Dans la nuit du 18 janvier 1911, les Portlouisiens sont dans
une grande agitation. Des rumeurs ont été répandues
par deux supporters du Parti Action Libérale descendus
à bicyclette depuis Rose-Hill, à l'effet qu'Eugène
Laurent, le leader des gens de couleur, dont les membres étaient
aussi appelés à l'époque Les Démocrates,
venait d'être tué ou grièvement blessé
à Curepipe par ses adversaires, les Oligarques (conservateurs).
Ce jour-là, un mercredi, M. Armand Esnouf (fils), venait
d'être élu député des Plaines Wilhems.
Habitant Curepipe, ses amis s'étaient rassemblés
chez lui, dans l'après-midi, pour le féliciter.
Un groupe était dans la rue, quand le Dr Laurent vint à
passer en voiture avec sa suite, venant du côté de
sa demeure. Il avait personnellement combattu la candidature d'Esnouf
aux Plaines Wilhems. Celui-ci, de son côté, figurait
au premier rang de ceux qui combattaient Eugène Laurent
à Port Louis.
La rencontre, fortuite, dégénéra et des coups
furent échangés. Plus tard, dans la même soirée,
des hommes du peuple entrèrent en scène. Des rixes
éclatèrent, des coups de feu retentirent. Un homme
fut sérieusement atteint au cou. Bientôt, la nouvelle
parvint à Rose-Hill que le Dr Laurent aurait été
dangereusement blessé et son beau-frère tué.
La rumeur courra de Rose-Hill à Port Louis.
Vers 23h, M. Edouard Nairac, membre de l'Action Libérale,
lui-même élu l'avant-veille à Port Louis,
partit en automobile pour Rose-Hill. Il télégraphia
à Curepipe, d'où il lui fut répondu qu'Eugène
Laurent n'avait pas été blessé. Il revint
à Port Louis tranquilliser les émeutiers. Mais ceux-ci
voulurent voir le docteur pour le croire.
Les émeutiers continuèrent à errer dans les
rues de la capitale, leur nombre s'accroissant. Vers 2h du matin,
ils assiégèrent les bureaux du journal Le Cernéen.
Puis, ils sabotèrent des bureaux et des magasins importants
de la ville, les presses et les bureaux des journaux adverses:
Radical, Mauricien, Planters Gazette, Journal de Maurice, Dépêche
et Libre Parole. Enfin, des boutiques appartenant aux
Chinois furent pillées. À 6h, armés de gourdins
et d'autres armes, ils allèrent occuper la gare centrale
pour attendre et lapider les Oligarques venant des hauteurs de
l'île par les premiers trains. La police fut impuissante
à les contenir. La terreur gagna de proche en proche. Il
était environ sept heures et demie quand les émeutiers
donnèrent l'assaut, rues de La Bourdonnais et d'Artois,
à la maison de Victor Ducasse, candidat non élu
et adversaire de Laurent. Ils revinrent trois fois, entre 7h30
et 11h, assiéger cette maison à coups de pierres.
M. Ducasse et son jeune fils les repoussèrent à
coups de feu jusqu'à la venue d'un corps de troupes. Deux
des assaillants furent tués et une douzaine blessés.
Les troupes, les Royal Fusiliers et des soldats Sikhs étaient
arrivées en ville vers 10h dans le même train que
le Dr Laurent. Leur présence et celle du député
de Port Louis ramenèrent l'ordre. Cependant, du côté
des faubourgs, quelques groupes, échappant à tout
contrôle, persistaient encore à manifester par la
violence. On estima que dans la matinée du 19 janvier,
ils étaient entre 15 000 à 20 000 dans la capitale.
Une quarantaine de magasins, toutes propriétés de
blancs, furent ainsi saccagés, sans compter le Mauritius
Turf Club.
L'inefficacité de la police
À la suite des émeutes, le gouverneur, Sir Cavendish
Boyle, nomma une commission pour enquêter sur ces événements.
