Chaque année, le 11 novembre, à travers l'Europe
et particulièrement dans les ex-colonies britanniques,
les anciens combattants des deux Guerres mondiales célèbrent
l'armistice. Si ce jour rappelle à certains des exploits
militaires - réels ou imaginaires -, pour quatre autres,
il réveille aussi le souvenir d'une dramatique méprise
qui les avait menés en prison alors qu'ils ne rêvaient
que de servir l'armée de Sa Majesté britannique.
Cette méprise - l'État-major de l'armée britannique
l'avait traitée comme une mutinerie - s'était déroulée
à Diégo-Suarez, à Madagascar, en décembre
1943. Une de ses victimes, Emmanuel Flore, un habitant de Highlands
aujourd'hui âgé de 88 ans, s'en souvient toujours.
Aujourd'hui encore, au crépuscule de sa vie, il dit attendre
"une réhabilitation que serait capable de prononcer
l'Assemblée nationale de notre pays souverain".
Week-End revient sur ces événements.
Emmanuel Flore était parmi les 26 sous-officiers et soldats
mauriciens condamnés à Diégo-Suarez. Pour
lui, le Mauritius Regiment dont il faisait partie fut tout
bonnement victime du mauvais commandement d'un "tyran
en uniforme de colonel" qui s'appelait Jimmy Yates. Selon
la version d'Emmanuel Flore, "c'était pour se protéger
contre toute mesure disciplinaire pour graves erreurs de commandement
que Yates a imaginé de toutes pièces un événement
auquel on a ensuite donné le nom ignominieux de mutinerie".
La plupart de ses camarades d'infortune étant décédés
(il n'en resterait que quatre encore en vie), Emmanuel Flore se
fait un devoir d'éveiller la mémoire de la population
mauricienne autour des événements de Diégo-Suarez.
"Cet épisode de ma vie a laissé comme une
trace indélébile sur mon être tout entier",
affirme-t-il.
L'enfer d'Orangea
"L'aîné d'une famille de six enfants, j'avais
18 ans à l'époque. Après mes études
secondaires, j'ai enseigné dans une école primaire,
mais mon ambition était d'entrer à la Royal Air
Force (RAF) et je m'y étais préparé en étudiant
le morse. Toutefois, je ne pus réaliser ce rêve parce
que j'avais été recalé à l'examen
médical. Peu après, le 14 décembre 1942,
du fait de ma formation académique, je fus intégré
dans la Mauritius Territorial Force (MTF) au rang de Lance
Corporal".
L'ancien combattant poursuit: "Le colonel Yates qui en
était le commandant transforma cette force en Mauritius
Regiment. C'est ainsi que le 17 décembre 1943, le régiment
se retrouva à bord d'un navire sans nom, en route pour
une destination inconnue. Après trois jours de mer dans
des conditions effroyables, mal nourris, épuisés,
nous débarquions à Diégo-Suarez, à
Madagascar. Nous reçûmes l'ordre de nous mettre en
marche avec tout notre équipement militaire sur le dos,
fusil et munitions compris. Nous nous dirigeâmes vers Orangea,
dans le nord de Diégo-Suarez. C'était 25 kilomètres
qu'il fallait battre à pied, car, nous avait-on dit, il
n'y avait pas de camions. Mais, deux kilomètres plus loin,
nous vîmes une trentaine de camions garés qui nous
attendaient."
"Cependant, par sadisme ou par bêtise, le colonel
Yates avait décidé que ses hommes étaient
assez costauds et motivés pour couvrir le parcours à
pied. C'était une grossière erreur de jugement de
sa part et il s'en rendit bien vite compte. Il eut alors le cynisme
de mettre la souffrance humaine en musique et fit intervenir l'orchestre
militaire des King's African Rifles (KAR) qui semblait n'avoir
qu'une seule marche à son répertoire. C'était
une initiative grotesque et, en tout cas, la musique de l'orchestre
n'arriva pas à couvrir la grogne des hommes",
raconte Emmanuel Flore.
