m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 1er avril 2007



Les 22 et 23 mars en RD du Congo - L'armée nationale et les hommes de Bemba s'affrontent à l'arme lourde
Kinshasa la débrouillarde…
Dev Virahsawmy - Le choix du e-book pour l'œuvre d'une vie
Au terme de 22 ans de prison - Sam Pongavanam: l'écriture libératrice…
Prix du Roman d'Amour - Les trois nominés du Prix Prince Maurice
CD Conte musical pour enfants - Debou et Tangou


Les 22 et 23 mars en RD du Congo

L'armée nationale et les hommes de Bemba s'affrontent à l'arme lourde

Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 mars, Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, a été le théâtre de violents affrontements armés entre les soldats et les hommes de Jean-Pierre Bemba, candidat malheureux aux élections d'octobre. Les dernières estimations font état de 200 à 600 décès causés par balles et les obus. Une fois de plus, la RDC revient dans l'actualité internationale en dépit de la volonté de son peuple de sortir de cette impasse de violence pour avancer vers un développement tant souhaité. Tel est le constat fait par Week-End, le temps d'un séjour dans ce pays qui s'est récemment embarqué dans le processus de démocratisation.

Exceptionnellement, ce soir, les rues des communes de Kinshasa restent désertes et silencieuses. Les commerces n'opèrent plus et aucun véhicule de civil ne circule. Comme dans un mauvais rêve, la vie s'est arrêtée à Kinshasa. Dans les foyers, l'angoisse et la peur rendent davantage étouffante la chaleur qui persiste en cette saison. Toute l'attention se porte sur Gombé, le centre-ville. Une fois de plus, la guerre frappe la République Démocratique du Congo (RDC) en plein cœur. Épaulés par les éléments de la police, les soldats de la RDC se montrent particulièrement farouches vis-à-vis de l'armée du sénateur Bemba. Postés devant sa résidence, habillés en treillis de camouflage, ses hommes répondent aux tirs avec la même ardeur meurtrière. Plus loin, d'autres combats ont lieu entre les soldats et les renforts qu'attendait la garde de Jean-Pierre Bemba. Ici, les membres de l'armée régulière parviennent à disperser leurs opposants.

Entre les deux camps, la tension s'était installée depuis quelques jours à la suite du refus de la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba - adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle d'octobre dernier - d'intégrer les rangs de l'armée nationale. Jeudi après-midi, il n'a fallu qu'un premier coup de feu pour déclencher cette explosion de violence. Pour rappel, dans une logique de réconciliation, Bemba avait été nommé vice-président au sein du gouvernement transitoire qui avait été créé après l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila en 2001.

En à peine quelques heures, les affrontements entre l'armée et la garde personnelle de l'ex-vice Président Jean-Pierre Bemba ont pris une ampleur démesurée. Aux abords des hôtels, des banques, des bureaux, des résidences, des ministères, des ambassades de ce quartier chic, retranchés en deux camps, des centaines d'hommes s'affrontent à coups de balles et d'obus. Le crépitement des fusils d'assaut et le grondement des armes lourdes retentissent à travers la ville au milieu des bruits des jeeps, camions et tanks. Constamment, des flashs provoqués par les déflagrations éclairent le ciel où monte de la fumée.

Obus perdus

En poste en RDC depuis plusieurs mois, les Casques Bleus de la Mission en Observation des Nations Unies au Congo (MONUC) patrouillent dans la zone des combats à bord de leurs blindés, prêts à intervenir où cela leur est permis. Ils ouvrent leurs locaux aux nombreux civils qui n'avaient pas eu le temps d'évacuer la zone de combat quand les tirs ont commencé. N'ayant pu sortir à temps, 600 enfants sont restés dans leur école. Le danger pour la population des alentours est réel. Les balles et les obus perdus volent à travers la ville faisant des victimes auprès des civils. Dans l'une des communes périphériques au centre-ville, le drame a frappé: "La mère faisait la lessive et ses deux enfants étaient à côté quand un obus a explosé dans leur cour. Ils sont tous les trois morts", relate un témoin à Week-End le lendemain. Plus loin, s'exprimant en lingala, niché sur le toit d'un des immeubles qui bordent le Grand Marché, dans des gestes nerveux, un jeune garçon explique qu'ici le pire a été évité, comme par miracle. La veille, un obus est tombé sur le toit de sa maison. La rumeur circule aussi que des obus perdus lancés de Kinshasa ont fait une douzaine des morts de l'autre côté du fleuve Congo sur les rives du Congo-Brazzaville.

