m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 21 janvier 2007



HISTOIRES - La lutte des classes prémonitoire de janvier 1911
Conférence de Paul Bérenger sur la période 36-68, hier à Curepipe - La "période moderne" fait salle comble
Face of the Year 2006 - Douze candidates pour succéder à Émilie Bonhomme
De l'Écosse aux îles de l'océan Indien - Le grand brassage de Leslie W. Nimmo
1907-2007: Le scoutisme a 100 ans - "Scout un jour, scout toujours… prêt !"
La Verda Stelo, concours de chants en espéranto - Negro Pou Lavi toujours en lice pour la première place
Cycle "débats d'idées" - Marie-Thérèse Humbert: Réel et imaginaire dans la fiction romanesque
Pour son troisième numéro - Le Nouvel Essor se penche sur le cinéma mauricien
Théâtre - L'école de la Trup Sapsiway intensifie ses cours
Concert du DJ international à la Citadelle - David Guetta a fait sensation


HISTOIRES

La lutte des classes prémonitoire de janvier 1911

Dans la nuit du 18 janvier 1911, les Portlouisiens sont dans une grande agitation. Des rumeurs ont été répandues par deux supporters du Parti Action Libérale descendus à bicyclette depuis Rose-Hill, à l'effet qu'Eugène Laurent, le leader des gens de couleur, dont les membres étaient aussi appelés à l'époque Les Démocrates, venait d'être tué ou grièvement blessé à Curepipe par ses adversaires, les Oligarques (conservateurs).

Ce jour-là, un mercredi, M. Armand Esnouf (fils), venait d'être élu député des Plaines Wilhems. Habitant Curepipe, ses amis s'étaient rassemblés chez lui, dans l'après-midi, pour le féliciter. Un groupe était dans la rue, quand le Dr Laurent vint à passer en voiture avec sa suite, venant du côté de sa demeure. Il avait personnellement combattu la candidature d'Esnouf aux Plaines Wilhems. Celui-ci, de son côté, figurait au premier rang de ceux qui combattaient Eugène Laurent à Port Louis.

La rencontre, fortuite, dégénéra et des coups furent échangés. Plus tard, dans la même soirée, des hommes du peuple entrèrent en scène. Des rixes éclatèrent, des coups de feu retentirent. Un homme fut sérieusement atteint au cou. Bientôt, la nouvelle parvint à Rose-Hill que le Dr Laurent aurait été dangereusement blessé et son beau-frère tué. La rumeur courra de Rose-Hill à Port Louis.

Vers 23h, M. Edouard Nairac, membre de l'Action Libérale, lui-même élu l'avant-veille à Port Louis, partit en automobile pour Rose-Hill. Il télégraphia à Curepipe, d'où il lui fut répondu qu'Eugène Laurent n'avait pas été blessé. Il revint à Port Louis tranquilliser les émeutiers. Mais ceux-ci voulurent voir le docteur pour le croire.

Les émeutiers continuèrent à errer dans les rues de la capitale, leur nombre s'accroissant. Vers 2h du matin, ils assiégèrent les bureaux du journal Le Cernéen. Puis, ils sabotèrent des bureaux et des magasins importants de la ville, les presses et les bureaux des journaux adverses: Radical, Mauricien, Planters Gazette, Journal de Maurice, Dépêche et Libre Parole. Enfin, des boutiques appartenant aux Chinois furent pillées. À 6h, armés de gourdins et d'autres armes, ils allèrent occuper la gare centrale pour attendre et lapider les Oligarques venant des hauteurs de l'île par les premiers trains. La police fut impuissante à les contenir. La terreur gagna de proche en proche. Il était environ sept heures et demie quand les émeutiers donnèrent l'assaut, rues de La Bourdonnais et d'Artois, à la maison de Victor Ducasse, candidat non élu et adversaire de Laurent. Ils revinrent trois fois, entre 7h30 et 11h, assiéger cette maison à coups de pierres. M. Ducasse et son jeune fils les repoussèrent à coups de feu jusqu'à la venue d'un corps de troupes. Deux des assaillants furent tués et une douzaine blessés.

Les troupes, les Royal Fusiliers et des soldats Sikhs étaient arrivées en ville vers 10h dans le même train que le Dr Laurent. Leur présence et celle du député de Port Louis ramenèrent l'ordre. Cependant, du côté des faubourgs, quelques groupes, échappant à tout contrôle, persistaient encore à manifester par la violence. On estima que dans la matinée du 19 janvier, ils étaient entre 15 000 à 20 000 dans la capitale. Une quarantaine de magasins, toutes propriétés de blancs, furent ainsi saccagés, sans compter le Mauritius Turf Club.

L'inefficacité de la police

À la suite des émeutes, le gouverneur, Sir Cavendish Boyle, nomma une commission pour enquêter sur ces événements. La commission fut composée du général Mac Donald, commandant de la garnison, du colonel du Boulay, de Me Etienne Koenig, substitut du Procureur général et de M. Fraser, négociant. La commission blâma sévèrement la police pour n'avoir pas pris à temps des précautions afin que les blancs arrivant par le premier train à 7h, le matin du 19 janvier, puissent être protégés par des troupes de soldats.

En fait, les magistrats, officiers de police, civils, officiers militaires interrogés par la commission et les membres mêmes de cette instance arrivèrent à la conclusion quasi-unanime que "telle qu'elle était constituée, la police était singulièrement inefficiente et était absolutely worthless quand elle est confrontée à des situations de troubles telles que le 19 janvier". De surcroît, la commission affirma que le facteur déterminant fut la peur chez des policiers pas suffisamment entraînés. La commission soutint qu'il avait également prévalu chez des policiers "une certaine sympathie envers les émeutiers qui demeurèrent passifs en présence de gangs little if at all superior in numbers". En recueillant les points de certains officiers de police sur la possibilité de rendre la force plus crédible, la commission d'enquête observa que tel exercice serait nul "without a strong infusion of whites or non - Mauritian indians".

Les causes plus profondes du malaise

En conclusion, la commission d'enquête Mac Donald trouva qu'il existait parmi les classes inférieures de la société mauricienne un certain sentiment de mécontentement et de méfiance envers leurs supérieurs sur l'échelle sociale auxquels elles attribuèrent pratiquement le monopole du pouvoir politique et du patronage. Certains leaders politiques se sont organisés au sein d'un nouveau parti politique (NDLR: le Parti Action Libérale) avec un pouvoir électoral suffisant pour faire sentir leur présence au sein du Conseil du Gouvernement.

