Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 mars, Kinshasa, capitale
de la République Démocratique du Congo, a été
le théâtre de violents affrontements armés
entre les soldats et les hommes de Jean-Pierre Bemba, candidat
malheureux aux élections d'octobre. Les dernières
estimations font état de 200 à 600 décès
causés par balles et les obus. Une fois de plus, la RDC
revient dans l'actualité internationale en dépit
de la volonté de son peuple de sortir de cette impasse
de violence pour avancer vers un développement tant souhaité.
Tel est le constat fait par Week-End, le temps d'un séjour
dans ce pays qui s'est récemment embarqué dans le
processus de démocratisation.
Exceptionnellement, ce soir, les rues des communes de Kinshasa
restent désertes et silencieuses. Les commerces n'opèrent
plus et aucun véhicule de civil ne circule. Comme dans
un mauvais rêve, la vie s'est arrêtée à
Kinshasa. Dans les foyers, l'angoisse et la peur rendent davantage
étouffante la chaleur qui persiste en cette saison. Toute
l'attention se porte sur Gombé, le centre-ville. Une fois
de plus, la guerre frappe la République Démocratique
du Congo (RDC) en plein cur. Épaulés par les
éléments de la police, les soldats de la RDC se
montrent particulièrement farouches vis-à-vis de
l'armée du sénateur Bemba. Postés devant
sa résidence, habillés en treillis de camouflage,
ses hommes répondent aux tirs avec la même ardeur
meurtrière. Plus loin, d'autres combats ont lieu entre
les soldats et les renforts qu'attendait la garde de Jean-Pierre
Bemba. Ici, les membres de l'armée régulière
parviennent à disperser leurs opposants.
Entre les deux camps, la tension s'était installée
depuis quelques jours à la suite du refus de la garde rapprochée
de Jean-Pierre Bemba - adversaire malheureux de Joseph Kabila
à la présidentielle d'octobre dernier - d'intégrer
les rangs de l'armée nationale. Jeudi après-midi,
il n'a fallu qu'un premier coup de feu pour déclencher
cette explosion de violence. Pour rappel, dans une logique de
réconciliation, Bemba avait été nommé
vice-président au sein du gouvernement transitoire qui
avait été créé après l'assassinat
de Laurent-Désiré Kabila en 2001.
En à peine quelques heures, les affrontements entre l'armée
et la garde personnelle de l'ex-vice Président Jean-Pierre
Bemba ont pris une ampleur démesurée. Aux abords
des hôtels, des banques, des bureaux, des résidences,
des ministères, des ambassades de ce quartier chic, retranchés
en deux camps, des centaines d'hommes s'affrontent à coups
de balles et d'obus. Le crépitement des fusils d'assaut
et le grondement des armes lourdes retentissent à travers
la ville au milieu des bruits des jeeps, camions et tanks. Constamment,
des flashs provoqués par les déflagrations éclairent
le ciel où monte de la fumée.
Obus perdus
En poste en RDC depuis plusieurs mois, les Casques Bleus de la
Mission en Observation des Nations Unies au Congo (MONUC) patrouillent
dans la zone des combats à bord de leurs blindés,
prêts à intervenir où cela leur est permis.
Ils ouvrent leurs locaux aux nombreux civils qui n'avaient pas
eu le temps d'évacuer la zone de combat quand les tirs
ont commencé. N'ayant pu sortir à temps, 600 enfants
sont restés dans leur école. Le danger pour la population
des alentours est réel. Les balles et les obus perdus volent
à travers la ville faisant des victimes auprès des
civils. Dans l'une des communes périphériques au
centre-ville, le drame a frappé: "La mère
faisait la lessive et ses deux enfants étaient à
côté quand un obus a explosé dans leur cour.
