o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 21 janvier 2007



Faits et effets - Un long combat
Humeur - Les trois rumeurs
Interrogations - La valeur de l'argent
Carnet - La pagaille

Faits et effets...

Un long combat
Josie Lebrasse


Cela a pris du temps. Il a fallu des grèves de la faim, mais, à partir de mercredi, si la loi est votée et améliorée même, comme le souhaitent les principaux concernés, justice sera enfin faite à ceux qui peuvent devenir facilement des victimes d'institutions financières sans cœur et d'hommes de loi sans scrupule. Tous ceux qui ont apporté leur pierre à cet édifice méritent d'être salués. Mais le combat a été long, difficile et émaillé d'embûches de toutes sortes. D'où la qualité de la victoire de ceux qui ont œuvré pour que ce Protection of Borrower Bill arrive enfin. Tard pour certains malheureusement, mais tôt pour ceux - une très grande majorité de Mauriciens qui ne peuvent envisager d'améliorer leur qualité de vie sans un emprunt pour de diverses raisons et acquisitions en tous genres, dont l'immobilier principalement.

Le combat commence avec la dénonciation des "casseurs", ses prêteurs sur gages sans pitié qui ont acquis des fortunes sur le dos de malheureuses et trop crédules victimes. Le Money Lenders Act de 2002 a, dans une grande mesure, mis un frein à leur business plus que lucratif. Mais le problème de la vente à la barre est resté entier et les cas étaient devenus de plus en plus scandaleux avec des propriétaires de biens immobiliers dépouillés, du jour au lendemain, du travail de toute une vie. Harish Boodhoo et son Sunday Vani, disparu depuis pour cause d'asphyxie financière, vont dénoncer semaine après semaine, mais n'obtiendront que des annonces de révisions des lois.

Le scandale prenant de l'ampleur au fil des mois, Harish Boodhoo et ses amis vont observer une première grève de la faim et obtenir qu'une commission d'enquête se penche sur cet épineux problème de sale by levy qui a profité, pendant de nombreuses années, à une mafia très bien organisée et qui savait qui vendait quoi et à quel prix ou du moins à quel montant il était soldé. C'est Sir Victor Glover, ancien chef juge, et deux assesseurs, l'ex-magistrat Denis Vellien et Raj Thacoor, comptable, qui auront la tâche de voir plus clair dans cette affaire.

En août 2004, les travaux de la commission d'enquête démarrent et le fait qu'ils se déroulent en public contribuera à faire prendre conscience aux Mauriciens de l'étendue des abus qui existent dans ce domaine avec des malheureux emprunteurs qui ont contracté un prêt de Rs 600 000 pour construire une demeure et qui voient ensuite leur bien confisqué et disposed of pour Rs 150 000 pour défaut de paiement, même s'ils étaient arrivés à trois quarts du parcours et qu'ils avaient déjà remboursé près de Rs 400 000.

Le rapport rédigé, c'est le 17 décembre 2004 que le conseil des ministres annonce que "cabinet has agreed to the implementation of the recommendations contained in the Report of the Commission of Inquiry on Sale by Levy". Mention est aussi faite du Liverpool Case avec annonce d'une étude plus poussée de sa portée après que certains aspects des conditions de prêt eurent été pris en charge par le Money Lenders Act de 2002. À partir de là, il y a plusieurs initiatives, la mise sur pied d'un comité présidé par le secrétaire au cabinet d'alors, Suresh Seebaluck, pour se pencher sur la mise en application des recommandations de la commission Glover et du Credit Facilitation Bill qu'il avait rédigé. En 2005, année électorale, la machine se grippe, d'autant que le calendrier parlementaire est bousculé. La priorité est le budget et l'Assemblée nationale est dissoute en avril et les élections fixées au 3 juillet.

Après la victoire de l'Alliance sociale, certains opportunistes larguent Harish Boodhoo et vont se faire photographier souvent avec l'Attorney General, qui annonce la présentation imminente d'une législation pour protéger les victimes de la vente à la barre. Après sa réunion du 21 juillet 2005, trois semaines après les élections, un communiqué du conseil des ministres avise, d'ailleurs, comme suit que "Cabinet has agreed that the Attorney-General's Office would examine the recommendations of the Commission of Inquiry on Sale by Levy chaired by Sir Victor Glover, Kt., G.O.S.K. and propose appropriate amendments to the existing legislation".