D'autre part, le parti des Oligarques, regroupant les blancs d'ascendance française et leurs adhérents, justement fiers de l'apport distingué de leurs familles dans la construction de la colonie, réalisant que la présente prospérité du pays dépendait largement d'eux et habitués à la place et aux positions qu'ils occupaient, ressentit l'avènement de ce nouveau parti qui brassait largement parmi les basses classes et les gens de couleur. Et les Oligarques ressentirent aussi les méthodes adoptées par ce nouveau parti pour faire triompher ses vues.

Les méthodes employées par les leaders démocrates étaient, dans de nombreux cas, nuisibles et tendaient à enflammer la population, selon la commission d'enquête. Et les élections municipales à Port Louis, qui avaient été contestées sur des listes de partis (on party lines), étaient venues envenimer la lutte au niveau local.

La Commission Mac Donald fit remarquer que les conclusions d'un rapport d'une Commission Royale récemment rendu public divisaient profondément les oligarques et les démocrates et n'avait fait qu'exacerber les antagonismes. Les premiers nommés rejetèrent ces conclusions tandis que les démocrates, eux, trouvèrent que ces conclusions leur donnaient entièrement raison à l'effet qu'il existait un sentiment de frustration parmi la communauté des gens de couleur, qu'ils ne bénéficiaient pas d'une justice impartiale et de fair-play de la part du Parquet et des cours de justice. Même si les démocrates avaient triomphé lors des dernières élections générales, la révision des listes électorales avait été à l'avantage des oligarques et ces derniers avaient usé de leurs richesses et de leur influence dans l'administration pour exercer des pressions sur les électeurs. De plus, les fonctionnaires avaient pris des positions partisanes.

Oligarchies et fausses rumeurs

Pour la Commission Mac Donald, une étude chronologique des événements des 18 et 19 janvier, heure par heure, établissait clairement que les oligarchies et le comportement des partisans de Esnouf envers Laurent furent définitivement responsables du déclenchement des désordres à Curepipe. Par contre, ce furent les fausses rumeurs et les exagérations de l'attaque contre le leader des Démocrates qui provoquèrent les émeutes et la destruction de biens à Port Louis.

Il ne fait pas de doute que, du fait que la grosse majorité des partisans des Oligarques étaient à l'époque des blancs franco-mauriciens tandis que ceux de l'Action Libérale étaient des Créoles, si de telles émeutes se reproduisaient de nos jours on parlerait immédiatement de "bagarres communales". Mais tel ne fut pas réellement le cas en 1911, car parmi les émeutiers du camp de Laurent, la Commission Mac Donald dénombra un bon millier de travailleurs et même d'intellectuels indo-mauriciens, musulmans et certains venant de "better class". À cela il n'y a rien d'étonnant puisque, l'adjoint de Laurent à la mairie de Port Louis était Goolam Mohamed Issac et le deuxième député de la capitale, le progressiste blanc Edouard Nairac. Il faut également relever que le bras droit d'Edgar Laurent était déjà un certain avocat nommé Manilall Doctor, venu à Maurice pour émanciper une masse hindoue jusque-là passablement indolente.

Les émeutes de janvier 1911 doivent donc être retenues par l'Histoire, plus comme une lutte de classes que comme une lutte de races, qui fut le signal à d'autres qui s'ensuivirent en 1937 et 1946 sous l'impulsion du Parti Travailliste de Maurice Curé, et en 1970 avec l'avènement du MMM.


Conférence de Paul Bérenger sur la période 36-68, hier à Curepipe

La "période moderne" fait salle comble

Malgré un temps inclément, la conférence de Paul Bérenger sur le thème "36-68, la naissance de l'île Maurice moderne", a fait salle comble hier à la municipalité de Curepipe. C'est probablement parce que la période couverte portait sur l'histoire récente et qu'elle est plus familière que cela a attiré un grand public. De 1936 à 1968, une évocation détaillée de l'histoire politique de Maurice et des hommes qui l'ont façonnée et dont les photos étaient exposées non loin de la tribune du conférencier. Si c'est le Parti Travailliste qui domine incontestablement cette période, c'est l'année 1953 que le leader du MMM considère comme "le moment fort, de gloire et la plus grande victoire du PTr avec une équipe de classe et un programme progressiste".

Procédant par étapes, Paul Bérenger commence avec les années qui vont de 1936 à 1944 et qui sont celles de la célébration du centenaire de l'arrivée des premiers travailleurs engagés indiens, du réveil politique des Indo-Mauriciens, de la naissance du mouvement Jan Andolan des frères Bissoondoyal et du Parti Travailliste, des années héroïques et de braise avec ses grèves et ses affrontements de classe.

De 1944 à 55, c'est la renaissance d'un PTr remodelé, les premières grandes élections générales de 48, les agitations populaires menées par Hurryparsad Ramnarain. Ce qui marque la période 56-68, dit le leader du MMM, c'est la montée du communalisme et l'abandon par le PTr de l'idée de l'intégration de Maurice à la Grande-Bretagne.

Sur la période 1936 à 44, le conférencier s'est appesanti sur le rôle du Dr Ramkelawan Boodhun, le premier avocat d'origine indienne, et qui n'est pas assez souligné, de son point de vue, dans l'histoire du pays. Il en profite pour livrer une anecdote selon laquelle le médecin avait fait don au PTr du surplus de fonds récoltés pour la célébration des 100 ans de l'arrivée des "coolies" à l'île Maurice.

C'est le 23 février 1936 que le Dr Maurice Curé fonde le PTr, avec ses compagnons de route Emmanuel Anquetil et le Pandit Sahadeo, rappelle le leader du MMM. En 1937, c'est l'explosion avec les grèves et les champs de canne qui brûlent. C'est aussi l'année qui voit Goolam Mamode Atchia comme premier maire d'origine indienne de Port-Louis et que le Dr Seewoosagur Ramgoolam préconise dans le journal de droite Le Radical, "une alliance entre les communautés blanche et indienne".

Le 1er-Mai est célébré pour la première fois en 1938 par le PTr. C'est aussi l'année des grèves qui vont culminer avec les événements de 1943. Paul Bérenger a aussi beaucoup cité ce qui, pendant cette période, a opposé Curé et ses collaborateurs à Ramgoolam, Aunauth Beejadhur et Advance.

Comme c'est aussi l'éclosion du mouvement Jan Andolan des frères Bissoondoyal qui vont prêcher la liberté, le refus de la domination et les valeurs de l'éducation et de l'hindouisme, le leader du MMM en conclura que c'est ce qui a déclenché dans les masses populaires une prise de conscience, le respect de soi et la recherche de la liberté et de la dignité.

