o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 1er avril 2007



Faits et effets - Le dernier rempart
Humeur - L'industrie du bribe électoral
Interrogations - Voulons-nous nous entendre ?
Carnet - Que veut l'AMB ?


Faits et effets...

Le dernier rempart
Josie Lebrasse


Il y a comme ça des coïncidences. Des jugements successifs sont venus nous rappeler que le dernier rempart contre les abus et les violations de la loi en tous genres demeure le judiciaire. Le Juge Lam Shang Leen, saisi par le citoyen Gavin Glover, a statué que la Mosquée sise angle des Rues Sir Guy Forget et Hennessy à Quatre Bornes ne pouvait, en vertu des règlements de la municipalité de Quatre Bornes, utiliser des haut-parleurs pour ses appels à la prière. Il y a eu beaucoup de réactions à ce jugement, certaines hystériques et dangereuses et d'autres plus mesurées. Un point commun quand même dans les différentes positions exprimées, c'est que le juge a peut-être fait preuve de méconnaissance des enseignements et des pratiques de l'Islam lorsqu'il est venu dire que l'azaan n'est pas la prière elle-même.

Quoi qu'il en soit, cela n'empêche que le débat doit rester digne et civilisé et que ceux qui ont des suggestions à apporter le fassent dans le calme et la raison. On s'est excité un peu trop vite et l'implication des politiciens de tous bords dans un front censé combattre le jugement n'a pas aidé à apaiser les esprits. Bien au contraire. C'est vrai qu'ils ont, pour la plupart et, à une notoire exception près, été plutôt constructifs dans leurs commentaires en annonçant un appel du jugement et en faisant des suggestions pour que les vieux règlements et les lois plus récentes soient amendés.

Il y a deux appels du Jugement Lam Shang Leen, ceux de la Municipalité de Quatre Bornes et de la Mosquée concernée elle-même. Il faut maintenant attendre les conclusions de cette affaire. Il n'y avait, en tout cas, pas lieu d'aller manifester ici et là et encore moins devant la résidence de la famille Glover à Quatre Bornes pour signifier son opposition au jugement. On est dans un état de droit et la justice doit suivre son cours. Il y a eu d'autres cas portés devant la justice sur ce même sujet, allons dire, un peu sensible sans qu'il y ait eu les débordements auxquels on a assisté ces derniers jours.

Cela dit, nous devons une fois pour toutes décider dans quel type de pays nous voulons vivre. Il y a une inutile surenchère qui s'est installée au fil des années. Les religions, toutes tendances confondues, sont devenues ostentatoires, spectaculaires, bruyantes. C'est un peu comme dans le champ politique où chacun veut montrer qu'il mobilise plus et mieux que son voisin. On n'est pas dans une compétition. La pratique de la religion est une affaire privée et la foi n'est pas un exercice d'exhibition. Elle n'a pas besoin d'être exposée pour être authentique. Loin s'en faut. Il fut un temps où l'on parlait du silence des cathédrales pour exalter le calme et la propension au recueillement que sont les lieux de culte. Aujourd'hui, c'est la démonstration permanente qui prend le dessus.

Un autre jugement a été prononcé cette semaine. Il est tout aussi déterminant pour notre démocratie et son avancement. La Cour suprême a cassé l'élection de Ashok Jugnauth, élu de l'alliance MSM/MMM en tête de liste à Moka/Quartier Militaire aux dernières élections générales devant deux élus de l'Alliance sociale, Suren Dayal et le Dr Purmessur Ramloll, suivis de Deven Nagalingum. Raj Ringadoo qui a entré l'affaire n'est que cinquième. Pour casser l'élection du député, les juges Lam Shang Leen et Domah se sont appuyés sur deux ou trois faits qui, à leurs yeux, ont constitué des actes de corruption. C'est bien que la Cour se soit prononcée parce que cela va sans doute aider à mettre un peu d'ordre dans une situation malsaine qui n'a que trop duré. Mais pour ceux qui ont vécu de près des campagnes électorales, ce qui est reproché à Ashok Jugnauth leur semble bien "mild" comparé aux excès relevés dans le passé même récent.