Ils sont tous les trois morts", relate un témoin
à Week-End le lendemain. Plus loin, s'exprimant
en lingala, niché sur le toit d'un des immeubles qui bordent
le Grand Marché, dans des gestes nerveux, un jeune garçon
explique qu'ici le pire a été évité,
comme par miracle. La veille, un obus est tombé sur le
toit de sa maison. La rumeur circule aussi que des obus perdus
lancés de Kinshasa ont fait une douzaine des morts de l'autre
côté du fleuve Congo sur les rives du Congo-Brazzaville.
Mais certains de ces "dommages collatéraux"
ne sont pas accidentels. Des obus et des coups de feu sont
délibérément tirés sur des commerces:
banques, magasins, hôtels. Ces faits sont imputés
aux hommes de Jean-Pierre Bemba qui, selon des témoins
rencontrés, auraient très tôt profité
de la confusion pour se livrer à des actes de pillage.
La Banque Internationale pour l'Afrique au Congo (BIAC) est prise
d'assaut. Des pans de ses murs volent en éclat, les voitures
en stationnement dans la cour brûlent. Alors que les soldats
accourent vers les coffres, on compte quelques morts et plusieurs
blessés.
Pillages
Alors que leur résidence et leurs hommes sont sous un feu
nourri, Jean-Pierre Bemba et son épouse parviennent à
prendre la fuite pour trouver refuge à l'ambassade d'Afrique
du Sud. Démotivés et affaiblis, quelques-uns de
ses hommes déposent les armes et se rendent. D'autres optent
pour la fuite. "Ils sont sortis et étaient dans
la rue. Ils tiraient sur les soldats de l'armée et contraignaient
ces derniers à se mettre à couvert. Aussitôt
ils reprenaient la fuite", explique un vigile qui était
de garde sur le Boulevard du 20 Juin à ce moment. Poursuivis
par la police et les soldats, les hommes de Jean-Pierre Bemba
continuent leurs actes de pillage dans les magasins, hypermarchés
et même dans un hôtel.
Intervenant à la télévision vendredi matin,
les porte-parole du gouvernement choisissent d'être rassurants.
Expliquant que l'armée avait commencé à
"nettoyer" les dernières poches de résistance,
ils demandent à la population de rester vigilante. Dans
les communes, armés de Kalachnikovs, des policiers patrouillent
pour tenter de débusquer les hommes de Jean-Pierre Bemba
qui se sont mélangés à la population civile
afin d'essayer de fuir. Durant la première partie de la
journée, des coups de feu sont entendus à travers
la ville. Dans quelques cas, il s'agit de tirs de sommation ou
d'intimidation. Mais ça et là, des échanges
de tirs continuent entre les forces de l'ordre et leurs opposants.
La population vit cette situation dans l'angoisse. Lentement,
la tension finit par baisser
Pendant une journée encore, l'accès au centre-ville
est quasiment impossible. Un grand désordre y règne
après les combats et les scènes de pillage. Diffusant
des images de Gombé, la télévision laisse
voir certains cadavres de soldats qui attendent d'être ramassés.
Les soldats et la police paradent d'un air triomphant tout en
restant très vigilants. Ceux qui étaient restés
bloqués dans la zone de combat rentrent chez eux: "Cela
a été très difficile. Les combats étaient
violents. Nous craignons d'être frappés par des obus.
Ça a été un cauchemar", explique
l'un de ceux qui avaient passé la nuit dans le centre-ville.
Un premier bilan fait état de 60 morts. Quelques jours
plus tard, l'ambassadeur d'Allemagne en RDC parle de 200 à
600 décès. Mais les observateurs craignent que ces
affrontements ne viennent ralentir le processus démocratique
par lequel le développement est attendu. Le gouvernement
garde un ton sévère vis-à-vis de Jean-Pierre
Bemba qu'il veut accuser de haute trahison. "Il n'a pas
compris que le pays va vers la démocratisation. Bemba est
resté dans un schéma mobutiste", dit un
ministre à la télévision. Brisant son légendaire
silence après quelques jours, Joseph Kabila tient une conférence
de presse pour annoncer l'intention du gouvernement de ne pas
négocier avec Bemba.
