m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 26 novembre 2006



Histoires - La dramatique méprise de Diégo-Suarez en décembre 1943
Ou le tou
Scènes - Pamela Chung s'attaque à la danse du ventre
Scènes - Pamela Chung s'attaque à la danse du ventre
Concert le 29 novembre - Des voix pour sauver le Plaza
Aap Ke Surroor vendredi soir à Pailles - Folle ambiance avec Himesh Reshammiya
Prix du Livre d'or 2006 - Aurore maudite de Lindsey Lachicorée primée
Exposition de sculptures - Les enfants de l'Ouest expriment leur vitalité artistique
Dans la Solitude des champs de coton - Chaque homme dans sa nuit
Une esquisse des rapports islamo-chrétiens tracée par un panel mauricien
Pour un neuvième album - Tikoulou rencontre l'âme sœur à la Réunion...
Exposition jusqu'au 30 novembre à Quatre-Bornes - L'hommage à SSR
Le cinéma en deuil - Philippe Noiret
Dans Kyun Tum Say Itna Pyar Hai - La Mauricienne Maya Ramdin interprète quatre morceaux
Le cinéma en deuil - Robert Altman


Histoires

La dramatique méprise de Diégo-Suarez en décembre 1943

Chaque année, le 11 novembre, à travers l'Europe et particulièrement dans les ex-colonies britanniques, les anciens combattants des deux Guerres mondiales célèbrent l'armistice. Si ce jour rappelle à certains des exploits militaires - réels ou imaginaires -, pour quatre autres, il réveille aussi le souvenir d'une dramatique méprise qui les avait menés en prison alors qu'ils ne rêvaient que de servir l'armée de Sa Majesté britannique. Cette méprise - l'État-major de l'armée britannique l'avait traitée comme une mutinerie - s'était déroulée à Diégo-Suarez, à Madagascar, en décembre 1943. Une de ses victimes, Emmanuel Flore, un habitant de Highlands aujourd'hui âgé de 88 ans, s'en souvient toujours. Aujourd'hui encore, au crépuscule de sa vie, il dit attendre "une réhabilitation que serait capable de prononcer l'Assemblée nationale de notre pays souverain".

Week-End revient sur ces événements.

Emmanuel Flore était parmi les 26 sous-officiers et soldats mauriciens condamnés à Diégo-Suarez. Pour lui, le Mauritius Regiment dont il faisait partie fut tout bonnement victime du mauvais commandement d'un "tyran en uniforme de colonel" qui s'appelait Jimmy Yates. Selon la version d'Emmanuel Flore, "c'était pour se protéger contre toute mesure disciplinaire pour graves erreurs de commandement que Yates a imaginé de toutes pièces un événement auquel on a ensuite donné le nom ignominieux de mutinerie".

La plupart de ses camarades d'infortune étant décédés (il n'en resterait que quatre encore en vie), Emmanuel Flore se fait un devoir d'éveiller la mémoire de la population mauricienne autour des événements de Diégo-Suarez. "Cet épisode de ma vie a laissé comme une trace indélébile sur mon être tout entier", affirme-t-il.

L'enfer d'Orangea

"L'aîné d'une famille de six enfants, j'avais 18 ans à l'époque. Après mes études secondaires, j'ai enseigné dans une école primaire, mais mon ambition était d'entrer à la Royal Air Force (RAF) et je m'y étais préparé en étudiant le morse. Toutefois, je ne pus réaliser ce rêve parce que j'avais été recalé à l'examen médical. Peu après, le 14 décembre 1942, du fait de ma formation académique, je fus intégré dans la Mauritius Territorial Force (MTF) au rang de Lance Corporal".

L'ancien combattant poursuit: "Le colonel Yates qui en était le commandant transforma cette force en Mauritius Regiment. C'est ainsi que le 17 décembre 1943, le régiment se retrouva à bord d'un navire sans nom, en route pour une destination inconnue. Après trois jours de mer dans des conditions effroyables, mal nourris, épuisés, nous débarquions à Diégo-Suarez, à Madagascar. Nous reçûmes l'ordre de nous mettre en marche avec tout notre équipement militaire sur le dos, fusil et munitions compris. Nous nous dirigeâmes vers Orangea, dans le nord de Diégo-Suarez. C'était 25 kilomètres qu'il fallait battre à pied, car, nous avait-on dit, il n'y avait pas de camions. Mais, deux kilomètres plus loin, nous vîmes une trentaine de camions garés qui nous attendaient."

"Cependant, par sadisme ou par bêtise, le colonel Yates avait décidé que ses hommes étaient assez costauds et motivés pour couvrir le parcours à pied. C'était une grossière erreur de jugement de sa part et il s'en rendit bien vite compte. Il eut alors le cynisme de mettre la souffrance humaine en musique et fit intervenir l'orchestre militaire des King's African Rifles (KAR) qui semblait n'avoir qu'une seule marche à son répertoire. C'était une initiative grotesque et, en tout cas, la musique de l'orchestre n'arriva pas à couvrir la grogne des hommes", raconte Emmanuel Flore.

Selon l'ancien Lance Corporal, "la chaleur était torride et les hommes s'écroulaient sur la route au fil du parcours. Ce n'était que lorsqu'ils gisaient à terre qu'un camion les ramassait. La troupe de soldats mauriciens perdit toute cohésion et rejoignit son camp à Orangea dans le désordre le plus complet, soit en petites bandes de soldats errants. Mais, c'est à Orangea que le Mauritius Regiment allait connaître l'enfer !"

Emmanuel Flore, continue son récit: "Le colonel Yates fut introuvable ce soir-là, mais ayant perdu le contrôle de sa troupe, il devait certainement se cacher quelque part en ruminant quelque vengeance. Les Mauriciens, novices et ignorant tout des règlements militaires et même le sens du mot mutinerie, se crurent libres d'agir selon leurs désirs. Un groupe de soldats, dont je faisais moi-même partie, s'en alla se promener sur la plage ne sachant même pas, à ce moment précis, que nous n'en n'avions pas le droit. Nous nous sentions libres de nous comporter comme des grévistes sur le tas. L'appel du sergent-major mauricien ne provoqua chez nous aucune réaction. Au camp, il s'adressa à nous en ces termes: "Demain, mon devoir est de vous donner l'ordre de fall out for physical exercice. Mais, vous, voyez ce que vous voulez faire". Entre nous, nous savions que c'était un langage codé et c'est exactement ainsi que nous l'interprétions".