La commission fut composée du général Mac
Donald, commandant de la garnison, du colonel du Boulay, de Me
Etienne Koenig, substitut du Procureur général et
de M. Fraser, négociant. La commission blâma sévèrement
la police pour n'avoir pas pris à temps des précautions
afin que les blancs arrivant par le premier train à 7h,
le matin du 19 janvier, puissent être protégés
par des troupes de soldats.
En fait, les magistrats, officiers de police, civils, officiers
militaires interrogés par la commission et les membres
mêmes de cette instance arrivèrent à la conclusion
quasi-unanime que "telle qu'elle était constituée,
la police était singulièrement inefficiente et était
absolutely worthless quand elle est confrontée à
des situations de troubles telles que le 19 janvier". De
surcroît, la commission affirma que le facteur déterminant
fut la peur chez des policiers pas suffisamment entraînés.
La commission soutint qu'il avait également prévalu
chez des policiers "une certaine sympathie envers les
émeutiers qui demeurèrent passifs en présence
de gangs little if at all superior in numbers".
En recueillant les points de certains officiers de police sur
la possibilité de rendre la force plus crédible,
la commission d'enquête observa que tel exercice serait
nul "without a strong infusion of whites or non - Mauritian
indians".
Les causes plus profondes du malaise
En conclusion, la commission d'enquête Mac Donald trouva
qu'il existait parmi les classes inférieures de la société
mauricienne un certain sentiment de mécontentement et de
méfiance envers leurs supérieurs sur l'échelle
sociale auxquels elles attribuèrent pratiquement le monopole
du pouvoir politique et du patronage. Certains leaders politiques
se sont organisés au sein d'un nouveau parti politique
(NDLR: le Parti Action Libérale) avec un pouvoir électoral
suffisant pour faire sentir leur présence au sein du Conseil
du Gouvernement.
D'autre part, le parti des Oligarques, regroupant les blancs d'ascendance
française et leurs adhérents, justement fiers de
l'apport distingué de leurs familles dans la construction
de la colonie, réalisant que la présente prospérité
du pays dépendait largement d'eux et habitués à
la place et aux positions qu'ils occupaient, ressentit l'avènement
de ce nouveau parti qui brassait largement parmi les basses classes
et les gens de couleur. Et les Oligarques ressentirent aussi les
méthodes adoptées par ce nouveau parti pour faire
triompher ses vues.
Les méthodes employées par les leaders démocrates
étaient, dans de nombreux cas, nuisibles et tendaient à
enflammer la population, selon la commission d'enquête.
Et les élections municipales à Port Louis, qui avaient
été contestées sur des listes de partis (on
party lines), étaient venues envenimer la lutte au
niveau local.
La Commission Mac Donald fit remarquer que les conclusions d'un
rapport d'une Commission Royale récemment rendu public
divisaient profondément les oligarques et les démocrates
et n'avait fait qu'exacerber les antagonismes. Les premiers nommés
rejetèrent ces conclusions tandis que les démocrates,
eux, trouvèrent que ces conclusions leur donnaient entièrement
raison à l'effet qu'il existait un sentiment de frustration
parmi la communauté des gens de couleur, qu'ils ne bénéficiaient
pas d'une justice impartiale et de fair-play de la part du Parquet
et des cours de justice. Même si les démocrates avaient
triomphé lors des dernières élections générales,
la révision des listes électorales avait été
à l'avantage des oligarques et ces derniers avaient usé
de leurs richesses et de leur influence dans l'administration
pour exercer des pressions sur les électeurs. De plus,
les fonctionnaires avaient pris des positions partisanes.
Oligarchies et fausses rumeurs
Pour la Commission Mac Donald, une étude chronologique
des événements des 18 et 19 janvier, heure par heure,
établissait clairement que les oligarchies et le comportement
des partisans de Esnouf envers Laurent furent définitivement
responsables du déclenchement des désordres à
Curepipe. Par contre, ce furent les fausses rumeurs et les exagérations
de l'attaque contre le leader des Démocrates qui provoquèrent
les émeutes et la destruction de biens à Port Louis.
