieux de l'industrie sucrière, on remet en question cette thèse de Bruxelles, en soulignant avec force que le prix garanti sous le Protocole Sucre est gelé depuis ces 20 dernières années, soit à partir de 1986.

Quel prix garanti ?

"Comment peut-on oser miroiter le concept de prix garanti quand, au cours de ces 20 dernières années, le prix a même subi des ajustements techniques à la baisse ? Ensuite, il ne faut pas oublier la baisse de 36% du prix, qui sera en vigueur en 2009. Nous avons déjà subi une baisse de 5%. L'année prochaine, une réduction de 12% nous attend, soit un cumul de 17%, et nous croyons toujours dans le prix garanti !", s'étonne-t-on du côté de l'industrie sucrière.

Avec les dispositions transitoires proposées pour le sucre à partir du 1er janvier 2008, il devient évident que seuls les producteurs les plus compétitifs survivront sur le marché européen. Bruxelles prévoit trois phases. La première phase, entre le 1er janvier 2008 et le 30 septembre 2009, avec une "amélioration substantielle de l'accès au marché du sucre pour les Pays les Moins Avancés (PMA) pour la campagne 2008/09 grâce à l'augmentation du quota prévu par l'initiative Tout Sauf les Armes; l'accès initial au marché du sucre pour les pays ACP non-PMA qui ne sont pas des parties prenantes au Protocole Sucre et l'accès additionnel pour les États ACP non-PMA parties prenantes au Protocole Sucre".

La deuxième phase, qui s'échelonnera du 1er octobre 2009 au 30 septembre 2015, sera marquée par l'"accès libre au marché de l'Union européenne pour le sucre ACP, sous réserve d'une clause automatique de sauvegarde liée aux quantités importées. Cette sauvegarde ne s'appliquerait qu'aux ACP non-PMA et permettrait une augmentation substantielle des exportations". D'autre part, "jusqu'à septembre 2012, les importateurs de sucre ACP ne pourront payer moins qu'un certain niveau de prix. Après 2012, un système d'information sur les prix, basé sur le système actuel, assurerait la transparence du marché".

À partir du 1er octobre 2015, "le sucre ACP serait libre de droits et de quotas, sous réserve d'une clause de sauvegarde spéciale pour le sucre. Cette clause de sauvegarde serait basée sur la clause de sauvegarde ordinaire des Accords de Partenariat Économiques (APE), avec des ajustements nécessaires pour prendre en compte le caractère sensible du sucre".

La résistance s'organise

Devant ces dangers fusant de toutes parts, le Premier ministre est monté au créneau pour lancer un appel à la solidarité et à l'intérêt supérieur. Il devait souligner que "ces derniers développements démontrent qu'il n'y a pas de droits acquis". "Mettons le sucre au-dessus de la politique partisane. Je fais un appel à tous ceux concernés par le sucre de travailler dans l'intérêt du pays. Aujourd'hui, tout peut devenir une question politique. Chacun cherche à savoir comment attaquer les autres partis. Ce qui n'est absolument pas dans notre avantage. Il faut être patriotique et mettre la main à la pâte. Le sucre est une question nationale", devait-il plaider vendredi après-midi.

Entre-temps, la résistance s'organise au sein des pays ACP face aux pressions subtiles exercées par l'Union Européenne pour faire aboutir le projet d'Accords de Partenariat Économique avec les ACP. Le prochain sommet des ACP à Fidji dans moins d'un mois sera dominé par cette question. L'on devra s'attendre de voir les États des Caraïbes mener les débats de front sur les conséquences de l'ouverture des marchés ACP.

Les États des Caraïbes accusent l'Union Européenne d'être intéressée par leurs procurement markets avec la politique d'ouverture. "EU industry stakeholders particularly have a deep interest in having access to the region's government procurement markets. The reality is that while in truth, the Cotonou agreement speaks about market building and even in their official pronouncements, they continue to say that we are for market building prior to market opening, in the actual negotiation we have seen where the EU has continued to press for market opening. We have seen it brought home in the area of government procurement, which is not an area that we ourselves wanted to put on the table because we recognise that for many of our countries, that is one of the few areas where domestic suppliers would have an opportunity to seek out an existence", fait comprendre un des principaux négociateurs pour les pays des Caraïbes, qui comptent s'affirmer lors des négociations de Fidji.

