a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 21 janvier 2007



Borrowers Protection Bill - Rama Sithanen:"Révolutionnaire !"
Harish Boodhoo est content mais ne félicite pas encore le PM
Law and Order - Le gang des braqueurs de Riche-Terre démantelé
Agressions contre des touristes - La CID du Nord sur la piste de trois suspects
Aide étrangère - Le sucre en vedette pour la mission de la BEI
Taxe - Les publicitaires partent en guerre contre les collectivités locales
Affaire Air Mauritius - Le procès contre Sir Harry Tirvengadum maintenu


Borrowers Protection Bill

Rama Sithanen:"Révolutionnaire !"

"Révolutionnaire !" C'est avec ce terme, proposé par l'Attorney General et ministre de la Justice Rama Valayden, dont le bureau a eu la tâche de rédiger le projet de loi, que le ministre des Finances, Rama Sithanen, a qualifié, cette semaine, le Borrowers Protection Bill. Ce projet de loi qui sera débattu à l'Assemblée nationale mercredi prochain vise, selon Rama Sithanen, "à enlever les abus contre les emprunteurs dans le système, dont l'extorsion des biens"

Le ministre des Finances a d'emblée rappelé que le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, avait promis, en décembre dernier, à une délégation représentant les victimes du système de la vente à la barre (Sale by Levy), que le gouvernement viendrait de l'avant avec une loi dès la rentrée parlementaire. "La démarche a été extrêmement compliquée et s'il en fallait une preuve, c'est que malgré les nombreuses critiques du système et beaucoup d'énergie engagée, malgré le fait que nombre de nos compatriotes aient perdu leurs maisons qui ont été saisies, malgré une commission d'enquête qui avait fait de nombreuses recommandations, aucun gouvernement n'a eu le courage, ni la volonté et la détermination de venir de l'avant avec un projet de loi. Mais, comme dit l'anglais, le projet de loi est very complex, very tricky et il comporte aussi des risques. Nous avons pris la décision, mes collègues Rama Valayden, James Burty David et moi-même de préciser quels sont ces risques. Évidemment, dans le passé, il y a eu des lobbies pour contrer un tel projet de loi pour protéger les personnes endettées", a soutenu Rama Sithanen.

Les quatre enjeux du projet

Pour le ministre des Finances, il y a quatre enjeux qu'il faut prendre en considération avec le Borrowers Protection Bill: l'impact sur les emprunteurs; l'impact sur ceux qui prêtent (les lenders); les conséquences inattendues sur ce qu'on appelle le vouloir de bien-être, un problème auquel ont été confrontés plusieurs pays qui ont voulu protéger les consommateurs; et enfin, que faire dans un pays qui respecte la loi, ses droits et sa Constitution quand une nouvelle loi est appliquée et qu'advient-il des cas qui sont en suspens ?

Selon le ministre Sithanen, "il y a eu dans le passé beaucoup d'abus, beaucoup de critiques sur les connivences de personnes dans les institutions financières avec des hommes de loi pour dépouiller des emprunteurs endettés. Le rapport Glover avait trouvé que certaines de ces accusations n'étaient pas vraies mais que d'autres étaient avérées et que système de Sale by Levy, tel qu'il était, devait changer. Il y a eu aussi beaucoup d'abus dans le système hors Sale by Levy perpétrés contre des gens qui, souvent en ignorant leurs droits, allaient se mettre à la merci de personnes et institutions qui en profitaient pour imposer des charges insoutenables sur des prêts".

Pour le ministre des Finances, "le Borrowers Bill sera un tournant qui apportera des changements drastiques pour protéger les emprunteurs, mais le gouvernement aura également la responsabilité de veiller à ce que les pauvres de ce pays, les groupes vulnérables, les petites et moyennes entreprises puissent continuer à avoir accès au financement". Selon Rama Sithanen, "c'est aussi à cause de ce risque que les sources de financement deviennent inaccessibles que dans beaucoup de pays, des gouvernements n'ont pas voulu intervenir". D'où l'extrême importance, selon le ministre, "que le Borrowers Protection Act mauricien soit un exercice bien balancé".

Recours au Judgement Base à la britannique

Pour soulager les emprunteurs, le gouvernement a adopté un modèle britannique, préféré à un modèle américain. Selon Rama Sithanen, "au lieu de se soumettre à ce qu'on appelle le Rule Base, le gouvernement mauricien a opté pour le Judgement Base". Ainsi, un Commissaire, qui sera désigné, aura les mêmes droits qu'une cour de justice pour prendre une décision sur chaque cas et juger si un emprunteur a été réellement victime de pratiques d'extorsion de la part de son prêteur. Le Commissaire aura à se décider si un prêt a enfreint l'élémentaire Fair Trading ou si ce prêt a été carrément de nature à extorquer l'emprunteur. Le Commissaire pourra également essayer de reconcilier prêteur et emprunteur dans un souci d'éviter la perte d'une propriété.

Le projet de loi concernera tout prêt ou crédit contracté ne dépassant pas 2 millions de roupies. Cette somme ne se limitera qu'à la valeur du prêt car, évidemment, si c'est une maison ou autre bien immobilier dont il est question, la valeur sera beaucoup plus élevée. Les institutions concernées seront toutes les banques, la DBM, l'Employees Welfare Fund, les leasing companies, les compagnies d'assurances, la Mauritius Civil Service Mutual Aid Association, la MHC, la NHDC et tous ceux régis sous le Money Lenders Act.

