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Avec l'arrivée de la période des grosses pluies
Ne pas baisser la garde contre le chikungunya
Depuis août 2006, aucun cas de chikungunya n'a été
enregistré à Maurice. Mais avec l'arrivée
de la période des grosses pluies, la menace demeure. La
vigilance est toujours de mise. L'année dernière,
de janvier à août 2006, 10 072 cas de chikungunya
ont été rapportés, le nombre le plus élevé
(5 146 cas) en février. En ce début d'année,
pour parer à une résurgence de la maladie ou une
éventuelle épidémie, la population est appelée
à ne pas baisser la garde.
Une campagne nationale de prévention avait démarré
en juin 2006 dans plusieurs régions de l'île visant
à réduire le nombre de personnes atteintes du chikungunya,
ainsi que les risques de propagation de la maladie. La collaboration
de la population a été sollicitée pour vaincre
le chikungunya. À ce jour, les autorités estiment
que la situation est "sous contrôle" et
ne déplorent aucune victime.
Toutefois, avec l'arrivée des grosses pluies et l'accumulation
des poches d'eau dans différents endroits, éléments
favorables à la prolifération des moustiques, les
risques d'une réapparition de cette épidémie
sont grands. Avec la collaboration d'autres organismes, le ministère
de la Santé continue sa campagne de sensibilisation sur
le terrain: causeries dans plusieurs régions de l'île,
distribution de fascicules, slogans sur les autobus, campagne
tous azimuts à la radio et à la télévision.
L'objectif: toucher le plus grand nombre de personnes - enfants
et adultes - pour contrer le chikungunya.
Les autorités affirment que des études entomologiques
sont faites couramment pour connaître la densité
de la population des moustiques dans l'île, tester l'efficacité
des opérations de vector control, ainsi que la résistance
des moustiques aux insecticides.
À ce jour, une certaine amélioration au niveau du
nettoyage de certaines régions est notée. Mais d'autres
endroits demeurent non nettoyés ou à l'abandon,
malgré les nombreux messages des autorités. "C'est
ce qui favorise la prolifération des moustiques. Les endroits
boisés, l'eau sur les maisons ou dans les pneus usés
Le public doit collaborer pour la propreté de son environnement
et éviter que les moustiques s'installent et prolifèrent
dans les endroits à risques", indique-t-on.
Le Public Health (Amendment) Bill, voté en novembre
dernier et qui entrera en vigueur à la fin de janvier 2007,
remédiera peut-être à la situation. Cet amendement
a été voté en vue de renforcer la vigilance
dans le pays. En cas de "water accumulation on premises",
les contrevenants risquent une amende de Rs 1 000, et de Rs
5 000 si la somme n'est pas réglée dans une période
de vingt jours.
La campagne nationale de sensibilisation a contribué à
réduire la propagation du chikungunya depuis août
2006. Mais les autorités lancent un appel à la population
pour qu'elle ne baisse pas la garde.
Développements de dernière heure
Le Morne: MPP modifie son plan IRS
Le dossier du Morne a connu des développements importants
cette semaine, sur fond de crispations que certains veulent manifestement
uvrer à désamorcer. Alors que la Platform
Patriotik pou Sov le Morne, l'OF/Les Verts et le MMKA manifestent
avec de plus en plus de virulence leur opposition à toute
construction sur la montagne, nous avons appris vendredi que les
promoteurs britanniques du Morne Brabant IRS Co Ltd, venus en
force à Maurice, ont décidé de repositionner
hors de la core zone récemment délimitée
les 16 villas qui s'y trouvaient initialement. De son côté,
le conseil des ministres a approuvé vendredi le Draft
Management Plan et le dossier final d'inscription au Patrimoine
de l'Humanité, qui sera envoyé la semaine prochaine
à l'Unesco.
"Nous ne sommes pas des politiciens. Nous ne sommes que
des promoteurs que le gouvernement mauricien a encouragés
à venir investir à Maurice. Et c'est ce que nous
voulons faire à travers le projet IRS que nous projetons
de réaliser sur les terres privées que nous avons
achetées sur la montagne du Morne, le 30 juin 2006. Nous
sommes conscients que la montagne du Morne représente diverses
choses pour diverses personnes. Mais nous pensons que le développement
et la mémoire n'ont pas forcément besoin d'être
antagonistes et de s'exclure, et que notre projet peut aussi bien
aider au classement du Morne au Patrimoine mondial de l'Unesco
et à l'avancement de la population de la région
et de l'île tout entière". C'est en ces
termes que les dirigeants britanniques de la Mauritian Property
Partnerships, représentants de la Morne Brabant IRS Co
Ltd, ont parlé vendredi dernier de leur projet contesté
sur la montagne du Morne.
C'est visiblement à un recentrage dans le sens de l'apaisement,
de la concertation et du dialogue qu'ont voulu opérer Christopher
Wilkins et Tom Gosling, Joint Managing Directors de MPP,
et Alan Baker, Group Development Director, qui ont débarqué
à Maurice la semaine dernière pour prendre la relève
de Bertrand Giraud, ex-propriétaire des terres et partenaire
minoritaire au sein du Morne Brabant IRS Co Ltd. À travers
leurs propos, on sent une volonté de faire valoir qu'il
n'y a aucun antagonisme entre eux et le gouvernement sur leur
projet, et qu'ils ont jusqu'ici participé aux discussions
visant à définir la core zone nécessaire
pour tout site visant à une inscription au Patrimoine mondial
de l'Unesco. Ce, en suivant toutes les procédures prescrites
pour l'approbation de leur projet IRS, pour lequel le gouvernement
leur a accordé une letter of intent en bonne et
due forme, le 30 décembre 2005. Et pour lequel ils attendent
maintenant le permis EIA indispensable à tout permis définitif,
et donc au démarrage de tous travaux.
Des investissements de Rs 16 milliards mis en avant
Ainsi, alors que le ministre des Arts et de la Culture déclarait
il y a deux semaines que le gouvernement avait décidé
qu'aucune construction ne serait autorisée dans la core
zone, selon les impératifs de l'Unesco, et que l'expert
François Odendaal mettait en cause 16 villas sur un total
de 65 que MPP projetait de construire sur des terres privées
certes, mais tombant néanmoins dans la core zone
récemment délimitée avec son aide, les responsables
de MPP, interrogés à ce sujet, nous ont cette fois
déclaré vendredi qu'il n'avait jamais été
question qu'ils construisent dans la core zone. "Nous
avons participé à des discussions avec le gouvernement
en vue de la délimitation de la core zone, sur laquelle
nous avions peut-être des avis qui n'étaient pas
en tous points pareils. Mais maintenant qu'une nouvelle core
zone a été délimitée, et qu'il
apparaît effectivement que 16 des villas que nous projetions
de construire s'y trouvent, nous avons décidé de
les déplacer vers le bas pour qu'elles ne se trouvent plus
à l'intérieur de la core zone. Ce qui implique
en clair que nous renonçons à construire sur 91
arpents des 337 arpents de terres privées que nous avons
achetés le 2 juin 2006 en respectant toutes les procédures",
nous déclarent les représentants de MPP. "On
peut donc difficilement venir nous dire que nous sommes contre
l'inscription du Morne au Patrimoine mondial, alors que notre
projet comprend aussi un volet de reboisement de la montagne qui
va dans le sens de ce qui est demandé par l'Unesco",
insistent les promoteurs.