Paul Bérenger évoque longuement les diverses élections au vote censitaire restreint et les années 1945-47 où le Dr Ramgoolam se joint au PTr après s'être rendu compte que l'on voulait tendre "un piège aux travailleurs"; celles de 1948 qui voient une plus grande participation populaire, de la motion du Dr Ramgoolam au conseil législatif en faveur du suffrage universel et du gouvernement responsable. Le conférencier s'appesantira ensuite sur l'année 1953, de la campagne "hystérique, anticommuniste et communale" du Cernéen et celle aussi du sacre du PTr.

Sur la période 1956-68, qui témoigne, souligne le leader du MMM, de la montée du communalisme, il y a quelques événements importants, hormis le fait que Philippe Rozemont devient le premier transfuge de l'histoire, celui-là même qui avait accusé le PTr "d'avoir tué son frère Guy Rozemont". Il y a le décès d'Anquetil en 1956 à 40 ans que son médecin et camarade de lutte rendait visite quotidiennement, et celui de Renganaden Seeneevassen, à 48 ans, en 1958.

Les bagarres raciales

C'est aux élections de 1959 que le PTr, alors dirigé par le Dr Seewoosagur Ramgoolam, décide, en dépit des objections de quelques-uns comme Veerasamy Ringadoo, de ne pas mettre de candidat musulman dans certaines circonscriptions, laissant ces places vacantes au Comité d'Action Musulman d'Abdool Razack Mohamed.

Paul Bérenger a cité l'historienne britannique Adèle Smith-Simmons sur cet épisode décrit comme un "dramatical shift" du PTr d'un parti de classe à une alliance communale d'hindous et de musulmans. Il évoque aussi les écrits de Moonindranath Varma et du Dr Cader Raman, psychiatre, à l'effet que, si Seeneevassen était encore vivant en 1959, il aurait combattu cette alliance communale.

Sur cet épisode, le conférencier s'est refusé à être "wise after the event" et de porter un jugement sur les faits. Il s'est aussi appesanti sur le rôle du Ralliement Mauricien, devenu ensuite Parti Mauricien de Jules Koenig/Gaëtan Duval avant d'être définitivement le PMSD dans la fracture communale qui s'est clairement manifestée aux élections de 1963. C'est la période où l'on voit aussi émerger des partis tamoul et télégou.

En 1963, le Dr Seewoosagur Ramgoolam devient le "Premier" de l'Assemblée législative. C'est aussi l'année des élections et celle où le PTr réclame l'indépendance. L'année 1965, c'est l'état d'urgence après les bagarres raciales et les pourparlers de Lancaster et de l'épisode des Chagos, thèmes qui seront évoqués dans une prochaine conférence et au sujet desquels Paul Bérenger a annoncé des informations inédites. Il a aussi parlé de la période allant de 1963 à 1968, l'indépendance, la coalition et les nouvelles bagarres raciales.

Paul Bérenger s'est beaucoup appuyé sur l'ouvrage d'Adèle Smith-Simmons sur Maurice en 1982 et qui est le résultat de recherches entreprises ici même et à Londres pour évoquer cette période, dont il a dit "ki éna tigit livre solide et sérieux lors sa période-là". Il a repris le constat de l'écrivain précité à l'effet que ce sont les "communal biases" qui empêchent les Mauriciens à regarder leur histoire avec objectivité.

Il a aussi ajouté que les faits sont parfois "faussés et manipulés par partisanerie politique", mais il a cité la dernière partie de l'ouvrage le plus récent de Sydney Selvon, ceux de Moonindranath Varma et de Jocelyn Chan Low, pour souligner leurs efforts en vue de décrire cette période en s'attachant aux faits.

À l'heure des questions, le leader du MMM s'est dit d'accord avec un membre de l'assistance pour constater que le communalisme et le castéisme ne sont pas des phénomènes récents. Il a aussi répondu positivement à la demande de quelqu'un qui voulait que ces conférences soient mises sur Internet pour qu'elles soient plus accessibles aux jeunes et a annoncé un livre regroupant les huit conférences. Il a aussi indiqué n'avoir rien trouvé qui indiquerait, comme suggéré par un membre de l'assistance, que "Renganaden Seeneevassen aurait été empoisonné".

La prochaine conférence avec pour thème "L'indépendance, Malte et l'île Maurice", se tiendra le 17 février à Rose-Hill. Ce sera ensuite la conférence de Lancaster House de 1965 et les Chagos, et, pour terminer 1968/82, l'histoire contemporaine.


Face of the Year 2006

Douze candidates pour succéder à Émilie Bonhomme

La lauréate du concours Face of the Year 2006 sera connue samedi prochain, lors de la finale qui se tiendra au Coco Beach Hotel. Après la consécration d'Émilie Bonhomme en 2005, Amélie, Nadia, Christel, Valérie, Béatrice, Carla, Vanesha, Laeticia, Aleezah, Kristy, Runa et Anaïs, les douze finalistes issues des concours Face of the Month 2006, concourent pour ce titre relevant d'une expérience renouvelée du coiffeur visagiste Azize Goburdhun.

Les candidates en lice ont remporté, chaque mois, le concours Face of the Month 2006, et bénéficié d'un relookage gratuit. L'objectif est de "mettre la vraie personnalité de la candidate en valeur, à travers un relookage ayant trait à la coiffure, le maquillage et l'habillement". Outre la consécration de la Face of the Year 2006, les titres de Princesse et de Miss Éloquence seront également décernés aux candidates qui se démarqueront des autres. Le public peut élire ses candidates favorites en votant sur le 303-60-50 ou à travers le site officiel du concours: www.face-of-the-month.com. Un jury départagera les votes lors de la finale. Un défilé casual, un défilé chic, ainsi que la prestation de Miss Mauritius Fitness 2006, Françoise Lam Tung, et de l'artiste Menwar sont au programme de cette soirée, dont l'invité d'honneur est Terry Jervis, directeur de Trace TV International, de Londres. Ce dernier sera accompagné de son manager, Hervel Singh. La présence de Terry Jervis, qui a côtoyé des stars internationales comme Quincy Jones, Oprah Winter, donnera une autre dimension au concours mauricien Face of the Year, selon Azize Goburdhun.

Ce dernier confie toutefois qu'il rencontre des difficultés pour le paiement des billets d'avion de ces personnalités, suite à un problème au niveau de la MTPA. La lauréate de 2006 accédera peut-être au titre d'ambassadrice de Maurice pour le compte de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA). En effet, les directeurs de cet organisme ont émis le souhait que la gagnante du concours Face of the Year 2006 soit la représentante de Maurice pour faire la promotion touristique du pays. Toutefois, Azize Goburdhun confie qu'il n'y a pas eu de pourparlers à ce stade.