Dans cette dernière catégorie de créditeurs, seuls seront concernés ceux qui détiennent un vrai permis d'opérer comme Money Lenders et non les usuriers et autres casseurs engagés dans des pratiques illégales. En clair donc, seront protégés par la loi tous ceux qui doivent donner en garantie une maison quand ils prennent un prêt. Selon le ministre des Finances, le plafond de Rs 2 millions a été fixé par rapport au taux généralement perçu par les banques et autres institutions. À l'avenir, les emprunteurs en dessous de Rs 2 millions ne pourront être obligés de rembourser plus que 40% de leurs salaires. Le but est de décourager le surendettement des emprunteurs. Cette provision du Borrowers Bill assurera une protection aux personnes touchant entre 60 000 et 75 000 roupies et, évidemment, ceux en dessous de ces sommes. Seront ainsi concernés les prêts en argent et le financement pour l'acquisition de biens mobiliers et immobiliers. Pour ce qui est des prêts supérieurs à Rs 2 millions, comme c'est le cas des petits entrepreneurs entre autres, un expert étranger, le professeur Mackenzie, est en train de présider un comité sur un autre projet de loi, l'Insolvency Law.

La commission de 10% rendue illégale

Le projet de loi préconise l'abolition de la commission de 10% exigée par les hommes de loi. L'ex-chef juge Glover avait trouvé cette pratique inacceptable, mais elle est légale selon la section 11 de la loi actuellement en vigueur. Si adopté, le Borrowers Bill interdira à tout homme de loi d'imposer à un emprunteur une charge - qu'importe le nom qui lui est donné - autre que celle équivalant à ce à quoi un homme de loi a droit à la suite d'une affaire en cour de justice. Le ministre des Finances n'a pas hésité à qualifier de "bandits" des hommes de loi qui font payer doublement leurs clients déjà étranglés par des dettes énormes que ceux-ci n'arrivent pas à honorer.

Rama Sithanen a déclaré qu'une des clauses du projet de loi sera "une révolution" dans la mesure où sera déclaré nul tout accord ou acte - notarié ou sous seing privé - conclu par une personne ayant entrepris l'activité de prêteur sans licence valide (les usuriers et casseurs) et qui crée une reconnaissance de dettes.


Changements majeurs

Des changements et innovations estimés majeurs découleront du Borrowers Protection Bill, selon le gouvernement. Ci-dessous, certains sur lesquels le ministre des Finances met l'accent:

- une réforme institutionnelle aura lieu avec la mise sur pied d'un Office of Commisioner pour la protection des emprunteurs. Le Commissaire, désigné par le ministre des Finances selon les termes et conditions de ce dernier, agira en chien de garde, recevra des doléances, enquêtera, convoquera des témoins, exigera et consultera des documents, recueillera des témoignages, prendra des décisions et pourra sanctionner qui le mérite sur la base de ses constats. Le Commissaire émettra des guidelines. Le Commissaire pourra imposer des pénalités.

- Le Borrowers Protection Bill s'assurera que les emprunteurs sont bien informés de leurs droits, devoirs, bénéfices et risques avant de contracter un prêt. Le prêteur devra lire à l'emprunteur et à son garant le contrat qui doit être rédigé en langage clair. Il aura devoir de vérifier si l'emprunteur aura les moyens de repayer sa dette et à fournir - y compris au garant - un relevé de comptes mis à jour chaque six mois. De son côté, l'emprunteur sera tenu de fournir tous les détails pouvant permettre d'établir ses capacités de repaiement réelles. Il devra notifier son prêteur et son garant de la moindre difficulté éprouvée pour rembourser ses dettes et aussi de toute démarche pour obtenir un autre prêt auprès d'une autre institution. Il sera d'ailleurs soumis à un système de surveillance mis en place par les institutions bancaires.

- Les prêteurs et les emprunteurs seront liés par des responsabilités. Le Commissaire pourra rééchelonner des dettes, revoir les termes de crédits s'il juge que ces crédits sont de l'extorsion, abusifs ou exagérés. Pour rééchelonner une dette, le Commissaire prendra en considération la maladie de l'emprunteur, la perte d'emploi, le décès d'un conjoint et d'autres facteurs raisonnables qui affectent sa capacité de repaiement durant la période convenue.

- Le Commissaire sera responsable de suivre le dossier de tout emprunteur qui, en dernier recours, se verrait contraint de vendre son bien pour rembourser ses dettes.

- l'actuel système de vente à la barre sera remplacé. Désormais, la mise en vente des biens immobiliers (maisons, terrains, entre autres) offerts en garanties pour un accord de crédit privé se déroulera sous la supervision du Commissaire. Au lieu de la vente à la barre forcée par la cour de justice, l'emprunteur mettra lui-même son bien en vente selon le prix qu'il décidera et s'il n'y parvient pas, c'est le Commissaire qui le fera, mais par voie d'offres cachetées.

- le Commissaire traitera de tous les cas d'abus allégués déjà rapportés à la police.

- Chaque avoué ou avocat devra émettre un reçu pour ses services, pour la somme qu'il reçoit en dépôt, pour ses honoraires ou pour sa présence, pour ses débours ou frais de transport, comme c'est déjà le cas pour les notaires.

