Faits et effets
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Le dernier rempart
Humeur
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L'industrie du bribe électoral
Interrogations
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Voulons-nous nous entendre ?
Carnet
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Que veut l'AMB ?
Faits et effets...
Le dernier rempart
Il y a comme ça des coïncidences. Des jugements successifs
sont venus nous rappeler que le dernier rempart contre les abus
et les violations de la loi en tous genres demeure le judiciaire.
Le Juge Lam Shang Leen, saisi par le citoyen Gavin Glover, a statué
que la Mosquée sise angle des Rues Sir Guy Forget et Hennessy
à Quatre Bornes ne pouvait, en vertu des règlements
de la municipalité de Quatre Bornes, utiliser des haut-parleurs
pour ses appels à la prière. Il y a eu beaucoup
de réactions à ce jugement, certaines hystériques
et dangereuses et d'autres plus mesurées. Un point commun
quand même dans les différentes positions exprimées,
c'est que le juge a peut-être fait preuve de méconnaissance
des enseignements et des pratiques de l'Islam lorsqu'il est venu
dire que l'azaan n'est pas la prière elle-même.
Quoi qu'il en soit, cela n'empêche que le débat doit
rester digne et civilisé et que ceux qui ont des suggestions
à apporter le fassent dans le calme et la raison. On s'est
excité un peu trop vite et l'implication des politiciens
de tous bords dans un front censé combattre le jugement
n'a pas aidé à apaiser les esprits. Bien au contraire.
C'est vrai qu'ils ont, pour la plupart et, à une notoire
exception près, été plutôt constructifs
dans leurs commentaires en annonçant un appel du jugement
et en faisant des suggestions pour que les vieux règlements
et les lois plus récentes soient amendés.
Il y a deux appels du Jugement Lam Shang Leen, ceux de la Municipalité
de Quatre Bornes et de la Mosquée concernée elle-même.
Il faut maintenant attendre les conclusions de cette affaire.
Il n'y avait, en tout cas, pas lieu d'aller manifester ici et
là et encore moins devant la résidence de la famille
Glover à Quatre Bornes pour signifier son opposition au
jugement. On est dans un état de droit et la justice doit
suivre son cours. Il y a eu d'autres cas portés devant
la justice sur ce même sujet, allons dire, un peu sensible
sans qu'il y ait eu les débordements auxquels on a assisté
ces derniers jours.
Cela dit, nous devons une fois pour toutes décider dans
quel type de pays nous voulons vivre. Il y a une inutile surenchère
qui s'est installée au fil des années. Les religions,
toutes tendances confondues, sont devenues ostentatoires, spectaculaires,
bruyantes. C'est un peu comme dans le champ politique où
chacun veut montrer qu'il mobilise plus et mieux que son voisin.
On n'est pas dans une compétition. La pratique de la religion
est une affaire privée et la foi n'est pas un exercice
d'exhibition. Elle n'a pas besoin d'être exposée
pour être authentique. Loin s'en faut. Il fut un temps où
l'on parlait du silence des cathédrales pour exalter le
calme et la propension au recueillement que sont les lieux de
culte. Aujourd'hui, c'est la démonstration permanente qui
prend le dessus.
Un autre jugement a été prononcé cette semaine.
Il est tout aussi déterminant pour notre démocratie
et son avancement. La Cour suprême a cassé l'élection
de Ashok Jugnauth, élu de l'alliance MSM/MMM en tête
de liste à Moka/Quartier Militaire aux dernières
élections générales devant deux élus
de l'Alliance sociale, Suren Dayal et le Dr Purmessur Ramloll,
suivis de Deven Nagalingum. Raj Ringadoo qui a entré l'affaire
n'est que cinquième. Pour casser l'élection du député,
les juges Lam Shang Leen et Domah se sont appuyés sur deux
ou trois faits qui, à leurs yeux, ont constitué
des actes de corruption. C'est bien que la Cour se soit prononcée
parce que cela va sans doute aider à mettre un peu d'ordre
dans une situation malsaine qui n'a que trop duré. Mais
pour ceux qui ont vécu de près des campagnes électorales,
ce qui est reproché à Ashok Jugnauth leur semble
bien "mild" comparé aux excès relevés
dans le passé même récent.
Certains n'hésitent pas à évoquer la dernière
campagne pour les municipales d'octobre 2005 dont l'échéance
a été avancée d'une année pour satisfaire
les exigences politiques du moment. L'Alliance sociale, qui avait
remporté les législatives du 3 juillet 2005, a pris
des mesures pouvant lui assurer le contrôle des villes.