De l'Écosse aux îles de l'océan Indien

Le grand brassage de Leslie W. Nimmo

Exploration, déconstruction, nouvelles technologies de l'image, symphonies visuelles. Leslie W. Nimmo vous invite dans son petit monde: celui du brassage de technologies contemporaines. Tout un art en ligne et en textures à travers 45 peintures exposées à l'Institut Mahatma Gandhi. Nous avons visité pour vous.

Leslie W. Nimmo signe le temps du numérique, des photographies retravaillées sur l'ordinateur en introduisant la notion de couleur, la ligne, le narratif et ses propres sensations. Une fusion créative interdisciplinaire visible dans 45 travaux exposés à la galerie d'art du MGI. C'est le premier solo de cet artiste né en Écosse, il y a 64 ans. Ancien enseignant des arts graphiques et de photographie, directeur de Creative Art à l'école Le Bocage, il nous livre ses travaux tels qu'ils ont été pensés depuis deux ans. Une exposition qui dépasse sa thématique pour explorer les nouvelles technologies, le numérique, l'internet et aboutir à une esthétique de la communication.

À la base du travail de Nimmo, des photos prises dans divers lieux, ensuite déstructurées pour mieux être recomposées. Un détail enlevé, de la couleur ajoutée, l'artiste crée une œuvre unique avec stylo sur support digital. Des logiciels tels Painter ou Photoshop lui permettent de se livrer à des études de ligne, de tonalité et de contraste. Ce qui fascine Leslie Nimmo dans les nouvelles technologies, c'est ce qu'il appelle la flexibilité et les différentes possibilités d'explorer de nouvelles choses que procure l'outil informatique. Une photo peut être entièrement revisitée si l'on a la maîtrise des systèmes complexes d'interaction. Et chaque travail réalisé est une pièce unique. Les peintures digitales de Nimmo mordent le quotidien, s'abreuvent des scènes de la rue, de la vie quotidienne, se nourrissent des rencontres de la vie.

Dans ses paysages d'Écosse, de Maurice, de Rodrigues ou de la Réunion, l'artiste passe aisément du réel au virtuel. Nous nous sommes intéressés à ses peintures réalisées à partir de photos originales prises au cours de ces huit dernières années à Rodrigues où l'artiste et sa femme séjournent une grande partie de l'année. Leslie Nimmo s'est intéressé à l'île parce qu'il y trouve des similitudes avec son pays d'origine. Il se dit fasciné par la nature intacte de Rodrigues qui lui rappelle les terres du nord de l'Écosse. Il y a aussi la musique et la danse folkloriques de Rodrigues (le "cotish") de même que les noms des rues de Port Mathurin, qui renvoient au souvenir du pays natal.

Rodrigues possède son langage et c'est ce que cet amoureux de l'île a voulu retranscrire dans une esthétique de la communication qui lui est propre. En témoignent Bad dog dead Rodrigues, Rocky coastline, Market trades Port Mathurin, Pay Day Port Mathurin et d'autres travaux sur Rodrigues (17 au total) qui frôlent l'hyperréalisme ou l'abstraction partielle. Les arts plastiques et le monde vivant flirtent. Les photos originales sont le point de départ d'une œuvre. Ensuite, elles n'existent plus. C'est un nouveau dialogue qui s'installe dans un processus de recomposition. S'il s'agit là d'une première expérience pour Nimmo, qui a délaissé les médiums traditionnels pour investir de nouveaux pôles de développement artistique, le dialogue des images de synthèse est assez convaincant.

À signaler que le catalogue de l'exposition a été sponsorisé par le British Council. Cette institution organisera la Scottish Week au mois de mars. L'occasion pour Leslie W. Nimmo de côtoyer un autre peintre de son pays natal pour une séance de création interdisciplinaire.

Repères

Leslie W. Nimmo est né en Écosse. Il a enseigné les arts graphiques et la photographie, en Angleterre notamment. Actuellement à la retraite, il a enseigné à l'école Le Bocage (Head of Creative Art) et à l'IVTB où il a institué un diplôme reconnu. Il explore la peinture digitale depuis bientôt deux ans. Leslie W. Nimmo a participé à des expositions de groupe en Écosse. C'est la première fois qu'il expose en solo.


1907-2007: Le scoutisme a 100 ans

"Scout un jour, scout toujours… prêt !"

Le 29 juillet 1907, Robert Stephenson Smyth Baden-Powell, colonel de l'armée impériale britannique, réunissait sur l'île de Brownsea, dans le sud de l'Angleterre, une vingtaine de garçons. Son but: les initier à un jeu d'éclaireurs et leur apprendre des règles de survie. Ainsi naissait le scoutisme, mouvement éducatif extra-scolaire qui, depuis, s'est donné pour mission de préparer des jeunes à leurs devoirs de citoyens responsables. De par le monde, "l'esprit scout", empreint de fraternité et de solidarité, a essaimé avec la constitution de mouvements locaux sur les cinq continents.

Alors que l'année 2007 qui démarre marque le centenaire du scoutisme, Week-End fait le point sur cette prodigieuse école de la vie.

Fils d'un professeur d'Oxford, Robert Baden-Powell (1857-1941) avait longtemps servi l'armée de Sa Majesté britannique en Afrique du Sud où, à la tête d'une garnison de 1 250 hommes, il résista notamment au siège de 217 jours de Mafeking durant la Guerre des Boërs (1899-1902). En terre africaine, certains aspects du mode d'organisation de tribus autochtones "sauvages" devaient retenir son attention. Baden-Powell allait, plus tard, s'en inspirer pour le lancement de son mouvement de jeunesse.

Mieux que de lui préparer à être, à l'âge adulte, une personne indépendante, le scoutisme ambitionne de faire du jeune un être autonome, épanoui et responsable, en favorisant le développement optimal de tout son potentiel physique et intellectuel. Au sein du mouvement, outre d'apprendre à apprécier la vie au grand air à la faveur notamment des incontournables campings et autres randonnées en pleine nature, le jeune s'initie à la débrouillardise. Ce qui, plus tard, a pour but de lui permettre de mieux gérer ses ressources et de toujours trouver le moyen de tirer le maximum du… peu.