- l'aide légale sera étendue à un emprunteur qui a présenté une demande à un juge en chambre pour obtenir une injonction afin de faire respecter un ordre émis par le Commissaire au cas où le prêteur refuse de se soumettre à cet ordre.

- il sera obligatoire d'obtenir l'accord des conjoints (mari et femme) dans le cas où la maison familiale est hypothéquée aux termes d'un contrat de crédit.


Harish Boodhoo est content mais ne félicite pas encore le PM

Harish Boodhoo a rendu hommage à tous ceux qui l'ont soutenu dans ce combat

Harish Boodhoo, l'homme qui après quatre années d'inlassables combats aura finalement réussi, avec le support d'une soixantaine de grévistes de la faim, de forces vives et de religieux, à pousser le gouvernement à présenter le Borrowers Protection Bill, cache à peine qu'il est "content" que le Premier ministre ait respecté sa parole donnée en décembre dernier. Toutefois, il déclare que "tout en remerciant Navin Ramgoolam", il se garde de le féliciter pour le moment.

Le projet de loi, selon Harish Boodhoo, "n'est que le début d'une longue marche et ce n'est que lorsque chaque victime du système aura essuyé ses larmes, aura retrouvé son bien volé par des hommes de loi et des casseurs qu'il faudra féliciter qui le mérite".

Harish Boodhoo n'est, en fait, pas tout à fait satisfait avec le contenu du Borrowers Protection Bill. Il a adressé une lettre au ministre des Finances, dans laquelle il souhaite qu'avec un esprit ouvert, Rama Sithanen apporte pas moins de dix-sept amendements pour consolider le projet de loi. Et Harish Boodhoo de souhaiter qu'à l'Assemblée nationale, mercredi, le gouvernement et, surtout, les partis de l'Opposition fassent bloc pour que "ce soit l'île Maurice qui en sorte gagnante en assurant plus de justice aux victimes de ce qu'il estime une véritable mafia composée d'avoués, de notaires, d'arpenteurs, d'avocats et même d'évaluateurs sans cœur".

Harish Boodhoo réclame que le Commissaire soit nommé par le Premier ministre après consultation avec l'Opposition. Le bureau du Commissaire doit être doté des mêmes protections, privilèges et droits constitutionnels que le commissaire de police, le directeur de l'audit et le commissaire électoral, et le Commissaire doit être d'une intégrité absolue. Il doit être soutenu dans sa tâche par cinq assesseurs, professionnels de haut calibre, dont au moins deux devraient être des femmes. Ces assesseurs doivent venir des secteurs bancaires, des milieux de la comptabilité et du secteur légal. Harish Boodhoo a demandé au ministre des Finances d'éviter les mêmes erreurs commises avec les nominations à l'Icac et à la défunte Economic Crime Office. Les officiers du Bureau du Commissaire devront travailler à plein-temps et ce serait inapproprié qu'ils soient choisis par l'Hôtel du Gouvernement, car leur indépendance pourrait être compromise.

Proposition de saisir les fortunes mal acquises

Parmi ses autres suggestions, Harish Boodhoo, relève qu'il est illogique de créer deux catégories d'emprunteurs en limitant les crédits à 2 millions de roupies seulement. De nombreux cas de fraudes sur les terres dépassent la barre des 2 millions de roupies. À son avis, une telle limitation serait anticonstitutionnelle et sera contestée en cour et il faudrait que petits et gros investisseurs jouissent des mêmes droits. Ce serait alors une mesure révolutionnaire et permettrait à un vrai décollage de l'indépendance économique.

Harish Boodhoo a suggéré;

- que des procédures soient établies pour s'assurer que le Commissaire est informé de fautes commises par les notaires quand ceux-ci ne lisent pas les clauses d'un contrat aux emprunteurs et leurs garants. Des pénalités doivent être infligées car l'Histoire a prouvé que certains d'entre eux sont des délinquants qui ont été arrêtés pour pratiques frauduleuses malgré la passivité de la police.

- que des relevés de comptes soit envoyés chaque mois aux personnes se portant garants pour des prêts et non pas après six mois, quand la situation de la personne endettée s'est déjà détériorée.

- que des mesures punitives dures soient prises contre tout emprunteur, avoué, notaire et autres qui tromperaient ou exposeraient un garant à la perte de ses biens par voie de contrats frauduleux. Ces contrats devraient être annulés. (Au cours d'une conférence de presse, cette semaine, Harish Boodhoo a confié qu'il a lui-même été ainsi trompé par un proche pour lequel il s'est porté garant pour une somme de Rs 350 000)

- qu'il est grand temps de réguler la profession d'évaluateur à Maurice. Certains parmi ces professionnels, de véritables cowboys and thugs qui ne possèdent pas de qualifications sont devenus millionnaires du jour au lendemain au détriment d'officiers publics.

- que les intérêts perçus par les banques soient gelés aussitôt que le Commissaire commence à traiter un cas.

- que le jugement de Liverpool soit appliqué à Maurice pour qu'il y ait une vraie révolution. Toute pénalité ou tout intérêt imposé à des prêteurs endettés doivent être abolis.