"Un raffinement barbaresque"

L'aventure de Diégo-Suarez se termina fort mal pour les soldats mauriciens: "Nous étions environ 300 sur la plage lorsque des huttes dans lesquelles nous étions censés dormir prirent feu l'une après l'autre. Nous avions évité d'y entrer après qu'une rumeur se fut répandue qu'un de nos camarades avait été mordu par un serpent. Mais nous n'avions jamais su qui y avait mis le feu. L'État-major de l'armée britannique ordonna aux soldats de la KAR de nous encercler et de nous désarmer…"

"Les gradés du groupe, y compris le sergent Harold Walter et moi, nous fûmes arrêtés et traduits en cour martiale sous, entre autres charges, celle d'"incitation de soldats de sa Majesté à la mutinerie". Un officier mauricien, profane en règlements militaires, assura de son mieux notre défense, mais pas avec beaucoup de compétence. Optimistes malgré tout, nous nous convainquions nous-mêmes que, pis-aller, on s'en sortirait avec des mises aux arrêts. Nous fûmes effondrés lorsque, le 18 janvier 1944, le tyran colonel Yates lui-même lut la sentence. Les sergents Harold Walter, Lebreux et Guildharry, défendus par le capitaine-avocat André Nairac et le capitaine Saville, furent acquittés. Parmi nous - un groupe de 26 sous-officiers et soldats -, deux furent condamnés à mort (condamnation commuée à 15 ans d'emprisonnement). Et les 24 restants, dont moi, nous écopions de 7 à 15 ans de prison".

Écrivant dans Le Mauricien le 9 mars 1964, André Decotter, qui avait lui aussi servi dans l'armée britannique, observa que le colonel Yates prononça la sentence "avec un raffinement barbaresque"

Les soldats condamnés furent transférés à Maurice pour être incarcérés à la prison de la rue Maillard, à Port-Louis, puis à celle de Beau Bassin. Le chef officier des prisons, un Irlandais, d'une petitesse d'esprit et d'une brutalité exécrables, voulut les humilier jusqu'à les faire marcher pieds nus. Après deux années de cauchemar, tous furent libérés suite à une intervention du député-journaliste Raoul Rivet, se souvient Emmanuel Flore. Mais, demeure le fait étrange que, alors qu'ils furent condamnés pour une supposée infraction aux règles militaires, ils durent, au bout de trois ans, faire de la prison civile !

La véritable destination cachée : les jungles de Birmanie…

La version que donne Emmanuel Flore des événements de Diégo-Suarez corrobore, à quelques menus détails près, celle que donne Richard Cathan dans un livret personnel que ce dernier a écrit pour raconter à ses enfants ses mémoires de la Seconde Guerre mondiale.

Richard Cathan, alors Cadet Officer du Mauritius Regiment, confirme que ce n'était que lorsque les soldats mauriciens étaient en mer que le lieutenant colonel Yates annonça aux officiers que "vous allez maintenant avoir" la chance "de planter vos baïonnettes dans le ventre des Japonais !". Selon Richard Cathan, pour le Mauritius Regiment, Diégo-Suarez n'était qu'une étape parce que le commandement est-africain de l'armée britannique avait initialement décidé d'envoyer les soldats mauriciens se battre contre les Japonais dans les jungles de Birmanie… Les Anglais avaient caché délibérément leur intention. "Le lieutenant colonel Jimmy Yates n'avait, à aucun moment, dévoilé l'objectif ultime du bataillon et le destin qui lui était réservé. Le savait-il lui-même ? Où était-ce une affaire gardée top secret par le haut commandement est-africain ? Qu'importe, cela allait nous être jeté comme ça - trop tard à mon avis - alors que nous étions déjà en mer, en route pour Diégo-Suarez; nous y allions en fait pour rejoindre la 27e Brigade du Commandement est-africain qui avait eu pour mission d'aller se battre en Birmanie et qui, pour le moment, se battait à Kalewa", observe Richard Cathan.

Et Emmanuel Flore et Richard Cathan font remarquer que la République de Maurice, maintenant souveraine, en un trait de plume, pourrait effacer le casier judiciaire de tous ses soldats condamnés injustement d'autant que les militaires avaient menti sur le vrai objectif. Une condamnation qui demeure pour eux un stigmate. Il suffirait qu'un de nos parlementaires dépose une telle motion et que le Président de la République donne ensuite son assent… Le lieutenant colonel Yates, d'ailleurs, tomba en disgrâce auprès de ses supérieurs pour son mauvais commandement à Diégo-Suarez.


Ou le tou

Nitin Chinien

Ses deux précédents albums, Solda Lalit et La Sosyeté, avaient déjà décliné sa tendance musicale. En digne fils de Siven Chinien, militant de la chanson engagée, Nitin avait repris le flambeau à sa façon. À 25 ans, le jeune homme poursuit toujours sa quête musicale pour forger son identité. Avec Ou le tou, son nouvel album, il propose, à nouveau, une version contemporaine de la chanson engagée. Mais en reprenant en grande partie des morceaux de La Sosyeté, Nitin Chinien s'accroche un peu trop au passé. C'est ainsi que trois ans après cet album, des titres tels Treter, Emett 99, Nu zanfan Laburer, Langaz mama, Réalité Lamur, Zistis sosyal, Planter… refont surface. Le reste du répertoire comprend aussi des reprises, avec notamment, Tinn Bluz (Danyel Waro) et Sarbon (écrit par Marcel Poinen). Avec Sarbon, le jeune chanteur ravivera des souvenirs chez les nostalgiques des textes engagés et profonds ayant marqué les années 80.

Nitin Chinien, dont le talent d'interprète n'est pas à remettre en question, surprendrait davantage s'il proposait une palette d'inédits. Mais, dans l'ensemble, Ou le tou reste un beau reflet d'un engagement social par le biais de la musique. Et comme Nitin Chinien dispose de tout - ou presque - pour ce genre d'engagement, un quatrième album est vivement attendu.

C'est aux côtés, d'un artiste qu'il apprécie, en l'occurrence Don Panik, que l'héritier de Siven Chinien donne le ton, en créole réunionnais, à Ou le tou. Entouré de musiciens confirmés dont Damien Elisa, Nitin Chinien réussit à donner une couleur musicale agréable et un bon son à ce troisième album, qu'il a lui-même produit sous le label Solda Prodiksyon.

Roots-La Vérité

Fight Again 100% positif

Le message de Fight Again est clair. Le reggae roots local est plus que jamais vivant. Ce groupe solide, qui a toujours défendu les couleurs du reggae pays et brandi le drapeau du seggae, nous revient après de longues années d'absence dans les bacs. La Vérité, son dernier album, 100% roots, relève d'un combat, affirme Daniel Cloridor. Un combat pour la reconnaissance de la musique conçue selon la philosophie rastafarienne. Si La Vérité est le résultat d'un combat, la finalité s'avère payante car elle est 100% positive.