Il ne fait pas de doute que, du fait que la grosse majorité
des partisans des Oligarques étaient à l'époque
des blancs franco-mauriciens tandis que ceux de l'Action Libérale
étaient des Créoles, si de telles émeutes
se reproduisaient de nos jours on parlerait immédiatement
de "bagarres communales". Mais tel ne fut pas
réellement le cas en 1911, car parmi les émeutiers
du camp de Laurent, la Commission Mac Donald dénombra un
bon millier de travailleurs et même d'intellectuels indo-mauriciens,
musulmans et certains venant de "better class".
À cela il n'y a rien d'étonnant puisque, l'adjoint
de Laurent à la mairie de Port Louis était Goolam
Mohamed Issac et le deuxième député de la
capitale, le progressiste blanc Edouard Nairac. Il faut également
relever que le bras droit d'Edgar Laurent était déjà
un certain avocat nommé Manilall Doctor, venu à
Maurice pour émanciper une masse hindoue jusque-là
passablement indolente.
Les émeutes de janvier 1911 doivent donc être retenues
par l'Histoire, plus comme une lutte de classes que comme une
lutte de races, qui fut le signal à d'autres qui s'ensuivirent
en 1937 et 1946 sous l'impulsion du Parti Travailliste de Maurice
Curé, et en 1970 avec l'avènement du MMM.
Conférence de Paul Bérenger sur la période
36-68, hier à Curepipe
La "période moderne" fait salle comble
Malgré un temps inclément, la conférence
de Paul Bérenger sur le thème "36-68, la naissance
de l'île Maurice moderne", a fait salle comble hier
à la municipalité de Curepipe. C'est probablement
parce que la période couverte portait sur l'histoire récente
et qu'elle est plus familière que cela a attiré
un grand public. De 1936 à 1968, une évocation détaillée
de l'histoire politique de Maurice et des hommes qui l'ont façonnée
et dont les photos étaient exposées non loin de
la tribune du conférencier. Si c'est le Parti Travailliste
qui domine incontestablement cette période, c'est l'année
1953 que le leader du MMM considère comme "le moment
fort, de gloire et la plus grande victoire du PTr avec une équipe
de classe et un programme progressiste".
Procédant par étapes, Paul Bérenger commence
avec les années qui vont de 1936 à 1944 et qui sont
celles de la célébration du centenaire de l'arrivée
des premiers travailleurs engagés indiens, du réveil
politique des Indo-Mauriciens, de la naissance du mouvement Jan
Andolan des frères Bissoondoyal et du Parti Travailliste,
des années héroïques et de braise avec ses
grèves et ses affrontements de classe.
De 1944 à 55, c'est la renaissance d'un PTr remodelé,
les premières grandes élections générales
de 48, les agitations populaires menées par Hurryparsad
Ramnarain. Ce qui marque la période 56-68, dit le leader
du MMM, c'est la montée du communalisme et l'abandon par
le PTr de l'idée de l'intégration de Maurice à
la Grande-Bretagne.
Sur la période 1936 à 44, le conférencier
s'est appesanti sur le rôle du Dr Ramkelawan Boodhun, le
premier avocat d'origine indienne, et qui n'est pas assez souligné,
de son point de vue, dans l'histoire du pays. Il en profite pour
livrer une anecdote selon laquelle le médecin avait fait
don au PTr du surplus de fonds récoltés pour la
célébration des 100 ans de l'arrivée des
"coolies" à l'île Maurice.
C'est le 23 février 1936 que le Dr Maurice Curé
fonde le PTr, avec ses compagnons de route Emmanuel Anquetil et
le Pandit Sahadeo, rappelle le leader du MMM. En 1937, c'est l'explosion
avec les grèves et les champs de canne qui brûlent.
C'est aussi l'année qui voit Goolam Mamode Atchia comme
premier maire d'origine indienne de Port-Louis et que le Dr Seewoosagur
Ramgoolam préconise dans le journal de droite Le Radical,
"une alliance entre les communautés blanche et
indienne".
Le 1er-Mai est célébré pour la première
fois en 1938 par le PTr. C'est aussi l'année des grèves
qui vont culminer avec les événements de 1943. Paul
Bérenger a aussi beaucoup cité ce qui, pendant cette
période, a opposé Curé et ses collaborateurs
à Ramgoolam, Aunauth Beejadhur et Advance.