École de la fraternité et de la tolérance…

Mais le mouvement se décline aussi comme une école de formation humaine et civique et un rempart aux contre-valeurs comme l'égoïsme et l'individualisme. Doté, pour certains, d'une hiérarchie trop contraignante, le scoutisme demeure malgré tout un mouvement où l'on apprend à travailler en équipe. Si la discipline et la rigueur y sont des maîtres mots, le mouvement se veut aussi école de la tolérance.

"Citoyen du monde", le "vrai scout" professe, en effet, la fraternité au-delà des races, des cultures, des classes sociales et des nationalités. À ses yeux, les seuls vrais "visages pâles" - blancs, noirs, jaunes, à pois ou à carreaux - ne sont tout simplement que ceux qui… n'appartiennent pas ou n'ont jamais appartenu au mouvement.

Le simple fait que le scoutisme prône la paix mondiale et la fraternité au-delà des races, des religions, des cultures, des classes sociales et des nationalités constitue sans doute le plus étrange et heureux paradoxe de ce mouvement pourtant créé, il y a cent ans, par un ancien… militaire.

De la vingtaine de jeunes réunis en 1907 sur l'île de Brownsea dans le sud de l'Angleterre, on en dénombre, un siècle plus tard, plus de 25 millions de toutes races et de toutes nationalités, réparties dans 216 pays, dont quelque 3 000 Mauriciens. Le scoutisme a même fait une entrée triomphale dans les pays de l'ex-Union Soviétique et ses satellites d'Europe de l'est depuis la chute du Mur de Berlin au début des années 1990.

Au sein de l'empire soviétique, à l'époque, on lui préférait la… Jeunesse communiste. Dans l'Allemagne nazie, le mouvement était aussi réprimé, dans ce cas au profit de la… Jeunesse hitlérienne. De nos jours, les seuls rares pays au monde où le scoutisme n'a toujours pas droit de cité sont, entre autres, la République Populaire de Chine et la Corée du Nord, derniers remparts du totalitarisme communiste. Mais les scouts gardent, néanmoins, le secret espoir qu'un jour, ces gars aussi se décideront, enfin, d'être copains…


Souhait de la Mauritius Scouts Association-"Accueillir davantage de jeunes, notamment ceux des villages"

"Que les célébrations du centenaire du mouvement incitent un nombre encore plus conséquent de jeunes, notamment des régions rurales, à adhérer aux valeurs du scoutisme qui sont susceptibles de les aider durant toute leur vie". C'est le souhait que formule Jos Nanette, Chief Commissioner de la Mauritius Scouts Association (MSA).

C'est à l'initiative de Samuel de Burgh Edwards que le mouvement fut lancé à Maurice en janvier 1912, cinq ans seulement après sa création par Baden-Powell. Alors âgé de 17 ans, de Burgh Edwards, futur avocat, avait vu à l'œuvre quelques-uns des premiers scouts durant ses études en Angleterre.

La Bob-a-job Week (semaine de travail annuelle durant laquelle les différents groupes de scouts s'adonnent à de menus travaux chez des particuliers en vue de lever des fonds pour le mouvement) fut introduite pour la première fois dans l'île en 1961 à l'initiative du Chief Scout d'alors, Ian Smith.

En 1971, trois ans après l'indépendance, une nouvelle Constitution était adoptée et l'association locale prenait son autonomie de celle de Grande-Bretagne. En 1976, le Mauritius Scouts Act, qui accordait une entité légale au mouvement local, fut adopté à l'Assemblée législative.

La Mauritius Scouts Association est membre à part entière de l'organisation mondiale du mouvement scout dont le siège est à Genève en Suisse. Depuis 1981, elle dispose d'un quartier général à Trianon - la Baden-Powell House. Outre des Boy Scouts, plusieurs groupes de scouts locaux accueillent aussi des filles depuis 1993.

"Celles-là ne sont pas des Girl Guides, qui sont une association séparée", explique Jos Nanette. Il souligne néanmoins que cette intégration se fait selon certains paramètres précis.

"Pour des raisons évidentes, il ne s'agit pas d'une totale mixité. Au sein des groupes de scouts mixtes, les filles ont leurs propres patrouilles", souligne M. Nanette. Selon le responsable de la MSA, les filles représentent actuellement un tiers des effectifs nationaux, soit un millier de scouts.

Jos Nanette reconnaît quand même un certain tassement, au fil des ans, au niveau du recrutement. Une situation qu'il met sur le compte d'une méconnaissance par les parents des bienfaits du scoutisme dans la formation intégrale des jeunes.

"Surtout en milieu ouvrier"

Si le mouvement est plutôt bien implanté en régions urbaines, "surtout en milieu ouvrier", assure le responsable, il est, en revanche, moins représentatif des régions rurales. Pourtant, à l'époque, de nombreux groupes de scouts existaient aussi dans les villages, explique Jos Nanette. Il y a eu, dit-il, un grand renversement de tendance depuis les années 1970 et 1980.

En vue d'accroître ses effectifs, la MSA a, depuis 2004, conclu un Protocole d'accord avec le ministère de l'Éducation pour la mise sur pied de groupes de scouts dans les institutions scolaires, tant primaires que secondaires. Avec le changement de gouvernement, ce projet a toutefois pris du retard. En cette année du centenaire, le mouvement entend ainsi réactiver le dossier avec les autorités.

Jos Nanette ne croit pas que le fait que la plupart des groupes de scouts à Maurice ont toujours été organisés sur une base confessionnelle desserve l'un des objectifs premiers du mouvement, à savoir l'entente fraternelle entre jeunes.

"La MSA est un mouvement laïc et ne dépend d'aucune confession en particulier. Nous sommes entièrement partie prenante de l'œuvre de nation-building. Nous reconnaissons néanmoins le droit aux différentes confessions de gérer des groupes de scouts."

Selon le Scouts Commissioner, il s'agit là d'une reconnaissance de notre pluralité religieuse et culturelle. "Je tiens néanmoins à souligner qu'aucun groupe de scouts, à Maurice, n'a le droit d'interdire l'adhésion à un jeune sur une base confessionnelle ou culturelle. Cela serait contraire à la vocation du mouvement…"


À l'île de Brownsea, en Angleterre, début août-Une patrouille mauricienne au plus grand Jamboree du monde

Une patrouille d'une dizaine de scouts mauriciens participera, début août, à l'île de Brownsea, au sud de l'Angleterre, au 21e Jamboree international, le plus grand jamais organisé. Plus de 40 000 scouts sont attendus à ce grand rendez-vous de la jeunesse mondiale qui sera le point culminant des célébrations du centenaire du mouvement.