Selon l'ancien Lance Corporal, "la chaleur était
torride et les hommes s'écroulaient sur la route au fil
du parcours. Ce n'était que lorsqu'ils gisaient à
terre qu'un camion les ramassait. La troupe de soldats mauriciens
perdit toute cohésion et rejoignit son camp à Orangea
dans le désordre le plus complet, soit en petites bandes
de soldats errants. Mais, c'est à Orangea que le Mauritius
Regiment allait connaître l'enfer !"
Emmanuel Flore, continue son récit: "Le colonel
Yates fut introuvable ce soir-là, mais ayant perdu le contrôle
de sa troupe, il devait certainement se cacher quelque part en
ruminant quelque vengeance. Les Mauriciens, novices et ignorant
tout des règlements militaires et même le sens du
mot mutinerie, se crurent libres d'agir selon leurs désirs.
Un groupe de soldats, dont je faisais moi-même partie, s'en
alla se promener sur la plage ne sachant même pas, à
ce moment précis, que nous n'en n'avions pas le droit.
Nous nous sentions libres de nous comporter comme des grévistes
sur le tas. L'appel du sergent-major mauricien ne provoqua chez
nous aucune réaction. Au camp, il s'adressa à nous
en ces termes: "Demain, mon devoir est de vous donner
l'ordre de fall out for physical exercice. Mais, vous,
voyez ce que vous voulez faire". Entre nous, nous savions
que c'était un langage codé et c'est exactement
ainsi que nous l'interprétions".
"Un raffinement barbaresque"
L'aventure de Diégo-Suarez se termina fort mal pour les
soldats mauriciens: "Nous étions environ 300 sur
la plage lorsque des huttes dans lesquelles nous étions
censés dormir prirent feu l'une après l'autre. Nous
avions évité d'y entrer après qu'une rumeur
se fut répandue qu'un de nos camarades avait été
mordu par un serpent. Mais nous n'avions jamais su qui y avait
mis le feu. L'État-major de l'armée britannique
ordonna aux soldats de la KAR de nous encercler et de nous désarmer
"
"Les gradés du groupe, y compris le sergent Harold
Walter et moi, nous fûmes arrêtés et traduits
en cour martiale sous, entre autres charges, celle d'"incitation
de soldats de sa Majesté à la mutinerie". Un
officier mauricien, profane en règlements militaires, assura
de son mieux notre défense, mais pas avec beaucoup de compétence.
Optimistes malgré tout, nous nous convainquions nous-mêmes
que, pis-aller, on s'en sortirait avec des mises aux arrêts.
Nous fûmes effondrés lorsque, le 18 janvier 1944,
le tyran colonel Yates lui-même lut la sentence. Les sergents
Harold Walter, Lebreux et Guildharry, défendus par le capitaine-avocat
André Nairac et le capitaine Saville, furent acquittés.
Parmi nous - un groupe de 26 sous-officiers et soldats -, deux
furent condamnés à mort (condamnation commuée
à 15 ans d'emprisonnement). Et les 24 restants, dont moi,
nous écopions de 7 à 15 ans de prison".
Écrivant dans Le Mauricien le 9 mars 1964, André
Decotter, qui avait lui aussi servi dans l'armée britannique,
observa que le colonel Yates prononça la sentence "avec
un raffinement barbaresque"
Les soldats condamnés furent transférés à
Maurice pour être incarcérés à la prison
de la rue Maillard, à Port-Louis, puis à celle de
Beau Bassin. Le chef officier des prisons, un Irlandais, d'une
petitesse d'esprit et d'une brutalité exécrables,
voulut les humilier jusqu'à les faire marcher pieds nus.