Certains n'hésitent pas à évoquer la dernière campagne pour les municipales d'octobre 2005 dont l'échéance a été avancée d'une année pour satisfaire les exigences politiques du moment. L'Alliance sociale, qui avait remporté les législatives du 3 juillet 2005, a pris des mesures pouvant lui assurer le contrôle des villes. Le 25 juillet, le ministre des Administrations Régionales envoyait, par les soins de ses cadres, une lettre invitant municipalités et conseils de district à soumettre sous le "heading" "First Hundred Days of Government "une liste de projets et leur date d'exécution dans les 24 heures. Le gouvernement avait déjà décidé de tenir ces municipales le 2 octobre. Et, dans cette perspective, le transport gratuit pour les étudiants et les personnes âgées avait été introduite, sans planification aucune, dès le 15 septembre. La réunion de l'Automatic Price System, prévue pour juillet et renvoyée par le gouvernement MSM/MMM pour cause d'élections ne se réunira qu'au moment où les bureaux de vote fermaient leurs portes le 2 octobre.

Tout cela rappelé pour démontrer que nous avons développé une culture de la corruption électorale qui ne s'arrête pas à Ashok Jugnauth. C'est tombé sur lui mais ce jugement devrait contribuer à mettre enfin un frein aux dérives de plus en plus révoltantes notées lors des campagnes électorales successives que le pays a connu depuis l'indépendance. À charge pour les politiques d'agir dans le meilleur délai. Il y avait le document PTr/MMM de 94 et à part une rencontre en septembre 96 entre le Premier ministre suppléant d'alors en septembre 96 avec le président de l'Electoral Supervisory Commission André Robert, rien. Après les recommandations très précises de la Commission Sachs, toujours rien si ce n'est deux importants Select Committees sur la réforme électorale et le financement des partis politiques qui n'ont pas eu de suite. Il faut se mettre à la tâche dès maintenant pour ne pas arriver à la prochaine échéance dans des conditions où l'on ne constatera que l'on a encore perdu du temps.




Humeur

L'industrie du bribe électoral
Jean-Claude Antoine


Donc, les bribes électoraux peuvent faire casser une élection. À force de les voir distribués sans aucune conséquence pour leurs distributeurs on avait fini par croire qu'ils faisaient partie du système. Après chaque élection des candidats malheureux accusent les vainqueurs d'avoir bribé l'électorat pour acheter leurs voix. Certains d'entre eux font plus que dénoncer, ils saisissent la justice par le biais d'une pétition. Mais comme les élections ont lieu généralement avant la fin des mandats et que la justice est juste mais lente, il arrivait souvent qu'un candidat malheureux ait le temps de se faire élire avant que sa pétition pour contester sa précédente défaite électorale ne soit prise sur le fond. Bien souvent à cause du temps, mais également de l'évolution de la situation politique, la pétition était rayée à la demande de l'intéressé. Mais celle entré par Raj Ringadoo contre Ashock Jugnauth a été non seulement traitée avec célérité - par rapport au rythme habituel de la justice - mais un jugement a été rendu. Ashock Jugnauth a été trouvé coupable d'avoir utilisé des bribes électoraux pour se faire élire. C'est une première à Maurice.

Au départ, la politique était un acte de foi, l'engagement désintéressé d'un individu se mettant au service de la collectivité. Au fil du temps, il est devenu un métier, une occupation professionnelle. Un business rentable. À l'origine, ceux qui aidaient les politiciens étaient ses disciples, puis ils sont devenus ses agents d'abord volontaires, ensuite rétribués avant de devenir ses associés. Avant, les militants se battaient pour une cause ou une idéologie politique. Aujourd'hui, beaucoup d'entre eux le font pour un salaire, quelques privilèges et une nomination dans un corps para étatique avec voiture duty free en cas de victoire électorale. Les électeurs ont également " évolué " pour prendre une place active dans l'industrie du bribe électoral mauricien qui marque chaque élection. À force de laisser aller, d'oreilles bouchées et de regards opportunément détournés, le bribe électoral fait aujourd'hui pratiquement partie de la culture électorale mauricienne.