En tout, l'offre visant à éliminer les tarifs douaniers et les contingements des exportations des ACP vers l'Europe n'a fait que relancer l'escalade alors que le compte à rebours pour l'entrée en vigueur des Accords de Partenariat Économique au 1er janvier 2008 se poursuit irrémédiablement…


Politique et économie

Bérenger: Sucre: "une question de vie ou de mort"

L'avenir de l'industrie sucrière au cours des cinq prochaines années a été un des principaux dossiers abordés par le leader du MMM, Paul Bérenger, lors de son point de presse hebdomadaire, hier. Il s'est appesanti sur le fait que l'industrie sucrière se trouve à la croisée des chemins et que pour les cinq prochaines années l'équation dans ce secteur économique sera une question de vie ou de mort. Il devait situer l'importance d'une politique énergétique cohérente dans le cadre de la réforme sucrière tout en dénonçant la frénésie retrouvée à l'hôtel du gouvernement en faveur d'un projet de centrale thermique à charbon de 110 MW à Pointe-aux-Caves dans la région de Pointe-aux-Sables. Sur le plan purement politique, le MMM a réitéré son soutien à Ashock Jugnauth en cas d'une élection partielle à Moka-. Quartier-Militaire (No 8) en ne présentant pas de candidat. Il a souhaité voir le MSM ne pas faire le jeu de l'Alliance sociale dans l'éventualité de cette élection de remplacement.

Nu konstaté ki guvernma pe zwé ar difé avek dosyé lindistri sikryer. San ekzazéré nu kapav dir ki li ène kestyon de vi ou de mor pu sa sekter-là, notamma pu bann p'ti planter ek bann salariés" , a soutenu le leader du MMM, qui affirme que jusqu'ici le gouvernement n'a fait preuve que d'incompétence en traitant ce dossier.

"Jusqu'ici, le débat sur l'avenir de l'industrie sucrière au sein du gouvernement a été marqué par des zig-zag et des tiraillements. Ce que j'avais prévu lors des débats sur le SIE (Amendment) Bill le 27 février dernier à l'Assemblée nationale s'est vérifié dans la pratique. Le gouvernement avait pris des engagements formels lors des négociations avec la Commission européenne en ce qui concerne la formulation d'une politique énergétique cohérente et globale. Face à des pressions, le gouvernement n'a fait que tergiversé avec pour principale conséquence que le décaissement des fonds identifiés au terme des mesures d'accompagnement pour le sucre a été bloqué. Une preuve de la plus grande irresponsabilité du gouvernement dans la conjoncture", a déclaré Paul Bérenger.

Poursuivant son analyse de la situation dans l'industrie sucrière, le leader du MMM a souligné l'importance stratégique des volets du raffinage, de la production d'éthanol et production d'électricité pour assurer la survie de ce secteur dans le nouveau contexte. "S'il n'y a pas d'activités de raffinage, de distillerie ou encore de génération d'énergie électrique, l'industrie sucrière ne pourra pas prétendre survivre. Or, que voit-on ? Des magouilles extraordinaires avec une frénésie de Fast Track pour un projet de centrale thermique à charbon d'une capacité de 110 MW à Pointe-aux-Caves. Les informations, qui nous sont parvenues, attestent du fait que le gouvernement s'est engagé à faire pression pour que ce projet de centrale soit traité On A Fast Track Basis avec des lettres à gauche et à droite. C'est de la folie furieuse", avance-t-il.

Projet de centrale thermique: "Tout cela pue la magouille."

Paul Bérenger fait ressortir que cette initiative privilégiant cette centrale à charbon représenterait un sabotage de la stratégie pour la génération d'électricité à partir de la bagasse par l'industrie sucrière. "Ce projet est en nette contradiction avec les engagements pris avec l'Union Européenne dans le cadre de la réforme sucrière. Cette centrale thermique brûlant le charbon présente des risques et des dangers de pollution énorme pour toute la région et s'inscrit en faux dans la lutte contre les effets du Global Warming et du réchauffement de la planète. Dans ce contexte, le pire est l'usage du charbon", ajoute-t-il.