Dès samedi matin, soit quelque 36 heures après le
début des affrontements, bus et voitures recommencent à
circuler normalement à Gombé. Quelques curieux s'arrêtent
devant les locaux de la BIAC ou des commerces pour constater les
dégâts. Les services de voirie sont à l'uvre
pour tenter d'effacer au plus vite les traces du combat. La tension
a complètement disparu et la vie reprend son cours normal
très rapidement. Pour certain, avancer est un devoir: "Il
est nécessaire que la population reprenne ses habitudes
au plus tôt. Nous en avons assez d'être les otages
des caprices des politiciens. Nous voulons qu'ils comprennent
que nous désirons vivre en paix".
Kinshasa la débrouillarde
La saison sèche ne débute qu'à la fin de
mai. Le thermomètre passera alors à 22°C.
"Ce sera l'hiver. Il fera froid !", disent les Kinois
en commentant la chaleur estivale du moment. À peine réveillée,
la province de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique
du Congo (RDC), est imprégnée par les rayons du
soleil. Les 30°C du matin grimperont très vite. Les
rues ponctuées de nids de poule ne font guère obstacle
à la vitesse. Les jeeps et autres Mercedes les plus rutilantes
ne sont pas rares. Elles traduisent parfaitement la richesse du
pays et le profond clivage entre les sociétés. Car
la RDC dispose de toutes les ressources naturelles qui font d'elle
un des pays les plus riches du continent. Bois, eau, pierres précieuses,
métaux
Une mauvaise gestion et distribution de ces
ressources privent le plus grand pays francophone d'Afrique d'un
développement qui aurait bénéficié
à la population.
De leur côté, les intellectuels crient alors au "scandale
géologique". Les vielles voitures pleines à
craquer et les vans tout aussi bondés, sans portes et aux
banquettes en bois, prennent tous la direction de Gombé,
le cur de Kinshasa. Soulevant une poussière de sable
sur leur passage, ces véhicules roulent sans limitation
de vitesse. Freinant à l'arrêt, les vans (communément
appelés bus) sont vite pris d'assaut par une flopée
d'hommes et de femmes.
Réminiscences belges
Ailleurs, dans chaque coin de rue, en bordure de route, des petits
commerces tenus essentiellement par des femmes s'organisent. Sur
les tables en bois, on trouve des grains, larves et poissons grillés,
feuilles de manioc, pistaches, de la farine de maïs et de
manioc, du savon, du pain, des galettes, du charbon et mille et
une choses variées et poussiéreuses. Kinshasa la
chrétienne vit au rythme de la débrouillardise !
Pas le temps de se plaindre. La pauvreté n'est pas une
fatalité. À l'heure où les écoles,
calquées sur le modèle belge, sont déjà
en activité, personne ne s'étonne de voir ces enfants
d'à peine dix ans déambuler dans les rues. "La
scolarité est payante. Elle coûte entre 80 et 300
USD, voire plus annuellement et selon les écoles. Depuis
un an, une ONG a lancé un programme pour que les filles
accèdent à l'éducation gratuite en secondaire",
explique Barthélémy, directeur d'une école
privée. Mais, le projet pilote ne s'échelonne que
sur une année. Résultat, de nombreuses filles délaissent
les bancs des classes après un an en cycle secondaire.
Au pays du jeune président Joseph Kabila, le coût
de la vie est cher ! Le dollar est roi et dicte les transactions.