Sur le plan local, les activités de commémoration débutent en cette deuxième moitié du mois de janvier avec l'opération Ticket-to-Life, en direction de quelque 300 jeunes d'un certain nombre de poches de pauvreté.

Vaste opération de reboisement, à partir de la mi-février, avec la mise en terre projetée d'au moins 5 000 arbres - des lilas de Perse (Neem Plants), "plantes médicinales aux 40 vertus", notamment utilisées dans la médecine ayurvédique. "Une manière de joindre l'utile à l'agréable", explique le Chief Scout, Mike Jangheerkhan.

Février marquera la célébration du 150e anniversaire de Lord Baden-Powell, né le 22 février 1857. Le 24 de ce mois, une plaque indicatrice sera dévoilée à la rue Baden-Powell, à Trianon, où est situé le quartier général des scouts. Celui-ci fera d'ailleurs l'objet d'un embellissement.

Le 5 mai a lieu le Rallye du centenaire avec les Centenary games et les finales des concours, la remise du Community Service Award et la Pioneering Project Competition. Sortie ensuite, le 31 mai, d'un magazine commémoratif. Un tour de l'île est au programme du 28 juillet au 1er août.

Le 1er août toujours, les scouts renouvelleront leur promesse et procéderont à l'allumage de la Flamme du Souvenir. Un Jamboree du Souvenir est également prévu à Belle Mare du 31 juillet au 6 août, avec la participation de groupes de scouts de la zone océan Indien. Il est à noter que les scouts de Rodrigues sont partie prenante de toutes ces activités.


Scouts célèbres-Armstrong, Tutu, Rocard, Bérenger et les autres…

"Doux rêveur qui refuse de se battre et de voir la réalité en face"; "mouton suiveur dépourvu de caractère et bon à n'être qu'aux ordres des autres". Les stéréotypes ne manquent pas pour décrire, de manière souvent péjorative, le scout. L'histoire du scoutisme tant au plan mondial que local abonde néanmoins d'exemples de personnes ayant appartenu au mouvement et qui sont loin de correspondre à ce genre de clichés réducteurs…

Ce 20 juillet 1969, Neil Armstrong, "Eagle scout" américain était loin de rêver et avait la tête bien sur ses épaules quand il devenait le premier homme à marcher sur la lune. De même, Mgr Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix, autre illustre scout, n'était pas plus doux rêveur quand il s'engageait dans sa croisade non-violente en Afrique du Sud contre l'iniquité révoltante du système d'apartheid.

Par ailleurs, même si le scoutisme se veut un mouvement apolitique, il aura permis de contribuer à la formation d'un certain nombre de leaders de premier plan. Au nombre de ceux-là citons Michel Rocard, dirigeant socialiste français et Premier ministre sous le président François Mitterrand de 1988 à 1991, et, chez nous, ni plus ni moins que Paul Bérenger, lui aussi ancien Premier ministre (2003-2005).


La Verda Stelo, concours de chants en espéranto

Negro Pou Lavi toujours en lice pour la première place

En course pour la première place au concours de chants international en espéranto, le groupe Negro Pou Lavi était attendu en demi-finale où il devait affronter Israël. Ce duel prévu pour octobre dernier n'a cependant pas eu lieu. La télé organisatrice, Internacia Televido, ayant reporté cette phase du concours La Verda Stelo (L'Étoile Verte) 2006 en février prochain. En effet, le concours annuel qui est habituellement diffusé online dans le cadre de l'émission Muzikume (Musicalement) aurait été interrompu après un problème d'ordre technique. Internacia Televido a dû interrompre temporairement la diffusion de ses programmes online.

Negro Pou Lavi est donc toujours en lice et vise la première place avec La Persisto, qui n'est autre que la version en espéranto de Perseverans. Le groupe de Tranquebar représente le pays depuis le début du concours en défendant le R'n'B mauricien. Il est en compétition avec d'autres artistes du Brésil, de Hongrie, d'Israël, de Madagascar et de Suède. Le lauréat de La Verda Stelo 2006 enregistrera un CD, en espéranto et dans sa langue maternelle. L'œuvre portera le label de Sony Music. Internacia Televido lui consacrera, entre autres, une émission.

Le suspense durera donc encore un certain temps pour Negro Pou Lavi. Mais ce contretemps n'a pas pour autant privé le groupe d'une belle sortie en début de janvier. Invitée à la grand-messe de l'espéranto à Barcelone, la formation mauricienne a eu l'occasion de se produire sur une des plates-formes de l'événement consacrée à la musique. Negro Pou Lavi a repris La persisto, Shalom et Nanye pa fini, partageant la scène avec une formation brésilienne. Le groupe s'est aussi rendu à Ibiza où il a chanté au Teatro Peypeyro.

Élection d'une Kulcha Queen

L'agenda de Negro Pou Lavi sera étoffé cette année. En effet, Tony Farla, figure de proue du trio, explique que la formation s'en va en tournée en avril prochain. De plus, c'est la formation qui finance en grande partie le déplacement d'une équipe composée de huit personnes. "Nous commençons cette tournée en Angleterre, le 13 avril. Puis, nous nous rendrons en Suisse le lendemain, pour finir à Paris", précise Tony Farla. Même si Negro Pou Lavi tente une première en organisant sa tournée, ce qui lui donne plus de liberté sur les dates et la mise en place de cette aventure musicale, le groupe de R'n'B souhaiterait avoir l'aide de sponsors.

La tournée des boyz de Tranquebar ne s'arrêtera pas pour autant en avril. Elle continuera à Maurice où une série de sorties en discothèques, entre autres, est attendue. À leur retour, Negro Pou Lavi entamera leur Kulcha Tour. "C'est une tournée qui nous conduira dans cinq discothèques. Nous débuterons à Flacq le 3 février avant d'aller ailleurs", explique Tony Farla. Le Kulcha Tour sera cependant interrompu pendant le carême chrétien avant de reprendre et finir en juillet avec l'élection de la Kulcha Queen. Le concept vise à trouver celle qui incarne l'esprit Kulcha. La future reine doit arborer une tenue chic et cool à la fois et doit pouvoir danser du dancehall. Les intéressées peuvent s'inscrire lors des différents passages de Negro Pou Lavi en discothèque. La Kulcha Queen remportera un billet aller-retour Maurice-Cape Town.


Dans les bacs

Shalome-Jean-François Antoinette

Jean-François Antoinette vient d'inscrire son nom dans le circuit local. Ce Mauricien qui a posé ses valises en France depuis de longues années est un ambassadeur du séga dans l'hexagone. Avec son groupe Bananas, il fait connaître et défend les couleurs du séga.