Le 25 juillet, le ministre des Administrations Régionales
envoyait, par les soins de ses cadres, une lettre invitant municipalités
et conseils de district à soumettre sous le "heading"
"First Hundred Days of Government "une liste
de projets et leur date d'exécution dans les 24 heures.
Le gouvernement avait déjà décidé
de tenir ces municipales le 2 octobre. Et, dans cette perspective,
le transport gratuit pour les étudiants et les personnes
âgées avait été introduite, sans planification
aucune, dès le 15 septembre. La réunion de l'Automatic
Price System, prévue pour juillet et renvoyée
par le gouvernement MSM/MMM pour cause d'élections ne se
réunira qu'au moment où les bureaux de vote fermaient
leurs portes le 2 octobre.
Tout cela rappelé pour démontrer que nous avons
développé une culture de la corruption électorale
qui ne s'arrête pas à Ashok Jugnauth. C'est tombé
sur lui mais ce jugement devrait contribuer à mettre enfin
un frein aux dérives de plus en plus révoltantes
notées lors des campagnes électorales successives
que le pays a connu depuis l'indépendance. À charge
pour les politiques d'agir dans le meilleur délai. Il y
avait le document PTr/MMM de 94 et à part une rencontre
en septembre 96 entre le Premier ministre suppléant d'alors
en septembre 96 avec le président de l'Electoral Supervisory
Commission André Robert, rien. Après les recommandations
très précises de la Commission Sachs, toujours rien
si ce n'est deux importants Select Committees sur la réforme
électorale et le financement des partis politiques qui
n'ont pas eu de suite. Il faut se mettre à la tâche
dès maintenant pour ne pas arriver à la prochaine
échéance dans des conditions où l'on ne constatera
que l'on a encore perdu du temps.
Humeur
L'industrie du bribe électoral
Donc, les bribes électoraux peuvent faire casser
une élection. À force de les voir distribués
sans aucune conséquence pour leurs distributeurs on avait
fini par croire qu'ils faisaient partie du système. Après
chaque élection des candidats malheureux accusent les vainqueurs
d'avoir bribé l'électorat pour acheter leurs
voix. Certains d'entre eux font plus que dénoncer, ils
saisissent la justice par le biais d'une pétition. Mais
comme les élections ont lieu généralement
avant la fin des mandats et que la justice est juste mais lente,
il arrivait souvent qu'un candidat malheureux ait le temps de
se faire élire avant que sa pétition pour contester
sa précédente défaite électorale ne
soit prise sur le fond. Bien souvent à cause du temps,
mais également de l'évolution de la situation politique,
la pétition était rayée à la demande
de l'intéressé. Mais celle entré par Raj
Ringadoo contre Ashock Jugnauth a été non seulement
traitée avec célérité - par rapport
au rythme habituel de la justice - mais un jugement a été
rendu. Ashock Jugnauth a été trouvé coupable
d'avoir utilisé des bribes électoraux pour
se faire élire. C'est une première à Maurice.
Au départ, la politique était un acte de foi, l'engagement
désintéressé d'un individu se mettant au
service de la collectivité. Au fil du temps, il est devenu
un métier, une occupation professionnelle. Un business
rentable. À l'origine, ceux qui aidaient les politiciens
étaient ses disciples, puis ils sont devenus ses agents
d'abord volontaires, ensuite rétribués avant de
devenir ses associés. Avant, les militants se battaient
pour une cause ou une idéologie politique. Aujourd'hui,
beaucoup d'entre eux le font pour un salaire, quelques privilèges
et une nomination dans un corps para étatique avec voiture
duty free en cas de victoire électorale. Les électeurs
ont également " évolué " pour prendre
une place active dans l'industrie du bribe électoral
mauricien qui marque chaque élection. À force de
laisser aller, d'oreilles bouchées et de regards opportunément
détournés, le bribe électoral fait
aujourd'hui pratiquement partie de la culture électorale
mauricienne.
De la même manière qu'il faut payer un " dithé
" a un fonctionnaire pour obtenir un document qu'il est payé
pour fournir au public, il est considéré comme normal
qu'un électeur " vende " son vote à un
candidat. Au fur et à mesure que le système s'est
développé, on est passé des votes individuels
aux collectifs à vendre. Du niveau familial au communal.