Liassse de billets verts en main, des hommes proposent un service
de change à même la rue. C'est un business comme
un autre. Pourtant, en matière d'infrastructure, tout est
à renforcer en RDC. À la moindre pluie, c'est toute
une province qui est paralysée. Rien ne fonctionne. Et
lorsque le vieux Kinois songe au passé, à l'époque
des Belges, dirait-il, il devient amer. "L'indépendance
est arrivée trop tôt. Les Belges n'ont rien quitté
!" Des réminiscences belges, il y en a. Surtout,
dans les habitudes et le vocabulaire. Nonante pour quatre-vingt-dix,
septante pour soixante-dix
Ou encore, déjeuner pour
petit-déjeuner; dîner pour déjeuner, et souper
pour dîner
Il y a aussi les "tantôt",
qui reviennent dans les phrases
Au quotidien, le Kinois conserve des valeurs et des principes
de vie qui forgent son authenticité. Il ouvre la porte
de sa maison, comme il ouvre son cur. Généreux
envers l'étranger, il l'est aussi envers son frère.
À Kinshasa, il fait bon de marcher sans s'en inquiéter
! La crainte de se faire poignarder, voler, agresser ne tient
pas ! Kinshasa, ce n'est pas Johannesbourg !
Tout pourrait commencer la nuit
À Kinshasa, tout pourrait commencer la nuit. "Le
Kinois aime sortir. La vie continue la nuit !", disent
ceux qui prolongent leurs journées sur les terrasses improvisées.
Entre le ronronnement des moteurs des vans bondés à
craquer, ramenant au bercail ceux qui rentrent de leurs occupations,
et la sono diffusant à fond la musique congolaise, les
marchands de produits variés resteront encore longtemps
en bordure de route. Si à Gombé, au centre-ville,
l'agitation humaine s'estompe dès la fermeture des bureaux,
ailleurs, les artères des nombreuses communes fourmillent
de Kinois et de visiteurs de passage.
20 heures. Il est encore tôt ! Et il fait chaud. Un des
plaisirs auquel s'adonnent ceux qui voudraient oublier les difficultés
de la vie en République Démocratique du Congo reste
la discussion autour d'une incontournable brochette de cabri ou
de poulet
Sur les tables, bières et autres boissons
colorées ne manquent pas. La Septième Rue, dans
la commune de Limete, à 15 minutes du centre-ville, est
une vitrine de la RDC. La vie nocturne y a tout son sens. Dans
la grande place, les tables et chaises sont aménagées
ça et là, selon les petits restaurateurs. L'obscurité
imprègne les lieux, car à Kinshasa ou ailleurs,
l'électricité est un véritable luxe. Seuls
les générateurs alimentent l'emplacement des propriétaires,
toujours prêts à servir les clients. Attaché
non loin du gril, un jeune cabri qui ne verra sans doute pas le
lever du jour
Panier en main ou sur la tête, les vendeurs
de pistaches, mouchoirs, cigarettes et autres racines et noix
aux vertus aphrodisiaques circulent sans cesse entre les tables.
Prennent très vite le relais, des enfants de rue en quête
de quelques francs.
Kinshasa by night, c'est aussi la musique
En RDC,
la rumba des années 70 a certes évolué, mais
elle ne peut s'opposer à la musique moderne du pays dominée
par l'influence du soukouss, venu de l'autre Congo. La nuit ne
s'achève jamais sans une note rythmée. Et ce ne
sont pas les propriétaires des résidences privées
- les "parcelles" comme disent les Kinois - qui enfreindront
les règles ! À Victoire, un des quartiers les plus
populaires, l'entrée de la plupart des parcelles, est aménagé
de façon à accueillir d'éventuels clients.
Et ceux qui s'y arrêtent ont droit à une musique
bruyante et aux décibels d'à côté.
"Ici on ne paie pas d'impôt. N'importe qui peut
s'improviser restaurateur. À quoi bon payer la taxe quand
on n'a pas de service ? Celui qui va faire le recouvrement chez
les particuliers est vite chassé des lieux !",
raconte-t-on à Kinshasa.