Album d'un excellent niveau et qui rappelle que Fight Again a une longue expérience dans le domaine, tant au niveau musical que scénique, La Vérité peut aisément séduire hors de nos rives. En venant avec du reggae roots, Fight Again, poursuit son idéologie musicale et ne se plie pas aux exigences commerciales. Tout en restant fidèle à sa philosophie, Fight Again, propose un travail de qualité: arrangements musicaux et textes qui se sont enrichis. Ce dernier opus de Fight Again, se veut aussi rassurant, dans la mesure où la relève peine à prendre les rênes du reggae local !

La Vérité, qui accroche d'entrée de jeu, comprend onze titres, dont Sapo la, Remercie Jah, Kaya Kaya, Seggae Talwa, Vini, Roots Reggae Evolution. Sans aucun doute, le meilleur album roots de l'année, La Vérité, produit par Fight Again, devrait marquer le secteur.

Gospel-Reason

King

Reason de King, le roi du gospel kreol, est déjà sur le marché du disque. L'album, qui transcende le mur du gospel traditionnel pour s'ouvrir aux influences contemporaines, renferme cinq morceaux, dont le titre éponyme. Reason s'inscrit quasiment dans la même lignée que Let me fly, qui figure d'ailleurs sur l'album. Les inconditionnels de King seront sans aucun doute ravis de trouver les paroles des morceaux (Stop, I don't believe, Let me be yours, Reason, Let me fly) qui accompagnent Reason, album qui a été enregistré dans le home studio de King.

Séga-Atrap mwa for

Tandans

Tandans est un groupe de huit jeunes chanteurs et musiciens qui partagent depuis une année la même route. Réunis par la même passion, ils font leur entrée dans l'arène avec Atrap mwa for. Leur répertoire comprend essentiellement du séga. Tandans, dont les chanteurs principaux sont Patrice Baleekdor et Gino Baleekdor, aborde des thèmes liés à la musique et l'amour comme l'indiquent Darling, Dan filao, La mizik, Mo kontan twa, Kor

Positive attitude-Patricia Armel

Positiv attitude met en lumière les talents d'interprète de Patricia Armel. Celle qui a toujours été aux côtés de Mario Armel prend cette fois les commandes et s'impose avec quatre ségas (Qui commande le monde, Fam ki sa la vi la, Reculé pou mieu sauté et Pik pouce) et trois morceaux qu'elle partage avec Mario Armel (Egoisme, Si dimin tout arreté et Nu lamour). Positiv attitude invite Bruno Nadal à mettre de l'ambiance avec Pran prété.


Scènes

Pamela Chung s'attaque à la danse du ventre

Une heure et demie de spectacle au Théâtre Serge Constantin avec The Dancers of the Nile lors de la répétition générale. Danses du ventre et expériences plurielles sur scène avec pour unique exigence: enrichir l'horizon de la danse orientale à Maurice.

Pamela Chung, chorégraphe et danseuse, a étudié la danse classique en Angleterre avant de se lancer dans l'enseignement. Elle a commencé par la danse moderne avant de se spécialiser dans la danse du ventre, expression de féminité, grâce et volupté, sens du rythme, nous dit-elle. Sa troupe, Dance Odyssey Studio, composée de 42 danseuses de 9 à 60 ans, a présenté dix tableaux du Raq Sharki ou danse du ventre, à l'exception de deux danses de claquettes. Eshta (La crème de la crème) est un solo exécuté par Pamela Chung sur une musique traditionnelle arabe avec percussions.

Le spectacle donne un aperçu de la variété de la gestuelle et du rythme qui sous-tend la danse privilégiée par la chorégraphe. Celle-ci conçoit, par ailleurs, la danse comme une expérience visuelle de la musique. De plus, elle souhaite véhiculer une autre image de la danse du ventre longtemps associée au strip-tease. Pamela Chung et ses élèves remplissent l'espace, font passer des émotions au rythme de musiques traditionnelles telles Zeina, qui signifie belle. Pour ces danses du ventre, la chorégraphe a choisi voiles et autres tenues vaporeuses. Des costumes dessinés et réalisés par les élèves eux-mêmes. Elles ont porté plus de soixante costumes et accessoires. À signaler un solo exécuté par la chorégraphe où elle réinvente en quelque sorte cette fameuse danse du ventre avec une scène de ballet classique en introduction.


Scènes

Pamela Chung s'attaque à la danse du ventre

Une heure et demie de spectacle au Théâtre Serge Constantin avec The Dancers of the Nile lors de la répétition générale. Danses du ventre et expériences plurielles sur scène avec pour unique exigence: enrichir l'horizon de la danse orientale à Maurice.

Pamela Chung, chorégraphe et danseuse, a étudié la danse classique en Angleterre avant de se lancer dans l'enseignement. Elle a commencé par la danse moderne avant de se spécialiser dans la danse du ventre, expression de féminité, grâce et volupté, sens du rythme, nous dit-elle. Sa troupe, Dance Odyssey Studio, composée de 42 danseuses de 9 à 60 ans, a présenté dix tableaux du Raq Sharki ou danse du ventre, à l'exception de deux danses de claquettes. Eshta (La crème de la crème) est un solo exécuté par Pamela Chung sur une musique traditionnelle arabe avec percussions.

Le spectacle donne un aperçu de la variété de la gestuelle et du rythme qui sous-tend la danse privilégiée par la chorégraphe. Celle-ci conçoit, par ailleurs, la danse comme une expérience visuelle de la musique. De plus, elle souhaite véhiculer une autre image de la danse du ventre longtemps associée au strip-tease. Pamela Chung et ses élèves remplissent l'espace, font passer des émotions au rythme de musiques traditionnelles telles Zeina, qui signifie belle. Pour ces danses du ventre, la chorégraphe a choisi voiles et autres tenues vaporeuses. Des costumes dessinés et réalisés par les élèves eux-mêmes. Elles ont porté plus de soixante costumes et accessoires. À signaler un solo exécuté par la chorégraphe où elle réinvente en quelque sorte cette fameuse danse du ventre avec une scène de ballet classique en introduction.