Comme c'est aussi l'éclosion du mouvement Jan Andolan des
frères Bissoondoyal qui vont prêcher la liberté,
le refus de la domination et les valeurs de l'éducation
et de l'hindouisme, le leader du MMM en conclura que c'est ce
qui a déclenché dans les masses populaires une prise
de conscience, le respect de soi et la recherche de la liberté
et de la dignité.
Paul Bérenger évoque longuement les diverses élections
au vote censitaire restreint et les années 1945-47 où
le Dr Ramgoolam se joint au PTr après s'être rendu
compte que l'on voulait tendre "un piège aux travailleurs";
celles de 1948 qui voient une plus grande participation populaire,
de la motion du Dr Ramgoolam au conseil législatif en faveur
du suffrage universel et du gouvernement responsable. Le conférencier
s'appesantira ensuite sur l'année 1953, de la campagne
"hystérique, anticommuniste et communale"
du Cernéen et celle aussi du sacre du PTr.
Sur la période 1956-68, qui témoigne, souligne le
leader du MMM, de la montée du communalisme, il y a quelques
événements importants, hormis le fait que Philippe
Rozemont devient le premier transfuge de l'histoire, celui-là
même qui avait accusé le PTr "d'avoir tué
son frère Guy Rozemont". Il y a le décès
d'Anquetil en 1956 à 40 ans que son médecin et camarade
de lutte rendait visite quotidiennement, et celui de Renganaden
Seeneevassen, à 48 ans, en 1958.
Les bagarres raciales
C'est aux élections de 1959 que le PTr, alors dirigé
par le Dr Seewoosagur Ramgoolam, décide, en dépit
des objections de quelques-uns comme Veerasamy Ringadoo, de ne
pas mettre de candidat musulman dans certaines circonscriptions,
laissant ces places vacantes au Comité d'Action Musulman
d'Abdool Razack Mohamed.
Paul Bérenger a cité l'historienne britannique Adèle
Smith-Simmons sur cet épisode décrit comme un "dramatical
shift" du PTr d'un parti de classe à une alliance
communale d'hindous et de musulmans. Il évoque aussi les
écrits de Moonindranath Varma et du Dr Cader Raman, psychiatre,
à l'effet que, si Seeneevassen était encore vivant
en 1959, il aurait combattu cette alliance communale.
Sur cet épisode, le conférencier s'est refusé
à être "wise after the event" et
de porter un jugement sur les faits. Il s'est aussi appesanti
sur le rôle du Ralliement Mauricien, devenu ensuite Parti
Mauricien de Jules Koenig/Gaëtan Duval avant d'être
définitivement le PMSD dans la fracture communale qui s'est
clairement manifestée aux élections de 1963. C'est
la période où l'on voit aussi émerger des
partis tamoul et télégou.
En 1963, le Dr Seewoosagur Ramgoolam devient le "Premier"
de l'Assemblée législative. C'est aussi l'année
des élections et celle où le PTr réclame
l'indépendance. L'année 1965, c'est l'état
d'urgence après les bagarres raciales et les pourparlers
de Lancaster et de l'épisode des Chagos, thèmes
qui seront évoqués dans une prochaine conférence
et au sujet desquels Paul Bérenger a annoncé des
informations inédites. Il a aussi parlé de la période
allant de 1963 à 1968, l'indépendance, la coalition
et les nouvelles bagarres raciales.
Paul Bérenger s'est beaucoup appuyé sur l'ouvrage
d'Adèle Smith-Simmons sur Maurice en 1982 et qui est le
résultat de recherches entreprises ici même et à
Londres pour évoquer cette période, dont il a dit
"ki éna tigit livre solide et sérieux lors
sa période-là". Il a repris le constat
de l'écrivain précité à l'effet que
ce sont les "communal biases" qui empêchent
les Mauriciens à regarder leur histoire avec objectivité.