Dev Virahsawmy
Le choix du e-book pour l'uvre d'une vie
Des dizaines de pièces de théâtre et de recueils
de poèmes, des contes et nouvelles, quatre novelas, un
roman: pour rendre accessible l'ensemble de son importante création
en créole, Dev Virahsawmy a choisi de se tourner vers la
formule du e-book ou livre électronique. Lerwa Lir,
fraîchement lancé, pourrait toutefois être
le dernier d'une série déjà riche d'une quinzaine
de volumes. L'auteur nous annonce en effet son intention de se
consacrer tout entier à l'uvre d'une vie: Ti pa
ti pa ziska lasours.
"Mo ena anviron 5 000 paz lekritir lor enn period 40 an.
Si mo anvi piblie mo ev konplet, li reprezant 20 a 25 volim, ki
pou kout ant 1 ek 2 miyon roupi. Me zame mo pou kapav dispoz sa
kalite mwayin-la", fait ressortir Dev Virahsawmy.
C'est à partir de cette réalisation qu'il a commencé,
il y a cinq ans, à se familiariser avec les nouvelles technologies
lui permettant de passer du format papier au numérique.
Il commence ainsi par créer un site web (http://pages.intnet.mu/develog),
sur lequel on peut consulter une bonne partie de ses ouvrages.
Puis, il apprend à faire lui-même des livres électroniques.
Ce sera la collection Devsa ! qui compte aujourd'hui une quinzaine
de titres, chacun contenant plusieurs ouvrages. Existe aussi une
version omnibus, qui regroupe environ 75% de ses écrits.
"Sa formil dizital-la, li ena so desavantaz, parski ou
bizin enn ordinater pou lir li. Me an mem tan, li ena boukou lavantaz",
explique Dev Virahsawmy. Il souligne ainsi qu'un grand nombre
d'universités à travers le monde s'intéressent
au travail qu'il effectue au niveau de la langue créole.
Le livre électronique, petit et léger, peut facilement
leur être expédié, et leur permet ainsi de
disposer de plusieurs ouvrages pouvant être imprimés
à loisir.
De plus, le fait qu'il procède lui-même au montage
et à la mise en page permet de réduire considérablement
les frais. Ce qui rend possible une vente au prix très
accessible de Rs 150 par titre.
Ti pa ti pa ziska lasours
L'autre avantage du livre électronique réside dans
son caractère multi-support. Sur l'un des titres figure
ainsi une quinzaine de poèmes en version MP3, offrant la
possibilité d'entendre l'auteur lire ses lignes. Ce qui
ne manque pas d'intérêt. Dev Virahsawmy cite ainsi
le cas d'un groupe d'études de Hong Kong, qui se spécialise
dans la langue créole et qui, avant sa venue à Maurice,
a utilisé sa poésie parlante pour se familiariser
avec le créole et sa prononciation. "Li ousi enn
zouti pedagozik", fait-il ressortir.
La sortie du tout dernier titre, Lerwa Lir, marque toutefois
une étape dans ce processus. Dev Virahsawmy annonce en
effet sa décision de ne plus en produire à partir
de là. Ce, pour pouvoir se consacrer entièrement
à un projet de plus grande envergure. Tout ce qu'il écrira
à partir de maintenant sera en effet destiné à
alimenter un grand recueil multi-genres, intitulé Ti
pa ti pa ziska lasours. À 65 ans tout juste fêtés,
Dev Virahsawmy semble en effet songer à une sorte de testament
vivant, un legs, regroupant poèmes, prose, articles, traductions;
bref, la somme de son engagement et de sa création. "Me
mo pa prese, mo anvi pran mo letan", conclut-il dans
un sourire
Au terme de 22 ans de prison
Sam Pongavanam: l'écriture libératrice
Ponsamy Pongavanam, plus connu sous le nom de Sam, est un homme
libre. Depuis mardi dernier, 27 mars, il a quitté la prison
où il a passé ces 22 dernières années,
ayant été jugé coupable, en mars 1987, du
meurtre de son rival amoureux, Lalit Huzarfutty, à Gros
Billot, le 21 octobre 1985. D'abord condamné à mort,
Sam Pongavanam a ensuite vu sa peine commuée en emprisonnement
en 1995. C'est dire s'il revient de loin.