Mais certains de ces "dommages collatéraux" ne sont pas accidentels. Des obus et des coups de feu sont délibérément tirés sur des commerces: banques, magasins, hôtels. Ces faits sont imputés aux hommes de Jean-Pierre Bemba qui, selon des témoins rencontrés, auraient très tôt profité de la confusion pour se livrer à des actes de pillage. La Banque Internationale pour l'Afrique au Congo (BIAC) est prise d'assaut. Des pans de ses murs volent en éclat, les voitures en stationnement dans la cour brûlent. Alors que les soldats accourent vers les coffres, on compte quelques morts et plusieurs blessés.

Pillages

Alors que leur résidence et leurs hommes sont sous un feu nourri, Jean-Pierre Bemba et son épouse parviennent à prendre la fuite pour trouver refuge à l'ambassade d'Afrique du Sud. Démotivés et affaiblis, quelques-uns de ses hommes déposent les armes et se rendent. D'autres optent pour la fuite. "Ils sont sortis et étaient dans la rue. Ils tiraient sur les soldats de l'armée et contraignaient ces derniers à se mettre à couvert. Aussitôt ils reprenaient la fuite", explique un vigile qui était de garde sur le Boulevard du 20 Juin à ce moment. Poursuivis par la police et les soldats, les hommes de Jean-Pierre Bemba continuent leurs actes de pillage dans les magasins, hypermarchés et même dans un hôtel.

Intervenant à la télévision vendredi matin, les porte-parole du gouvernement choisissent d'être rassurants. Expliquant que l'armée avait commencé à "nettoyer" les dernières poches de résistance, ils demandent à la population de rester vigilante. Dans les communes, armés de Kalachnikovs, des policiers patrouillent pour tenter de débusquer les hommes de Jean-Pierre Bemba qui se sont mélangés à la population civile afin d'essayer de fuir. Durant la première partie de la journée, des coups de feu sont entendus à travers la ville. Dans quelques cas, il s'agit de tirs de sommation ou d'intimidation. Mais ça et là, des échanges de tirs continuent entre les forces de l'ordre et leurs opposants. La population vit cette situation dans l'angoisse. Lentement, la tension finit par baisser…

Pendant une journée encore, l'accès au centre-ville est quasiment impossible. Un grand désordre y règne après les combats et les scènes de pillage. Diffusant des images de Gombé, la télévision laisse voir certains cadavres de soldats qui attendent d'être ramassés. Les soldats et la police paradent d'un air triomphant tout en restant très vigilants. Ceux qui étaient restés bloqués dans la zone de combat rentrent chez eux: "Cela a été très difficile. Les combats étaient violents. Nous craignons d'être frappés par des obus. Ça a été un cauchemar", explique l'un de ceux qui avaient passé la nuit dans le centre-ville.

Un premier bilan fait état de 60 morts. Quelques jours plus tard, l'ambassadeur d'Allemagne en RDC parle de 200 à 600 décès. Mais les observateurs craignent que ces affrontements ne viennent ralentir le processus démocratique par lequel le développement est attendu. Le gouvernement garde un ton sévère vis-à-vis de Jean-Pierre Bemba qu'il veut accuser de haute trahison. "Il n'a pas compris que le pays va vers la démocratisation. Bemba est resté dans un schéma mobutiste", dit un ministre à la télévision. Brisant son légendaire silence après quelques jours, Joseph Kabila tient une conférence de presse pour annoncer l'intention du gouvernement de ne pas négocier avec Bemba.

Dès samedi matin, soit quelque 36 heures après le début des affrontements, bus et voitures recommencent à circuler normalement à Gombé. Quelques curieux s'arrêtent devant les locaux de la BIAC ou des commerces pour constater les dégâts. Les services de voirie sont à l'œuvre pour tenter d'effacer au plus vite les traces du combat. La tension a complètement disparu et la vie reprend son cours normal très rapidement. Pour certain, avancer est un devoir: "Il est nécessaire que la population reprenne ses habitudes au plus tôt. Nous en avons assez d'être les otages des caprices des politiciens. Nous voulons qu'ils comprennent que nous désirons vivre en paix".


Kinshasa la débrouillarde…

La saison sèche ne débute qu'à la fin de mai. Le thermomètre passera alors à 22°C. "Ce sera l'hiver. Il fera froid !", disent les Kinois en commentant la chaleur estivale du moment. À peine réveillée, la province de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), est imprégnée par les rayons du soleil. Les 30°C du matin grimperont très vite. Les rues ponctuées de nids de poule ne font guère obstacle à la vitesse. Les jeeps et autres Mercedes les plus rutilantes ne sont pas rares. Elles traduisent parfaitement la richesse du pays et le profond clivage entre les sociétés. Car la RDC dispose de toutes les ressources naturelles qui font d'elle un des pays les plus riches du continent. Bois, eau, pierres précieuses, métaux… Une mauvaise gestion et distribution de ces ressources privent le plus grand pays francophone d'Afrique d'un développement qui aurait bénéficié à la population.