Il a aussi ajouté que les faits sont parfois "faussés
et manipulés par partisanerie politique", mais
il a cité la dernière partie de l'ouvrage le plus
récent de Sydney Selvon, ceux de Moonindranath Varma et
de Jocelyn Chan Low, pour souligner leurs efforts en vue de décrire
cette période en s'attachant aux faits.
À l'heure des questions, le leader du MMM s'est dit d'accord
avec un membre de l'assistance pour constater que le communalisme
et le castéisme ne sont pas des phénomènes
récents. Il a aussi répondu positivement à
la demande de quelqu'un qui voulait que ces conférences
soient mises sur Internet pour qu'elles soient plus accessibles
aux jeunes et a annoncé un livre regroupant les huit conférences.
Il a aussi indiqué n'avoir rien trouvé qui indiquerait,
comme suggéré par un membre de l'assistance, que
"Renganaden Seeneevassen aurait été empoisonné".
La prochaine conférence avec pour thème "L'indépendance,
Malte et l'île Maurice", se tiendra le 17 février
à Rose-Hill. Ce sera ensuite la conférence de Lancaster
House de 1965 et les Chagos, et, pour terminer 1968/82, l'histoire
contemporaine.
Face of the Year 2006
Douze candidates pour succéder à Émilie
Bonhomme
La lauréate du concours Face of the Year 2006 sera connue
samedi prochain, lors de la finale qui se tiendra au Coco Beach
Hotel. Après la consécration d'Émilie Bonhomme
en 2005, Amélie, Nadia, Christel, Valérie, Béatrice,
Carla, Vanesha, Laeticia, Aleezah, Kristy, Runa et Anaïs,
les douze finalistes issues des concours Face of the Month 2006,
concourent pour ce titre relevant d'une expérience renouvelée
du coiffeur visagiste Azize Goburdhun.
Les candidates en lice ont remporté, chaque mois, le concours
Face of the Month 2006, et bénéficié d'un
relookage gratuit. L'objectif est de "mettre la vraie
personnalité de la candidate en valeur, à travers
un relookage ayant trait à la coiffure, le maquillage et
l'habillement". Outre la consécration de la Face
of the Year 2006, les titres de Princesse et de Miss Éloquence
seront également décernés aux candidates
qui se démarqueront des autres. Le public peut élire
ses candidates favorites en votant sur le 303-60-50 ou à
travers le site officiel du concours: www.face-of-the-month.com.
Un jury départagera les votes lors de la finale. Un défilé
casual, un défilé chic, ainsi que la prestation
de Miss Mauritius Fitness 2006, Françoise Lam Tung, et
de l'artiste Menwar sont au programme de cette soirée,
dont l'invité d'honneur est Terry Jervis, directeur de
Trace TV International, de Londres. Ce dernier sera accompagné
de son manager, Hervel Singh. La présence de Terry Jervis,
qui a côtoyé des stars internationales comme Quincy
Jones, Oprah Winter, donnera une autre dimension au concours mauricien
Face of the Year, selon Azize Goburdhun.
Ce dernier confie toutefois qu'il rencontre des difficultés
pour le paiement des billets d'avion de ces personnalités,
suite à un problème au niveau de la MTPA. La lauréate
de 2006 accédera peut-être au titre d'ambassadrice
de Maurice pour le compte de la Mauritius Tourism Promotion Authority
(MTPA). En effet, les directeurs de cet organisme ont émis
le souhait que la gagnante du concours Face of the Year 2006 soit
la représentante de Maurice pour faire la promotion touristique
du pays. Toutefois, Azize Goburdhun confie qu'il n'y a pas eu
de pourparlers à ce stade.
De l'Écosse aux îles de l'océan Indien
Le grand brassage de Leslie W. Nimmo
Exploration, déconstruction, nouvelles technologies
de l'image, symphonies visuelles. Leslie W. Nimmo vous invite
dans son petit monde: celui du brassage de technologies contemporaines.
Tout un art en ligne et en textures à travers 45 peintures
exposées à l'Institut Mahatma Gandhi. Nous avons
visité pour vous.