Après deux années de cauchemar, tous furent libérés
suite à une intervention du député-journaliste
Raoul Rivet, se souvient Emmanuel Flore. Mais, demeure le fait
étrange que, alors qu'ils furent condamnés pour
une supposée infraction aux règles militaires, ils
durent, au bout de trois ans, faire de la prison civile !
La véritable destination cachée : les jungles
de Birmanie
La version que donne Emmanuel Flore des événements
de Diégo-Suarez corrobore, à quelques menus détails
près, celle que donne Richard Cathan dans un livret personnel
que ce dernier a écrit pour raconter à ses enfants
ses mémoires de la Seconde Guerre mondiale.
Richard Cathan, alors Cadet Officer du Mauritius Regiment,
confirme que ce n'était que lorsque les soldats mauriciens
étaient en mer que le lieutenant colonel Yates annonça
aux officiers que "vous allez maintenant avoir"
la chance "de planter vos baïonnettes dans le ventre
des Japonais !". Selon Richard Cathan, pour le Mauritius
Regiment, Diégo-Suarez n'était qu'une étape
parce que le commandement est-africain de l'armée britannique
avait initialement décidé d'envoyer les soldats
mauriciens se battre contre les Japonais dans les jungles de Birmanie
Les Anglais avaient caché délibérément
leur intention. "Le lieutenant colonel Jimmy Yates n'avait,
à aucun moment, dévoilé l'objectif ultime
du bataillon et le destin qui lui était réservé.
Le savait-il lui-même ? Où était-ce une affaire
gardée top secret par le haut commandement est-africain
? Qu'importe, cela allait nous être jeté comme ça
- trop tard à mon avis - alors que nous étions déjà
en mer, en route pour Diégo-Suarez; nous y allions en fait
pour rejoindre la 27e Brigade du Commandement est-africain qui
avait eu pour mission d'aller se battre en Birmanie et qui, pour
le moment, se battait à Kalewa", observe Richard
Cathan.
Et Emmanuel Flore et Richard Cathan font remarquer que la République
de Maurice, maintenant souveraine, en un trait de plume, pourrait
effacer le casier judiciaire de tous ses soldats condamnés
injustement d'autant que les militaires avaient menti sur le vrai
objectif. Une condamnation qui demeure pour eux un stigmate. Il
suffirait qu'un de nos parlementaires dépose une telle
motion et que le Président de la République donne
ensuite son assent
Le lieutenant colonel Yates, d'ailleurs,
tomba en disgrâce auprès de ses supérieurs
pour son mauvais commandement à Diégo-Suarez.
Ou le tou
Nitin Chinien
Ses deux précédents albums, Solda Lalit et
La Sosyeté, avaient déjà décliné
sa tendance musicale. En digne fils de Siven Chinien, militant
de la chanson engagée, Nitin avait repris le flambeau à
sa façon. À 25 ans, le jeune homme poursuit toujours
sa quête musicale pour forger son identité. Avec
Ou le tou, son nouvel album, il propose, à nouveau,
une version contemporaine de la chanson engagée. Mais en
reprenant en grande partie des morceaux de La Sosyeté,
Nitin Chinien s'accroche un peu trop au passé. C'est
ainsi que trois ans après cet album, des titres
tels Treter, Emett 99, Nu zanfan Laburer, Langaz mama, Réalité
Lamur, Zistis sosyal, Planter
refont surface. Le
reste du répertoire comprend aussi des reprises, avec notamment,
Tinn Bluz (Danyel Waro) et Sarbon (écrit
par Marcel Poinen). Avec Sarbon, le jeune chanteur
ravivera des souvenirs chez les nostalgiques des textes engagés
et profonds ayant marqué les années 80.
Nitin Chinien, dont le talent d'interprète n'est pas à
remettre en question, surprendrait davantage s'il proposait une
palette d'inédits. Mais, dans l'ensemble, Ou le tou
reste un beau reflet d'un engagement social par le biais de la
musique. Et comme Nitin Chinien dispose de tout - ou presque -
pour ce genre d'engagement, un quatrième album est vivement
attendu.