Ne me dites pas que vous n'avez jamais entendu ces expressions
" ena dix la croix dans mo lamé " ou " mo
banne pou blok seki nou pou dire. " Les prix varient selon
les cas de figures - et le nombre de votes à la clef -
et peuvent passer pour les individus d'une carte de cinéma
avec un billet de banque à un tempo sans bouchon en passant
par des petites bricoles à un four micro onde. Ils peuvent
être également un job, une promotion, un transfert
dans les secteurs sous le contrôle du candidat. Ils peuvent
au niveau collectif aller de la construction d'infrastructures
routières à l'asphaltage des allées et chemins
privés - et parfois des chiens se trouvant sur le passage
du bitume - de l'aménagement d'un jardin d'enfant à
l'ouverture à la onzième heure, d'un terrain de
foot. Ils peuvent également consister en l'obtention d'une
parcelle sur les terrains de l'État ou des appartements
de la NHDC tout juste terminés. Les politiques ont développé
le goût du recevoir chez l'électeur, qui lui-même
a affiné celui de marchander son vote et de le vendre au
candidat lui faisant la meilleure offre dans le cadre d'une opération
plus commerciale qu'idéologique.
Bien qu'ils affirment tous le contraire, pratiquement tous les
politiciens ont d'une manière ou d'une autre offert un
bribe lors des campagnes électorales. Par conviction
dans cette méthode ou pour respecter les " traditions
" et les " réalités " de la culture
électorale mauricienne. Depuis vendredi, ces politiciens-là
doivent avoir le sommeil agité. Car si quelques enquêteurs
passaient en revue leurs dossiers des dernières élections,
ils pourraient facilement se retrouver dans la même situation
qu'Ashock Jugnauth. C'est ce qui explique qu'ils soient si discrets
et si mesurés dans leurs commentaires sur le jugement contre
le leader de l'Union Nationale et disent tous que le jugement
est une avancée pour la démocratie. Espérons
que le travail fait par le juge Lam Shan Leen permette de démanteler
l'industrie du bribe électoral mauricien et ne sera
pas perverti par l'adoption d'une loi rétroactive pour
contourner le jugement.
Interrogations
Voulons-nous nous entendre ?
Nous n'en serions sans doute pas là si, d'entrée
de jeu, le dialogue avait prévalu. C'est souvent ce qu'on
en vient à se dire lorsque, justement, une situation a
atteint un degré de pourrissement tel qu'elle semble difficilement
rattrapable. Il ne nous revient pas de dire qui a failli dans
le cas opposant Gavin Glover à une mosquée de Quatre-Bornes,
par l'intermédiaire de la municipalité de la "ville
des fleurs". Le fait demeure que malgré les représentations
faites par des habitants du quartier à l'effet que le volume
sonore de l'appel à la prière du matin les incommodait,
il n'y a pas eu de solution négociée. Ce qui a débouché
sur le recours à la Cour qui a tranché, à
travers le juge Lam Shang Leen, dans le sens de la loi. Et de
ses clauses qui ne permettent pas l'utilisation de haut-parleurs
à l'extérieur d'un lieu de culte.
Dans tous les cas de figure, la situation qui en résulte
se révèle problématique. Mais nous pouvons
peut-être tenter d'en tirer des enseignements pour l'avenir.
Pour peu que nous sachions être vigilants et tenir à
judicieuse distance tous les apprentis sorciers qui pourraient
être tentés de capitaliser sur cette situation potentiellement
explosive.
Il est indéniable que de manière générale,
les Mauriciens sont soucieux du respect d'une pratique religieuse.
Il apparaît évident, dans ce contexte, que peu de
personnes songeraient à contester, en soi, l'appel musulman
à la prière, l'azaan. Comme l'ont fait ressortir
certains intervenants, ce chant fait aussi partie de notre paysage
général, autant sonore qu'affectif. Et n'est pas
plus agressif, en soi, que d'autres bruits de notre quotidien.
Il convient donc de se rendre compte que ce qui était en
jeu ici au départ, ce n'était pas l'azaan dans
son essence, mais bien la diffusion amplifiée du tout premier
appel, celui qui intervient avant l'aube.
Certains musulmans eux-mêmes n'hésitent pas à
reconnaître que cet appel, lorsqu'il est indûment
amplifié, est de nature à réveiller des citoyens
non-musulmans qui sont en droit, de leur côté, d'aspirer
au respect de leur sommeil à cette heure très matinale.
Et cela pas une fois par an pour une fête. Tous les jours
que Dieu donne. De fait, il y a déjà, à Maurice,
quelques mosquées qui ont depuis longtemps fait le choix
de ne pas amplifier outre mesure l'azaan du matin, seulement les
quatre autres qui couvrent les heures de la journée et
du début de soirée. L'azaan est ainsi prononcé
à l'intérieur de la mosquée, avant le début
de la prière, pour que les fidèles puissent le reprendre
comme prescrit. Personne ne s'est senti lésé par
cette situation. Preuve que le respect peut fonctionner dans tous
les sens. Une voie qui n'a toutefois pas été choisie
par tous: ils sont aussi un certain nombre, les musulmans, à
l'image du Dr Ibhoo Mansoor dans les colonnes de notre confrère
Le Mauricien, qui reconnaissent que ces derniers temps,
on a pu assister à une sorte de surenchère entre
certaines mosquées, amenant à hausser le niveau
sonore de l'azaan bien au-delà de ce qui était jusque-là
pratiqué.