Leslie W. Nimmo signe le temps du numérique, des photographies
retravaillées sur l'ordinateur en introduisant la notion
de couleur, la ligne, le narratif et ses propres sensations. Une
fusion créative interdisciplinaire visible dans 45 travaux
exposés à la galerie d'art du MGI. C'est le premier
solo de cet artiste né en Écosse, il y a 64 ans.
Ancien enseignant des arts graphiques et de photographie, directeur
de Creative Art à l'école Le Bocage, il nous
livre ses travaux tels qu'ils ont été pensés
depuis deux ans. Une exposition qui dépasse sa thématique
pour explorer les nouvelles technologies, le numérique,
l'internet et aboutir à une esthétique de la communication.
À la base du travail de Nimmo, des photos prises dans divers
lieux, ensuite déstructurées pour mieux être
recomposées. Un détail enlevé, de la couleur
ajoutée, l'artiste crée une uvre unique avec
stylo sur support digital. Des logiciels tels Painter ou
Photoshop lui permettent de se livrer à des études
de ligne, de tonalité et de contraste. Ce qui fascine Leslie
Nimmo dans les nouvelles technologies, c'est ce qu'il appelle
la flexibilité et les différentes possibilités
d'explorer de nouvelles choses que procure l'outil informatique.
Une photo peut être entièrement revisitée
si l'on a la maîtrise des systèmes complexes d'interaction.
Et chaque travail réalisé est une pièce unique.
Les peintures digitales de Nimmo mordent le quotidien, s'abreuvent
des scènes de la rue, de la vie quotidienne, se nourrissent
des rencontres de la vie.
Dans ses paysages d'Écosse, de Maurice, de Rodrigues ou
de la Réunion, l'artiste passe aisément du réel
au virtuel. Nous nous sommes intéressés à
ses peintures réalisées à partir de photos
originales prises au cours de ces huit dernières années
à Rodrigues où l'artiste et sa femme séjournent
une grande partie de l'année. Leslie Nimmo s'est intéressé
à l'île parce qu'il y trouve des similitudes avec
son pays d'origine. Il se dit fasciné par la nature intacte
de Rodrigues qui lui rappelle les terres du nord de l'Écosse.
Il y a aussi la musique et la danse folkloriques de Rodrigues
(le "cotish") de même que les noms des rues de
Port Mathurin, qui renvoient au souvenir du pays natal.
Rodrigues possède son langage et c'est ce que cet amoureux
de l'île a voulu retranscrire dans une esthétique
de la communication qui lui est propre. En témoignent Bad
dog dead Rodrigues, Rocky coastline, Market trades Port Mathurin,
Pay Day Port Mathurin et d'autres travaux sur Rodrigues (17
au total) qui frôlent l'hyperréalisme ou l'abstraction
partielle. Les arts plastiques et le monde vivant flirtent. Les
photos originales sont le point de départ d'une uvre.
Ensuite, elles n'existent plus. C'est un nouveau dialogue qui
s'installe dans un processus de recomposition. S'il s'agit là
d'une première expérience pour Nimmo, qui a délaissé
les médiums traditionnels pour investir de nouveaux pôles
de développement artistique, le dialogue des images de
synthèse est assez convaincant.
À signaler que le catalogue de l'exposition a été
sponsorisé par le British Council. Cette institution organisera
la Scottish Week au mois de mars. L'occasion pour Leslie
W. Nimmo de côtoyer un autre peintre de son pays natal pour
une séance de création interdisciplinaire.
Repères
Leslie W. Nimmo est né en Écosse. Il a enseigné
les arts graphiques et la photographie, en Angleterre notamment.
Actuellement à la retraite, il a enseigné à
l'école Le Bocage (Head of Creative Art) et à
l'IVTB où il a institué un diplôme reconnu.
Il explore la peinture digitale depuis bientôt deux ans.
Leslie W. Nimmo a participé à des expositions de
groupe en Écosse. C'est la première fois qu'il expose
en solo.
1907-2007: Le scoutisme a 100 ans
"Scout un jour, scout toujours
prêt !"