- que le Premier ministre respecte sa parole et renvoie au Commissaire tous les cas de Sale by Levy, de fraudes sur les terres et de procès teintés de maldonne (miscarriages of justice) survenus avant 2007.

- qu'interdiction soit faite aux banques de confisquer les pensions, lump sums et autres bénéfices de retraite des emprunteurs et de leurs garants. (Harish Boodhoo affirme être lui-même dans cette situation)

- qu'il soit interdit aux banques d'acheter les biens dont elles ont elles-mêmes exigé la saisie.

- que les fortunes mal acquises par les professionnels sans scrupule, les prêteurs, principalement les casseurs, dont beaucoup n'ont pas été déclarées, soient saisies par l'État pour financer le fonctionnement du bureau du Commissaire.

Hommage aux différents soutiens

Harish Boodhoo a également loué l'engagement total de l'Église catholique, du pandit Ved Gopee, du maulana Haroon, des travailleurs sociaux dont Georges Ah Yan et Eddy Sadien et des syndicalistes dans le combat en faveur des victimes de la vente à la barre. Harish Boodhoo a eu la dent dure contre un ministre qui, selon lui, a retourné ciel et terre pour s'attribuer la paternité de "tout le bon travail accompli par le gouvernement". Il a invité le ministre des Finances "à ne pas tomber dans la trappe de ce ministre" mais de garder l'esprit ouvert aux suggestions.

Par ailleurs, le Speaker de l'Assemblée nationale, Kailash Purryag, a accepté de réserver plus d'une trentaine de sièges aux membres du mouvement de Harish Boodhoo pour la séance parlementaire de mercredi prochain.

Les députés Shekar Naidoo (MSM) et Sam Lauthan (MMM) et Anil Gayan (Union nationale) ont promis, hier, que leurs partis respectifs soutiendront le Borrowers Protection Bill et feront tout pour que les amendements nécessaires pour améliorer la loi en faveur des opprimés soient également adoptés.


Law and Order

Le gang des braqueurs de Riche-Terre démantelé

Le gang de braqueurs opérant principalement dans le nord de Port-Louis, ayant pris pour cible la station-service de Caltex sur l'autoroute à Riche-terre, est sur le point d'être démantelé complètement. En effet, suite à une importante opération de filature policière en cours de semaine, trois suspects avaient été interpellés alors qu'ils s'apprêtaient, mardi, à s'attaquer de nouveau à la même station-service après les trois précédents coups depuis le début de l'année. Après plusieurs séances d'interrogatoire, le cerveau de la bande, Jean Yann L'Aimable, 22 ans, habitant Roche-Bois, a été formellement identifié par un des témoins des braquages. Les deux autres prévenus, arrêtés en même temps mardi dernier, Michael Elliot Mestry, 34 ans, habitant Roche-Bois et Gaëtan Patrick Ruaux, 29 ans, habitant également Roche-Bois, sont toujours en détention policière dans le cadre de plusieurs autres cas d'agression et de vols avec violence enregistrés ces derniers temps. Le suspect Ruaux se trouve être impliqué dans l'agression du Dr Konyasavé Moothia alors que ce dernier se trouvait dans son cabinet médical lundi dernier.

Devant la recrudescence des vols avec violence dans la partie nord de la capitale et notamment le double braquage de la station-service Caltex en moins de vingt-quatre heures le lundi 8 janvier, après celui du 31 décembre, la patrouille policière sur cette partie de l'autoroute de Riche-Terre fut renforcée en début de semaine. Les dividendes de cette décision ne se sont pas fait attendre. Ainsi, mardi dernier, le caporal Ramkhelawon et le constable Ramsamy du CID de Terre-Rouge, qui étaient en patrouille dans la région, devaient surprendre trois individus en train de rôder dans les parages de cette même station-service.

Les soupçons des éléments de la CID devaient être confirmés lors d'un contrôle de routine de ces trois personnes, soit Jean Yann L'Aimable, Michael Elliot Mestry et Gaëtan Patrick Ruaux. En procédant à une fouille corporelle, les policiers devaient découvrir sur eux deux sabres et un couteau de cuisine. Pressés de questions sur la présence de ces armes sur eux, les suspects ne se sont nullement gênés pour tout simplement avouer qu'ils étaient sur le point de passer à l'attaque contre des proies déjà ciblées.

Les suspects confrontés à une série d'agressions

Pendant leur détention provisoire, les trois habitants de Roche-Bois furent confrontés à une série de cas d'agression avec violence, notamment les trois précédents cas de braquage à la station-service de Caltex, soit le 31 décembre et la double attaque en moins de vingt-quatre heures du lundi 8 janvier. À la veille du Nouvel An, soit le dimanche 31 décembre, la station service de Riche-Terre avait fait l'objet d'un hold-up. Les bandits avaient emporté une somme de Rs 300 000.

Les braqueurs devaient récidiver contre cette même station-service une semaine après, soit dans la journée du lundi 8 janvier. Ce jour-là, en pleine journée, cinq hommes, soupçonnés d'être des adolescents de par leur physique et ne manifestant aucun signe d'agressivité, avaient pénétré à l'intérieur de la boutique de la station-service. Ils devaient menacer la caissière et le propriétaire avec des armes tranchantes avant de faire main basse sur une somme de Rs 200 000.