Toujours en ce qui concerne le projet de centrale thermique de Pointe-aux-Caves, le leader du MMM s'est interrogé sur la pertinence d'avoir recours à des étrangers. "Pourquoi aller chercher des étrangers en vue de leur confier des projets de centrales électriques. Ce geste relève de l'anti-patriotisme. Tout cela pue la magouille. Il n'y a aucune indication au sujet de l'origine de ce projet, qui constitue un danger pour l'industrie sucrière, la préservation de l'environnement dans la région de Pointe-aux-Caves et pour la lutte contre le Global Warming", note-t-il.

Répondant à l'appel du Premier ministre, Navin Ramgoolam, demandant à l'opposition de ne pas agir de manière irresponsable sur le dossier de l'industrie sucrière, le leader du MMM a tout simplement rétorqué que "si Ramgoolam bizin solidarité, sé dan so propr rang ki li bizin met lordr. Zot pe zwé avec léker lékonomi. Ramgoolam so Boolell ek so Jeetah pe azir avek irresponsabilité. Zamé nu ine fer loposisyon irresponsab".

"Li pas premyé fwa ki MSM pu fer le jeu du guvernma."

Le volet politique de la conférence de presse était axé sur l'invalidation par la Cour suprême de l'élection d'Ashock Jugnauth à Moka/Quartier-Militaire et le soutien du MMM au leader de l'Union Nationale en cas d'élection partielle. Paul Bérenger devait rappeler qu'Ashock Jugnauth a pris la décision de faire appel au Privy Council contre le jugement de la pétition électorale de Raj Ringadoo, candidat battu de l'Alliance sociale.

"Le MMM se sent très à l'aise avec les recommandations de la Cour suprême. Depuis de nombreuses années, nous sommes en faveur de la réforme électorale. En 1995, de concert avec le Parti travailliste, nous avions soumis un document pour que les élections soient Free and Fair et des propositions pour amender les règlements. Mais azordi brakonyé pé déklar la polis", a fait comprendre le leader du MMM, qui affirme que le pire coupable de corruption électorale dans le passé n'est autre que le Parti travailliste. "Parti Travailliste le mal plasé pu fer la leson à qui que ce soit", a-t-il renchéri.

Paul Bérenger s'est félicité du fait que les dernières élections générales ont été de loin "les plus démocratiques". À l'heure des questions, Paul Bérenger devait lancer une flèche du Parthe à l'encontre du MSM. "Évidemment dans l'éventualité d'une partielle au No 8 et si le MSM conteste le siège avec l'investiture d'un candidat, cette démarche fera le jeu politique du gouvernement et de Navin Ramgoolam. Li pas premyé fwa ki MSM pu fer le jeu du guvernma. Li ti a bon ki tu loposysyon donne backing à Ashock Jugnauth pu pa divize vot. Mé nu koné ki li pa le grand amur entre Ashock Jugnauth ek le MSM. Si le MSM fer le jeu du guvernma, la popilasyon ava zizé", a-t-il déclaré.

Le leader du MMM n'a, semble-t-il, pas fait grand cas de l'effervescence politique avec l'offre d'un poste de directeur du Bureau international du Travail à Showkatally Soodhun et d'une éventuelle démission du Whip de l'opposition. "Soodhun allé pa allé, li so responsabilité. Nu dan MMM nu pa pe galup derrière sa post lider de l'opposition mem si li vré ki le MSM ine usurpe sa post-là", devait-il ajouter.

Paul Bérenger est revenu sur le jugement de la Cour suprême au sujet de l'usage de haut-parleurs dans des mosquées et autres lieux de prière. Il a lancé un appel au calme. "Gard nu calm. Servi nu lespri. Pa verse de l'huile lor difé. Ena solution à la mauricienne" , devait-il soutenir. Il a fait état de la responsabilité des autorités locales, les municipalités et les conseils de districts à ce chapitre.