C'est aux côtés, d'un artiste qu'il apprécie,
en l'occurrence Don Panik, que l'héritier de Siven Chinien
donne le ton, en créole réunionnais, à Ou
le tou. Entouré de musiciens confirmés dont
Damien Elisa, Nitin Chinien réussit à donner une
couleur musicale agréable et un bon son à ce troisième
album, qu'il a lui-même produit sous le label Solda Prodiksyon.
Roots-La Vérité
Fight Again 100% positif
Le message de Fight Again est clair. Le reggae roots local est
plus que jamais vivant. Ce groupe solide, qui a toujours défendu
les couleurs du reggae pays et brandi le drapeau du seggae, nous
revient après de longues années d'absence dans les
bacs. La Vérité, son dernier album, 100%
roots, relève d'un combat, affirme Daniel Cloridor. Un
combat pour la reconnaissance de la musique conçue selon
la philosophie rastafarienne. Si La Vérité est
le résultat d'un combat, la finalité s'avère
payante car elle est 100% positive.
Album d'un excellent niveau et qui rappelle que Fight Again a
une longue expérience dans le domaine, tant au niveau musical
que scénique, La Vérité peut aisément
séduire hors de nos rives. En venant avec du reggae roots,
Fight Again, poursuit son idéologie musicale et ne se plie
pas aux exigences commerciales. Tout en restant fidèle
à sa philosophie, Fight Again, propose un travail de qualité:
arrangements musicaux et textes qui se sont enrichis. Ce dernier
opus de Fight Again, se veut aussi rassurant, dans la mesure où
la relève peine à prendre les rênes du reggae
local !
La Vérité, qui accroche d'entrée de
jeu, comprend onze titres, dont Sapo la, Remercie Jah, Kaya
Kaya, Seggae Talwa, Vini, Roots Reggae Evolution. Sans aucun
doute, le meilleur album roots de l'année, La
Vérité, produit par Fight Again, devrait marquer
le secteur.
Gospel-Reason
King
Reason de King, le roi du gospel kreol, est déjà
sur le marché du disque. L'album, qui transcende le mur
du gospel traditionnel pour s'ouvrir aux influences contemporaines,
renferme cinq morceaux, dont le titre éponyme. Reason
s'inscrit quasiment dans la même lignée que Let
me fly, qui figure d'ailleurs sur l'album. Les inconditionnels
de King seront sans aucun doute ravis de trouver les paroles des
morceaux (Stop, I don't believe, Let me be yours, Reason, Let
me fly) qui accompagnent Reason, album qui a été
enregistré dans le home studio de King.
Séga-Atrap mwa for
Tandans
Tandans est un groupe de huit jeunes chanteurs et musiciens qui
partagent depuis une année la même route. Réunis
par la même passion, ils font leur entrée dans l'arène
avec Atrap mwa for. Leur répertoire comprend essentiellement
du séga. Tandans, dont les chanteurs principaux sont Patrice
Baleekdor et Gino Baleekdor, aborde des thèmes liés
à la musique et l'amour comme l'indiquent Darling, Dan
filao, La mizik, Mo kontan twa, Kor
Positive attitude-Patricia Armel
Positiv attitude met en lumière les talents d'interprète
de Patricia Armel. Celle qui a toujours été aux
côtés de Mario Armel prend cette fois les commandes
et s'impose avec quatre ségas (Qui commande le monde,
Fam ki sa la vi la, Reculé pou mieu sauté et
Pik pouce) et trois morceaux qu'elle partage avec Mario
Armel (Egoisme, Si dimin tout arreté et Nu lamour).
Positiv attitude invite Bruno Nadal à mettre de l'ambiance
avec Pran prété.
Scènes
Pamela Chung s'attaque à la danse du ventre
Une heure et demie de spectacle au Théâtre Serge
Constantin avec The Dancers of the Nile lors de la répétition
générale. Danses du ventre et expériences
plurielles sur scène avec pour unique exigence: enrichir
l'horizon de la danse orientale à Maurice.