De la même manière qu'il faut payer un " dithé " a un fonctionnaire pour obtenir un document qu'il est payé pour fournir au public, il est considéré comme normal qu'un électeur " vende " son vote à un candidat. Au fur et à mesure que le système s'est développé, on est passé des votes individuels aux collectifs à vendre. Du niveau familial au communal. Ne me dites pas que vous n'avez jamais entendu ces expressions " ena dix la croix dans mo lamé " ou " mo banne pou blok seki nou pou dire. " Les prix varient selon les cas de figures - et le nombre de votes à la clef - et peuvent passer pour les individus d'une carte de cinéma avec un billet de banque à un tempo sans bouchon en passant par des petites bricoles à un four micro onde. Ils peuvent être également un job, une promotion, un transfert dans les secteurs sous le contrôle du candidat. Ils peuvent au niveau collectif aller de la construction d'infrastructures routières à l'asphaltage des allées et chemins privés - et parfois des chiens se trouvant sur le passage du bitume - de l'aménagement d'un jardin d'enfant à l'ouverture à la onzième heure, d'un terrain de foot. Ils peuvent également consister en l'obtention d'une parcelle sur les terrains de l'État ou des appartements de la NHDC tout juste terminés. Les politiques ont développé le goût du recevoir chez l'électeur, qui lui-même a affiné celui de marchander son vote et de le vendre au candidat lui faisant la meilleure offre dans le cadre d'une opération plus commerciale qu'idéologique.

Bien qu'ils affirment tous le contraire, pratiquement tous les politiciens ont d'une manière ou d'une autre offert un bribe lors des campagnes électorales. Par conviction dans cette méthode ou pour respecter les " traditions " et les " réalités " de la culture électorale mauricienne. Depuis vendredi, ces politiciens-là doivent avoir le sommeil agité. Car si quelques enquêteurs passaient en revue leurs dossiers des dernières élections, ils pourraient facilement se retrouver dans la même situation qu'Ashock Jugnauth. C'est ce qui explique qu'ils soient si discrets et si mesurés dans leurs commentaires sur le jugement contre le leader de l'Union Nationale et disent tous que le jugement est une avancée pour la démocratie. Espérons que le travail fait par le juge Lam Shan Leen permette de démanteler l'industrie du bribe électoral mauricien et ne sera pas perverti par l'adoption d'une loi rétroactive pour contourner le jugement.




Interrogations

Voulons-nous nous entendre ?
Shenaz Patel


Nous n'en serions sans doute pas là si, d'entrée de jeu, le dialogue avait prévalu. C'est souvent ce qu'on en vient à se dire lorsque, justement, une situation a atteint un degré de pourrissement tel qu'elle semble difficilement rattrapable. Il ne nous revient pas de dire qui a failli dans le cas opposant Gavin Glover à une mosquée de Quatre-Bornes, par l'intermédiaire de la municipalité de la "ville des fleurs". Le fait demeure que malgré les représentations faites par des habitants du quartier à l'effet que le volume sonore de l'appel à la prière du matin les incommodait, il n'y a pas eu de solution négociée. Ce qui a débouché sur le recours à la Cour qui a tranché, à travers le juge Lam Shang Leen, dans le sens de la loi. Et de ses clauses qui ne permettent pas l'utilisation de haut-parleurs à l'extérieur d'un lieu de culte.

Dans tous les cas de figure, la situation qui en résulte se révèle problématique. Mais nous pouvons peut-être tenter d'en tirer des enseignements pour l'avenir. Pour peu que nous sachions être vigilants et tenir à judicieuse distance tous les apprentis sorciers qui pourraient être tentés de capitaliser sur cette situation potentiellement explosive.

Il est indéniable que de manière générale, les Mauriciens sont soucieux du respect d'une pratique religieuse. Il apparaît évident, dans ce contexte, que peu de personnes songeraient à contester, en soi, l'appel musulman à la prière, l'azaan. Comme l'ont fait ressortir certains intervenants, ce chant fait aussi partie de notre paysage général, autant sonore qu'affectif. Et n'est pas plus agressif, en soi, que d'autres bruits de notre quotidien. Il convient donc de se rendre compte que ce qui était en jeu ici au départ, ce n'était pas l'azaan dans son essence, mais bien la diffusion amplifiée du tout premier appel, celui qui intervient avant l'aube.

Certains musulmans eux-mêmes n'hésitent pas à reconnaître que cet appel, lorsqu'il est indûment amplifié, est de nature à réveiller des citoyens non-musulmans qui sont en droit, de leur côté, d'aspirer au respect de leur sommeil à cette heure très matinale. Et cela pas une fois par an pour une fête. Tous les jours que Dieu donne. De fait, il y a déjà, à Maurice, quelques mosquées qui ont depuis longtemps fait le choix de ne pas amplifier outre mesure l'azaan du matin, seulement les quatre autres qui couvrent les heures de la journée et du début de soirée. L'azaan est ainsi prononcé à l'intérieur de la mosquée, avant le début de la prière, pour que les fidèles puissent le reprendre comme prescrit. Personne ne s'est senti lésé par cette situation. Preuve que le respect peut fonctionner dans tous les sens. Une voie qui n'a toutefois pas été choisie par tous: ils sont aussi un certain nombre, les musulmans, à l'image du Dr Ibhoo Mansoor dans les colonnes de notre confrère Le Mauricien, qui reconnaissent que ces derniers temps, on a pu assister à une sorte de surenchère entre certaines mosquées, amenant à hausser le niveau sonore de l'azaan bien au-delà de ce qui était jusque-là pratiqué.