"Il est un fait qu'un certain nombre de mosquées et de lieux de culte ne font pas usage de haut-parleurs. Les municipalités et les conseils de district disposent de ce pouvoir et si ces autorités en font un usage déraisonnable, la Cour suprême peut agir en tant que sauvegarde", a avancé le leader du MMM, qui s'est également appuyé sur les dispositions du Government Notice No 17 de 1997 définissant les Noise Exposure Limits.


James Burty David: "Le MMM incapable d'aligner un candidat"

James Burty David, ministre des Administrations régionales et un des principaux porte-parole de l'Alliance sociale, critique le MMM pour sa décision de ne pas être de la course lors d'une éventuelle partielle à Moka/Quartier-Militaire (No 8) suite au jugement de la Cour suprême invalidant l'élection d'Ashock Jugnauth. Ci-dessous, le communiqué transmis, hier, à la rédaction de Week-End par James Burty David:

"Avant même le combat, le MMM se sauve comme un froussard. La déclaration de Bérenger à l'effet que son parti soutiendra Ashock Jugnauth en cas de partielle au no 8 est révélatrice de la faiblesse et de l'état d'esprit de panique du MMM.

Voilà un parti qui est entré à l'Assemblée nationale suite à une partielle tenue le 21 septembre 1970 et qui aujourd'hui, à bout de souffle, se sent incapable d'aligner un candidat. Il est venu avouer publiquement qu'il a peur d'affronter une éventuelle élection de remplacement au No 8. Bien entendu, le MMM attribuera ensuite la défaite à Ashock Jugnauth."


APM "détourné"-Les prix pétroliers maintenus pour financer les "gaffes de Jeetah"

Le leader du MMM, Paul Bérenger, a dénoncé l'absence de transparence dans l'Automatic Pricing Mechanism (APM) pour les produits pétroliers. Il soutient que ces prix sont maintenus en vue de financer les gaffes du gouvernement, en particulier du ministre Rajesh Jeetah, en citant notamment des compensations de Rs 100 millions versées aux importateurs dans l'affaire du ciment.

"L'APM n'existe pas. C'est clair. Le gouvernement en fait un usage abusif pour atteindre ses objectifs. Le résultat est que des prix de produits pétroliers, qui auraient dû baisser depuis septembre 2006, ne le sont pas. Les prix sont maintenus. Les fonds recueillis sont utilisés pour le financement du transport gratuit et pour financer les gaffes de Jeetah", a déclaré Paul Bérenger.

En ce qui concerne le dossier des barres de fer de construction, le leader du MMM trouve que "le gouvernement a poussé Desbro à la faillite. Lizin ine vendé à bann étranzé. Taler, nu tu pu étranzé dan Maurice. Saki ine passé li inhumain. 200 dimunn perdi plas. Nu pe alle vers monopol. Kumadir tu ine planifié pu baisse tarif. Li ène skandal. Sé tuzur Jeetah".

Paul Bérenger a également fait état de ses inquiétudes devant les difficultés financières rencontrées par la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius. "J'avais tiré la sonnette d'alarme au sujet d'Air Mauritius, notamment en ce qui concerne les répercussions de la politique de libéralisation de l'accès aérien marquée par la précipitation. Aujourd'hui, Air Mauritius a annoncé, pour la première fois, qu'elle ne déclarera pas de dividendes. Les petits porteurs, notamment les retraités qui y avaient fait des placements, se retrouvent dans une situation difficile sans dividende. Les rapports commandités par Air Mauritius évoquent la possibilité d'un crash de la compagnie", a-t-il dit.


Sexual Offences Bill - La manière de faire du GM décriée

Le leader du MMM a été critique contre la manière de faire du gouvernement en ce qui concerne l'adoption du Sexual Offences Bill. "Le gouvernement travailliste est revenu à ses mauvaises habitudes en faisant circuler un texte de loi majeur un samedi matin pour être débattu en première, deuxième et troisième lectures le mardi suivant. Le Sexual Offences Bill soulève des questions fondamentales, qui exigent des consultations en vue de permettre aux parlementaires de mieux faire leur travail. Mais le court délai imparti représente un véritable handicap", a-t-il fait ressortir.