Ceux-ci n'hésitent pas par ailleurs à faire valoir
que MPP a à cur un "développement
éthique qui profite à la communauté régionale
et au pays tout entier" et qu'outre le projet du Morne,
ils ont aussi un projet IRS aux Salines (qui a déjà
obtenu tous les permis nécessaires et qui démarrera
cette année) et un projet d'hôtel à Point
Jérôme, le tout pour un montant dépassant
les Rs 16 milliards, ce qui fait de MPP l'un des plus importants
investisseurs à Maurice, à un moment où le
pays a fait savoir son besoin d'investisseurs étrangers.
Des arguments qui semblent irrecevables pour certains opposants
au projet, comme la Platform Patriotik pou Sov le Morne de Karl
Lamarque, le Mouvman Morisyen Kreol Afrikin de Mario Flore ou
l'Organisation Fraternelle/Les Verts de Sylvio et Elie Michel.
Mardi après-midi, ces derniers ont ainsi fait échec
à un projet de rencontre entre les dirigeants de MPP et
le conseil de village du Morne. Armés de pancartes dénonçant
les velléités "esclavagistes" des
promoteurs, ils ont contraint ces derniers à quitter le
village hall de la localité sans avoir pu parler
aux élus. Et lors d'une conférence de presse tenue
à Port-Louis jeudi dernier, les opposants au projet ont
réitéré leurs arguments à l'effet
que la mémoire de l'esclavage et du marronnage devait être
préservée et qu'aucune construction ne saurait être
tolérée sur le Morne et dans les alentours, dans
la core zone mais aussi dans la buffer zone, conformément
à ce que prescrirait l'Unesco.
Le Masterplan rendu public le 1er février
Des arguments que tente cette fois de nuancer Stéphanie
Anquetil, présidente du Morne Heritage Fund. Si elle nous
déclarait hier matin qu'elle n'était pas au courant
de la décision de MPP de ne pas aller de l'avant avec la
construction des 16 villas précitées dans la core
zone, décision qu'elle dit accueillir favorablement,
elle fait ressortir qu'il ne saurait y avoir de position tranchée
au sujet du Morne. "Certains ont pu avoir l'impression
récemment que le board du Morne Heritage Fund et
moi-même étions contre tout projet IRS sur le Morne.
Ce n'est pas ce que nous avons dit. Nous avons simplement dit
qu'il faut évaluer chaque projet et voir son impact sur
le site. Et il faut savoir aussi que si l'Unesco proscrit tout
développement dans la core zone, elle n'interdit
pas de développement dans la buffer zone, le tout
étant de le faire selon le respect de certaines normes
et spécifications", précise Stéphanie
Anquetil.
Les discussions, manifestement, sont donc loin d'être closes.
Et si le conseil des ministres a approuvé vendredi dernier
le Final Nomination Dossier qui va être envoyé
la semaine prochaine à l'Unesco, ce n'est que le Draft
Management Dossier du site qui a été avalisé
dans la même foulée. "À partir de
ce draft, qui va être rendu public le 1er février
prochain, nous allons engager des consultations nationales. Chacun
et tout le monde pourra faire valoir ses vues, critiques et suggestions
à cet effet. Et ce n'est qu'à partir de cet exercice
que nous allons procéder à la rédaction du
Final Management Plan, que nous devons soumettre au plus
tard en janvier 2008. Ce pour que l'Unesco examine notre demande
d'inscription du Morne au Patrimoine mondial de l'Humanité
lors de sa réunion de juin 2008 au Canada", déclare
la présidente du Morne Heritage Fund.
Un dossier qui est donc loin d'être clos...
Pour marquer le 1er février 2007
Deux sites liés à l'esclavage inscrits au Patrimoine
National
Deux sites liés à l'esclavage, à savoir
l'île Plate et Trois Cavernes à Médine, devraient
être inscrits au Patrimoine National le 1er février
2007, pour marquer le 172e anniversaire de l'Abolition de l'Esclavage.
C'est ce qui a été annoncé par le ministre
des Arts et de la Culture, qui rendait public le programme d'une
célébration officielle qui se tiendra, comme à
l'accoutumée, à Pointe Canon. Et qui devrait avoir
pour invité officiel le ministre mozambicain de l'Éducation
et de la Culture, Aires Aly.
C'est donc une nouvelle fois à Pointe Canon, à Mahébourg,
que se tiendra la célébration officielle du 1er
février, marquant le 172e anniversaire de l'abolition de
l'esclavage.
Le programme approuvé par le conseil des ministres comprend
le traditionnel dépôt de gerbes au Monument aux Esclaves,
la tenue d'un spectacle culturel et la présentation de
deux expositions qui ont déjà été
montrées récemment au Mauritius Institute et à
l'Aapravasi Ghat, à savoir "The wreck of Le Coureur
- A testimony of the illegal slave trade" et "From
captivity to freedom: a history of the Liberated Africans associated
with the Aapravasi Ghat during the 19th century".
C'est le ministre mozambicain de l'Éducation et de la Culture,
Aires Aly, qui a été choisi pour être l'invité
officiel de cette célébration. La confirmation de
sa présence est toutefois toujours attendue.
Le gouvernement malgache nous enverra de son côté
une troupe culturelle pour participer à ces festivités.
Cette troupe se produira lors de la cérémonie officielle
du 1er février à Mahébourg, mais aussi le
2 février au Théâtre Serge Constantin et le
3 février au Morne.
Au-delà, le National Heritage Fund finalise en ce moment
les procédures en vue de la nomination au Patrimoine National
de deux sites étroitement liés à l'histoire
de l'esclavage à Maurice, à savoir Trois Cavernes
à Médine (où des traces d'occupation ont
été trouvées dans le cadre du récent
Marroon Heritage Project) et l'île Plate. Un CD consacré
à ces sites sera produit par le NHF, en collaboration avec
le Mahatma Gandhi Institute.
Fête populaire au Morne le 3 février
D'autres activités sont prévues au niveau régional.
Ainsi, le Nelson Mandela Centre for African Culture et Le Morne
Heritage Trust Fund, en collaboration avec diverses organisations
socioculturelles, procéderont à un dépôt
de gerbes à 13h le 1er février en deux lieux "of
significant importance in the history of slavery", à
savoir Trou Chenille au Morne et au Cimetière des Esclaves
à Pamplemousses. Ils organisent par ailleurs conjointement
un "popular cultural show" sur la plage publique
du Morne le samedi 3 février, de 18h30 à 23h. Y
sont annoncés Natir, OSB, Menwar, Cassiya, Jacques Anseline
et l'École de Danse de Curepipe, Ras Mayul, Jez Catherine,
Fight Again, Gilbert Narainsamy (lauréat du concours Baté
Séga),un groupe du Morne et le groupe Ravane sans Frontières,
qui vient de lancer un album consacré au Morne.