On peut comprendre que des musulmans se soient sentis blessés par le fait que leur appel à la prière soit, dans le jugement de la Cour, ramené au rang de "pollution sonore". Mais la solution dans ce cas est-elle de réagir violemment, d'une façon susceptible de blesser gravement un pays tout entier ? L'un des enseignements de toute religion n'est-il pas justement d'apprendre aux hommes la voie de l'humilité, du contrôle de soi, de l'abnégation, le refus de la violence, la recherche de la paix ? Un homme religieux peut-il se permettre de venir affirmer, sur le ton de la menace à peine voilée, que l'on ne peut savoir ce qui arrivera demain vu que le jugement de la Cour provoque les musulmans ? Le rôle d'un guide religieux qui se respecte n'est-il pas justement de faire entendre sa voix pour appeler à la sagesse, au dialogue, pour montrer le chemin ô combien spirituel du refus de la violence ?

Nous ne le dirons pas "haut et fort", l'expression en ce moment ne serait pas judicieuse. Mais nous considérons que tous les citoyens responsables de pays, musulmans et autres, doivent aujourd'hui l'affirmer avec détermination et fermeté: l'intimidation n'est pas une pratique acceptable, qu'elle vienne de chefs religieux ou de qui que ce soit d'autre. La religion ne donne pas le droit de la menace et de la violence. La religion ne donne pas le droit de tenir des propos séditieux. Car c'est bien de la sédition que relèvent des appels à prendre la loi entre ses mains "parski la loi tro lant" ou "la loi pa bon".

Notre vivre-ensemble appelle des ajustements et des compromis. Un dialogue permanent. Mais pour cela, il faut être d'accord pour s'entendre. Sachant qu'il est vain, dans toute discussion, de penser que c'est celui qui crie le plus fort qui a le plus raison. Sachant aussi que pour que le dialogue puisse prévaloir, il doit pouvoir s'établir sur une base commune reposant autant sur une volonté partagée d'aller de l'avant ensemble que sur un cadre légal respecté par tous.

Le cas échéant, la République doit s'assurer que toute spécificité n'autorise pas à bafouer, en toute impunité, son unicité et son intégrité…




Carnet

Que veut l'AMB ?
Patrick Jean-Louis


Doit-on désormais comprendre qu'il n'est pas toujours bon d'être un sportif de haut niveau quand on doit avoir affaire à l'Association mauricienne de Badminton (AMB) ? Est-ce qu'on doit aussi comprendre que le mouvement sportif mauricien est désormais en mesure de sanctionner un athlète - en occurrence ici Karen Foo Kune - parce que ce dernier a cherché à avoir des meilleures conditions d'entraînement ? Surtout, doit-on aussi comprendre qu'une fédération comme l'AMB, et par ricochet certains de ses dirigeants, sont disposés à faire des procès d'intentions à un parent d'athlète rien que pour trouver une parade à leurs vils besoins politiques dans l'espoir que leur position d'aujourd'hui pourrait leur assurer demain leur propre pérennité à la tête de l'AMB ?

Si c'est cela le jeu qui se dégage actuellement au centre de badminton de Rose-Hill, siège de l'AMB, il faut commencer à s'inquiéter sérieusement pour l'avenir de cette discipline. Avant de nous attarder sur le nouveau rebondissement dans ce que l'on considère déjà comme l'affaire Karen Foo Kune, comment ne pas s'indigner devant le procès d'intention fait à Cathy Foo Kune, la mère de Karen, par certains esprits mal intentionnés à l'AMB et soigneusement distillés par des apprentis sorciers. Quel est ce parent qui n'aurait pas bondi de son fauteuil en constatant que sa progéniture se trouve face à un danger ? Contrairement à certains au sein même de l'AMB - ils se reconnaîtront certainement sans difficulté - Cathy Foo Kune, elle-même ancienne joueuse nationale de badminton, n'a fait qu'exprimer à haute voix le fond de sa pensée face aux pressions constantes, pour ne pas dire le harcèlement systématique que subissait sa fille de la part de l'AMB. Pourtant elle n'a pas fait le tour de l'Europe aux frais de la Solidarité Olympique avec un zéro pointé comme résultat.