De passage au pays, Jean-François Antoinette a lancé un album solo, Shalome. Conçu l'an dernier aux studios Scorpio et Digibeat, Shalome comprend six morceaux: le titre éponyme, Mo zanset, Grand-mère, Soleil lévé, Fam pé fer coustik et Amizé matante. Album d'ambiance, Shalome entièrement écrit par Jean-François Antoinette, réunit à la batterie, Jalill Auckbaraullee, à la guitare Patrick Desvaux et à la basse Steeve Desvaux et Joël Coret.

Danse contemporaine

Stephen Bongarçon:des projets pour le pays

Son diplôme d'État en jazz-modern en poche, le danseur mauricien Stephen Bongarçon rentre bientôt au pays pour concrétiser deux projets. Le premier concerne la formation d'un groupe de danseurs en vue de participer à un concours régional. Approché par la danseuse classique Chantal Brown, également présidente de la Fédération Régionale de Danse de la Réunion, Stephen Bongarçon a été sollicité pour assurer la préparation de quelques danseurs mauriciens en vue du concours régional de danse. L'édition 2007 de cette compétition se tiendra à la Réunion. Avec un niveau qui promet, le chorégraphe mauricien compte placer la barre haute pour nos représentants !

Le deuxième projet est la mise sur pied d'une école de danse, un rêve qu'il caresse depuis longtemps déjà. Cette école de danse sera pour Stephen Bongarçon un moyen de donner une formation aux jeunes qui n'ont pas accès au jazz-modern et d'autres styles. "J'aurais pu rester en France et y faire carrière. J'ai eu des propositions. Mais ce serait égoïste de ne pas partager mes acquis. Je sais que monter une école de danse ici n'est pas chose évidente pour plusieurs raisons. Mais je veux persévérer. Si mon projet ne marche pas, je m'orienterais vers la région, car il y a des ouvertures à ce niveau."

Le danseur mauricien, qui prospecte dans les régions susceptibles d'accueillir une nouvelle école, est rentré à Montpellier en début d'année. Formé lui-même à l'École professionnelle de danse de la chorégraphe Anne-Marie Poras à Montpellier, Stephen Bongarçon a eu l'occasion de participer à plusieurs spectacles en France. Ses notes, excellentes, ont même fait de lui un des élèves les plus remarqués de l'école.

Après cinq ans de formation en France, Stephen Bongarçon laisse derrière lui son jeune frère, Donovan Victoire. À 16 ans seulement, ce dernier évolue sous la férule du danseur étoile Rudy Brillant. À Maurice en décembre dernier, Stephen Bongarçon a animé deux stages à l'école d'Eva Dalais à Grand-Baie et au centre de formation de Paillotte. Stephen Bongarçon a surtout évolué dans le circuit hôtelier avec sa troupe, mais a aussi monté une nouvelle chorégraphie pour celle-ci. Cette création intitulée Extradance met en scène une quinzaine de danseurs, et a pour base le jazz et la danse contemporaine.


Cycle "débats d'idées"

Marie-Thérèse Humbert: Réel et imaginaire dans la fiction romanesque

Des îles, du réel et de l'imaginaire: la romancière Marie-Thérèse Humbert éclaire le public mauricien curieux du sujet. Elle sera à Maurice du 28 janvier au 4 février prochain dans le cadre du cycle "débats d'idées" à l'initiative du SCAC de l'ambassade de France et le Centre culturel français Charles Baudelaire. L'invitée interviendra lors de deux conférences. D'abord, au centre culturel à Rose-Hill, le lundi 29 janvier à 17h30 sur "Les rapports du réel et de l'imaginaire dans un univers romanesque". Ensuite, à l'université de Maurice, le vendredi 2 février à 15h. Le thème retenu: "De l'île réelle aux îles imaginaires".

Les romans de Marie-Thérèse Humbert, A l'autre bout de moi, Le Volkameria, La Montagne des Signaux et d'autres, nous ont introduit depuis longtemps dans un univers romanesque caractérisé par la problématique de la recherche de l'identité, l'espace, ou l'interculturalité. Marie-Thérèse Humbert avait soulevé la question de l'appartenance littéraire - Maurice ou la France - dès la parution de A l'autre bout de moi (Paris, Stock, 1979). Installée en France, elle avait amorcé le retour à l'île natale dans un voyage imaginaire. Elle avait révélé, dans un contexte donné, des idées, des mœurs, des rapports humains, des modes de sentiment qui évoluent au fil de l'écriture. Ce premier roman (Prix des Lectrices du magazine Elle) montre avec une lucidité complète un étrange voyage sentimental doublé d'une histoire d'évolution de mœurs et d'idées.

Quelques études et articles ont tenté, depuis, de mieux situer l'œuvre romanesque de Marie-Thérèse Humbert. Le reste de sa production littéraire a mis en évidence un caractère insulaire selon un schéma bien défini (jeu de pulsions, espace imaginée, questions identitaires).

La romancière aura nul doute l'occasion de revenir sur son appartenance littéraire et d'élargir le débat sur d'autres thèmes qui nourrissent l'imaginaire des romanciers qualifiés d'insulaires.


Pour son troisième numéro

Le Nouvel Essor se penche sur le cinéma mauricien

Pour son troisième numéro, la revue Nouvel Essor a choisi de consacrer son dossier principal au cinéma mauricien. Plus précisément celui qui, récemment, s'est signalé en adaptant des œuvres de la littérature mauricienne d'expression française. "De l'écrit à l'écran est le thème de ce dossier".

Lancé sous l'égide de l'Alliance Française dans le but d'émuler L'Essor, revue littéraire qui a marqué le paysage local au début du XXe siècle, Le Nouvel Essor en est donc à son troisième numéro. La publication dirigée par Bruno Dumazel, président de l'Alliance Française, et dont le comité de lecture est composé de Priscille Rochecouste-Collet, Christophe Vallée et Yusuf Kadel, a choisi de consacrer la partie principale de ce numéro 3 au cinéma qui est à fait à Maurice par des Mauriciens, avec des acteurs mauriciens, et qui, "chose encore plus intéressante à observer, s'exporte et bénéficie auprès des spécialistes d'un accueil assez élogieux", souligne l'équipe du Nouvel Essor. Qui dit avoir été interpellée par le fait que la plupart de ces œuvres sont directement adaptées de la littérature mauricienne d'expression française. "L'écrit devient donc image".