Autre fait marquant: une carte digitale sur les lieux liés
à l'esclavage à Maurice sera lancée le 2
février à 14h à l'Université de Maurice.
À cette occasion, une causerie sera donnée par Phakameni
Mthembu, en charge du Living Heritage au sein du Department
of Arts and Culture d'Afrique du Sud.
Le programme prévoit par ailleurs la tenue de diverses
causeries sur l'esclavage: à la municipalité de
Curepipe le 2 février à 10h, avec la participation
de Raymond Ateba Mbassi (lecturer de l'Université
de Yaoundé au Cameroun, qui effectue en ce moment à
Maurice un doctorat sur l'uvre de J.M.G. Le Clézio);
le 10 février au Théâtre Serge Constantin
à l'intention des usagers des Centres de Lecture et d'Animation
Culturelle (CLAC); et dans les établissements scolaires.
Est enfin prévue la tenue, du 5 au 9 février, aux
Archives Nationales à Coromandel, d'une exposition de documents,
photos et lithographies ayant trait à l'esclavage.
Dans une lettre au ministre du Travail
Fin de non-recevoir des syndicats au National Wages Council
Dans une correspondance adressée en début de semaine
au Dr Vasant Bunwaree, ministre du Travail et des Relations industrielles,
le mouvement syndical regroupé au sein de la Trade Union
Common Platform (TUCP) oppose une catégorique fin de non-recevoir
au National Wages Council (NWC), que le gouvernement projette
d'instituer dans le cadre de la réforme des lois du Travail.
"Nous nous opposons à tout projet visant à
lier les changements tant attendus à l'Industrial Relations
Act (IRA) à l'institution d'un National Wages Council (NWC)
basé sur le rapport Lim", lit-on dans la lettre.
"The government persistence in pursuing such a linkage
is synonimous to a mere blackmail of workers of the country who
have hard fought for democratic changes to be brought to the repressive
IRA", y est-il écrit.
La classe syndicale informe formellement le ministre qu'elle ne
participera désormais qu'à des consultations pour
le remplacement de l'IRA et non sur l'introduction du NWC. "Cela
implique que nous ne participerons dans aucune réunion
si ledit NWC est lié au remplacement de l'IRA",
préviennent les syndicalistes.
En ce qui concerne le remplacement de l'IRA, le mouvement syndical
s'en tient à son mémoire sur le sujet prônant
un nouveau cadre légal "démocratique".
Il indique qu'il s'attend à ce que le projet de loi soit
rendu public un mois avant sa présentation à l'Assemblée
nationale.
"Toute insistance du gouvernement d'instituer un NWC (
)
en vue de l'élimination de la compensation salariale au
moment même où l'inflation a atteint le taux le plus
fort de ces dix dernières années conduira, inévitablement,
à une instabilité industrielle et à la désobéissance
civile", préviennent les syndicats.
Ces derniers estiment que le but de toute réforme des lois
du Travail est de "renforcer les droits des travailleurs
et rehausser la démocratie industrielle" en vue
de permettre aux salariés "d'affronter la jungle
de la présente ère de mondialisation capitaliste".
Le TUCP réunit en conférence les membres des comités
exécutifs de l'ensemble des syndicats du pays, mercredi
prochain, à partir de 9h30 au Rabita Hall à Port-Louis.
Outre le remplacement de l'IRA et la question de mise sur pied
du NWC, seront aussi abordés la question de rendre plus
flexibles les lois du Travail, en vue, selon les syndicats, "de
permettre au patronat de hire and fire à sa guise",
de même que les projets de privatisation de services d'utilité
publique comme la fourniture d'eau.
Face of the Year 2006
Douze candidates pour succéder à Émilie
Bonhomme
La lauréate du concours Face of the Year 2006 sera connue
samedi prochain, lors de la finale qui se tiendra au Coco Beach
Hotel. Après la consécration d'Émilie Bonhomme
en 2005, Amélie, Nadia, Christel, Valérie, Béatrice,
Carla, Vanesha, Laeticia, Aleezah, Kristy, Runa et Anaïs,
les douze finalistes issues des concours Face of the Month 2006,
concourent pour ce titre relevant d'une expérience renouvelée
du coiffeur visagiste Azize Goburdhun.
Les candidates en lice ont remporté, chaque mois, le concours
Face of the Month 2006, et bénéficié d'un
relookage gratuit. L'objectif est de "mettre la vraie
personnalité de la candidate en valeur, à travers
un relookage ayant trait à la coiffure, le maquillage et
l'habillement". Outre la consécration de la Face
of the Year 2006, les titres de Princesse et de Miss Éloquence
seront également décernés aux candidates
qui se démarqueront des autres. Le public peut élire
ses candidates favorites en votant sur le 303-60-50 ou à
travers le site officiel du concours: www.face-of-the-month.com.
Un jury départagera les votes lors de la finale. Un défilé
casual, un défilé chic, ainsi que la prestation
de Miss Mauritius Fitness 2006, Françoise Lam Tung, et
de l'artiste Menwar sont au programme de cette soirée,
dont l'invité d'honneur est Terry Jervis, directeur de
Trace TV International, de Londres. Ce dernier sera accompagné
de son manager, Hervel Singh. La présence de Terry Jervis,
qui a côtoyé des stars internationales comme Quincy
Jones, Oprah Winter, donnera une autre dimension au concours mauricien
Face of the Year, selon Azize Goburdhun.
Ce dernier confie toutefois qu'il rencontre des difficultés
pour le paiement des billets d'avion de ces personnalités,
suite à un problème au niveau de la MTPA. La lauréate
de 2006 accédera peut-être au titre d'ambassadrice
de Maurice pour le compte de la Mauritius Tourism Promotion Authority
(MTPA). En effet, les directeurs de cet organisme ont émis
le souhait que la gagnante du concours Face of the Year 2006 soit
la représentante de Maurice pour faire la promotion touristique
du pays. Toutefois, Azize Goburdhun confie qu'il n'y a pas eu
de pourparlers à ce stade.
Dans une lettre au ministre du Travail
Fin de non-recevoir des syndicats au National Wages Council
Dans une correspondance adressée en début de semaine
au Dr Vasant Bunwaree, ministre du Travail et des Relations industrielles,
le mouvement syndical regroupé au sein de la Trade Union
Common Platform (TUCP) oppose une catégorique fin de non-recevoir
au National Wages Council (NWC), que le gouvernement projette
d'instituer dans le cadre de la réforme des lois du Travail.
"Nous nous opposons à tout projet visant à
lier les changements tant attendus à l'Industrial Relations
Act (IRA) à l'institution d'un National Wages Council (NWC)
basé sur le rapport Lim", lit-on dans la lettre.