De leur côté, les intellectuels crient alors au "scandale géologique". Les vielles voitures pleines à craquer et les vans tout aussi bondés, sans portes et aux banquettes en bois, prennent tous la direction de Gombé, le cœur de Kinshasa. Soulevant une poussière de sable sur leur passage, ces véhicules roulent sans limitation de vitesse. Freinant à l'arrêt, les vans (communément appelés bus) sont vite pris d'assaut par une flopée d'hommes et de femmes.

Réminiscences belges

Ailleurs, dans chaque coin de rue, en bordure de route, des petits commerces tenus essentiellement par des femmes s'organisent. Sur les tables en bois, on trouve des grains, larves et poissons grillés, feuilles de manioc, pistaches, de la farine de maïs et de manioc, du savon, du pain, des galettes, du charbon et mille et une choses variées et poussiéreuses. Kinshasa la chrétienne vit au rythme de la débrouillardise ! Pas le temps de se plaindre. La pauvreté n'est pas une fatalité. À l'heure où les écoles, calquées sur le modèle belge, sont déjà en activité, personne ne s'étonne de voir ces enfants d'à peine dix ans déambuler dans les rues. "La scolarité est payante. Elle coûte entre 80 et 300 USD, voire plus annuellement et selon les écoles. Depuis un an, une ONG a lancé un programme pour que les filles accèdent à l'éducation gratuite en secondaire", explique Barthélémy, directeur d'une école privée. Mais, le projet pilote ne s'échelonne que sur une année. Résultat, de nombreuses filles délaissent les bancs des classes après un an en cycle secondaire.

Au pays du jeune président Joseph Kabila, le coût de la vie est cher ! Le dollar est roi et dicte les transactions. Liassse de billets verts en main, des hommes proposent un service de change à même la rue. C'est un business comme un autre. Pourtant, en matière d'infrastructure, tout est à renforcer en RDC. À la moindre pluie, c'est toute une province qui est paralysée. Rien ne fonctionne. Et lorsque le vieux Kinois songe au passé, à l'époque des Belges, dirait-il, il devient amer. "L'indépendance est arrivée trop tôt. Les Belges n'ont rien quitté !" Des réminiscences belges, il y en a. Surtout, dans les habitudes et le vocabulaire. Nonante pour quatre-vingt-dix, septante pour soixante-dix… Ou encore, déjeuner pour petit-déjeuner; dîner pour déjeuner, et souper pour dîner… Il y a aussi les "tantôt", qui reviennent dans les phrases…

Au quotidien, le Kinois conserve des valeurs et des principes de vie qui forgent son authenticité. Il ouvre la porte de sa maison, comme il ouvre son cœur. Généreux envers l'étranger, il l'est aussi envers son frère. À Kinshasa, il fait bon de marcher sans s'en inquiéter ! La crainte de se faire poignarder, voler, agresser ne tient pas ! Kinshasa, ce n'est pas Johannesbourg !

Tout pourrait commencer la nuit

À Kinshasa, tout pourrait commencer la nuit. "Le Kinois aime sortir. La vie continue la nuit !", disent ceux qui prolongent leurs journées sur les terrasses improvisées. Entre le ronronnement des moteurs des vans bondés à craquer, ramenant au bercail ceux qui rentrent de leurs occupations, et la sono diffusant à fond la musique congolaise, les marchands de produits variés resteront encore longtemps en bordure de route. Si à Gombé, au centre-ville, l'agitation humaine s'estompe dès la fermeture des bureaux, ailleurs, les artères des nombreuses communes fourmillent de Kinois et de visiteurs de passage.