Cela fait 18 mois que cette annonce a été faite et il a fallu que Harish Boodhoo et amis entament une nouvelle grève de la faim pour obtenir du Premier ministre qu'il convoque une réunion spéciale du Parlement en janvier pour faire voter le Protection of Borrower Bill. Mais il ne faut pas croire que ce texte ne fait que des heureux. Les banques et autres institutions ont bataillé ferme pour que la loi soit assouplie. Et, décidément fidèle à ses convictions libérales, Rama Sithanen, auteur du texte à venir, a, après avoir parlé de loi "révolutionnaire", émis quelques réserves. Il a été honnête dans son appréciation des conséquences de l'adoption du Protection of Borrower Bill dans sa mouture actuelle. Il a raison lorsqu'il dit que les institutions de financement peuvent rendre l'accès au crédit plus difficile pour certains, les petits entrepreneurs notamment. On verra bien.

C'est dommage que la loi ne soit pas venue plus tôt et que d'anciennes victimes ne puissent faire valoir leurs droits, bafoués et abusés, de manière scandaleuse. Le Commissaire à nommer sous la nouvelle loi peut quand même faire quelque chose et les nombreux dossiers de dénonciation à la police peuvent être épluchés pour rendre justice à d'anciennes victimes de la vente à la barre et de la connivence de groupes organisés pour déposséder les gens de leurs acquis et de leurs sacrifices, souvent de toute une vie. Il n'y a pas à dire: mercredi fera date dans l'histoire du crédit à Maurice.




Humeur

Les trois rumeurs
Jean-Claude Antoine


Pas mal du tout cette idée des conseillers de Navin Ramgoolam d'évoquer un remaniement ministériel imminent et de la coupler avec une réunion spéciale du conseil des ministres. Répercutée par les radios et une partie de la presse qui, friande de scoops, ne réalise pas qu'elle est souvent utilisée dans les stratégies politiques, la rumeur a fait trembler dans le camp de l'Alliance sociale. Tout d'abord de terreur ceux qui sont ministres, qui ont pris goût à la fonction et ses avantages et ne veulent absolument pas rendre le portefeuille.

Certains d'entre eux - soutenus par leurs porte-parole qui se prennent pour la pensée de leurs employeurs et aiment encore plus qu'eux le portefeuille - se sont lancés dans de risibles tentatives de présence médiatique en multipliant les interviews de presse qui se contredisaient souvent les unes les autres. C'est le cas du ministre du Commerce, défenseur autoproclamé des ti dimoun et adversaire déclaré de la libéralisation. Dans une interview, il justifie le contrôle des prix, alors que dans une autre, il déclare être contre ce même contrôle. En résumé, il est pour la libéralisation mais que de temps en temps, il intervient pour protéger les consommateurs. Que ne dirait-on pas pour essayer de rester dans un fauteuil ministériel ?

D'autres ont remué ciel et terre et fait le forcing de ceux qui prétendent avoir l'oreille de Navin Ramgoolam pour plaider leur maintien à l'Hôtel du Gouvernement. Il y a eu ensuite les députés qui attendent leur tour pour aller prêter serment au Réduit et se rongent les ongles depuis juillet 2005, chez qui la rumeur savamment distillée a provoqué un long frisson d'espoir. Ils ont également fait le forcing chez ceux qui affirment pouvoir non seulement rencontrer régulièrement Navin Ramgoolam mais surtout pouvoir se faire entendre par lui, pour demander une indication ou tout simplement de glisser leur nom dans la conversation. Et précisant que quand le "grand jour arriverait", ils sauraient se montrer reconnaissants.

La deuxième rumeur, aussi savamment distillée que la première, concernait l'alliance - imminente entre l'Alliance sociale et le MSM - pour les besoins de sécurité politique dans la durée de la communauté majoritaire. Si Pravind Jugnauth a démenti en essayant de faire de l'humour, puis en faisant intervenir son leader de l'opposition, il n'empêche que certains au MSM ont commencé à rêver. Plus particulièrement ceux qui ont choisi de faire de la politique pour devenir ministre, quel que soit le prix politique, idéologique ou moral à payer, et qui ont déjà goûté à la fonction et ne peuvent plus s'en passer.