"The government persistence in pursuing such a linkage
is synonimous to a mere blackmail of workers of the country who
have hard fought for democratic changes to be brought to the repressive
IRA", y est-il écrit.
La classe syndicale informe formellement le ministre qu'elle ne
participera désormais qu'à des consultations pour
le remplacement de l'IRA et non sur l'introduction du NWC. "Cela
implique que nous ne participerons dans aucune réunion
si ledit NWC est lié au remplacement de l'IRA",
préviennent les syndicalistes.
En ce qui concerne le remplacement de l'IRA, le mouvement syndical
s'en tient à son mémoire sur le sujet prônant
un nouveau cadre légal "démocratique".
Il indique qu'il s'attend à ce que le projet de loi soit
rendu public un mois avant sa présentation à l'Assemblée
nationale.
"Toute insistance du gouvernement d'instituer un NWC (
)
en vue de l'élimination de la compensation salariale au
moment même où l'inflation a atteint le taux le plus
fort de ces dix dernières années conduira, inévitablement,
à une instabilité industrielle et à la désobéissance
civile", préviennent les syndicats.
Ces derniers estiment que le but de toute réforme des lois
du Travail est de "renforcer les droits des travailleurs
et rehausser la démocratie industrielle" en vue
de permettre aux salariés "d'affronter la jungle
de la présente ère de mondialisation capitaliste".
Le TUCP réunit en conférence les membres des comités
exécutifs de l'ensemble des syndicats du pays, mercredi
prochain, à partir de 9h30 au Rabita Hall à Port-Louis.
Outre le remplacement de l'IRA et la question de mise sur pied
du NWC, seront aussi abordés la question de rendre plus
flexibles les lois du Travail, en vue, selon les syndicats, "de
permettre au patronat de hire and fire à sa guise",
de même que les projets de privatisation de services d'utilité
publique comme la fourniture d'eau.
Réforme de l'industrie sucrière-En marge de la
présentation du SIEA Bill
L'UASI et l'OUA dénoncen7t et s'en remettent aux parlementaires
"Vrai massacre de la dignité humaine et de notre
Histoire commune", le Multi-annual Adaptation Stategy
Sugar Sector Action Plan vise, selon l'Union of Artisans of the
Sugar Industry (UASI) et l'Organisation de l'Unité des
Artisans (OUA), à "faire que les travailleurs portent
le fardeau de la réduction du prix garanti de l'UE".
Dans une correspondance à l'ensemble des parlementaires
en marge de l'adoption du Sugar Industry Efficiency Amendment
Bill, ces deux syndicats d'employés de l'industrie
sucrière dénoncent vivement le plan du ministre
Arvind Boolell qui, disent-ils, n'est "ni économiquement
viable, ni socialement acceptable".
Dans leur lettre aux parlementaires, MM. Serge Jauffret (UASI)
et Clency Mars (OUA) insistent, d'abord, sur ce qu'ils estiment
être le "procédé antidémocratique"
ayant abouti au Sugar Industry Efficiency Amendment Bill
(SIEAB) et au Multi-annual Adaptation Strategy Sugar Sector Action
Plan (MAASSSAP) 2006/2015. Selon eux, le projet de loi vise à
codifier un plan d'actions qui n'a jamais été sujet
à un débat démocratique.
Les deux syndicats de l'industrie sucrière en veulent pour
preuve que le plan endossé par le ministre le 18 avril
2006 n'a été rendu public via Internet qu'en novembre
de la même année et officiellement soumis aux syndicats
que le 9 janvier dernier. L'UASI et l'OUA va même jusqu'à
dire que le document a été "tenu secret"
et "soumis à une puissance étrangère"
avant même que les parlementaires élus de l'Assemblée
nationale n'en prennent connaissance.
Les deux syndicats rappellent que même la représentante
de l'Union européenne (UE) à Maurice fut "choquée"
qu'un tel document vital fut soumis aux autorités européennes
et non aux syndicats et aux députés. "What
a humiliating situation when our elected minister was virtually
ordered by foreign powers to render public a document in his own
country !"
Pour l'UASI et l'OUA, le MAASSSAP et le SIEAB ne visent qu'à
"comepnser les barons sucriers aux dépens de l'emploi
et des conditions de service prévalant dans l'industrie
sucrière". Selon ces syndicats, le plan n'est
ni "économiquement viable" ni "socialement
acceptable".
"Absence d'étude sur l'incidence sociale du
plan"
L'UASI et l'OUA estiment que le "plus gros scandale"
demeure l'octroi de "concessions colossales" aux sucreries
en termes de fonds et d'accumulation de capitaux "sans
la moindre garantie de génération d'un nombre suffisant
d'emplois décents pour compenser ceux qui seront, massivement,
détruits".
L'absence d'une étude sur l'incidence sociale du plan est
aussi vivement décriée. "Cela est d'autant
plus troublant, disent MM. Jauffret et Mars, que le gouvernement
a en comparaison commandité une étude coûteuse
auprès de Landell Mills Consultants en vue de valider l'agenda
des sucreries". Le même Landell Mills Consultants
dont les services auraient été sollicités,
selon les deux syndicats, par la MSPA pour déposer "en
faveur des sucreries devant le Tribunal d'Arbitrage Permanent
en 2000 et 2006".
L'UASI et l'OUA dénoncent la disposition la plus "réactionnaire"
du plan qui concerne le travail saisonnier dans la futuure industrie
de la canne. Pour eux, il s'agit, là, de la toute première
fois qu'un projet de loi de l'ère post-coloniale vise à
faciliter l'emploi saisonnier. Ce qui, pour les deux syndicats,
s'apparente à un "retour à l'époque
des travailleurs engagés et à l'esclavage".
Pour l'UASI et l'OUA, couplé à l'application du
VRS et du Blue Print qui, depuis 1998, ont occasionné une
baisse de 55% des effectifs dans l'industrie sucrière,
le nouveau plan ne fera qu'entraîner une diminution additionnelle
de 66% des emplois présents dans ce secteur. Ce qui, disent-ils,
représente, et pour le Sugar Sector Stratégic Plan
de 2001 et le SIEAB présent, un nombre combiné de
20 352 licenciements, soit, une réduction globale de 85%
des effectifs permanents.
Les deux syndicats rappellent aux parlementaires que les travailleurs
saisonniers et les contractuels ne bénéficient pas
des droits minimaux prévus par la loi tels les sick
and local leaves garantis par les Remuneration Orders. Ils
ne sont non plus pas couverts, rappellent ces syndicats, par le
Protocole d'accord de 1994. Selon le calcul de l'UASI et de l'OUA,
avec l'adoption éventuelle du projet de loi, les travailleurs
saisonniers compteront, finalement, pour les trois quarts des
effectifs de l'industrie sucrière.