On peut comprendre que des musulmans se soient sentis blessés
par le fait que leur appel à la prière soit, dans
le jugement de la Cour, ramené au rang de "pollution
sonore". Mais la solution dans ce cas est-elle de réagir
violemment, d'une façon susceptible de blesser gravement
un pays tout entier ? L'un des enseignements de toute religion
n'est-il pas justement d'apprendre aux hommes la voie de l'humilité,
du contrôle de soi, de l'abnégation, le refus de
la violence, la recherche de la paix ? Un homme religieux peut-il
se permettre de venir affirmer, sur le ton de la menace à
peine voilée, que l'on ne peut savoir ce qui arrivera demain
vu que le jugement de la Cour provoque les musulmans ? Le rôle
d'un guide religieux qui se respecte n'est-il pas justement de
faire entendre sa voix pour appeler à la sagesse, au dialogue,
pour montrer le chemin ô combien spirituel du refus de la
violence ?
Nous ne le dirons pas "haut et fort", l'expression en
ce moment ne serait pas judicieuse. Mais nous considérons
que tous les citoyens responsables de pays, musulmans et autres,
doivent aujourd'hui l'affirmer avec détermination et fermeté:
l'intimidation n'est pas une pratique acceptable, qu'elle vienne
de chefs religieux ou de qui que ce soit d'autre. La religion
ne donne pas le droit de la menace et de la violence. La religion
ne donne pas le droit de tenir des propos séditieux. Car
c'est bien de la sédition que relèvent des appels
à prendre la loi entre ses mains "parski la loi tro
lant" ou "la loi pa bon".
Notre vivre-ensemble appelle des ajustements et des compromis.
Un dialogue permanent. Mais pour cela, il faut être d'accord
pour s'entendre. Sachant qu'il est vain, dans toute discussion,
de penser que c'est celui qui crie le plus fort qui a le plus
raison. Sachant aussi que pour que le dialogue puisse prévaloir,
il doit pouvoir s'établir sur une base commune reposant
autant sur une volonté partagée d'aller de l'avant
ensemble que sur un cadre légal respecté par tous.
Le cas échéant, la République doit s'assurer
que toute spécificité n'autorise pas à bafouer,
en toute impunité, son unicité et son intégrité
Carnet
Que veut l'AMB ?
Doit-on désormais comprendre qu'il n'est pas toujours bon
d'être un sportif de haut niveau quand on doit avoir affaire
à l'Association mauricienne de Badminton (AMB) ? Est-ce
qu'on doit aussi comprendre que le mouvement sportif mauricien
est désormais en mesure de sanctionner un athlète
- en occurrence ici Karen Foo Kune - parce que ce dernier a cherché
à avoir des meilleures conditions d'entraînement
? Surtout, doit-on aussi comprendre qu'une fédération
comme l'AMB, et par ricochet certains de ses dirigeants, sont
disposés à faire des procès d'intentions
à un parent d'athlète rien que pour trouver une
parade à leurs vils besoins politiques dans l'espoir que
leur position d'aujourd'hui pourrait leur assurer demain leur
propre pérennité à la tête de l'AMB
?
Si c'est cela le jeu qui se dégage actuellement au centre
de badminton de Rose-Hill, siège de l'AMB, il faut commencer
à s'inquiéter sérieusement pour l'avenir
de cette discipline. Avant de nous attarder sur le nouveau rebondissement
dans ce que l'on considère déjà comme l'affaire
Karen Foo Kune, comment ne pas s'indigner devant le procès
d'intention fait à Cathy Foo Kune, la mère de Karen,
par certains esprits mal intentionnés à l'AMB et
soigneusement distillés par des apprentis sorciers. Quel
est ce parent qui n'aurait pas bondi de son fauteuil en constatant
que sa progéniture se trouve face à un danger ?
Contrairement à certains au sein même de l'AMB -
ils se reconnaîtront certainement sans difficulté
- Cathy Foo Kune, elle-même ancienne joueuse nationale de
badminton, n'a fait qu'exprimer à haute voix le fond de
sa pensée face aux pressions constantes, pour ne pas dire
le harcèlement systématique que subissait sa fille
de la part de l'AMB. Pourtant elle n'a pas fait le tour de l'Europe
aux frais de la Solidarité Olympique avec un zéro
pointé comme résultat.