Concert le 29 novembre

Des voix pour sauver le Plaza

Extraits d'œuvres d'opéra le 29 novembre au Théâtre du Plaza sans climatisation et avec un système d'éclairage externe, a annoncé Paul Olsen, président de la Fondation Spectacles et Culture. Mais la levée de fonds pour démarrer les travaux de rénovation commence véritablement avec ce concert de fin d'année. Des travaux qui seront entrepris l'année prochaine, ajoute Paul Olsen. Un architecte spécialisé en théâtre est attendu au pays. Un deuxième expert est arrivé à Maurice, alors que la municipalité de Beau Bassin/Rose-Hill a agréé à ce que la Fondation trouve une entreprise pour les travaux de réparation du toit du Plaza. Également prévue: la modernisation de tout l'équipement du plateau.

Des décisions qui ont légèrement modifié le programme du concert de mercredi prochain. En première partie, des extraits d'opéra (Les Noces de Figaro) et, en deuxième partie, des œuvres plus légères, histoire de ne pas ennuyer le public, déclare la mezzo-soprano Elizabeth Forget. On pourra entendre des valses et autres airs de musique pour terminer dans la bonne humeur. Un tarif enfant à Rs 100 est une des initiatives pour encourager les jeunes à assister au concert. Et sachez qu'une dizaine de places au premier rang sont en vente à Rs 5 000. Des entreprises pourront les offrir à leurs clients. Une manière de participer à cette levée de fonds pour préserver le patrimoine national.


Aap Ke Surroor vendredi soir à Pailles

Folle ambiance avec Himesh Reshammiya

Le concert de Himesh Reshammiya, vendredi soir au centre Swami Vivekananda à Pailles, restera à jamais gravé dans les mémoires. Une salle pleine à craquer a fait un triomphe à la nouvelle rock star de Bollywood. Le public s'est laissé envoûter par la voix chaude et le talent de cet enfant terrible de Mumbai.

Malgré un démarrage en retard, le concert Aap Ke Surroor a été un grand succès. La foule s'est déchaînée dès que son idole est apparue sur scène. Quand les lasers multicolores ont balayé la scène et les musiciens ont attaqué l'intro, c'était le délire. Le beau gosse à la casquette légendaire affichait une forme splendide et le concert devait être mené à une allure infernale dès les premières notes d'Aashiq Banaya Aapne. Le ton était donné pour une soirée chaude et une folle ambiance.

Les fans transportés, électrisés applaudissaient Himesh, Vineet, Abhijeet Sawant et Himani. Pendant plus de deux heures, le public s'est laissé aller à ce mélange de communion et de bonheur absolu. La foule dansait et reprenait les refrains de ses morceaux populaires. L'émotion a atteint son paroxysme lorsque Himesh a attaqué les premiers accords de sa chanson fétiche, Zara Jhoom Jhoom. Les fans ont été suspendus à ses lèvres, à ses gestes et à ses mouvements. L'artiste leur a offert de purs moments de grâce avec Naam Hai Tera Tera, Hum Ko Deewana Kar Kayé, Aap Ki Kashish et 36 China Town.

Les jeux de lumière, les feux d'artifices et les chorégraphies des danseurs sur scène excitaient davantage la foule. Les musiciens et les choristes, qui se sont donnés à fond, se sont remarquablement bien sortis de ce répertoire joué sur tous les tempos. La sonorité chaleureuse, digne des discothèques, a enchanté du début à la fin. Le comédien Ravi Raj a, lui, merveilleusement imité les voix des vedettes de Bollywood.

À la fin du concert, Himesh Reshammiya a invité les enfants et les personnes âgées à le rejoindre sur scène. Une sorte d'hommage à ces personnes qui l'ont soutenu tout au long de sa riche carrière. Soulignons aussi la belle prestation des étoiles montantes de Sa Re Ga Ma Pa, Vineet et Abhijeet. Les concerts mauriciens étaient les derniers d'une série qu'a donnée Himesh Reshammiya à travers le monde.


Prix du Livre d'or 2006

Aurore maudite de Lindsey Lachicorée primée

En couronnant la nouvelle de Lindsey Lachicorée Aurore maudite, le jury de la première édition du Prix du Livre d'or 2006 récompense l'hommage rendu par un auteur aux personnes du troisième âge. Ce concours de nouvelles initié par la municipalité de Quatre-Bornes a suscité l'intérêt de quelque 54 participants, dont les nouvelles s'articulent principalement autour de l'angoisse de la solitude des personnes âgées, leur isolement, parfois même la détresse.

Selon les conditions et modalités du concours, Lindsey Lachicorée s'est vu attribuer à l'unanimité le Prix vedette, soit un trophée et une somme de Rs 50 000, lors de la cérémonie de remise de prix, qui a eu lieu mardi dernier dans la salle du conseil municipal de Quatre-Bornes.

Le Prix du Livre d'or sera organisé annuellement, a précisé la coordinatrice du concours, Lilian Berthelot. Outre le prix vedette, le jury a décerné deux prix de consolation et retenu sept autres nouvelles pour être publiées.


Exposition de sculptures

Les enfants de l'Ouest expriment leur vitalité artistique

En une quarantaine de sculptures, l'exposition qui se tient à la salle d'œuvre de l'église La Pêche Miraculeuse à la Gaulette, du 24 au 29 novembre, se concentre sur les travaux clés des jeunes de la région. Histoire de faire le point sur leurs interrogations et de montrer toute leur vitalité artistique.

Ce sont les enfants et adolescents de Bambous, Chamarel, la Gaulette, le Morne qui, ciseau et maillet en main, travaillent le bois d'eucalyptus, badamier, filaos ou autre bois de coqueluche ramassés dans cette région sèche de l'Ouest. Aucun arbre n'est détruit - les jeunes ayant le souci de préserver la forêt de cette partie de l'île. Naissent des formes animalières, des objets familiers, des figures mythiques, symboles de la vie et de la culture développée dans cette région.

Des apprentis sculpteurs de 7 à 17 ans (une cinquantaine de filles et garçons), encadrés par les formateurs du Service d'Écoute et de Développement de Chamarel et de l'École de Sculpture de Bambous, s'interrogent, à travers des pièces picturales, sur la vie, font état de leurs jeunes revendications et tentent de canaliser une énergie débordante. Karine, animatrice, parle d'atelier mobile pour valoriser les enfants de l'Ouest qui connaissent un taux élevé d'échec scolaire. Un projet pour le développement de l'enfant qui porte déjà ses fruits. Chacun s'exprime à sa façon. Les œuvres exposées montrent la position des jeunes dans la société (non à la violence envers les femmes). L'actualité rattrape parfois leur démarche (le refus de certaines situations en politique).