Sa sortie de prison a été un moment chargé
d'émotion. Mais ce sont encore la sérénité
et la détermination de l'homme qui ont frappé tous
ceux qui ont eu l'occasion de le connaître. Quelque part,
Sam Pongavanam donnait l'impression d'être déjà
libre depuis un moment. Libre dans sa tête. Au cours de
ces années en effet, Sam Pongavanam a reconstruit sa vie.
Études, diplôme de journalisme, il s'est patiemment
forgé un avenir. Et si sa découverte de la spiritualité
a été fondamentale, il dit devoir aussi sa reconstruction
à l'écriture.
Avec l'ouvrage Condamné Amour et le recueil de nouvelles
Enfance Brisée, publiés respectivement en
2003 et 2005 par les Éditions Le Printemps, Sam Pongavanam
a fait connaître ses qualités d'auteur et sa volonté
de partager, à travers l'écriture, son expérience,
ses réflexions, sa vision, ses doutes et ses espoirs. Et
s'il s'apprête à faire paraître un troisième
ouvrage, En prison mais libre, où il expose son
parcours carcéral, on sent bien qu'il ne voudrait plus
se laisser enfermer en cela.
Depuis qu'il est rentré chez lui, à L'Escalier,
c'est aussi d'autre chose que Sam Pongavanam veut parler. De sa
première visite à la mer mercredi dernier. Des démarches
entamées jeudi aux Casernes centrales pour le renouvellement
de son permis de conduire. De tout ce qu'il voudrait désormais
faire et être. C'est aussi pour dire cela qu'il nous a confié
ce poème, Passeur d'espérance, que nous publions
ici comme témoignage, simple et direct, du cheminement
d'un homme se voulant libre
Prix du Roman d'Amour
Les trois nominés du Prix Prince Maurice
Le jury du Prix Prince Maurice du Roman d'amour 2007 a choisi
ses trois nominés pour ce prix qui sera attribué
le 12 mai prochain. Suite à une "très longue
délibération" tenue à Paris mercredi
dernier, 28 mars, ce jury présidé par Daniel Picouly
et regroupant Marek Halter, Paule Constant, Alain Mabanckou, Alain
Gordon-Gentil, Carl de Souza et Kumari Issur, a finalement retenu,
sur une préselection de onze titres, les trois ouvrages
suivants:
- J'ai épousé Johnny à Notre Dame de Sion
de Farida Hachtroudi (Seuil);
- Puisque rien ne dure de Laurence Tardieu (Stock)
- Ni toi ni moi de Camille Laurens (P.O.L)
Jury et nominés seront à Maurice du 8 au 12 mai
pour une série d'échanges avec écrivains
et étudiants mauriciens.
CD Conte musical pour enfants
Debou et Tangou
Toute la sagesse d'un monde avec un grand "Aime" dans
un conte musical pour enfants avec un nouveau projet - Debou et
Tangou - en attente de sponsors. Il a été écrit
par Nazal Rosunally, écrivain, illustrateur et éditeur,
dans le but d'inciter les enfants à la lecture. L'auteur
est connu pour Lapino et Lapini (E.T. Éditions),
premier conte en français pour les petits Mauriciens, qui
s'inscrit dans une longue série d'ouvrages pour enfants
dans un but à la fois pédagogique et ludique. Contes,
chansons, coloriage, collage font partie des activités
proposées.
Nazal Rosunally enregistre en ce moment I love Mum, titre
d'un album de quinze chansons, avec la complicité de Meera
Mohun. L'auteur est à la recherche de sponsors pour publier
un magazine souvenir qui accompagnera le CD.