Ces accros du portefeuille ministériel ont commencé à multiplier les réunions supposément discrètes avec les adversaires promus à devenir les futurs alliés pour établir les bases et les détails de l'alliance dont ils rêvent depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir. Il paraît même que le partage des tickets a été fait scientifiquement et que des déménagements des circonscriptions difficiles vers d'autres plus "safe" ont été envisagés du sud vers le nord, du numéro 11 au numéro 7, pour permettre aux battus de 2005 de retrouver une virginité électorale.

Mais il n'y a pas que les anciens ministres MSM à vouloir retrouver "leur place" au sein du pouvoir. Il y a surtout leurs proches qui ont amplement profité de leur proximité avec les anciens locataires de l'Hôtel du Gouvernement pour faire des affaires juteuses et qui n'attendent que la concrétisation d'une nouvelle alliance pour retrouver le pouvoir et les avantages qui y sont attachés et recommencer à se remplir les poches. Cette catégorie de personnes prêtes à faire toutes les contorsions possibles et imaginables pour retrouver le pouvoir comprend sans doute ceux qui doivent regretter amèrement que la deuxième rumeur n'ait été qu'une… rumeur

Et puis, il y a eu la troisième grosse rumeur de la rentrée qui voulait que, furieux que Navin Ramgoolam se soit trop montré avec les dirigeants du Mouvement Rodriguais, l'OPR allait lui renvoyer la monnaie de sa pièce. En accordant son soutien parlementaire à Paul Bérenger pour lui permettre de reprendre le poste de leader de l'opposition. Cette rumeur, entretenue par quelques déclarations supposément sibyllines de Paul Bérenger et les spéculations de quelques membres de l'OPR, a permis aux Mauves de rêver pendant quelques jours.

Jusqu'à ce que Serge Clair affirme la position qu'il a toujours défendue: l'OPR ne se mêlera pas des affaires des partis politiques mauriciens et surtout pas de la bataille des anciens alliés pour le poste de leader de l'opposition. Nando Bodha, chaleureusement félicité pour son comportement comme leader de l'opposition par un ministre travailliste, doit avoir poussé un immense soupir de soulagement et remercié le ciel que le troisième on-dit était effectivement une rumeur.




Interrogations

La valeur de l'argent
Shenaz Patel


Il y a sans doute bien des critiques qui peuvent être émises sur la forme et sur certaines clauses du Protection of Borrowers' Bill. Par exemple sur le fait que ce projet de loi choisit d'établir une différence, basée on ne sait sur quoi, entre ceux qui empruntent moins et plus de Rs 2 millions. Une loi doit pouvoir faire respecter les droits de tous les citoyens, indépendamment du potentiel de leur portefeuille.

Certains auront beau dire que les lois existantes étaient amplement suffisantes. Il y a une tendance, non négligeable, à faire avancer l'idée que ceux qui n'arrivent pas à rembourser les emprunts qu'ils ont contractés sont des personnes dispendieuses, qui n'ont pas le sens des responsabilités, voire qui frisent allègrement la paresse. Et qui ne méritent que trop, au fond, ce qui finit par leur arriver. À savoir, dans bien des cas, la saisie de leurs ultimes biens. Mais il suffit d'écouter les récits, hélas nombreux, des victimes de vente à la barre notamment, pour être frappé par l'abîme où certaines personnes finissent un jour par se retrouver parce qu'à un moment de leur vie, elles ont dû avoir recours à l'emprunt.

Ce ne sont pas seulement les personnes dépensières, celles qui sont incapables de gérer un budget, qui sont un jour confrontées à la nécessité d'emprunter. Si ce n'est pas forcément pour financer un projet ou toute chose "prévisible", construction, mariage, naissance, voyage par exemple, certains se retrouvent parfois face à un besoin pressant d'argent pour faire face à une dépense de santé, une mortalité, quand ce n'est une perte d'emploi. Se déclenche alors, dans trop de cas, un engrenage implacable, qui ne peut manquer de soulever des questions par rapport à un fonctionnement des plus tortueux, face auquel le citoyen lambda se retrouve complètement démuni. Il y a encore trop de procédures qui demeurent totalement opaques pour le citoyen. Trop de gens qui, sans avoir rien compris à ce qui leur arrivait, se retrouvent totalement désemparées, victimes de saisie quand ce n'est d'emprisonnement, acculés pour certaines à la tragique extrémité du suicide, au terme d'un processus qui leur échappe totalement.