Probablement pour démonter qu'il existe encore et peut-être pour faire savoir qu'il est encore président de l'AMB, Ravin Sandrasagren est sorti subitement de son silence de trois mois. Tandis que Karen Foo Kune est actuellement au centre international de Melbourne avec la bénédiction de la Solidarité Olympique et du Comité National Olympique Mauricien (CNOM), Ravin Sandrasagren propose de sanctionner la joueuse. Pire, il pousse l'AMB à se mettre en porte-à-faux tant vis-à-vis du CNOM que de la Solidarité Olympique en affirmant - on ne sait pas encore s'il a eu l'aval de son comité - que son association se dissocie de la décision de sauver la bourse de Karen Foo Kune et du départ de cette dernière au centre de Melbourne. Voilà à quel niveau est descendu le sport mauricien avec une fédération qui veut sanctionner une athlète qui veut bien faire et probablement être la première joueuse de badminton de Maurice à se qualifier pour les JO et non se contenter d'une invitation (wild card).

Mais que veut l'AMB ? La valorisation du badminton mauricien dont l'image s'effrite davantage malgré le changement de dirigeants après un rapport " damaging " de la Fédération Internationale ? Où est-ce que tout simplement, elle veut traîner dans la boue, voire jeter en pâture une mère et sa fille dont la faute a été de défendre bec et ongle leurs droits ? J'avoue ne pas trop comprendre, pour l'heure, la démarche de l'AMB et certaines contre-vérités dites à ce jour par son président. Car après avoir lancé un pavé dans la mare la semaine dernière, Ravin Sandrasagren " ine levé so paké " pour effectuer un déplacement en Malaisie pour " des raisons professionnelles " dit-on.

Pourtant, à vendredi, ni le CNOM ni le MJS n'avaient reçu une quelconque lettre de protestation de la part de Ravin Sandrasagren, comme il l'avait affirmé dans Le Matinal du mercredi 28 mars. Entre ses affirmations et ses actions, il est évident que Ravind Sandrasagren a un sérieux problème de coordination. L'autre vérité qui n'a pas été dite pour l'heure c'est que lors d'une réunion du comité exécutif de l'AMB, la décision aurait été prise afin de ne pas s'immiscer dans l'affaire Karen Foo Kune en raison du fait que deux " dinosaures ", à savoir le centre de Saarbrucken et le CNOM - le comité olympique appréciera le commentaire - étaient en train de se battre. Ceci dans le but de laisser le CNOM régler proprement cette affaire. Il est aussi bon de savoir que 48 heures avant son départ pour l'Australie, soit le vendredi 16 mars, Karen Foo Kune avait pris la peine d'avoir une conversation téléphonique avec Poorananenden Sungeelee, vice-président pour lui faire part du dénouement heureux de cette affaire et de l'imminence de son départ. Même s'il faut reconnaître que le vice-président de l'AMB avait demandé à la joueuse d'adresser une lettre à la fédération.

La sortie subite d'hibernation du président de l'AMB suscite à notre avis des interrogations. S'il faut dresser une liste des dossiers qui sont restés en souffrance, voire qui n'ont jamais été réglés à cause, justement, de l'indécision de ce même Ravin Sandrasagren, ces colonnes ne suffiront pas. Les uns sont plus urgents que les autres. Pour ne citer qu'un exemple, il y a l'arrivée d'un DTN à Maurice. Pourquoi veut-il remuer son nez dans une affaire à haute dimension humaine et qui a connu une fin juste et appropriée pour une athlète ? À moins qu'en vérité, il n'ait fait que prêter sa voix à une autre personne pour critiquer la démarche du CNOM et de la Solidarité Olympique à l'égard de Karen Foo Kune.

Au lieu de s'obstiner à vouloir constamment " harceler " cette fille de 23 ans et qui est la seule qui répond aux critères de la Solidarité Olympique pour l'obtention d'une bourse olympique en vue des JO de Beijing, Ravin Sandrasagren ferait mieux de s'occuper de sa discipline afin qu'elle retrouve la place qui a été la sienne au sein du PSM. Au lieu d'utiliser de la façon la plus honteuse les déboires d'une athlète pour faire du tort à sa famille et comme plate-forme électorale.






o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 1er avril 2007