Dans le but d'atténuer, disent l'UASI et l'OUA, les effets
du SIEAB, les parlementaires sont invités à soutenir
et à faire voter six amendements que proposent les deux
syndicats. Parmi lesquels, un pour l'établissement d'un
système de pension pour tous les travailleurs licenciés
de l'industrie sucrière sous le VRS, l'ERS et les fermetures
d'usines; ne permettre qu'un pourcentage maximal de 20% de travailleurs
saisonniers dans le secteur, l'établissement d'un Agro-industry
and Diversification Fund à partir des fonds associés
aux mesures d'accompagnement de l'UE et garantir prioritairement
des emplois aux licenciés dans les projets transfrontaliers
de l'industrie sucrière ou des activités économiques
locales découlant des bénéfices des conversions
de terres sous la section 11 du SIEA de 2001.
Shelter d'Albion
Réhabilitation: point faible du centre pour enfants
en détresse
Récemment, des adolescents en réhabilitation
au shelter d'Albion ont porté plainte contre d'autres
pensionnaires, dont une adulte, pour abus sexuels. Ces allégations
viennent rappeler que les conditions dans lesquelles des enfants
en détresse et victimes d'abus divers sont réhabilités
ne conviennent pas pour leur prise en charge ! De plus, Shalom,
l'ONG qui gère le centre depuis deux ans, connaît
elle-même des turbulences. La directrice de Shalom qui assurait
la gestion du shelter a été suspendue par
le comité de l'organisme et est interdite d'accès
au centre d'Albion.
Les récentes allégations d'attouchements sexuels
dont auraient été victimes des enfants du shelter
d'Albion, à l'intérieur même du centre pendant
leur réhabilitation, viennent rappeler un fait. L'unique
structure d'État pour enfants abusés est en profonde
détresse ! Pour reprendre les termes même d'une source
proche de cet abri, "il y a une tempête dans ce
shelter". Un constat qui n'est pas uniquement
lié aux récents cas rapportés à la
police. Car, comme le rappelle la directrice du Centre d'Éducation
et de Développement pour les Enfants mauriciens (CEDEM),
Rita Venkatasawmy, aucun pensionnaire en structure de réhabilitation
n'est à l'abri de risques d'abus physique, moral ou sexuel.
Aussi, aucune structure n'échappe au risque de développement
de comportement sexualisé chez certains de ses pensionnaires,
filles ou garçons. Et ce, pour différentes raisons.
"Des filles qui étaient en couple disaient qu'elles
le faisaient parce qu'elles n'étaient plus sexuellement
actives comme elles l'étaient à l'extérieur",
confie Nathalie, après un passage au Rehabilitation Youth
Centre. Mais ceux qui connaissent le dossier du shelter
d'Albion savent aussi que celui-ci peine, depuis trop longtemps,
à réhabiliter les nombreux enfants qui s'y trouvent.
Il y a, d'une part, la cohabitation d'adultes, précisément
des femmes en détresse et victimes de violence domestique.
D'autre part, la cohabitation d'une quarantaine d'enfants - dont
des handicapés, victimes d'abus physiques, sexuels, de
maltraitance, abandonnés
- ne facilite pas la tâche
du personnel. Centre censé être temporaire, le shelter
d'Albion abrite des pensionnaires qui, faute de pouvoir réintégrer
leur famille, sont contraints d'y rester pendant de longues années.
Gestion chaotique
Cette affaire laisse planer un certain malaise à Albion.
D'autant qu'il y a eu turbulence au sein de Shalom. En effet,
la directrice de l'organisation, Sonia Poonoosamy, qui assurait
la responsabilité du shelter, aurait été
"renversée" par le comité de Shalom durant
une longue absence au pays.
Lorsqu'elle n'était pas là, c'est une nouvelle recrue
de Shalom qui a assuré la suppléance. Cette dernière,
qui agissait auparavant comme volontaire, est toujours en poste.
Depuis, Sonia Poonoosamy n'a plus accès au shelter.
C'est par l'intermédiaire de la presse qu'elle aurait appris
ce qui se serait passé dans le centre. Suivant son éviction
du comité de Shalom, elle aurait entrepris des démarches
légales. Selon une source proche du shelter, cela
fait quelque temps déjà que le départ de
Sonia Poonoosamy était souhaité par certains membres
de Shalom.
Le principal catalyseur de la situation au shelter relèverait
d'une gestion chaotique. Dans ce schéma où tous
les cas se retrouvent, la ministre du Développement de
l'Enfant, Indira Seebun, dans une de ses déclarations,
a fini par conclure que l'attouchement sur un enfant ne relève
pas de l'abus ! Pour remettre de l'ordre dans son centre, l'État
décide en 2004 de céder la gestion à l'organisation
non gouvernementale Shalom après un appel d'offres. Peu
d'ONG montrent un intérêt à cet exercice.
Shalom est en course avec Terre de Paix. Cette dernière,
malgré ses années d'expérience dans l'encadrement
de victimes abusées, est écartée.
Dans le milieu de la protection de l'enfance, l'entrée
de Shalom et ses méthodes ne font pas l'unanimité.
Actuellement, le ministère des Droits de la Femme est en
quête de nouveaux candidats à la gestion. Si certaines
associations ayant fait leurs preuves dans la prise en charge
préfèrent refuser l'appel du gouvernement "pour
ne pas avoir les mains liées" au cas ou elles
seraient sélectionnées, d'autres veulent donner
une autre chance aux enfants qui se trouvent à Albion et
ont fait acte de candidature.
Le shelter d'Albion sera transféré dans un
nouveau bâtiment à Pointe aux Sables. Ce bâtiment
qui, à l'origine, devait abriter un centre de créativité,
a changé de vocation à la dernière heure.
Aussitôt le contrat de gestion alloué à une
nouvelle ONG, les résidents d'Albion changeront de décor.
Une nouvelle stratégie de réhabilitation est attendue.
La mixité de cas et de résidents à Albion
a été longtemps décriée. En réhabilitation,
le concept de prise en charge n'est pas calqué sur un modèle
unique. Elle varie selon l'approche des prestataires de service.
Dans un cadre où le modèle familial est prôné,
l'accompagnement d'une mère victime de violence dans la
même structure que son enfant, lui aussi en réhabilitation,
est normal. Mais,si les adultes n'ont aucun lien biologique avec
les enfants, la situation s'avère différente, fait
ressortir Alain Muneean de Terre de Paix. "Je ne suis
pas particulièrement pour ce cas de figure", concède-t-il.
Évaluation des shelters, une nécessité
À ce jour, très peu d'ONG disposant d'un centre
résidentiel pour enfants en détresse jouent la transparence
sur leur fonctionnement. Pour des raisons qui leur reviennent,
certaines évitent d'exprimer les contraintes auxquelles
elles sont confrontées. D'autres, qui ne demandent qu'à
travailler en réseau pour faire des requêtes d'une
seule voix, se retrouvent alors en minorité et ne peuvent
constituer une force auprès des autorités. Aussi,
les tentatives d'un travail en cohésion entre ONG et autorités,
entreprises dans le passé, ne sont plus d'actualité.
Une évaluation des shelters est impérative.
Jusqu'ici, il n'y a aucune visite surprise des autorités
compétentes dans les abris. Un organisme constitué
par l'État serait apte à le faire, pense Rita Venkatasawmy.