Pamela Chung, chorégraphe et danseuse, a étudié
la danse classique en Angleterre avant de se lancer dans l'enseignement.
Elle a commencé par la danse moderne avant de se spécialiser
dans la danse du ventre, expression de féminité,
grâce et volupté, sens du rythme, nous dit-elle.
Sa troupe, Dance Odyssey Studio, composée de 42 danseuses
de 9 à 60 ans, a présenté dix tableaux du
Raq Sharki ou danse du ventre, à l'exception de deux danses
de claquettes. Eshta (La crème de la crème)
est un solo exécuté par Pamela Chung sur une musique
traditionnelle arabe avec percussions.
Le spectacle donne un aperçu de la variété
de la gestuelle et du rythme qui sous-tend la danse privilégiée
par la chorégraphe. Celle-ci conçoit, par ailleurs,
la danse comme une expérience visuelle de la musique. De
plus, elle souhaite véhiculer une autre image de la danse
du ventre longtemps associée au strip-tease. Pamela Chung
et ses élèves remplissent l'espace, font passer
des émotions au rythme de musiques traditionnelles telles
Zeina, qui signifie belle. Pour ces danses du ventre, la
chorégraphe a choisi voiles et autres tenues vaporeuses.
Des costumes dessinés et réalisés par les
élèves eux-mêmes. Elles ont porté plus
de soixante costumes et accessoires. À signaler un solo
exécuté par la chorégraphe où elle
réinvente en quelque sorte cette fameuse danse du ventre
avec une scène de ballet classique en introduction.
Scènes
Pamela Chung s'attaque à la danse du ventre
Une heure et demie de spectacle au Théâtre Serge
Constantin avec The Dancers of the Nile lors de la répétition
générale. Danses du ventre et expériences
plurielles sur scène avec pour unique exigence: enrichir
l'horizon de la danse orientale à Maurice.
Pamela Chung, chorégraphe et danseuse, a étudié
la danse classique en Angleterre avant de se lancer dans l'enseignement.
Elle a commencé par la danse moderne avant de se spécialiser
dans la danse du ventre, expression de féminité,
grâce et volupté, sens du rythme, nous dit-elle.
Sa troupe, Dance Odyssey Studio, composée de 42 danseuses
de 9 à 60 ans, a présenté dix tableaux du
Raq Sharki ou danse du ventre, à l'exception de deux danses
de claquettes. Eshta (La crème de la crème)
est un solo exécuté par Pamela Chung sur une musique
traditionnelle arabe avec percussions.
Le spectacle donne un aperçu de la variété
de la gestuelle et du rythme qui sous-tend la danse privilégiée
par la chorégraphe. Celle-ci conçoit, par ailleurs,
la danse comme une expérience visuelle de la musique. De
plus, elle souhaite véhiculer une autre image de la danse
du ventre longtemps associée au strip-tease. Pamela Chung
et ses élèves remplissent l'espace, font passer
des émotions au rythme de musiques traditionnelles telles
Zeina, qui signifie belle. Pour ces danses du ventre, la
chorégraphe a choisi voiles et autres tenues vaporeuses.
Des costumes dessinés et réalisés par les
élèves eux-mêmes. Elles ont porté plus
de soixante costumes et accessoires. À signaler un solo
exécuté par la chorégraphe où elle
réinvente en quelque sorte cette fameuse danse du ventre
avec une scène de ballet classique en introduction.