Dans la soirée du lendemain, le propriétaire, qui était en présence de son frère, fut également attaqué par un groupe de cinq braqueurs. Quatre portaient des cagoules et le dernier un casque intégral. La station-service était déjà fermée. Le rideau métallique de la boutique était baissé. Nullement découragés, ils soulevèrent le rideau métallique, firent voler en éclat les vitres de la porte verrouillée, et firent irruption dans le shop. Et là, menaçants, ils forcèrent le propriétaire à leur remettre ses recettes de la journée, soit une somme Rs 78 000, se permettant même d'emporter sa chaîne en or.

Avec l'arrestation des trois suspects, le surintendant Bala Kamatchi, de la CID de Piton, devait prendre en main la suite de l'enquête. Après de nouvelles indications fournies par des témoins sur les suspects, qui ont opéré en bande de cinq à chaque fois, la police devait prendre la décision d'organiser dans la matinée d'hier une parade d'identification aux casernes centrales.

Sans aucune difficulté, l'un des principaux témoins des trois braquages devait tirer sur la parade Jean Yann L'Aimable comme l'un des principaux suspects. La description physique donnée par rapport à ce suspect était des plus conformes. Dans les milieux de la police, cet habitant de Roche-Bois est fiché comme un récidiviste notoire avec un caractère très violent. D'ailleurs, lors de l'exercice d'hier, il devait menacer les hommes du surintendant Kamatchi de leur transmettre le virus du VIH/sida en se blessant et en les contaminant avec son sang. Les policiers durent faire preuve d'extrême prudence lors de cette confrontation.

L'identité des deux autres complices à confirmer

Avec ce breakthrough, les membres de la CID de Piton et ceux de Terre-Rouge se disent confiants de pouvoir prouver la participation des deux autres complices de L'Aimable dans les trois braquages de la station-service de ce début d'année et de retrouver les deux autres prévenus de la bande des cinq. La police tente actuellement de confirmer si Stephane Jugroop, 21 ans et un adolescent de 17 ans habitant Sainte-Croix, interpellés mardi dernier à Balaclava avec des armes, ne seraient pas connectés aux trois braquages pour un montant total de Rs 578 000 à la station Caltex depuis le début de l'année.

De leur côté, les membres de la CID de Port-Louis Nord ont élucidé l'attaque dont avait été victime un médecin dans son cabinet situé à la route Nicolay, Sainte-Croix, en début de semaine. En effet, lundi après-midi, le Dr Moothia, qui opère un cabinet médical privé, avait été attaqué pas trois inconnus. Sous la menace de leurs sabres, ils devaient réclamer de l'argent au médecin.

Une somme de Rs 7 000 fut volée, la chaîne en or du médecin avait été arrachée et son téléphone cellulaire emporté. Le tout d'une valeur de Rs 15 000. Le médecin fut ligoté par les bandits à l'aide de sa cravate. Très tôt hier matin, des éléments de la CID de Port-Louis Nord et des membres de l'Alpha Squad devaient effectuer une descente des lieux à Karo Kalyptos. Trois suspects, dont un adolescent, électricien de son état, furent interpellés.

Lors de son audition par les limiers de la CID de Port-Louis Nord, l'adolescent devait passer aux aveux quant à sa participation au vol avec violence contre le médecin de lundi dernier. Il devait également révéler l'identité de ses deux autres complices. L'un des deux n'est autre que Gaëtan Patrick Ruaux, qui avait été arrêté par la police, mardi, alors qu'il se préparait avec deux autres à attaquer une nouvelle fois la station-service de Riche-Terre. Cet habitant de Roche-Bois devait également accepter les faits retenus contre lui alors qu'une équipe de membres de la CID est sur la piste du troisième complice.


Inquiétude des gérants de stations-service

De décembre à ce jour, les stations-service ont été attaquées à six reprises. Le 11 décembre dernier, des braqueurs s'en étaient pris à la station Indian Oil de Bonne-Terre en pleine journée. Bilan: un des employés s'en sort avec un doigt sectionné et la somme Rs 993 000 emportée.

Face à ce nouveau phénomène, les gérants des stations-service estiment que les autorités policières devraient renforcer les patrouilles à travers l'île. "Nous nous sentons vulnérables. Personne n'est à l'abri. Aujourd'hui, c'est la vie de nos employés et la nôtre qui sont en danger", déclare un des gérants d'une station-service à Rose-Hill.

Le secrétaire de la Petrol Retailers Association (PRA), Roopchand Ragooputh, estime que les différents effectifs de la police devraient être mis à contribution pour rétablir la situation en ce qui concerne le law and order dans le pays. "Nous sommes inquiets. Nous ne pouvons nous permettre d'employer des agents de sécurité, le fait étant que nous négocions déjà avec le gouvernement pour revoir nos marges de profit sur les différents produits. Nous ne pouvons soutenir une charge additionnelle. La police reste notre seul soutien et nous souhaiterions que les autorités renforcent les contrôles sur les routes et augmentent les patrouilles", soutient-il avant de poursuivre que le casque intégral devrait être interdit. "Interdisez le port du casque intégral ! Cette mesure découragerait les bandits à commettre de tels délits dans des lieux aussi vulnérables que les stations-service, petites boutiques ou camions de livraison", devait-il conclure. Les développements intervenus en fin de semaine dans le cas de Caltex devraient rassurer les gérants des stations-service.