L'atelier des jeunes a débuté en juillet de cette année. La gestation des œuvres a été lente ou, au contraire, très spontanée, selon la tranche d'âge des participants. Les pièces réalisées ne se regardent pas de la même façon. Derek, 10 ans, veut exprimer sa conception de la beauté en sculptant une fleur (l'oiseau du paradis). Plus loin, sous l'ombre de l'arbre la Fouche, un groupe de jeunes travaille le bois selon des modèles préétablis. Une démarche ludique, très éloignée des conventions dans l'art. Un escargot sculpté par un enfant et monté à l'aide de noix de cocos attire l'attention. Ici, on cherche avant tout à exprimer le respect de la vie, l'harmonie entre les enfants et le monde environnant.

Harybouf, 18 ans, est le plus âgé du groupe. Il a déjà bénéficié d'une formation en sculpture. Il s'attarde à polir et vernir des figures juxtaposées, diverses expressions de nos représentants politiques, nous dit-il. Les sculptures exposées sont en vente. Les recettes serviront à financer une école de sculpture à la Gaulette. L'exposition de sculptures en bois se veut itinérante. Les habitants de la région trouveront différentes expressions artistiques. L'Ouest culturel bouge, traduction d'une volonté de contribuer à la culture mauricienne.


L'École de Sculpture de Bambous existe depuis 2000. 250 jeunes en difficulté scolaire sont formés par Lewis Dick. L'école est financée par la vente des sculptures réalisées. Lewis Dick compte 30 ans d'expérience dans la sculpture en bois. Ses œuvres ont été exposées en Europe, en Australie et dans la région. À son palmarès : le 1er Prix au Symposium international de sculpture en Suisse en 2003.


Dans la Solitude des champs de coton

Chaque homme dans sa nuit

Dieudonné Niangouma, auteur dramatique et comédien, né à Brazzaville, donne à voir dans sa mise en scène de la pièce de Bernard-Marie Koltès, Dans la Solitude des champs de coton, un théâtre où l'énergie destructrice des personnages serait le désir. Une tension que les spectateurs ont pu reconnaître et dont ils se sont parfois délecté samedi dernier au Théâtre de Port-Louis.

Le sentiment de haine a disparu dans cette troisième version de la célèbre pièce de Koltès faisant place à la mise en scène du désir - le désir de proposer quelque chose que l'on ne possède pas - et les rapports de force qui en découlent entre 2 protagonistes: Le Dealer (Dieudonné Niangouma) et le Client (Ludovic Louppé). La distribution de ces rôles se fait d'emblée dans la première réplique de la pièce: "Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c'est que vous désirez quelque chose que vous n'avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir". Le Dealer met l'autre dans la position du Client et toute la pièce ne sera qu'une perpétuelle tension - qu'on perçoit dans le dialogue et la gestualité - entre ces deux personnages. Et dans un mouvement crescendo l'un finit par prendre le dessus sur l'autre. Le Dealer, vaincu, s'enfonce dans sa solitude (on peut lire sur le mur: "ll ne faut pas chercher midi à 14h") alors que le Client, détourné de son chemin, fouille dans ses sentiments pour comprendre les raisons de cet arrêt.

La compagnie Les Bruits de la Rue, invitée par le CCB, a privilégié une mise en scène minimaliste. Sur le plateau du Théâtre de Port-Louis, deux personnages dans la pénombre, le mur d'un entrepôt près d'un port, non loin les flammes d'un champ qui brûle, et le texte Koltien comme principal moteur de création. Dans les premières répliques, il y a un désir indicible dans la transaction avec l'autre. Les dialogues à double sens, les plaisanteries renvoient à ce désir, de même que des scènes érotisées qui ont provoqué le rire chez un public d'étudiants et d'initiés. En fait, on ne sait jamais qui sont les deux protagonistes ni même le commerce illicite proposé par le Dealer, qui parvient difficilement à exprimer son désir. Le Client passe la plupart de son temps à nier ce désir que l'autre a fait naître en lui jusqu'à se libérer de tout sentiment de culpabilité. Une victoire du Client au terme d'une série d'épreuves. Le Client ne cache pas sa peur, ni son orgueil et, dans un jeu de rôles, incite le Dealer à se dévoiler. Est-ce un demeuré, un voleur ou un homme de loi ? Les deux personnages se dépouillent de leur vêtement. Le Client retrouve son innocence alors que le Dealer s'en va dans sa solitude.

Mais de quelle solitude s'agit-il ? Celle du Dealer et du Client. Le besoin de sentir une part de soi en l'autre. Dieudonné Niangouna, inlassable chercheur, explore la scène, fait tomber les masques, déliant les langues quand on passe de l'obscurité à la lumière.

Niangouma, dramaturge, a inventé en 1997 un jeu théâtral rythmé appelé "le big ! boum ! bâh". Un jeu dont le rythme va grandissant jusqu'à l'explosion. Ensuite, vient le silence, un blanc. Un instant hors théâtre. Puis, on recommence à zéro. Dans son adaptation de la pièce de Koltès, le metteur en scène reste fidèle à ses principes et prend en compte la présence et la corporalité des comédiens. L'opposition ombre et lumière ne fait que renforcer l'atmosphère mystérieuse dans laquelle baigne la pièce, de même que la relation secrète ente les personnages. Que dire du regard que l'on jette sur l'autre ? Le Dealer rappelle au Client qu'il ne faut pas juger un homme à son habit, ni à la couleur de sa peau. Niangouma a définitivement gommé l'opposition Blanc/Black - caractérisation faite par Koltès lui-même.

De l'aliénation des personnages, du désir non comblé, des occasions manquées ("Des désirs, j'en avais, ils sont tombés autour de nous, on les a piétinés"), l'hypothèse de la mort n'est pas exclue (...) "quand le sang coulerait ce serait des côtés et inéluctablement, le sang nous unira…" C'est la seule issue.


Une esquisse des rapports islamo-chrétiens tracée par un panel mauricien

Lors d'une rencontre avec la presse en début de semaine au Bishop's House à Phœnix, l'archevêque Ian Ernest et l'ancien président de la République, Cassam Uteem, entourés de Mme Valérie Bouic, le Dr Michael Atchia et M. Mohamed Vayid, entre autres, ont présenté le rapport émanant d'une série de tables rondes dont les assises ont eu lieu à Maurice de juin à août 2004. Ce rapport peut être consulté sur le courriel HYPERLINK "mailto: dioang@intnet.mu"dioang@intnet.mu, présente une palette de points de vue, d'idées et de croyances sur l'approche de l'islam et du christianisme eu égard à 8 thèmes de réflexion: l'équité, la justice, la démocratie, la liberté et l'autonomie, la société civile, les droits de l'homme, la spécificité culturelle, le respect de la loi et de l'état de droit, et le matérialisme.