Pour mieux comprendre comment l'on passe de la plume à la caméra, comment une prose devient scénario, la revue a donc choisi d'aller à la rencontre de Jean Claud Andou (dont la nouvelle La Chose, publiée en 1993, est devenue le court métrage Le Rêve de Rico signé Selven Naidu), de Barlen Pyamootoo (auteur et réalisateur de Bénarès) et de Harrikrishna Anenden (qui a réalisé La Cathédrale à partir d'une nouvelle éponyme de son épouse, Ananda Devi).

Prochain numéro consacré à la poésie

La revue consacre aussi un dossier à Malcolm de Chazal, à travers une contribution de Marie Descroizilles qui propose, du point de vue anecdotique, de découvrir "les petits dessous de sa personnalité" et, dans un autre registre, une analyse de la dimension philosophique de l'œuvre de Chazal proposée par Christophe Vallée.

On trouve par ailleurs dans ce troisième numéro du Nouvel Essor trois "Poèmes Noirs" de Denis Laventure ("enseignant de métier et poète de cœur"); un aperçu de l'exposition de peinture de Stéphanie Bax, jeune artiste qui dévoilait ses "Etats d'âme" au Café du Vieux Conseil en décembre dernier; une présentation par Sedley Assonne du recueil poétique Words publié en 2004 par Rishy Bukoree; des extraits de l'essai Quand les mots deviennent des signes publié par 2004 par Elizabeth Delisse-Staub; et une contribution de Robert Furlong consacrée aux initiatives de publications littéraires mauriciennes ayant précédé la parution de L'Essor en novembre 1919.

Le Nouvel Essor, (dont la présentation semble davantage se rapprocher des revues universitaires que des revues grand public) est en vente en librairie à Rs 100.

Le prochain numéro consacrera un dossier à la poésie mauricienne d'hier et d'aujourd'hui. Ceux qui désirent y contribuer peuvent se mettre en contact avec l'équipe de la revue à travers l'Alliance Française de Bell Village (tel: 212-2949) ou en envoyant un mail à l'adresse suivante: lenouvelessor@yahoo.fr


Théâtre

L'école de la Trup Sapsiway intensifie ses cours

Outre de créer et présenter des pièces de théâtre, la Trup Sapsiway de Gaston Valayden anime aussi, depuis quatre ans, une école de formation théâtrale qui reprend cette année ses cours de façon plus intensive. Une consolidation qui s'accompagne de divers projets de création.

Figure incontournable de la scène locale, s'étant notamment fait connaître pour ses prestations au sein de la Mauritius Drama League, Gaston Valayden a mené, depuis quelques années, un parcours particulier qui l'a amené à vouloir créer sa propre troupe. Ce pour faire avancer son désir, désormais, de créer ses propres pièces. Baraz, Mediapolis, Les Chiommes, Fil mo Servolan: ce sont là quelques-unes des pièces présentées au cours de ces trois dernières années par la nouvelle troupe, témoignant d'une expression socialement très critique et engagée.

Le tournant vient cette fois du fait que Gaston Valayden s'apprête à prendre sa retraite de l'enseignement, et compte donc se consacrer plus pleinement au théâtre. C'est dans ce contexte qu'il relance cette année les activités de formation de l'Ecole de la Trup Sapsiway. Opérant déjà depuis quatre ans, elle bénéficie cette fois d'une structuration qui devrait permettre un approfondissement et une intensification de son action. Gaston Valayden y sera épaulé par Kristeven Mootien (revenu d'études de théâtre en Angleterre) et de Darma Mootien, pour offrir des cours couvrant aussi bien l'expression corporelle, la diction, le jeu de scène, etc., que des aspects plus techniques du théâtre comme l'éclairage et les décors.

Abé Mwa en cours de création

Située à Roches Brunes, dans une ancienne supérette transformée en salle de théâtre avec scène et tout le matériel voulu, l'Ecole de la Trup Sapsiway reprend donc ses cours à partir du 3 février 2007. Les élèves, à partir de 6 ans, pourront s'y retrouver chaque samedi de 14h à 16h. Les frais se montent à Rs 300 par mois. Les intéressés peuvent s'inscrire ou obtenir des compléments d'information en appelant le 490-1400 ou le 422-2230, ou encore le 454-8257.

Parallèlement à ces activités de formation, la Trup Sapsiway poursuit son travail de création. Ainsi, The Tie, pièce en anglais présentée l'an dernier, sous l'égide du British Council sur le thème du VIH-Sida, a été traduite en créole et en français, et devrait prochainement être présentée dans un certain nombre d'établissements solaires. Des contacts sont aussi en cours en vue de jouer la pièce en Angleterre.

Par ailleurs, la Trup Sapsiway travaille aussi activement à la création de Abé Mwa, texte de Gaston Valayden qui avait obtenu l'an dernier le Prix d'Ecriture Dramatique organisé par Immedia. La présentation de cette pièce qualifiée de "très forte" devrait avoir lieu dans trois mois au Théâtre de Port-Louis.


Concert du DJ international à la Citadelle

David Guetta a fait sensation

"Sensationnel !". C'est ainsi que de nombreux jeunes présents samedi dernier à la Citadelle, décrivent la prestation de David Guetta, lors de la grande soirée de house et techno electro music, organisé par Olympic Events. L'événement a été à la hauteur des quelque 5 000 fans. "Il est génial. Dès les premiers mix, il a mis le feu à la Citadelle", s'exclame Stéphan, un habitué des boîtes de nuit. Samedi dernier, il a pu apprécier son idole en live.

C'est peu après minuit que le DJ international a commencé à surchauffer la salle, déjà mis en ambiance par nos DJ mauriciens, qui n'ont pas démérité en animant la soirée deux heures durant. Dès son installation aux platines, David Guetta a embrasé la salle. "C'était trop top", raconte Sharon. L'interprète de Love don't let me go, The world is mine, I'm just a man, entre autres, n'a pas dérogé à la règle. Il a entraîné son public "in his world" et n'a pas failli à sa réputation internationale. "C'était cool. Il est mari bon le DJ", souligne Arnaud, ajoutant que malgré la grosse foule, "David Guetta sait accrocher son public". Son mixage a envoûté la Citadelle et les fans ont dansé jusqu'aux petites heures du matin. "C'est une expérience à renouveler. Nous allons souvent en boîte, mais avoir un DJ tel David Guetta, c'est un autre monde. Il sera bien qu'il y ait d'autres soirées du genre", souhaite Teddy.

Son souhait sera peut-être réalisé. Olympic Events est en pourparlers avec de grands DJ internationaux et espère mettre sur pied un spectacle de la même envergure que celle de David Guetta. Après Tom Snare et David Guetta, pourquoi pas Bob Sinclar ?



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 21 janvier 2007