D'autre part, il a interpellé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le ministre des Affaires étrangères, Madun Dulloo, sur le dossier du Zimbabwe. Il veut des précisions sur la participation de Maurice à un sommet spécial des chefs d'État et de gouvernement de la Southern African Development Community (SADC) le 29 mars en Tanzanie sur le dossier du Zimbabwe.

"Je voudrai obtenir confirmation que ni le Premier ministre ni le ministre des Affaires étrangères n'avaient fait le déplacement pour participer à ce sommet spécial de la SADC. Ainsi, nous pouvons dire que le communiqué émis quelque temps de cela par le ministère des Affaires étrangères sur ce problème ne relevait que du bluff", a-t-il conclu.


Politique énergétique

La filière charbon privilégiée

Face à l'enjeu que représente la politique énergétique dans le cadre des engagements pris avec l'Union européenne pour la réforme sucrière, le gouvernement a dû mettre en catastrophe les bouchées doubles pour élaborer et adopter une Outline of Energy Policy 2007/2025. Ce document, qui sera présenté à la Commission européenne à plus ou moins brèves échéances, prend l'engagement de soumettre un long term renewal energy master plan au plus tard l'année prochaine. Mais le fait majeur dans la nouvelle politique énergétique adoptée par le conseil des ministres de vendredi demeure le choix privilégié accordé à la filière des centrales thermiques à charbon aux dépens de la bagasse et d'autres sources traditonnelles. Quant au volet consacré à la production d'éthanol, le document préliminaire du gouvernement annonce que les partenaires stratégiques et les stakeholders de l'industrie sucrière seront appelés à contribuer au capital des compagnies à être incorporées.

La Outline Policy 2007/2025 ne passe pas par quatre chemins pour confirmer le rôle de premier plan qui sera consacré aux centrales thermiques brûlant le charbon pour générer de l'énergie électrique. " The preferred strategy is to increase the share of coal in the country's enerygy mix ", peut-on lire au paragraphe 4.7.2 du document officiel du gouvernement. Poursuivant son analyse sur la stratégie énergétique à être adoptée, le gouvernement avance que " the alternative and reliable source is coal with proven reserves that can last at least a century and a range of technologies already available in the market place for its efficient conversion into electricity ".

Une autre raison avancée pour favoriser l'option stratégique du charbon est d'ordre géopolitique. " Coal is the only fossil fuel oil available with proven reserves that can last for much longer than oil, in addition to its even distribution around the globe, making it less prone to geopolitical and other associated risks and therefore less volatile in terms of prices ", fait encore ressortir la Outline of Energy Policy pour 2007 à 2025.

Selon les prévisions établies par les spécialistes de l'énergie au gouvernement, la part du charbon devrait approcher la barre des 55% d'ici 2013 alors qu'actuellement cette source assure quelque 42% des besoins énergétiques du pays. Le poids de l'huile lourde passera de quelque 37% en 2007 à 20% en 2013. Ces chiffres confirment la thèse avancée que " in the medium term, coal would substitute oil to a great extent, thereby reducing the country's dependence on oil ".

Pour atteindre cet objectif, les plans et projets d'investissements devront être revus en délaissant les bagasse-coal plants au profit des dedicated coal plants. " Such a strategy would allow diversification away from oil with least uncertainty and would improve security of electricity in the country at a lower cost than oil. The higher efficency of dedicated coal plants would also allow the cost of electricity generation from coal to be less than from bagasse-coal plants ", souligne le document, qui ne fait qu'effleurer le grave problème de pollution avec la phrase que " the issue of ash disposal to be addressed ".