Le rapport en question a été envoyé à Cantorbéry pour une mise en commun avec des rapports de groupe émanant d'autres parties du monde, notamment des États-Unis et du Royaume Uni. La partie mauricienne s'est réjouie du fait que l'île Maurice, connue pour être un modèle de coexistence pacifique dans une société pluriethnique et pluriculturelle, ait été parmi les rares pays choisis pour cette table ronde islamo-chrétienne. En tout cas, l'archevêque de Cantorbéry, Dr Rowan Williams, ne s'est pas trompé sur son choix car l'île Maurice est, à ce jour, le seul pays en dehors des États-Unis et du Royaume Uni (où 36 groupes ont complété l'exercice) à avoir tenu la gageure en complétant et en expédiant le rapport à échéance.

L'initiative de ce dialogue islamo-chrétien, avec comme acteurs des gens de la société civile à la place des théologiens, revient à l'archevêque de Cantorbéry, "in response to the unsettled world situation". Étant restreint à la société civile, il coule de source que "this report in no way claims to represent an official position of either religion". En d'autres termes, les points de vue exprimés dans le rapport n'engagent que son auteur, ce qui n'enlève en rien la pertinence des propos des intervenants musulmans et chrétiens (six de chaque religion) choisis pour animer la table ronde. Le panel mauricien qui a animé la table ronde comprenait Melinda Mounsmie-Oosman, Valérie Bouic, Ivan Collendavelloo, Patrick Guimbeau, Michael Atchia, Jonathan Ravat, Amenah Jahangeer-Chojoo, Farida Oodally, Cassam Uteem, Mohamad Vayid, A. Majeed Korumtollee, Nawaz Gobindram, avec, comme hôte, l'archevêque Ian Ernest.

Étant donné l'entière liberté d'expression accordée aux participants dans les paramètres fixés par la table ronde, il coule de source que le discours consensuel qui s'en est dégagé est sujet à des réserves au plan individuel. "The participants endorse the consensual results as described below, but each of the 6 Muslim and the 6 Christian members of the Round-Table cannot be individually held responsible for all of the separate assertions made in the final text." Ce texte final, soumis à Cantorbéry par les bons offices de M. Amédée Turner, membre du Conseil Consultatif Anglican, fera partie d'un document volumineux dans les semaines qui viennent. Ce document qui prône consensus, complémentarité et convergence dans le respect des spécificités, voire des différences, est sans doute le bienvenu dans le sillage du lancement, récemment, du rapport onusien "Alliance of Civilizations", dont l'objectif est de rétablir l'unité essentielle du monde, "bridging the world's divides".

"Large degree of commonality between Christianity and Islam"

Si les animateurs ont laissé entendre qu'un exercice de dialogue semblable doit être étendu à d'autres sensibilités et familles religieuses présentes dans l'île, il n'empêche que la démarche d'une mise en commun des positions des deux religions majeures, nées au carrefour de l'Est et de l'Ouest, est exemplaire et saine, d'autant que les concepts fondamentaux et les recommandations soulignées "reflect the large degree of commonality between Christianity and Islam as well as an understanding of marked differences". Le rapport mérite d'être lu et débattu, la méthodologie adoptée pour les délibérations peut être utile pour des exercices similaires de dialogue, plus étendus comme souhaité.

La grande conclusion du rapport est révélatrice d'un désir de croire et de vivre ensemble, qui vient étaler au grand jour le miracle de la coexistence pacifique mauricienne: "The overriding conclusion - for which Mauritius is a living example - is that it is entirely possible for KORAN-ABIDING MUSLIMS and BIBLE-INSPIRED CHRISTIANS to live together peacefully in the same country, interact with each other, with HINDUS, BUDDHISTS and those of other faiths, as well as with those who live outside organised religion. As a nation, we are able to pursue common development goals, with little or no conflict, without communal violence or terrorism. Better still, all citizens are able to move and act freely, carry on with their "business of the day", while each one's personal faith or philosophy remains in his or her private domain."

B. Burrun


Pour un neuvième album

Tikoulou rencontre l'âme sœur à la Réunion...

Sur les terres de Grand-Mère Kalle: c'est le titre du neuvième album des aventures de Tikoulou, que lancent ces jours-ci les éditions Vizavi. Après six albums à Maurice, un à Rodrigues et le dernier à Madagascar, Tikoulou se retrouve cette fois à la Réunion pour des aventures étroitement liées au volcan. Et à la rencontre de l'âme sœur à l'île sœur...

Tikoulou grandit. Entre ses premières aventures dans Au pays du dodo il y a neuf ans et celles qu'il vit aujourd'hui, on sent que pour lui aussi, le temps a passé. Qu'il a mûri. Et si les illustrations signées Henry Koombes ont gardé la même fraîcheur vive et colorée qui ont d'emblée fait son succès, la différence s'exprime au niveau du texte.

Cette fois, Tikoulou se retrouve en vacances à l'île sœur, chez son ami Zécli. Là, il va faire la connaissance d'une jolie petite fille, Lalie, aux cheveux semblables à un flamboyant fleuri et aux yeux couleur de mer, qui est toutefois entourée par un mystère. Une étrange histoire liée à Grand-Mère Kalle, la fameuse sorcière qui habite le volcan…

Autour de ce personnage mythique qui demeure omniprésent dans l'imaginaire réunionnais, une jolie fable sur la différence et sur les moyens de communiquer au-delà des seuls mots. Des mots dont certains, puisés du parler réunionnais, nous permettent d'apprendre par exemple que l'appellation "gardien-volcan" se dit de quelqu'un qui a les cheveux roux ou que "babouk" sert à désigner une grosse araignée. Et si Tikoulou ne prononce pas le fameux "mi aime a ou", c'est bien l'album du premier amour que nous tenons là entre les mains.

C'est l'écrivain réunionnaise Joëlle Ecormier qui signe cette jolie histoire. Celle-ci s'est fait connaître avec la publication, en 1999, de Trente jours à tuer (France Loisirs), premier roman interactif francophone sur Internet, en co-écriture avec Yann Queffélec. Elle a aussi signé, chez Azalées Editions, Le Grand Tamarinier (2000) et le conte La petite fleur et le soleil (adapté en comédie musicale). Suit, en 2003, le roman Plus léger que l'air, avant un retour en 2006 à l'écriture jeunesse avec trois albums chez Océan Jeunesse (île de la Réunion), Mais que fait Grand-Mère Kalle, Le pays Dézétoiles et N'oublie pas que je m'appelle Octavie. Joëlle Ecormier sera la marraine du 2e Salon du Livre Jeunesse de l'océan Indien, qui se tiendra du 29 novembre au 3 décembre à la Réunion.