Agressions contre des touristes

La CID du Nord sur la piste de trois suspects

Deux ressortissantes étrangères, soit une touriste d'Afrique du Sud et une Expatriate de Malaisie, ont été blessées dans la journée de vendredi lors de deux tentatives de viol avec violence perpétrées par un groupe de quatre personnes voyageant à bord d'une voiture privée dans le Nord de l'île. Au terme d'une course-poursuite quasi infernale allant de Bain-Boeuf à Pamplemousses, la police devait procéder à l'arrestation d'une habitante de Rose-Hill, Sabina Siflet, qui avait été laissée sur place par les trois autres occupants de la voiture à l'arrivée des policiers. Depuis la journée de vendredi, une escouade spéciale de limiers de la CID de Piton a été constituée en vue de traquer ces trois agresseurs, dont l'identité est connue. La voiture a été saisie par la police et a été examinée par des spécialistes du Forensic vu qu'une seringue contenant de l'héroïne et huit comprimés de Phenytoin ont été découverts à l'intérieur du véhicule.

Véritable chasse à l'homme dans le Nord de l'île dans la journée de vendredi en vue de retrouver les traces d'une voiture privée immatriculée 6457 ZN 99 dans laquelle voyageaient quatre personnes, soit trois hommes et une femme. En effet, vers midi, ces quatre suspects avaient tenté d'arracher le sac d'une touriste sud-africaine à Bain-Bœuf. Naomi Stapelberg, qui avait offert une forte résistance à ses agresseurs, blessée à l'estomac et au bras, a dû se faire soigner à la clinique de Grand-Baie.

Mais les agresseurs n'avaient pu réaliser leur coup, car ils devaient repartir bredouille. Entre-temps, des éléments de la Police du Transport et du Tourisme, en l'occurrence l'inspecteur Heerasam et le sergent Gopaul, devaient porter secours à la victime tout en alertant les autres patrouilles policières dans la région sur les mouvements suspects de la voiture Suzuki de couleur grise.

À peine cinq minutes après, les occupants de cette même voiture devaient tenter de s'attaquer à une ressortissante de Malaisie, Kim Alan. Cette dernière avait garé sa voiture immatriculée V 269 à la hauteur du rond-point de Beau-Vallon en vue d'acheter des fruits. Les bandits ne purent arracher le sac de cette étrangère et durent prendre la fuite à l'arrivée des éléments de la police lancés à la poursuite des agresseurs. Même si elle a été blessée lors de cette agression, la victime devait décliner la possibilité de soins médicaux.

Vers les 12h10, dans sa course folle pour semer les policiers qui étaient à ses trousses, le chauffeur de la voiture ne put éviter un autobus immatriculé 3928 DC 03 à la hauteur de la station-service Caltex de Trois-Bras, Petit-Raffray. Elle ne devait pas pour autant s'arrêter. La voiture des agresseurs devait poursuivre sa route en direction de Port-Louis. Une voiture de police qui avait tenté de suivre celle des bandits devait ensuite perdre leur trace.

Entre-temps, les patrouilles policières de la région furent mobilisées et des consignes furent données pour qu'un contrôle policier soit effectué à la hauteur de la New Link Road de Pamplemousses. Des limiers de la CID de Pamplemousses, menés par le sergent Seeruttun, devaient repérer la voiture en bordure d'un champ de cannes. Un des pneus de la voiture avait crevé. À l'arrivée des policiers, les trois hommes devaient prendre la fuite dans les champs de cannes, laissant leur complice sur place.

Sabina Siflet, 31 ans, qui fut interpellée par la police, est toujours en détention policière en attendant l'arrestation des autres complices. En principe, elle devra comparaître devant le tribunal de Mapou demain pour être Remanded to Police Cell.


Touristes-Cas d'agression de plus en plus fréquents

Les cas d'agression et de cambriolage contre des touristes deviennent de plus en plus fréquents même si les possibilités d'obtenir confirmation officielle de ces cas auprès de la police sont de plus en plus difficiles. Ainsi, les recoupements effectués par Week-End auprès de différentes sources permettent de relever les principaux cas survenus au cours de la semaine écoulée:

à La Preneuse, un touriste français est victime d'un cambriolage avec des objets d'une valeur de Rs 180 000 emportés par des cambrioleurs, qui ont pénétré à l'intérieur du bungalow après avoir forcé la porte de la cuisine;

à Flic-en-Flac, un autre ressortissant français rapporte le cas d'un vol d'objets personnels d'une valeur de Rs 45 000 de son bungalow. Mais les articles volés devaient être découverts dissimulés sur un chantier à côté et l'un des préposés du chantier a été interpellé;

à Pereybère, le bungalow occupé par un autre touriste français est cambriolé et les articles volés sont d'une valeur de plus de Rs 100 000;

à Flic-en-Flac, une Mauricienne établie en Australie est victime de cambrioleurs, qui font main basse sur trois téléphones cellulaires, un ordinateur portable et des devises étrangères. Le butin se monte à plus de Rs 180 000;

à Pointe-aux-Canonniers, une touriste française, âgée de 65 ans, est délestée de deux caméras numériques et d'un ordinateur portable. Valeur: Rs 120 000;

à Flic-en-Flac, une Française est victime d'un cambriolage de son bungalow avec la perte de deux caméras, d'une montre et de parfums;