Certes, il ne s'agit pas non plus de déresponsabiliser l'emprunt. Un cadre qui permettrait aux gens de s'endetter sans se sentir redevables ne sera pas non plus soutenable. C'est dire si le rôle des Commissaires qui devraient être nommés pour administrer cette nouvelle loi se révèlera crucial. Mais il importe d'assurer que le fait de pouvoir prêter de l'argent ne permette pas d'asphyxier ceux auxquels leurs revenus n'ont pas permis, à un moment, de continuer à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches.

Dans un contexte où la terre, tellement restreinte, tellement limitée, est plus que jamais devenue l'objet de toutes les convoitises, et, partant, de toutes les magouilles, un contexte où les lois du travail s'apprêtent à changer pour permettre plus de "flexibilité" dans l'emploi et le licenciement, un pays où l'appauvrissement des classes moyennes s'étend, faire que la valeur de l'argent n'écrase pas la valeur de l'humain est plus que jamais une nécessité cruciale…

******

Parallèlement, on peut se demander pourquoi certaines de nos administrations semblent parfois si peu capables de respecter la juste valeur de l'argent pour les simples humains que nous sommes. Cette question se pose notamment dans le cas des infrastructures. Le loyer de l'argent coûte cher. Il faut en général énormément de procédures, quand ce n'est également de la chance, pour arriver à mobiliser suffisamment de fonds pour construire, équiper et faire fonctionner un gymnase ou une salle de spectacle. Pourquoi donc, au terme de tant de difficultés, sommes-nous capables de nous montrer si négligents et indifférents lorsqu'il s'agit de se donner les moyens d'en assurer la pérennité ?

Les rénovations respectives des Théâtres de Port-Louis et du Plaza ont coûté, il y a un peu plus d'une décennie, plusieurs dizaines de millions de roupies. Aujourd'hui, ces deux infrastructures sont quasiment inutilisables, parce qu'on n'a pas jugé bon de dégager un budget de maintenance. Pire: le lord-maire nous déclare aujourd'hui, suite à la visite effectuée par l'architecte français Norbert Chazaud au Théâtre de Port-Louis au cours de la semaine écoulée, qu'il y a une équipe chargée d'assurer la maintenance qui se serait à l'évidence rendue coupable de grosse négligence dans le non-exercice de ses fonctions. A-t-on besoin de la visite d'un expert étranger pour se rendre compte de cela ?

Plus loin, le Forum de Curepipe est dans un état déplorable. Le Quorum de Rose-Hill, pourtant belle infrastructure sportive dans un pays qui en compte peu, est devenu, apprenons-nous, une passoire et un nid à pigeons…

Ne serait-il pas nécessaire d'envisager, dans ce cas, que les emprunteurs que sont au bout du compte les administrés, qui repayent les emprunts ainsi contractés à travers la taxe, soient aussi protégés du laxisme d'administrations qui donnent une si courte vie à leur argent ? Et à leurs espoirs ?…




Carnet

La pagaille
Patrick Jean-Louis


À 20 ans, on aurait pu penser que le Mauritius Sports Council (MSC) était enfin arrivé à l'âge de la raison dans sa gestion tant au quotidien que dans le long terme. Vingt ans que l'organisme de Belle Rose existe et on aurait pu penser, comme il est souligné dans son Magazine Souvenir - même s'il est rempli de fautes et que ses rédacteurs ont " oublié " de mentionner Michael Glover comme son créateur - que le MSC est effectivement devenu " a leading and privileged partner of all sports bodies ". Et qu'au fil de ces années, le MSC a, en effet, su créer et maintenir " high sense of professionnalism in sports management and practices. " Si effectivement, un haut niveau de management avait été atteint à Belle-Rose, nous n'aurions certainement pas eu à écrire ces lignes pour vous dire qu'il existe désormais une pagaille nommée MSC.

S'il faut déjà commencer à s'inquiéter avec la dérive bureaucratique dans laquelle le board du MSC s'est engagé pour l'exercice de nomination pour les National Sports Awards 2006, notamment avec la mise en place d'un Higher Committee, par contre, sur le dossier de l'allocation des couloirs pour les quatre piscines de l'île et le système de couloir à péage, il va sans dire que Dhiraj Singh Khamajeet fait mentir le Vision Statement de l'organisme qu'il préside. D'une déclaration à l'autre, le président du MSC ne fait qu'entretenir la confusion sur ses intentions, ses divisions et ses réconciliations avec d'une part, la Fédération mauricienne de Natation (FMN) et d'autre part, avec les clubs de natation.