À noter que ce neuvième album de Tikoulou est aussi paru en anglais sous le titre Tikulu versus Grandmother Kal, dans une traduction signée Lindsey Collen.

L'album est en vente en librairies et grandes surfaces au prix conseillé de Rs 200.


Exposition jusqu'au 30 novembre à Quatre-Bornes

L'hommage à SSR

Un nouveau bâtiment à Quatre-Bornes au coût de 12 millions de roupies, une ambiance tamisée, telles sont les dominantes choisies par la mairie de la ville pour la galerie Sir Seewoosagur Ramgoolam inaugurée lundi dernier par le Dr Rashid Beebeejaun, en présence du maire sortant, Suren Appadu. Peintures, sculptures, céramiques sont la contribution de 12 artistes de Quatre-Bornes. Six panneaux de montage photos (collection de Vèle Kadressen), documents et extraits de journaux retracent la vie du père de la nation. À approcher photo par photo avant que ne s'ouvre devant vous un dédale de souvenirs. À signaler aussi un documentaire sur la vie de SSR réalisé par la MBC.

L'exposition a été montée grâce à la participation de la National Art Gallery, la Bibliothèque Nationale, le Mauritius Museums Council et les Archives de Maurice. La mairie de Quatre-Bornes a associé le nom de SSR à la nouvelle galerie pour témoigner de l'intérêt que ce dernier portait aux arts et à la culture. Un sous-comité travaille actuellement sur la possibilité de faire accéder tous les artistes mauriciens à la galerie.

La galerie SSR, située juste à côté de la municipalité de Quatre-Bornes, est ouverte de 10h à 17h du lundi au samedi.


Le cinéma en deuil

Philippe Noiret

C'était un des acteurs les plus populaires du cinéma français, avec sa silhouette ample de gentleman farmer, sa voix de basse immédiatement reconnaissable, son humanité bourrue. Philippe Noiret est mort jeudi 23 novembre à l'âge de 76 ans, des suites d'un cancer.

En plus de 50 ans d'une carrière entamée en 1953 - après des études menées sans enthousiasme excessif - , il a tourné dans près de 130 films et de nombreuses pièces de théâtre. Il aura tout joué, ou presque: les bons bourgeois à cigare, les râleurs au cœur tendre, les amoureux transis, les flics, les méchants, les militaires, les débonnaires rigolards, les Monsieur Tout-le-monde, de La Vie de Château aux Ripoux, en passant par Le Juge et l'Assassin, Alexandre le Bienheureux, La Grande Bouffe ou le Désert des Tartares.

Aimé du public mais aussi respecté par ses pairs, il a reçu par deux fois le César du meilleur acteur du cinéma français, en 1976 pour Le Vieux Fusil, de Robert Enrico et La Vie et rien d'autre de Bertrand Tavernier en 1990.

Philippe Noiret est né le 1er octobre 1930 à Lille. Après ses études, au lycée puis au collège des oratoriens, il entame dans les années 50 sa carrière au théâtre et au cabaret, en compagnie de Jean-Pierre Darras. Membre de la troupe du Théâtre National Populaire (TNP) à l'époque de Jean Vilar, il interprète de nombreuses pièces dont La nuit des rois, Lorenzaccio ou Le Cid. Il débute au cinéma dans le premier film d'Agnès Varda, La pointe courte (1956) et se fait remarquer avec Zazie dans le métro de Louis Malle (1960), adaptation du roman du même nom de Raymond Queneau. Il enchaîne les tournages, comme Thérèse Desqueyroux, de Georges Franju (1962), Les Copains, d'Yves Robert (1964), La vie de château de Jean-Paul Rappeneau (1965) ou La nuit des généraux d'Anatole Litvak (1966).

Registre comique et dramatique

Un an plus tard, Alexandre le Bienheureux, d'Yves Robert (1967), dans lequel il incarne un rêveur bucolique ne dédaignant pas la dive bouteille, lui apporte la consécration du grand public. Spécialiste des rôles de composition, il s'illustre aussi bien dans le registre comique que dramatique, en passant par la case scandale, en 1973 avec La Grande Bouffe de Marco Ferreri.

Philippe Noiret tourne la même année L'Horloger de Saint-Paul avec un de ses réalisateurs de prédilection, Bertrand Tavernier.

Le Vieux Fusil, en 1975, est un immense succès public, qui lui vaudra en 1976 son premier César. Il y interprète le rôle d'un médecin qui venge sa femme et sa fille assassinée par les nazis.

À l'affiche d'Un Taxi Mauve d'Yves Boisset (1976) avec Charlotte Rampling, il mène une carrière internationale avec de nombreux films en Italie, dont Mes chers amis de Mario Monicelli.

Les années 80 seront aussi celles de grands succès populaires, notamment avec les Ripoux de Claude Zidi (1984), qui donnera lieu à deux autres épisodes, Ripoux contre Ripoux (1989) et Ripoux 3, toujours aux côtés de Thierry Lhermitte en 2003.

Dans les années 90, La Vie et rien d'autre lui vaut son deuxième César. Il retrouve les planches en 1997 pour Les Côtelettes, de Bertrand Blier, qui en signera l'adaptation au cinéma en 2002. Il a également été à l'affiche, en 2005 et 2006, de la pièce de théâtre Love Letters.

Parmi les nombreuses réactions à sa disparition, le président français Jacques Chirac a fait part jeudi soir de sa "profonde émotion". "Avec lui, c'est un géant qui nous quitte", a souligné le président de la République pour qui il restera "comme l'un de nos plus grands acteurs".

Pour le Premier ministre Dominique de Villepin, "à travers sa voix, son allure, son panache, Philippe Noiret a su saisir et exprimer quelque chose de l'âme française". Il a salué cet acteur qui a fait "vivre des personnages inoubliables" auxquels "il parvenait toujours à donner une humanité et une grandeur exceptionnelles".

Un homme "délicieux"

Philippe Noiret était "non seulement une immense figure du 7e art", a résumé le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, "mais aussi l'un des acteurs les plus aimés et les plus respectés des Français".

Le réalisateur Bertrand Blier qui l'avait fait tourner dans Les Côtelettes, a évoqué sur la chaîne LCI un homme "délicieux" et un acteur "charmant". "Il avait toutes les qualités qu'on peut souhaiter à ce genre d'acteur; il était extrêmement bienveillant vis-à-vis des auteurs et des metteurs en scène, prêt à prendre des risques; il s'amusait, il aimait les bonnes choses, il était terriblement convivial et gentil", a ajouté le cinéaste.