Appréhensions

La place prépondérante réservée au charbon dans la stratégie énergétique pour les 20 prochaines années attise les appréhensions suscitées par l'intérêt que porte le gouvernement au projet d'une centrale à charbon de 110 MW à Pointe-aux-Caves dans la région de Pointe-aux-Sables, projet dont les promoteurs sont CT Power. (voir commentaires de Paul Bérenger plus loin). La question avait initialement été évoquée par le député MMM Alan Ganoo à l'Assemblée nationale lors de la précédente séance. Le ministre de tutelle, Abu Kasenally, avait parlé de " coming into operation of the two coal thermal plants in which the CEB will have equity ".

À ce stade, tout semble indiquer que la principale recommandation de la politique énergétique définie par le gouvernement sera au centre de controverses entre le gouvernement et l'opposition. Néanmoins, la contradiction se trouve également au sein du gouvernement. En première ligne, Nita Deerpalsingh, membre de la Commission pour la démocratisation de l'économie, a déjà signifié son objection à un accroissement de l'importance du charbon dans la production d'énergie électrique. C'était lors de la précédente séance parlementaire avec une passe d'armes avec le ministre Abu Kasenally.

" With respect to this formulaton of the national energy policy, may I ask the Honourable Minister whether the expertise of people who have knowledge on the coastal reefs have been sought because if we look at the data and evidence in Mr Gore's documentary, the evidence on the impact of coal-fired power plants on coastal reefs is devastating ? ", avait demandé la backbencher de la majorité, qui devrait se faire entendre dans les jours à venir maintenant que la politique énergétique que compte adopter le gouvernement est connue.

Lors des interpellations supplémentaires, le député du MMM Alan Ganoo devait également revenir à la charge sur le projet de centrale à charbon à Pointe-aux-Caves. " If any coherent energy policy means the increase on the contribution of bagasse to national energy production, how does he reconcile this to the stetting up of a 110 MW coal-fired plant at Pointe-aux-Sables ? It is the first time in Mauritius that a plant with a capacity of 110 MW will be set up. This is unprecedented. How will that be possible to accommodate such a huge coal-fired plant and at the same time increase our bagasse contribution to our national energy production ? " avait-il demandé au ministre Kasenally.

Éthanol

L'autre élément de controverse et de contradiction dans la politique énergétique demeure la production d'éthanol avec un objectif minimal de 30 millions de litres annuellement selon les prévisions de la Multi Annual Adaptation Strategy pour l'industrie sucrière. La Outline of Energy Policy mise sur l'exportation de l'éthanol même si, sur un potentiel d'exportation de 80 millions litres au cours de ces trois dernières années, Maurice n'a exporté que huit millions de litres.

" The objective with respect to biofuels is to integrate its use in the energy mix for the transportation sector in the medium-to-long-term. This would provide the opportunity to reduce emissions of carbon dioxide in the transportation sector through the use of renewable fuels. For the time being, the only target which has been established is the completion of approprtiate studies into the use of bio-fuels by mid-2008 ", affirme le gouvernement.

Les possibilités de subventionner la production d'éthanol sont considérées comme étant très minces vu le contexte de réorientation des subventions. " Any direct subsidy on production or use of ethanol would not be warranted except in the environmental context. Biofuels would therefore have to compete with other fuels on a level playing field with a minimum of price incentives ", recommande le rapport officiel.

La Outline of Energy Policy fait des propositions d'ordre général au sujet de la constitution des entités engagées dans la production d'éthanol. " Participation by both strategic partners and sugar industry stakeholders in the equity of ethanol companies will be a hallmark of the new set up to democratize the economy. The level of participation of the various parties in the equity of the ethanol companies will be subject to mutual agreement on terms and conditions that may be shaped by the specificities of molasses production ", stipule encore le rapport.

L'introduction de differential tariffs est également à l'étude dans le contexte de la nouvelle politique énergétique. " The differential tariffs could flatten peak demand and reduce costs to the CEB whilst at the same time reducing the electricity bills of households ". D'autre part, le gouvernement s'appesantit sur le fait que " the price of electricity that the CEB would pay to IPPs, including bagasse-coal plants, has to be cost-reflective and competitive with any alternative supply options ".