Lorsque les premiers macadams ont commencé à apparaître dans ce débat pour faire les clubs payer ou non pour l'utilisation des couloirs, nous avons évoqué dans cette même rubrique, l'année dernière, la nécessité d'imposer un " péage " minimum. Il n'y a pas pire hypocrite, pour ne pas dire démagogue, que ces dirigeants de clubs qui vocifèrent sur tous les toits qu'ils ne sont pas en mesure de payer pour utiliser les piscines. On a beau ne pas être d'accord avec certaines façons de faire de Georges Etiennette, président de la FMN, mais nous partageons entièrement son opinion à l'effet que beaucoup de clubs font du " business " autour des piscines. Toutefois et c'est cela tout le paradoxe de la natation mauricienne, l'opinion de Georges Etiennette est suffisamment en contradiction avec sa position actuelle sur ce dossier dans la mesure où il s'oppose, en sa double capacité de président de club (LDQB) et de la fédération, à la démarche du MSC. Comprenne qui pourra !

Le fait même que deux clubs ont déjà signifié leur intention de régler la note au MSC, témoigne dans une très large mesure qu'ils ont les moyens. Quand on sait que la note mensuelle pour ces deux clubs pourrait tourner autour de Rs 12,500 et Rs 15,500 respectivement, il y a de quoi se poser des questions. Mais nous persistons à croire que le MSC avance sur un terrain glissant en ne faisant pas de distinction entre les grands et les vrais " petits " clubs. Car une telle situation pourrait à terme mettre à mal une discipline, déjà en perdition et qui éprouve toutes les peines du monde à conserver son élite. Il n'est pas nécessaire de faire le tour de la piscine pour savoir que ce sont les parents des nageurs qui paieront la note d'une décision irréfléchie, voire hâtive du MSC. Au risque de nous répéter, il est important, dans cette affaire, de mettre en exergue le rôle du MSC, comme défini dans le Sports Act. La loi est claire comme l'eau de roche : le MSC est avant tout un partenaire des fédérations dans la promotion de leur discipline. En aucun cas, il ne peut se permettre de " vampiriser " un club ou une fédération pour l'utilisation d'une infrastructure publique. Ce qui veut dire construite avec l'argent des contribuables.

On ne sait pas encore si cela fait partie de ses " increased responsibilites ", néanmoins, on se demande si Dhiraj Singh Khamajeet se montre responsable en affirmant à notre confrère Le Matinal (mardi 16 janvier) que : " Les clubs ont dévié de leur objectif. Ils n'œuvrent plus pour la promotion de la natation ". Est-ce parce que les " clubs ont dévié de leur objectif " qu'aujourd'hui ils sont appelés à payer ? Sur quoi - y a-t-il eu des études ou existe-t-il un rapport - se base le président du MSC pour faire de telles affirmations ? Nul ne le sait. Mais ce qu'on sait par contre, c'est que - comme annoncé dans notre édition de dimanche dernier - le MSC fait marche arrière. Certainement pas pour mieux sauter. On laisse entendre que Belle-Rose viendra avec une nouvelle grille de paiement qui a été revue à la baisse.

Attendons voir ces nouvelles propositions, car pour l'heure, la natation se trouve dans une belle pagaille. Et l'instance qui provoque cette pagaille n'est autre que le MSC qui prend de plus en plus des décisions contestables. Car n'oublions pas qu'au départ, la décision d'imposer un péage pour l'utilisation des couloirs avait été prise pour régler un problème de " circulation " dans les piscines.

Un problème qui semble, pour l'heure, être réglé. Toutefois, en proposant sa grille de paiement, le MSC est venu créer un énorme " bouchon ". Il est à souhaiter qu'à sept mois des Jeux des îles, et avant que ne soit entamé le calendrier 2007 de la FMN, une solution durable soit trouvée pour sortir de cette pagaille. Une pagaille qui n'aurait pas été créée si certains, tant au MSC qu'à la FMN, ne s'étaient pas trompés sur leurs rôles et leurs responsabilités.

À moins, comme le pensent certains, qu'il soit temps de transférer le dossier à l'Emmanuel Anquetil Building…






o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 21 janvier 2007