Probablement pour démonter qu'il existe encore et peut-être
pour faire savoir qu'il est encore président de l'AMB,
Ravin Sandrasagren est sorti subitement de son silence de trois
mois. Tandis que Karen Foo Kune est actuellement au centre international
de Melbourne avec la bénédiction de la Solidarité
Olympique et du Comité National Olympique Mauricien (CNOM),
Ravin Sandrasagren propose de sanctionner la joueuse. Pire, il
pousse l'AMB à se mettre en porte-à-faux tant vis-à-vis
du CNOM que de la Solidarité Olympique en affirmant - on
ne sait pas encore s'il a eu l'aval de son comité - que
son association se dissocie de la décision de sauver la
bourse de Karen Foo Kune et du départ de cette dernière
au centre de Melbourne. Voilà à quel niveau est
descendu le sport mauricien avec une fédération
qui veut sanctionner une athlète qui veut bien faire et
probablement être la première joueuse de badminton
de Maurice à se qualifier pour les JO et non se contenter
d'une invitation (wild card).
Mais que veut l'AMB ? La valorisation du badminton mauricien dont
l'image s'effrite davantage malgré le changement de dirigeants
après un rapport " damaging " de la Fédération
Internationale ? Où est-ce que tout simplement, elle veut
traîner dans la boue, voire jeter en pâture une mère
et sa fille dont la faute a été de défendre
bec et ongle leurs droits ? J'avoue ne pas trop comprendre, pour
l'heure, la démarche de l'AMB et certaines contre-vérités
dites à ce jour par son président. Car après
avoir lancé un pavé dans la mare la semaine dernière,
Ravin Sandrasagren " ine levé so paké "
pour effectuer un déplacement en Malaisie pour " des
raisons professionnelles " dit-on.
Pourtant, à vendredi, ni le CNOM ni le MJS n'avaient reçu
une quelconque lettre de protestation de la part de Ravin Sandrasagren,
comme il l'avait affirmé dans Le Matinal du mercredi 28
mars. Entre ses affirmations et ses actions, il est évident
que Ravind Sandrasagren a un sérieux problème de
coordination. L'autre vérité qui n'a pas été
dite pour l'heure c'est que lors d'une réunion du comité
exécutif de l'AMB, la décision aurait été
prise afin de ne pas s'immiscer dans l'affaire Karen Foo Kune
en raison du fait que deux " dinosaures ", à
savoir le centre de Saarbrucken et le CNOM - le comité
olympique appréciera le commentaire - étaient en
train de se battre. Ceci dans le but de laisser le CNOM régler
proprement cette affaire. Il est aussi bon de savoir que 48 heures
avant son départ pour l'Australie, soit le vendredi 16
mars, Karen Foo Kune avait pris la peine d'avoir une conversation
téléphonique avec Poorananenden Sungeelee, vice-président
pour lui faire part du dénouement heureux de cette affaire
et de l'imminence de son départ. Même s'il faut reconnaître
que le vice-président de l'AMB avait demandé à
la joueuse d'adresser une lettre à la fédération.
La sortie subite d'hibernation du président de l'AMB suscite
à notre avis des interrogations. S'il faut dresser une
liste des dossiers qui sont restés en souffrance, voire
qui n'ont jamais été réglés à
cause, justement, de l'indécision de ce même Ravin
Sandrasagren, ces colonnes ne suffiront pas. Les uns sont plus
urgents que les autres. Pour ne citer qu'un exemple, il y a l'arrivée
d'un DTN à Maurice. Pourquoi veut-il remuer son nez dans
une affaire à haute dimension humaine et qui a connu une
fin juste et appropriée pour une athlète ? À
moins qu'en vérité, il n'ait fait que prêter
sa voix à une autre personne pour critiquer la démarche
du CNOM et de la Solidarité Olympique à l'égard
de Karen Foo Kune.
Au lieu de s'obstiner à vouloir constamment " harceler
" cette fille de 23 ans et qui est la seule qui répond
aux critères de la Solidarité Olympique pour l'obtention
d'une bourse olympique en vue des JO de Beijing, Ravin Sandrasagren
ferait mieux de s'occuper de sa discipline afin qu'elle retrouve
la place qui a été la sienne au sein du PSM. Au
lieu d'utiliser de la façon la plus honteuse les déboires
d'une athlète pour faire du tort à sa famille et
comme plate-forme électorale.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 1er avril 2007
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