Le 29 juillet 1907, Robert Stephenson Smyth Baden-Powell, colonel
de l'armée impériale britannique, réunissait
sur l'île de Brownsea, dans le sud de l'Angleterre, une
vingtaine de garçons. Son but: les initier à un
jeu d'éclaireurs et leur apprendre des règles de
survie. Ainsi naissait le scoutisme, mouvement éducatif
extra-scolaire qui, depuis, s'est donné pour mission de
préparer des jeunes à leurs devoirs de citoyens
responsables. De par le monde, "l'esprit scout", empreint
de fraternité et de solidarité, a essaimé
avec la constitution de mouvements locaux sur les cinq continents.
Alors que l'année 2007 qui démarre marque le
centenaire du scoutisme, Week-End fait le point sur cette
prodigieuse école de la vie.
Fils d'un professeur d'Oxford, Robert Baden-Powell (1857-1941)
avait longtemps servi l'armée de Sa Majesté britannique
en Afrique du Sud où, à la tête d'une garnison
de 1 250 hommes, il résista notamment au siège de
217 jours de Mafeking durant la Guerre des Boërs (1899-1902).
En terre africaine, certains aspects du mode d'organisation de
tribus autochtones "sauvages" devaient retenir son attention.
Baden-Powell allait, plus tard, s'en inspirer pour le lancement
de son mouvement de jeunesse.
Mieux que de lui préparer à être, à
l'âge adulte, une personne indépendante, le scoutisme
ambitionne de faire du jeune un être autonome, épanoui
et responsable, en favorisant le développement optimal
de tout son potentiel physique et intellectuel. Au sein du mouvement,
outre d'apprendre à apprécier la vie au grand air
à la faveur notamment des incontournables campings et autres
randonnées en pleine nature, le jeune s'initie à
la débrouillardise. Ce qui, plus tard, a pour but de lui
permettre de mieux gérer ses ressources et de toujours
trouver le moyen de tirer le maximum du
peu.
École de la fraternité et de la tolérance
Mais le mouvement se décline aussi comme une école
de formation humaine et civique et un rempart aux contre-valeurs
comme l'égoïsme et l'individualisme. Doté,
pour certains, d'une hiérarchie trop contraignante, le
scoutisme demeure malgré tout un mouvement où l'on
apprend à travailler en équipe. Si la discipline
et la rigueur y sont des maîtres mots, le mouvement se veut
aussi école de la tolérance.
"Citoyen du monde", le "vrai scout" professe,
en effet, la fraternité au-delà des races, des cultures,
des classes sociales et des nationalités. À ses
yeux, les seuls vrais "visages pâles" - blancs,
noirs, jaunes, à pois ou à carreaux - ne sont tout
simplement que ceux qui
n'appartiennent pas ou n'ont jamais
appartenu au mouvement.
Le simple fait que le scoutisme prône la paix mondiale et
la fraternité au-delà des races, des religions,
des cultures, des classes sociales et des nationalités
constitue sans doute le plus étrange et heureux paradoxe
de ce mouvement pourtant créé, il y a cent ans,
par un ancien
militaire.
De la vingtaine de jeunes réunis en 1907 sur l'île
de Brownsea dans le sud de l'Angleterre, on en dénombre,
un siècle plus tard, plus de 25 millions de toutes races
et de toutes nationalités, réparties dans 216 pays,
dont quelque 3 000 Mauriciens. Le scoutisme a même fait
une entrée triomphale dans les pays de l'ex-Union Soviétique
et ses satellites d'Europe de l'est depuis la chute du Mur de
Berlin au début des années 1990.
Au sein de l'empire soviétique, à l'époque,
on lui préférait la
Jeunesse communiste. Dans
l'Allemagne nazie, le mouvement était aussi réprimé,
dans ce cas au profit de la
Jeunesse hitlérienne.
De nos jours, les seuls rares pays au monde où le scoutisme
n'a toujours pas droit de cité sont, entre autres, la République
Populaire de Chine et la Corée du Nord, derniers remparts
du totalitarisme communiste. Mais les scouts gardent, néanmoins,
le secret espoir qu'un jour, ces gars aussi se décideront,
enfin, d'être copains
Souhait de la Mauritius Scouts Association-"Accueillir
davantage de jeunes, notamment ceux des villages"