"L'État doit assurer un mécanisme pour faire
le suivi des placements d'enfants. Lorsque les autorités
retirent un enfant de la société pour l'envoyer
au shelter, elles doivent s'assurer qu'il est provided
with adequate care and treatment ! Puisque l'État subventionne
les centres de réhabilitation, il est habilité à
faire leur monitoring", relève Alain Muneean,
directeur de Terre de Paix.
Dans son dernier rapport, l'Ombudsperson pour les enfants, Shirin
Aumeeruddy-Cziffra, souligne qu'elle a en vain proposé
un monitoring du shelter d'Albion et des institutions
résidentielles, mais en vain. Rappelons que la page qu'elle
consacre au centre d'Albion dans son document met en lumière
les principales failles de cette structure. Notamment, la surpopulation,
la cohabitation des cas divers
Par ailleurs, dans un contexte où la prise en charge des
enfants victimes d'abus sexuels et de prostitution se fait dans
l'urgence et sans une politique nationale, il convient à
l'État d'être un partenaire fiable auprès
des ONG qui remplissent cette fonction. Car, qu'adviendrait-il
des victimes si les institutions privées n'arrivaient plus
à gérer les cas relevant de la prostitution qui
leur sont référés ? Et décident de
ne plus les encadrer ?
Abus sexuels en structure de réhabilitation
Rita Venkatasawmy directrice du CEDEM: "Tous les shelters
sont à risques !"
Directrice du Centre d'Éducation et de Développement
pour les Enfants Mauriciens (CEDEM) et spécialiste de la
réhabilitation des enfants abusés sexuellement,
Rita Venkatasawmy plaide pour une prise en charge individualisée
et professionnalisée de ces enfants. La cohabitation des
victimes d'abus divers dans un cadre non structuré les
expose à des risques, relève-t-elle. En l'absence
d'une politique nationale pour les victimes d'abus sexuel, la
spécialiste de l'enfance rappelle que c'est à l'État
d'en définir une. Actuellement, 28 filles et garçons,
dont des victimes de prostitution, sont en réhabilitation
au CEDEM.
Des allégations d'attouchements sexuels perpétrés
par des pensionnaires du shelter d'Albion sur des enfants
en réhabilitation ont été récemment
rapportées à la police. Est-ce qu'il arrive à
votre structure d'être confrontée à ce genre
de situation ?
Tous les shelters sont à risques ! C'est une vérité
qui ne peut être niée. D'ailleurs, pour rappel, le
rapport de l'Ombudsperson pour les Enfants, tout comme celui du
Secrétaire Général de l'ONU, parle d'enfants
abuseurs. Au CEDEM, nous devons faire très attention, parce
que nous avons des comportements à hauts risques où
les grands peuvent abuser des petits et même inversement
! Je cite ici le cas d'un petit qui n'a même pas huit ans
et qui, si on ne fait pas preuve de vigilance, fait des attouchements
sur des filles et n'hésite pas à faire des gestes
obscènes envers des animatrices. C'est pour dire qu'aucun
shelter n'est à l'abri et qu'au CEDEM, nous avons
effectivement ce genre de problème où des enfants
abusés deviennent à leur tour abuseurs. Nous avons
eu des cas d'attouchements. Et dans un de ces cas, il a fallu
trois ans avant que l'enfant ne change de comportement.
Les attouchements en abri d'accueil ne sont pas une nouvelle
problématique.
En effet, même que cela s'aggrave ! Légalement, nous
sommes tenus de rapporter les cas à la police. Cependant,
cela dépend de leur gravité. S'il s'agit d'un problème
relevant du comportement d'un enfant, nous n'irons pas forcément
trouver la police. Car c'est justement pour un problème
de comportement que cet enfant se retrouve en abri. Mais lorsqu'un
enfant met en danger les autres pensionnaires, nous ne pouvons
prendre le risque de le garder ! Lorsqu'il y a des crises de violence
au CEDEM, nous sollicitons l'intervention de la brigade des mineurs
ou la Child Development Unit.
Un shelter a pour prérogative d'assurer la protection
de l'enfant victime d'abus. Paradoxalement, il peut, dans le shelter
même, être exposé à des risques d'abus
!
C'est vrai. Ce sont des risques qui surgissent lorsque les
shelters ne sont pas gérés professionnellement
! J'insiste à dire que ce n'est pas une problématique
qui concerne uniquement Maurice. Lorsque la gestion d'un shelter
relève du professionnalisme, en matière de formation
et d'un strong management, la probabilité qu'il
soit confronté à ce type de problème est
moindre. N'empêche, je ne peux assurer que les risques sont
nuls. Je concède qu'il y a eu des situations où
cela nous a pris du temps pour réaliser qu'un enfant abusait
d'un autre. Qui plus est, les enfants ont évolué
et appliquent la ruse.
Comment un enfant victime d'abus sexuel arrive-t-il à
reproduire cette forme de violence envers un autre ?
D'abord, c'est la première conséquence de l'abus
sexuel. Les études le démontrent et cela a été
noté. C'est un point essentiel qu'il faut savoir lorsqu'on
travaille avec des enfants à risques. Aussi, la durée
de l'abus a un impact sur le comportement des victimes. Les cas
d'abus à long terme démontrent que l'enfant adopte
une attitude qu'on pourrait qualifier d'anormale. Cela dépend
aussi de l'intensité du vécu de l'enfant. Et il
est parfois plus facile de réhabiliter un enfant lorsque
l'abus n'a pas été systématique. Le danger
survient quand des enfants sexuellement abusés se retrouvent
avec ceux qui ne l'ont pas été. Ces derniers risquent
alors de connaître ce genre de vécu pendant leur
réhabilitation dans un shelter où ils sont
censés être protégés. À son
arrivée dans un centre, l'enfant doit être prévenu.
Il doit être averti des choses qui ne sont pas normales,
par exemple qu'il soit forcé par un autre enfant à
l'embrasser sur la bouche. Je parle toujours aux enfants qui arrivent
au CEDEM. Ils doivent savoir ce qui peut être considéré
comme étant des risques et qu'un shelter n'est pas
un hôtel cinq étoiles ! C'est évident que
nous sommes tenus à tout faire pour que leur passage se
fasse dans de meilleures conditions. Mais ils doivent aussi savoir
qui sont ceux qui ont des problèmes de comportement. Et
lorsqu'ils sont informés, ils sont aptes à nous
rapporter le comportement des autres envers eux. Cela nous permet
ainsi d'agir vite.
Dans ce cas, quelle est la stratégie que vous appliquez
pour gérer la cohabitation d'enfants ayant différents
vécus, victimes d'abus divers et sexuels respectivement
?