L'acteur Lambert Wilson a lui aussi parlé de souvenirs "tout à fait délicieux" de son aîné. "C'était un homme tellement charmant, tellement attentif aux autres, ayant beaucoup d'humour, souvent nous rabrouant, quand on se prenait un peu trop au sérieux, nous les jeunes comédiens", a-t-il expliqué.


Dans Kyun Tum Say Itna Pyar Hai

La Mauricienne Maya Ramdin interprète quatre morceaux

La chanteuse mauricienne Maya Ramdin interprète quatre morceaux du film Kyun Tum Say Itna Pyar Hai, qui est en tête du box-office au Pakistan depuis deux mois. Ek Larki Nay, chanson qu'elle interprète en duo avec Udit Narayan, est en tête du hit-parade.

Kyun Tum Say Itna Pyar Hai (Pourquoi je t'aime tant) sera lancé le 1er décembre au cinéma Novelty, Curepipe. Le film sera également projeté en janvier 2007 à Londres, à Rome, au Maroc et au Canada.

Ce film produit par Ayab Gul Khan du Pakistan a comme directeur de musique, Ali Ghani de Mumbai. Plusieurs scènes du film ont été tournées chez nous l'année dernière, dont la chanson Ek Larki Nay. Après le succès de cette première co-production indo-pakistanaise, Maya Ramdin, Mauricienne établie à Mumbai, est également sollicitée pour interpréter des morceaux dans trois films, Beraham, Tum Bewafa Ho et Khubsoorat. Dans le premier film, elle chante en duo avec le monstre sacré Sonu Nigam et avec Sunidhi Chauhan dans Tum Bewafa Ho.

Pour cette chanteuse originaire de Nouvelle France, c'est le début d'une grande aventure. Celle qui a une grande admiration pour Lata Mangeshkar depuis l'âge de neuf ans a exercé comme infirmière pendant 23 ans à Maurice et en Angleterre. La mort de sa fille, à l'âge de cinq ans des suites d'un cancer, l'a profondément marquée mais elle n'a pas baissé les bras pour autant.

Maya Ramdin a également interprété une chanson avec Ustad Salamat Ali Khan, grand chanteur pakistanais, Mehdi Hasan et le producteur de Bollywood, Iqbal Durrani, dans Gandhi Se Pehle Gandhi. Dans Kyun Tum Say Itna Pyar Hai, elle interprète Ek Larki Nay, O Mere Sathiya et Kyon Tumse.


Le cinéma en deuil

Robert Altman

Le cinéaste américain Robert Altman est mort à l'âge de 81 ans, laissant en héritage une filmographie abondante parsemée de pépites comme M.A.S.H, The Player et Short Cuts, disparition qui a provoqué un déluge d'hommages à Hollywood.

Altman, honoré en mars par un Oscar pour l'ensemble de sa carrière, est mort lundi d'un cancer à l'hôpital Cedars-Sinaï de Los Angeles, avec sa femme et ses enfants à son chevet, a précisé mardi sa société de production Sandcastle 5 dans un communiqué.

Le metteur en scène se savait malade depuis 18 mois, mais préparait un nouveau film dont le tournage devait commencer l'année prochaine, selon la même source. Son dernier long métrage, A prairie home companion, tendre et nostalgique évocation de l'Amérique profonde, était sorti au début de l'été.

En recevant son Oscar, Altman avait révélé qu'il avait subi une transplantation cardiaque 11 ans plus tôt, le donneur étant une femme d'une trentaine d'années. "Cette récompense arrive peut-être trop tôt. Je pense qu'il me reste environ 40 ans. Et j'ai bien l'intention de les utiliser", avait-il plaisanté.

"J'ai toujours dit que faire un film était comme construire un château de sable sur la plage. On invite des amis et on construit cet édifice magnifique, à plusieurs. Et puis on regarde la mer qui monte, on prend un verre, et on voit l'océan qui emporte" le château, avait-il aussi expliqué.

Cinéaste caustique et engagé - il avait déclaré en 2000 que l'élection de George W. Bush à la présidence serait "un terrible revers pour la société américaine" - , il avait réalisé pas moins de 86 films ou téléfilms en 55 ans de carrière. Il en avait produit 39 et écrit les scénarios de 37.

Mais il était surtout connu pour M.A.S.H, un film au vitriol qui lui avait valu la Palme d'or à Cannes en 1970. L'action de cette comédie se déroulait dans les hôpitaux militaires américains de campagne pendant la guerre de Corée, mais l'allusion au conflit vietnamien alors en cours était transparente.

Après avoir quitté les États-Unis pour l'Europe afin de se consacrer au théâtre, il était sorti d'un passage à vide avec The Player en 1992, jeu de massacre antihollywood, qui avait décroché le prix de la mise en scène à Cannes. Également producteur, Robert Altman avait tourné l'année suivante Short Cuts, Lion d'Or au festival de Venise.

L'annonce de sa disparition a provoqué une pluie d'hommages des deux côtés de l'Atlantique. "Travailler avec lui a été l'une des expériences les plus formidables de ma vie", a ainsi affirmé l'actrice Virginia Madsen, vue dans A Prairie Home Companion.

Meryl Streep, également au générique de ce film, a salué un homme qui "avait toujours cet appétit généreux et optimiste pour les choses à venir (...) il va tellement nous manquer".

Un acteur qui devait beaucoup à Altman, Tim Robbins, héros de la satire The Player, a dit être "profondément triste" de la mort de son "grand ami et inspirateur", qui "laisse en héritage de grands films américains".

Même chagrin pour l'acteur shakespearien et réalisateur britannique Kenneth Branagh, premier rôle dans The Gingerbread Man: "C'était un grand du cinéma et un homme formidable".

L'actrice italienne Sophia Loren, vue dans Prêt à porter en 1994, a salué "un homme extraordinaire": "C'était très facile de travailler avec lui car il mettait des caméras partout, on ne les voyait même pas, et c'était comme être dans la vie quotidienne".

"Personnage extraordinaire", a abondé l'écrivain britannique Julian Fellowes, auteur du scénario de Gosford Park. Altman "éprouvait aussi un amour sincère et réel pour les acteurs (...) Beaucoup de réalisateurs disent qu'ils aiment les acteurs mais ils ne les aiment pas vraiment. Lui, c'était le cas".



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 26 novembre 2006