à Grand-Baie, un ressortissant du Botswana constate le vol dans son bungalow de deux téléphones cellulaires, d'un bracelet en or, de vêtements et de boissons alcoolisées d'une valeur de Rs 150 000;

à Rivière-Noire, une touriste allemande est attaquée par trois hommes armés de sabres à la hauteur du kiosque des Gorges de la Rivère-Noire;

à Grand-Gaube, un ressortissant suisse rapporte le vol de bijoux d'une valeur de Rs 75 000;

à Trou-d'Eau-Douce, un touriste italien logeant dans un établissement hôtelier est victime du vol de son ordinateur portable, de deux téléphones cellulaires et d'équipements personnels d'une valeur de Rs 140 000;

à Flic-en-Flac, une touriste suisse et sa mère sont attaquées en pleine journée par deux inconnus armés de barres de fer. Les malfaiteurs les dépouillent de leurs sacs contenant des objets d'une valeur de Rs 60 000, dont Rs 15 000 en argent liquide.


Aide étrangère

Le sucre en vedette pour la mission de la BEI

Une importante mission de la Banque européenne d'Investissements (BEI) est attendue en début de semaine pour des discussions portant sur le financement d'importants projets. Mais le principal dossier qui retiendra l'attention demeure celui de la réforme de l'industrie sucrière dans le sillage de la réduction du prix garanti sous le Protocole Sucre, de l'ordre de 36%. Le gouvernement sera appelé à préciser de manière formelle les engagements pris dans le cadre du Multi-Annual Sugar Adaptation Plan pour les dix prochaines années, que ce soit en matière de centralisation sucrière ou de projets de génération d'énergie et de production d'éthanol. Cette mission de la BEI sera également appelée à se pencher sur des possibilités de financement d'autres projets d'infrastructure comme les travaux d'extension au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, la construction de la Terre Rouge/Verdun Link Road ou encore la mise en opération d'un port de pêche dans la région de Bain des Dames dans le cadre du développement du secteur du seafood hub.

La programmation de la mission Dreschler de la BEI devra permettre au gouvernement de préciser formellement ses engagements par rapport à la réforme de l'industrie sucrière. En effet, les principaux projets susceptibles d'intéresser la BEI dans la filière sucre concernent le financement de centrales thermiques bagasse/charbon et la production de bio-carburants, dont l'éthanol.

Selon les premières indications recueillies, les membres de la mission de la BEI auront des séances de travail avec les représentants des sucreries de FUEL, Belle Vue, Savannah et Médine - les quatre sucreries qui devront survivre la prochaine vague de centralisations - , et avec les officiels du ministère de l'Agro-Industrie. Le volet énergétique est un des aspects fondamentaux du plan de réforme de l'industrie sucrière pour les dix prochaines années.

Cette dimension est soulignée dans le Country Strategy Paper présenté à la Commission Européenne. Ce document, qui dresse l'inventaire des engagements pris par le gouvernement en vue de bénéficier des possibilités de financement de l'Union européenne, s'appesantit sur le fait que "the legal and institutional framework does not provide a robust platform for the involvement of private sector and to encourage investments while protecting the consumers. To promote sustainable investment in the sector, the Government needs to develop a coherent national energy policy for the longer term".

La BEI s'intéressera à obtenir des garanties formelles du gouvernement au sujet de l'adoption de cette politique énergétique cohérente avant de s'engager dans des montages financiers pour des projets de centrales thermiques bagasse/charbon sur les sucreries centralisées ou encore de production d'éthanol. Lors de ses discussions avec le gouvernement, la mission Dreschler cherchera à approfondir les objections soulevées par les principaux syndicats de l'industrie sucrière concernant les dispositions du Sugar Industry Efficiency Amendment Bill.

"Colossal concessions"

À ce stade, les indications émanant du conseil des ministres sur une éventuelle présentation de ce texte de loi à l'Assemblée nationale sont floues. Il n'est un secret pour personne qu'une aile au sein du gouvernement serait mal à l'aise avec les amendements proposés au SIE Act. Elle va juqu'à rejoindre la thèse évoquée par les syndicats de l'industrie sucrière à l'effet que the biggest scandal of the Multi Annual Adaptation Sugar Plan and its codification through the SIE Amendment Bill, is that colossal concessions are provided to sugar companies in terms of funds and capital accumulations without any guarantee that sugar companies will generate sufficient decent employment".

Lors des discussions avec les bailleurs de fonds européens, le gouvernement pourrait donner des indications formelles sur son calendrier en vue de l'adoption du SIE Amendment Bill comme une première étape dabns la mise à exécution de l'Adaptation Strategy pour l'industrie sucrière. Le Country Strategy Paper rappelle que "the overall objective of the Adaptation Strategy is to ensure the commercial viability and sustainability of the sugar sector for it to continue fulfilling its multi-functional role in the Mauritian economy, but at a significant social cost. In this context, the Adaptation Strategy has five specific objectives: (a) transformation of the sugar industry into a sugar cane cluster (production of several types of sugar, of electricity from bagasse/coal and ethanol); (b) establishment of a competitive, viable and sustainable sector; (c) fulfilment of the country's trade commitments; (d) reduction of the dependency on imported fossil fuels; (e) continuing the multifunctional role of sugar and in particular the support to national environment and social objectives".