Quand nous avons démarré, nous pensions que la réhabilitation
pouvait reposer sur des activités de groupe. Mais nous
nous sommes trompés. Celles-ci sont certes nécessaires,
surtout quand elles sont sportives, récréatives
Un programme individualisé est de rigueur et c'est ainsi
qu'on s'en sort. Mais un tel projet est coûteux, en termes
de temps et d'argent. Il y a des cas où l'enfant requiert
l'assistance d'une personne seulement ! À l'exemple de
cette adolescente, victime de prostitution, somnambule. Nous avons
remarqué qu'elle ne dormait d'une traite qu'après
une journée d'activités. Nous avons dû lui
trouver des occupations pour qu'elle ne reste pas inactive afin
de l'aider à surmonter son trouble. C'est pourtant une
chose simple que nous avons mise en place, mais cela a demandé
toute une planification avec des volontaires pour accompagner
cette fille. Lorsqu'il s'agit du comportement, nous avons étudié
des stratégies pédagogiques. Et behaviour has
to be corrected. On met alors de côté le pourquoi
du comportement de l'enfant pour le reprendre quand il agit négativement.
Le suivi psychologique fait partie de l'encadrement. D'ailleurs,
on en parle beaucoup ces derniers temps. C'est important, mais
le psychologue ne voit l'enfant que pendant une heure. Ce qui
est, pour moi, plus important, c'est que le psychologue travaille
avec l'entourage de l'enfant, c'est-à-dire les encadreurs.
Car nous avons besoin de ressources capables d'assurer l'éducation
de l'enfant. Et il est honnêtement difficile d'être
constant dans notre accompagnement. Et ce par faute de moyens.
Nous sommes pris par d'autres soucis pratiques. Cependant, il
appartient à l'adulte d'être constant, sinon l'enfant
chute.
À Maurice, la réhabilitation d'enfants victimes
de violence est assurée de facto par des ONG. Est-ce
que selon vous, l'État n'est pas en mesure d'assumer cette
responsabilité ?
L'État ne peut pas tout faire et cette responsabilité
ne lui incombe pas uniquement ! Mais l'État a la responsabilité
de donner une orientation. Maurice a les moyens de résoudre
ses problèmes, même si la situation économique
est difficile. Parallèlement aux investissements dans certains
secteurs, il y a du gaspillage dans d'autres. Ce qu'il faut, c'est
de la volonté politique. Quand il y a une bonne gouvernance,
les ressources ne sont pas mal utilisées
Ce n'est pas d'un drop-in centre dont nous avons besoin.
Nous ne sommes pas aux Philippines où des enfants de rue
vont dans de tels centres la nuit pour prendre une douche. Ce
dont nous avons besoin, c'est d'un centre de réhabilitation
spécialisé et résidentiel pour les enfants
victimes de prostitution. Actuellement, ces enfants ont besoin
d'une
Intensive Care Unit. Dans une autre perspective,
de par l'historique de l'action sociale à Maurice, l'État
n'a jamais été proactive sur ce plan. L'État
a toujours eu un rôle de soutien, surtout financièrement,
mais n'a jamais été un gestionnaire direct de projets
sociaux.
N'empêche, c'est à l'État, voire au gouvernement,
de définir une politique nationale en matière de
protection de l'enfance. Et non aux ONG ! Sont-elles en présence
d'une politique d'action définie ?
Non, parce qu'il n'y a pas de politique définie ! Même
si l'État n'est pas le seul à être responsable
de la protection de l'enfance, il a néanmoins la responsabilité
de définir la politique d'actions en matière de
réhabilitation des enfants abusés. Avec les problèmes
graves auxquels l'enfant est confronté, il nous faut une
politique beaucoup plus pointue.
Seafood hub
Exploiter les ressources marines de manière durable
La dérive des espèces marines, c'est ce qu'a
révélé le magazine Science en novembre
dernier. Le secteur du seafood hub pourrait s'effondrer
d'ici 2048 avec la surpêche. Selon Vassen Kauppaymuthoo,
océanographe, Maurice peut donner l'exemple d'un modèle
de gestion pour garantir le développement durable du milieu
marin et l'équilibre du secteur des produits de la mer.
Recommandations et stratégies de politiques nécessaires.
Le constat est sans ambiguïté: 29% des espèces
marines sont perdues. Les stocks de ressources ont diminué
de 90% à cause des problèmes liés à
l'environnement - déversement d'effluents et de fertilisants
dans les océans, pollution de l'air et surpêche.
Les chercheurs appellent au contrôle de la pollution et
de la surpêche. À Maurice, la plupart des pêcheurs
ont vu leur prise diminuer compte tenu des problèmes environnementaux.
Les stocks de poissons comestibles ont disparu. À Rodrigues,
ces stocks diminuent de manière considérable.
L'océanographe Vassen Kauppaymuthoo, qui a mené
plusieurs études sur la biodiversité marine, pense
qu'on peut innover sur le plan local et formuler des stratégies
pour un seafood hub durable tout en préservant notre
patrimoine en termes d'espèces marines. À l'heure
où le secteur des produits dérivés de la
mer est devenu un des nouveaux piliers de l'économie du
pays selon une politique gouvernementale bien définie,
avec des structures en place à Port-Louis (usines de stockage,
par exemple), une meilleure gestion de nos ressources marines
vivantes et leur développement durable sont impératifs.
Il faut rappeler que le pays possède 2 millions de km2
de Zone Économique Exclusive (ZEE) pour la gestion de ses
ressources. Maurice, Tromelin, les Chagos, St Brandon, Agaléga,
notre seafood dépend de cette zone traversée
par des flottes de pêche asiatique et autres pétroliers.
Diverses menaces pèsent sur les espèces marines
dans cette ZEE. Dans le lagon, certaines formes de pêche
pratiquées illégalement surexploitent les stocks
de poissons comestibles. Hors du lagon, le même problème
menace les populations de requins, par exemple.
Comment rendre le seafood hub viable et réorganiser
l'industrie de la pêche pour réduire l'antagonisme
exploitation/préservation ? La question de contrôle
est devenue prioritaire. Les chercheurs vont dans le sens d'une
incitation à exploiter les océans de manière
durable par le biais des accords internationaux et par des initiatives
privées. Parmi les recommandations de notre océanographe:
le contrôle de l'accès à notre ZEE par Le
Vigilant, la surveillance aérienne de cette Zone à
travers des accords avec des pays comme la France ou la Grande-Bretagne.
Il est aussi question de contrôle du fishing catch,
qui a diminué dans la zone côtière du pays.
L'intégration des pêcheurs traditionnels dans le
seafood hub est une autre nécessité. Ce sont
des gens qui connaissent les produits de la mer. Le concept du
seafood hub doit s'infiltrer dans la population locale.
Il faudrait aussi faire des études des stocks dans la ZEE
pour se rendre compte des espèces existantes (thons, requins
à exploiter) et s'assurer que les permis accordés
aux flottes de pêche ne vont pas au-delà du renouvellement
du stock de ressources. La création de Marine Protected
Areas, des zones protégées de toute activité
commerciale, pourrait assurer le développement durable
du milieu marin.