20 heures. Il est encore tôt ! Et il fait chaud. Un des plaisirs auquel s'adonnent ceux qui voudraient oublier les difficultés de la vie en République Démocratique du Congo reste la discussion autour d'une incontournable brochette de cabri ou de poulet… Sur les tables, bières et autres boissons colorées ne manquent pas. La Septième Rue, dans la commune de Limete, à 15 minutes du centre-ville, est une vitrine de la RDC. La vie nocturne y a tout son sens. Dans la grande place, les tables et chaises sont aménagées ça et là, selon les petits restaurateurs. L'obscurité imprègne les lieux, car à Kinshasa ou ailleurs, l'électricité est un véritable luxe. Seuls les générateurs alimentent l'emplacement des propriétaires, toujours prêts à servir les clients. Attaché non loin du gril, un jeune cabri qui ne verra sans doute pas le lever du jour… Panier en main ou sur la tête, les vendeurs de pistaches, mouchoirs, cigarettes et autres racines et noix aux vertus aphrodisiaques circulent sans cesse entre les tables. Prennent très vite le relais, des enfants de rue en quête de quelques francs.

Kinshasa by night, c'est aussi la musique… En RDC, la rumba des années 70 a certes évolué, mais elle ne peut s'opposer à la musique moderne du pays dominée par l'influence du soukouss, venu de l'autre Congo. La nuit ne s'achève jamais sans une note rythmée. Et ce ne sont pas les propriétaires des résidences privées - les "parcelles" comme disent les Kinois - qui enfreindront les règles ! À Victoire, un des quartiers les plus populaires, l'entrée de la plupart des parcelles, est aménagé de façon à accueillir d'éventuels clients. Et ceux qui s'y arrêtent ont droit à une musique bruyante et aux décibels d'à côté. "Ici on ne paie pas d'impôt. N'importe qui peut s'improviser restaurateur. À quoi bon payer la taxe quand on n'a pas de service ? Celui qui va faire le recouvrement chez les particuliers est vite chassé des lieux !", raconte-t-on à Kinshasa.


Dev Virahsawmy

Le choix du e-book pour l'œuvre d'une vie

Des dizaines de pièces de théâtre et de recueils de poèmes, des contes et nouvelles, quatre novelas, un roman: pour rendre accessible l'ensemble de son importante création en créole, Dev Virahsawmy a choisi de se tourner vers la formule du e-book ou livre électronique. Lerwa Lir, fraîchement lancé, pourrait toutefois être le dernier d'une série déjà riche d'une quinzaine de volumes. L'auteur nous annonce en effet son intention de se consacrer tout entier à l'œuvre d'une vie: Ti pa ti pa ziska lasours.

"Mo ena anviron 5 000 paz lekritir lor enn period 40 an. Si mo anvi piblie mo ev konplet, li reprezant 20 a 25 volim, ki pou kout ant 1 ek 2 miyon roupi. Me zame mo pou kapav dispoz sa kalite mwayin-la", fait ressortir Dev Virahsawmy.

C'est à partir de cette réalisation qu'il a commencé, il y a cinq ans, à se familiariser avec les nouvelles technologies lui permettant de passer du format papier au numérique. Il commence ainsi par créer un site web (http://pages.intnet.mu/develog), sur lequel on peut consulter une bonne partie de ses ouvrages. Puis, il apprend à faire lui-même des livres électroniques. Ce sera la collection Devsa ! qui compte aujourd'hui une quinzaine de titres, chacun contenant plusieurs ouvrages. Existe aussi une version omnibus, qui regroupe environ 75% de ses écrits.

"Sa formil dizital-la, li ena so desavantaz, parski ou bizin enn ordinater pou lir li. Me an mem tan, li ena boukou lavantaz", explique Dev Virahsawmy. Il souligne ainsi qu'un grand nombre d'universités à travers le monde s'intéressent au travail qu'il effectue au niveau de la langue créole. Le livre électronique, petit et léger, peut facilement leur être expédié, et leur permet ainsi de disposer de plusieurs ouvrages pouvant être imprimés à loisir.

De plus, le fait qu'il procède lui-même au montage et à la mise en page permet de réduire considérablement les frais. Ce qui rend possible une vente au prix très accessible de Rs 150 par titre.

Ti pa ti pa ziska lasours

L'autre avantage du livre électronique réside dans son caractère multi-support. Sur l'un des titres figure ainsi une quinzaine de poèmes en version MP3, offrant la possibilité d'entendre l'auteur lire ses lignes. Ce qui ne manque pas d'intérêt. Dev Virahsawmy cite ainsi le cas d'un groupe d'études de Hong Kong, qui se spécialise dans la langue créole et qui, avant sa venue à Maurice, a utilisé sa poésie parlante pour se familiariser avec le créole et sa prononciation. "Li ousi enn zouti pedagozik", fait-il ressortir.