Les prochaines discussions de la BEI constituent un prolongement des relations de cette institution européenne avec Maurice. À ce stade, la BEI a déjà mis à la disposition de Maurice des moyens financiers de l'ordre de plus de 200 millions d'euros sous forme de prêts pour des projets comme la Plaines Wilhems Sewage Project ou encore les travaux d'extension du Container Terminal dans le port. La BEI a déjà accordé à Airports of Mauritius Limited (AML) un prêt de 18 millions d'euros pour des travaux de modernisation de l'infrastructure aéroportuaire.

"In line with its mandate the Bank has in recent years also developed the portfolio of projects with private sector promoters: these comprise the Central Thermique de Belle Vue coal/bagasse power station, Mauritius first large IPP project (10 m euros) and the Bel Ombre Hotel project (12.2 m euros) in the poorest part of the island", note le Country Strategy Paper.


Taxe

Les publicitaires partent en guerre contre les collectivités locales

Les responsables des entreprises spécialisées dans l'outdoor advertising s'opposent à l'augmentation des advertising and publicity fees qui leur est imposée depuis le 1er octobre 2006 par les municipalités et conseils de district de l'île. Regroupés au sein de l'Outdoor Advertising Association (OAA), ils ont juré un affidavit en cour suprême pour contester le caractère "unreasonable" de cette hausse des frais et réclamer le gel de ces règlements tombant sous le Local Government Act 2003.

Dans les documents logés contre les sept collectivités locales, l'association des publicitaires formule également des craintes quant à l'avenir des entreprises engagées dans ce secteur. Elle soutient que "should the regulations be allowed to stand, most, if not all, of the members of Applicant No. 1 (NDLR: Outdoor Advertising Association) will be driven out of business". Les frais révisés à la hausse coûteraient de 1 000 fois à 7 000 fois plus cher.

Avec l'entrée en vigueur de nouveaux règlements, sous la Section 102 (1) (a) et (4) du Local Government Act 2003, le 1er octobre 2006, toutes les collectivités locales ont revu leurs frais tombant dans le registre des fees for classified trade, consistant à faire payer aux opérateurs un fee annuel relativement à l'installation des panneaux de publicité.

Dans le document déposé en cour suprême, le plaignant indique que ces règlements ne prennent pas en considération certaines spécificités telles que l'emplacement des panneaux de publicité, la taille du panneau ou la période pendant laquelle la structure est en place. "As per Regulations, it cost exactly the same price to display an advertisement on a field board of 3sq meters (per 0,1 sq meters) in the heart of the city centre for one day, one week or for a complete year", est-il souligné dans le document rédigé par l'avoué Jaykar Gujudhur. Pour soutenir ce fait, il est évoqué, dans le cas de Curepipe, les implications de cette taxe: "whereas prior to October 2006, a member of Applicant No. 1 had to pay Rs 250 for 1 to 50 copies for an affiche of 4x3 meters over a period of ten days, the said number would have to pay Rs 7 800 for an advertisement and Rs 390 000 for 50 copies for exactly the same activity, under the new regulation, namely an increase of 151 000% for 50 copies".

Le même argument est adopté dans le cas des autres collectivités. Par exemple, pour le conseil de district de Grand-Port/Savanne, l'augmentation est estimée à Rs 775 000. Selon la précédente loi, les opérateurs devaient s'acquitter d'une somme de Rs 50 pour 1 à 50 copies "for an affiche de 4mx3m" sur une période de 10 jours. Avec le présent règlement, le même opérateur est contraint de payer Rs 7 800 pour un "advertisement" et Rs 390 000. Soit une augmentation de Rs 377 500 pour 50 copies.

L'OAA estime également que la publication de ces règlements est dénuée de rationalité "but the illegitimate motive of making financial profit by imposing more taxes on the tax payers". Elle demande que la cour déclare "null and void" les nouveaux règlements des collectivités locales.

L'affaire entendue demain, lundi 22 janvier, en cour suprême.


Affaire Air Mauritius

Le procès contre Sir Harry Tirvengadum maintenu

La cour intermédiaire a rejeté, jeudi dernier, la motion de Me Yousouf Mohamed qui réclamait l'arrêt du procès intenté par la police à Sir Harry Tirvengadum, l'ancien Pdg d'Air Mauritius.

Sir Harry, rappelons-le, est poursuivi sous une charge de détournement de 8 millions de roupies au détriment de la compagnie nationale d'aviation. Deux autres co-accusés sont Sir Derek Taylor et Robert Rivalland, deux hauts responsables de la compagnie Rogers Aviation.

La défense n'a pas réussi à convaincre le panel de magistrats composé de MM Benjamin Marie-Joseph, Nicolas Ohsan-Bellepeau et Mme Renuka Dabee que l'état de santé de Sir Harry serait à tel point détérioré que l'exigence de sa présence physique à son procès pourrait causer sa mort.

La cour a finalement abondé dans le sens de l'avocate du State Law Office, Me Gaytree Manna, pour conclure que "malgré les problèmes cardiaques de l'accusé, son jugement n'est pas affecté et il peut très bien affronter son procès et donner des instructions à ses avocats pour bien assurer sa défense".

Sir Harry Tirvengadum devra retourner en cour intermédiaire le 14 mars prochain.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 21 janvier 2007