Pour ce qui est de la vision du futur, il est temps de songer
à la préservation de ces oasis qui nourrissent notre
ZEE. Garder Tromelin, Agaléga, l'archipel des Chagos vierges
de toute activité de pêche (le lagon d'Agaléga
regorge de requins et de langoustes) est une façon de préserver
notre patrimoine naturel. L'état de nos ressources marines,
la gestion des stocks, le contrôle de l'accès à
la zone où se trouvent les espèces marines, la préservation
des petites îles, telles sont les stratégies pour
développer un seafood hub durable. Dans ce secteur,
Maurice a le potentiel nécessaire pour s'imposer comme
un modèle de gestion.
Architecte français dépêché par
l'AIMF
Norbert Chazaud:"Le Théâtre de Port-Louis
est en très mauvais état"
Il est venu, il a vu, et il a fait connaître ses premières
impressions, en attendant un rapport complet qu'il rédigera
à Paris dès la semaine prochaine. Lui, c'est Norbert
Chazaud, architecte de la Ville de Paris dépêché
à Maurice par l'Association Internationale des Maires Francophones
(AIMF), qui a effectué au cours de la semaine écoulée
un audit détaillé de la situation du Théâtre
de Port-Louis. Et si son constat indique que le Théâtre
"est en très mauvais état", il
n'en ouvre pas moins un espoir pour une future remise en état.
Depuis le début de son mandat en 2006, le lord-maire, Reza
Issack, avait clairement déclaré son intention de
faire appel à l'Association Internationale des Maires Francophones
(AIMF), au sujet du Théâtre de Port-Louis. En dépit
d'une rénovation dite "complète" menée
en 1994, avec le soutien financier et logistique de la Mission
de Coopération Française, le Théâtre
n'avait en effet cessé, au cours de ces dernières
années, de connaître une dégradation accélérée,
que nous avons maintes fois mise en exergue dans ces colonnes.
Si la visite d'un expert, annoncée l'an dernier, n'avait
finalement pas eu lieu, la personne choisie ayant été
retenue par un problème urgent au niveau de la Ville de
Paris, l'AIMF a cette fois tenu la promesse faite au lord-maire
en dépêchant l'architecte Norbert Chazaud pour une
mission d'évaluation qui s'est tenue du 16 au 19 janvier.
Mercredi dernier, l'architecte a ainsi passé une journée
entière à inspecter le Théâtre de Port-Louis
de fond en comble, du sous-sol au "poulailler", inspection
qu'il a complétée vendredi. Au terme de ce travail
en profondeur, son constat est venu confirmer l'impression générale:
"Le Théâtre de Port-Louis est un très
joli théâtre, qui est aujourd'hui en très
mauvais état", a fait savoir Norbert Chazaud au
lord-maire. Dès cette semaine, il s'attellera à
la rédaction d'un rapport détaillé à
ce sujet, qui sera soumis à l'AIMF et à la mairie
de Port-Louis.
"Négligence absolue" au niveau
de la maintenance
"Un certain nombre de faits ont pu déjà
être relevés, concernant par exemple une négligence
absolue au niveau de la maintenance", nous déclare
Reza Issack. "Cela ne tient pas seulement à un
manque de moyens financiers. Il y a une équipe au Théâtre
qui est chargée de cela, et qui n'a manifestement pas assuré
le travail nécessaire à cet effet", affirme
le lord-maire.
Au-delà, concernant les problèmes structurels qui
se posent au niveau du Théâtre de Port-Louis, le
rapport de Norbert Chazaud est maintenant attendu, avec un certain
optimisme, semble-t-il. "Le fait que l'AIMF nous l'ait
délégué pour cette mission d'évaluation
montre qu'elle est disposée à porter une attention
particulière à ce dossier. Nous espérons
donc pouvoir, à la lumière du rapport soumis, arriver
à discuter avec cette instance des modalités d'une
rénovation", laisse entendre Reza Issack.
Au cours de sa visite chez nous, l'architecte de la Ville de Paris
a également effectué, jeudi dernier, une visite
du Plaza, l'ex-maire des villes surs, Varen Andee, s'étant
l'an dernier associé à Reza Issack pour solliciter
l'apport de l'AIMF au sujet du dossier de rénovation du
Plaza également. Là aussi, un rapport est attendu
de Norbert Chazaud dans les semaines à venir. "Il
a fait ressortir que tout en étant très différents,
le Plaza et le Théâtre de Port-Louis sont aussi importants
l'un que l'autre, et qu'il convient que nous mettions tout en
uvre pour préserver ce patrimoine", fait
ressortir une source municipale. Comment ? C'est ce que l'on attend
maintenant de savoir
À Grand-Bassin
Dévoilement de la statue géante les 11 et 12
février
Le dévoilement de la statue géante de Shiva, haute
de 108 pieds et se trouvant à l'entrée sud de Grand-Bassin,
aura lieu les 11 et 12 février. Cette annonce a été
faite jeudi par le ministre de l'Environnement, Anil Baichoo,
lors de la troisième réunion de la Task force
mise sur pied dans le cadre du Cavadee et de Maha Shivaratree.
La Task force s'est déclarée satisfaite des
dispositions prises dans le cadre de ces deux célébrations
religieuses. Pour le Cavadee, les berges des rivières ont
été nettoyées et les kovils repeints.
La CWA assurera une fourniture d'eau adéquate la veille
et le jour de la fête. Concernant Maha Shivaratree, l'asphaltage
des voies d'accès à Grand Bassin sera complété
avant la fête prévue pour le 16 février. On
procède actuellement au déboisement des bordures
des routes et à l'installation de lampadaires. Des dispositions
ont également été prises pour l'aménagement
des salles vertes à Grand Bassin.
La statue de Shiva est la deuxième plus grande statue de
la divinité hindoue construite dans le monde. L'autre se
trouve en Inde et cette statue de grandeur nature est déjà
une attraction pour les Mauriciens et les touristes. La statue
a été érigée en vingt et un mois et
quarante ouvriers indiens de Maturam Associates ont travaillé
sans relâche pour compléter les travaux.
Les travaux de finition, qui consistent à recouvrir la
statue d'une fine couche de cuivre et d'installer un paratonnerre
et une balise au sommet de la statue, sont en voie d'être
complétés. Des projecteurs ont été
placés autour du socle ainsi que des jeux de lumière.
Le bassin se trouvant au bas de la plate-forme sera embelli avec
des plantes dont le lotus.
Visite ministérielle de sites pollués
Richfield et non World Knits Ltd
Une confusion nous a fait écrire la semaine dernière
que dans le cadre de sa tournée des sites où des
habitants se plaignent de pollution industrielle, le ministre
de l'Environnement, Anil Baichoo, avait visité l'usine
de World Knits de Terre Rouge. Or, comme l'a si justement fait
ressortir le directeur de production de cette entreprise, M. Akhilesh
Ayrga, il n'y a pas d'unité de World Knits à Terre
Rouge. En fait, c'est Richfield qui est concerné par un
problème de pollution dans cette localité.
Nos excuses donc à la direction de World Knits pour cette
regrettable méprise.
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