En termes d'investissements, le rapport établit que pour les 25 prochaines années, Maurice aura besoin d'un budget de Rs 80 milliards. " The overriding priority will be to secure adequate investment in a properly functional market by providing the right investment climate. The close monitoring of the demand and supply balance will be required to identify any shortfall. Moreover, prior to any decision being taken, a financial and economic analysis will be required as to gauge the impact of options being chosen ", rappelle le gouvernement alors que le débat sur le projet de centrale thermique à charbon de Pointe-aux-Caves avec ses risques de pollution et de contradiction avec les engagements pris avec Bruxelles fait déjà rage…


Beau-Bassin/Rose-Hill

L'ICAC enquête sur l'utilisation d'équipements à des fins privées

Une équipe d'enquêteurs de la Independent Commission against Corruption s'est, cette semaine, rendue à la Municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill dans le cadre d'une enquête ouverte sur l'utilisation par un haut responsable administratif d'un équipement et de travailleurs municipaux pour des travaux de fouille à sa résidence. Ce ne serait, toutefois, pas la seule raison de la visite de l'ICAC à la mairie, d'autres dossiers intéressant aussi les enquêteurs de la commission. Mirella Chauvin, la maire a laissé entendre que ses services collaborent pleinement avec les enquêteurs et qu'elle est, elle-même, pour la transparence.

L'affaire avait été dénoncée dans une lettre envoyée à l'ICAC. Cette correspondance portait la signature de Jean Marie Laviolette, un employé municipal des villes sœurs. Or, convoqué à l'ICAC pour une déposition formelle, l'employé a catégoriquement nié être l'auteur de ces dénonciations.

Il aurait, toutefois, été soumis à un examen de comparaison de signatures et la commission serait arrivée à la conclusion, après vérification, qu'elles ne corroborent pas et que Jean Marie Laviolette n'est pas le véritable auteur de ses dénonciations. Cet employé, qui avait, en juin 2006, dénoncé des abus et des irrégularités à la municipalité, pense qu'il s'agit d'une usurpation d'identité délibérée visant à l'embarrasser et à le nuire. Il a consigné une déposition dans ce sens à la police.

Une de ses requêtes en vue d'obtenir copie d'une lettre qu'il est supposé avoir signé en relation avec la dénonciation à l'ICAC et adressée au secrétaire de la ville n'avait pas été entretenue jusqu'à l'intervention de l'Attorney General, Rama Valayden qui s'est rendu à la mairie le 28 mars pour "régler" les problèmes de divers employés de l'administration des villes sœurs. (voir Week-End du 1er avril et l'affaire de l'employé réintégré au Quorum).

Le responsable des ressources humaines lui a bien remis le document exigé sur intervention ministérielle mais il a pris bien soin de noter que "copy of letter handed to Mr Laviolette upon instructions from Chief Executive, M. K. Isram, SC, HRDO, 28/03/07".

Jean Marie Laviolette a eu maille à partir avec certains de ses collègues et le secrétaire de la ville qui, soutient-il, refuse d'approuver le paiement des heures supplémentaires qu'il a effectué. Il y a aussi de nombreux échanges de correspondances entre cet employé et les cadres administratifs.

On note un cas au moins où un avertissement qui lui avait été administré a été retiré. Celui de novembre 2005/mars 2006. Après des invectives épistolaires graves, le secrétaire de la ville lui écrit ceci, le 13 mars 2006: "I wish to refer to the letter adressed to you on 03 Febraury 2006 and to reiterate that the warning administered to you on 21 December 2005 has been withdrawn and that there is no case against you".

Une nouvelle affaire d'indiscipline a été logée contre Jean Yves Laviolette le 26 mars et… le 28 mars, date de la "visite" de Rama Valayden à la mairie, tout est, selon la formule consacrée, rentré dans l'ordre.


Citoyenneté d'honneur -Nitin Soonarane propose Jean Claude de l'Estrac

Nitin Soonarane a, dans une motion déposée le 26 mars dernier, proposé que la citoyenneté d'honneur soit conférée à Jean Claude de l'Estrac. Sa motion, qui doit, en principe, être débattue à la prochaine réunion trimestrielle du Conseil municipal de Beau Bassin/Rose Hill fixée au 26 avril prochain, se lit comme suit:

"This Council moves that the Honorary Freedom (Citoyenneté d'Honneur) of the Town of Beau-Bassin/Rose-Hill be conferred upon Mr. Jean Claude de L'Estrac, for the exemplary services to the Town of Beau-Bassin/Rose-Hill and most particularly to the Republic of Mauritius".