La sortie du tout dernier titre, Lerwa Lir, marque toutefois une étape dans ce processus. Dev Virahsawmy annonce en effet sa décision de ne plus en produire à partir de là. Ce, pour pouvoir se consacrer entièrement à un projet de plus grande envergure. Tout ce qu'il écrira à partir de maintenant sera en effet destiné à alimenter un grand recueil multi-genres, intitulé Ti pa ti pa ziska lasours. À 65 ans tout juste fêtés, Dev Virahsawmy semble en effet songer à une sorte de testament vivant, un legs, regroupant poèmes, prose, articles, traductions; bref, la somme de son engagement et de sa création. "Me mo pa prese, mo anvi pran mo letan", conclut-il dans un sourire…


Au terme de 22 ans de prison

Sam Pongavanam: l'écriture libératrice…

Ponsamy Pongavanam, plus connu sous le nom de Sam, est un homme libre. Depuis mardi dernier, 27 mars, il a quitté la prison où il a passé ces 22 dernières années, ayant été jugé coupable, en mars 1987, du meurtre de son rival amoureux, Lalit Huzarfutty, à Gros Billot, le 21 octobre 1985. D'abord condamné à mort, Sam Pongavanam a ensuite vu sa peine commuée en emprisonnement en 1995. C'est dire s'il revient de loin.

Sa sortie de prison a été un moment chargé d'émotion. Mais ce sont encore la sérénité et la détermination de l'homme qui ont frappé tous ceux qui ont eu l'occasion de le connaître. Quelque part, Sam Pongavanam donnait l'impression d'être déjà libre depuis un moment. Libre dans sa tête. Au cours de ces années en effet, Sam Pongavanam a reconstruit sa vie. Études, diplôme de journalisme, il s'est patiemment forgé un avenir. Et si sa découverte de la spiritualité a été fondamentale, il dit devoir aussi sa reconstruction à l'écriture.

Avec l'ouvrage Condamné Amour et le recueil de nouvelles Enfance Brisée, publiés respectivement en 2003 et 2005 par les Éditions Le Printemps, Sam Pongavanam a fait connaître ses qualités d'auteur et sa volonté de partager, à travers l'écriture, son expérience, ses réflexions, sa vision, ses doutes et ses espoirs. Et s'il s'apprête à faire paraître un troisième ouvrage, En prison mais libre, où il expose son parcours carcéral, on sent bien qu'il ne voudrait plus se laisser enfermer en cela.

Depuis qu'il est rentré chez lui, à L'Escalier, c'est aussi d'autre chose que Sam Pongavanam veut parler. De sa première visite à la mer mercredi dernier. Des démarches entamées jeudi aux Casernes centrales pour le renouvellement de son permis de conduire. De tout ce qu'il voudrait désormais faire et être. C'est aussi pour dire cela qu'il nous a confié ce poème, Passeur d'espérance, que nous publions ici comme témoignage, simple et direct, du cheminement d'un homme se voulant libre…


Prix du Roman d'Amour

Les trois nominés du Prix Prince Maurice

Le jury du Prix Prince Maurice du Roman d'amour 2007 a choisi ses trois nominés pour ce prix qui sera attribué le 12 mai prochain. Suite à une "très longue délibération" tenue à Paris mercredi dernier, 28 mars, ce jury présidé par Daniel Picouly et regroupant Marek Halter, Paule Constant, Alain Mabanckou, Alain Gordon-Gentil, Carl de Souza et Kumari Issur, a finalement retenu, sur une préselection de onze titres, les trois ouvrages suivants:

- J'ai épousé Johnny à Notre Dame de Sion de Farida Hachtroudi (Seuil);

- Puisque rien ne dure de Laurence Tardieu (Stock)

- Ni toi ni moi de Camille Laurens (P.O.L)

Jury et nominés seront à Maurice du 8 au 12 mai pour une série d'échanges avec écrivains et étudiants mauriciens.


CD Conte musical pour enfants

Debou et Tangou

Toute la sagesse d'un monde avec un grand "Aime" dans un conte musical pour enfants avec un nouveau projet - Debou et Tangou - en attente de sponsors. Il a été écrit par Nazal Rosunally, écrivain, illustrateur et éditeur, dans le but d'inciter les enfants à la lecture. L'auteur est connu pour Lapino et Lapini (E.T. Éditions), premier conte en français pour les petits Mauriciens, qui s'inscrit dans une longue série d'ouvrages pour enfants dans un but à la fois pédagogique et ludique. Contes, chansons, coloriage, collage font partie des activités proposées.

Nazal Rosunally enregistre en ce moment I love Mum, titre d'un album de quinze chansons, avec la complicité de Meera Mohun. L'auteur est à la recherche de sponsors pour publier un magazine souvenir qui accompagnera le CD.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 1er avril 2007