Secteur construction
Ciment: Rs 22 plus cher
Le gouvernement a tranché vendredi. Il a accordé
une augmentation de 14,87% sur une pochette de ciment de 50 kg,
le prix par unité passant ainsi de Rs 149.34 à Rs
171.55. Soit une augmentation de Rs 22.21 pour ceux s'approvisionnant
à Mer Rouge, Port-Louis. Mais ailleurs, dans les quincailleries
ou les chantiers, l'augmentation variera entre Rs 22 et Rs 23.
Ainsi, le consommateur s'approvisionnant à Quatre-Bornes
paiera une pochette à Rs 181.30, alors que celui de Chemin
Grenier ou Surinam déboursera Rs 186.05. Malgré
cette révision à la hausse, les opérateurs
ne sont toutefois pas satisfaits. La semaine qui suivra devrait
être déterminante quant à la décision
qu'ils prendront concernant leur commande pour 2007.
Le ciment coûte plus cher depuis hier matin. Le gouvernement
a accordé une hausse de 14,87% et fixé les nouveaux
prix pour les différentes régions de l'île.
Cette décision était attendue avec impatience, surtout
pour les deux cimenteries de l'île, Holcim et Lafarge, qui
avaient formulé une demande dans ce sens en octobre de
l'année dernière. Leur demande de majoration serait
d'un peu plus de 20%, sur la base de l'augmentation du prix du
ciment sur le marché mondial. Une tonne de ciment coûterait
actuellement 7 USD plus cher que l'année dernière.
Selon les informations recueillies hier matin, l'augmentation
accordée par le gouvernement ne serait pas à la
satisfaction des opérateurs. Ces derniers avaient décidé
d'attendre la décision du gouvernement avant de se lancer
dans la commande de ciment pour l'année 2007. "Extrêmement
déçus. Notre demande n'était pas excessive
en raison d'une augmentation non seulement du prix du ciment,
mais également de nos coûts d'opération",
a fait comprendre un des porte-parole des opérateurs
hier matin. Il se dit également déçu de la
façon dont le gouvernement a traité ce dossier.
Les opérateurs devraient se réunir cette semaine
pour passer en revue cette décision et communiquer leur
position sur la suite de leurs activités dans ce secteur.
Le retard accumulé pour passer leur commande pour l'année
2007 est ainsi considéré comme étant préjudiciable
pour le secteur. Selon nos informations, le stock disponible ne
tiendrait que quatre semaines. Des craintes de pénurie
sont ainsi évoquées dans les milieux concernés.
Quoi qu'il en soit, la pochette de ciment de 50 kg coûtera
plus cher à travers l'île. Le gouvernement a fixé
les nouveaux prix par rapport aux régions de l'île
et en tenant compte des frais de transport. Le prix d'une pochette
au détail variera entre Rs 179.05 et Rs 186.05.
Cette nouvelle hausse aura des répercussions directes sur
le secteur de la construction. Ce dernier réajustement
associé à l'augmentation de 17% du prix des barres
de fer en décembre dernier fait que le coût de la
construction risque de connaître une nouvelle hausse en
ce début d'année.
Jayen Chellum (ACIM): "Une fois de plus, une pénurie
a précédé la hausse"
"Une fois de plus, une hausse de prix a été
précédée d'une pénurie du produit
sur le marché. À cet effet, il est permis de se
demander si le ministère responsable de la protection des
consommateurs s'est chargé d'établir si cette pénurie
n'était pas de nature artificielle.
Il semble, d'autre part, que les boulangers et les producteurs
de fer de construction ont fait école même si, dans
le cas du pain, les associations de consommateurs ont, au moins,
été consultées. Outre son impact direct énorme
sur le budget des consommateurs, compte tenu du fait que, selon
le Central Statistics Office (CSO), le ciment représente
au moins 10% des coûts de construction d'un logement moyen,
cette hausse de 14,5% ne manquera pas d'entraîner d'autres
augmentations dont celle du prix des blocs de construction et
du béton.
Comme pour d'autres produits, il est, aussi, évident
qu'il y a cartel dans le commerce du ciment. Ce qui justifie encore
plus l'adoption rapide d'une Competition Act en vue de garantir
une vraie compétition au profit des consommateurs. Il est
permis, enfin, de se demander ce qu'il est advenu de l'étude
d'il y a quelques années du Mauritius Research Council
(MRC) sur l'utilisation, à Maurice, des blocs dits "américains".
Cette étude avait établi que ces blocs, qui ne
nécessitent aucun crépissage et qui sont déjà
utilisés à la Réunion, auraient coûté
bien moins chers, outre de permettre une grande économie
de temps pour la construction. Ce qui aurait dû, logiquement,
intéresser, par exemple, la National Housing Development
Company (NHDC)."