Tout allait très bien pour le conseiller Soonarane qui avait déjà déposé sa motion et reçu, d'ailleurs, un "acknowledgement" du secrétaire de la ville, Krishnanan Isram en date du 2 avril dernier, lorsqu'il a appris, un peu plus tard, que certains de ses collègues envisageaient de l'approcher pour lui demander de ne pas aller de l'avant et de laisser cette démarche à quelqu'un d'autre.

"On cherche à me voler mon initiative" a commenté le conseiller qui reproche à ses collègues de ne pas y avoir pensé et de chercher à s'approprier la paternité d'une démarche qui est la sienne. Il a aussi dit espérer que cette motion ne connaîtra pas le même sort que celle qu'il avait présenté proposant la création d'un Sir Gaetan Duval Memorial Scholarship. Cette motion présentée en janvier dernier n'avait pas été considérée faute de quorum, ses collègues de la majorité ayant choisi d'effectuer un walk-out.

Le fait est que si la motion de citoyenneté d'honneur de Nitin Soonarane est adoptée, c'est le conseil municipal qui remettra à l'ancien député de Stanley/Rose Hill et maire des villes sœurs et, actuel directeur exécutif du groupe La Sentinelle cette distinction et non un conseiller individuellement même si le mérite d'y avoir songé lui revient.

Mais on se dispute tout à la mairie de Beau Bassin/Rose Hill depuis qu'elle est tombée, dans les circonstances que l'on sait, entre les mains de l'alliance sociale et du Mouvement Républicain en particulier. Pas une semaine ne se passe sans qu'il n'y ait scandale, malversation alléguée, enquête de l'ICAC et ingérence politique.

Mêmes les conseils trimestriels, qui se tiennent pourtant en public, ne sont pas épargnés avec des réunions entachées par des arguments et des jurons qui volent très bas. Et il vaut mieux ne pas parler de la gestion des affaires courantes qui laisse beaucoup à désirer comme en a témoigné l'incompétence à gérer un simple problème de ramassage d'ordures post-Gamede. Être citoyen d'honneur sous une telle administration, est-ce vraiment… un honneur ? C'est à se demander.


Sanjay Ram aussi connu comme Pokelin: "Je n'étais pas à la Municipalité de BB/RH le 28 mars"

Sanjay Ram, aussi connu comme Pokelin a, suite à notre article publié la semaine dernière, relatif à l'intervention de Rama Valayden en faveur de Jean Sylvio Vieillesse, transféré, dans le cadre d'une action administrative et disciplinaire, du Quorum et dont il a obtenu le retour à son poste, a formellement démenti avoir été à la Municipalité de Beau Bassin/Rose Hill le 28 mars en compagnie de l'Attorney General et, encore moins d'avoir proféré le fait que c'est ce dernier "ki zot mari ici".

Pokelin précise aussi, dans une communication à Week-End, qu'il est un agent de Rajesh Bhagwan et que ce fait est, d'ailleurs, connu de tous aux villes sœurs.


Tracts en circulation

Signe du pourrissement aux villes sœurs, l'apparition de tracts dénonçant des conseillers des arrondissements 1 et 2. Certains conseillers de l'Alliance sociale sont critiqués pour avoir disparu du terrain et restés insensibles aux doléances des habitants des quartiers concernés et d'autres, ceux qui revendiquent être dans les bons papiers des principaux dirigeants de l'Alliance sociale sont carrément accusés de pratiques corrompues. Les auteurs des tracts en circulation reprochent aussi à ceux en qui ils avaient placé leur confiance pour dénoncer leurs collègues et la mauvaise gestion de Beau Bassin/Rose Hill de s'être soudainement tus. Ils se demandent à quel prix leur silence a été obtenu.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 8 avril 2007