Histoires d'eau !
La question problématique liée à l'eau
ne date pas d'aujourd'hui. On serait même tenté de
dire que cette substance, essentielle à l'humanité,
a toujours été présente dans l'évolution
de l'humanité, se partageant les espaces où elle
évolue: à travers les mers et océans, les
rivières et lacs, quand elle n'est pas source de conflits
entre nations.
Nous sommes confrontés chez nous à une pénurie
d'eau potable parce que nos réservoirs peinent à
nous fournir cette précieuse gouttelette d'eau douce pour
nos besoins domestiques. Malgré cette pénurie -
que la saison pluvieuse a l'habitude de nous compenser - , notre
population continue à penser que cette manne tombée
du ciel nous est transmise de manière tout à fait
"naturelle". Nous nous servons de l'eau pour arroser
nos jardins, pour laver nos pavages, nos voitures, en dépit
des annonces des autorités pour une meilleure gestion du
patrimoine de l'eau.
Cela peut paraître anecdotique mais elle vaut d'être
mentionnée. Il y a plus d'une vingtaine d'années,
l'ancien ambassadeur de Cuba basé à Antananarivo
interrogeait Sir Gaëtan Duval sur notre capacité de
stockage de l'eau de pluie. Et Sir Gaëtan lui répondit
que la majeure partie de notre eau descend vers la mer. L'ambassadeur
de Fidel Castro lui dit: "Quel gâchis !" Effectivement,
quel gâchis ! Voilà des années que cette problématique
de la gestion de l'eau - qui nous vient, par ailleurs, de l'océan
- n'a jamais été résolue. Nous dépendons
depuis plusieurs décennies du réservoir de Mare
aux Vacoas, des réservoirs de Piton du Milieu, de La Ferme,
d'Eau Bleu, La Nicolière et, depuis peu, du Midlands Dam.
Malgré cette masse d'eau qui nous tombe du ciel, à
chaque sécheresse, nous portons nos regards vers ces cumulus
qui restent suspendus sur nos têtes et, lorsqu'elle tombe,
elle descend, inévitablement, vers l'océan d'où
elle était venue
Cette chance que nous avons de vivre dans une île porteuse
de pluie mérite que nous puissions mieux gérer nos
réserves en eau. Il est souhaitable que le projet de Bagatelle
Dam soit conduit vers sa réalisation. Les études
de faisabilité entreprises par l'ancien gouvernement ont
déjà été complétées
en août 2006. La deuxième phase du projet est en
cours. Le barrage s'étendra sur 2 km sur une superficie
de 125 hectares et sa capacité de stockage sera de 8,5
millions de mètres cubes. C'est de bon augure. Mais il
faut faire vite !
Nous nous devons de faire de l'expérience acquise ailleurs
une condition sine qua non de notre réussite future quant
à notre gestion de l'eau. C'est vrai que, par moments,
ailleurs, c'est pire. Imaginons un seul instant que des milliards
de mètres cubes d'eau fossile dorment sous les déserts.
Que, depuis la nuit des temps, les déluges noient régulièrement
la planète. Avec leur cortège de drames et de morts,
moussons, raz-de-marée et inondations perdurent. Sans que
les hommes n'aient trouvé la solution miracle. À
l'aube du XXIe siècle, la domestication des crues reste
un problème majeur pour tous les gouvernements
Gamal Abdel Nasser, l'ancien président égyptien,
qui avait conçu le barrage d'Assouan avec l'aide des Russes,
en 1964, avait lancé à son peuple: "Plus
jamais vous ne manquerez d'eau ! Cette eau qui coule le long du
Nil et qui fait escale sur le lac Nasser s'étend jusqu'à
Ismaëlia. Où le désert est
vert de fruits
et légumes !"
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 21 janvier 2007
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