Concert le 29 novembre
Des voix pour sauver le Plaza
Extraits d'uvres d'opéra le 29 novembre au Théâtre
du Plaza sans climatisation et avec un système d'éclairage
externe, a annoncé Paul Olsen, président de la Fondation
Spectacles et Culture. Mais la levée de fonds pour démarrer
les travaux de rénovation commence véritablement
avec ce concert de fin d'année. Des travaux qui seront
entrepris l'année prochaine, ajoute Paul Olsen. Un architecte
spécialisé en théâtre est attendu au
pays. Un deuxième expert est arrivé à Maurice,
alors que la municipalité de Beau Bassin/Rose-Hill a agréé
à ce que la Fondation trouve une entreprise pour les travaux
de réparation du toit du Plaza. Également prévue:
la modernisation de tout l'équipement du plateau.
Des décisions qui ont légèrement modifié
le programme du concert de mercredi prochain. En première
partie, des extraits d'opéra (Les Noces de Figaro)
et, en deuxième partie, des uvres plus légères,
histoire de ne pas ennuyer le public, déclare la mezzo-soprano
Elizabeth Forget. On pourra entendre des valses et autres airs
de musique pour terminer dans la bonne humeur. Un tarif enfant
à Rs 100 est une des initiatives pour encourager les jeunes
à assister au concert. Et sachez qu'une dizaine de places
au premier rang sont en vente à Rs 5 000. Des entreprises
pourront les offrir à leurs clients. Une manière
de participer à cette levée de fonds pour préserver
le patrimoine national.
Aap Ke Surroor vendredi soir à Pailles
Folle ambiance avec Himesh Reshammiya
Le concert de Himesh Reshammiya, vendredi soir au centre Swami
Vivekananda à Pailles, restera à jamais gravé
dans les mémoires. Une salle pleine à craquer a
fait un triomphe à la nouvelle rock star de Bollywood.
Le public s'est laissé envoûter par la voix chaude
et le talent de cet enfant terrible de Mumbai.
Malgré un démarrage en retard, le concert Aap
Ke Surroor a été un grand succès. La
foule s'est déchaînée dès que son idole
est apparue sur scène. Quand les lasers multicolores ont
balayé la scène et les musiciens ont attaqué
l'intro, c'était le délire. Le beau gosse à
la casquette légendaire affichait une forme splendide et
le concert devait être mené à une allure infernale
dès les premières notes d'Aashiq Banaya Aapne.
Le ton était donné pour une soirée chaude
et une folle ambiance.
Les fans transportés, électrisés applaudissaient
Himesh, Vineet, Abhijeet Sawant et Himani. Pendant plus de deux
heures, le public s'est laissé aller à ce mélange
de communion et de bonheur absolu. La foule dansait et reprenait
les refrains de ses morceaux populaires. L'émotion a atteint
son paroxysme lorsque Himesh a attaqué les premiers accords
de sa chanson fétiche, Zara Jhoom Jhoom. Les fans
ont été suspendus à ses lèvres, à
ses gestes et à ses mouvements. L'artiste leur a offert
de purs moments de grâce avec Naam Hai Tera Tera, Hum
Ko Deewana Kar Kayé, Aap Ki Kashish et 36 China
Town.
Les jeux de lumière, les feux d'artifices et les chorégraphies
des danseurs sur scène excitaient davantage la foule. Les
musiciens et les choristes, qui se sont donnés à
fond, se sont remarquablement bien sortis de ce répertoire
joué sur tous les tempos. La sonorité chaleureuse,
digne des discothèques, a enchanté du début
à la fin. Le comédien Ravi Raj a, lui, merveilleusement
imité les voix des vedettes de Bollywood.
À la fin du concert, Himesh Reshammiya a invité
les enfants et les personnes âgées à le rejoindre
sur scène. Une sorte d'hommage à ces personnes qui
l'ont soutenu tout au long de sa riche carrière. Soulignons
aussi la belle prestation des étoiles montantes de Sa
Re Ga Ma Pa, Vineet et Abhijeet. Les concerts mauriciens étaient
les derniers d'une série qu'a donnée Himesh Reshammiya
à travers le monde.
Prix du Livre d'or 2006
Aurore maudite de Lindsey Lachicorée primée
En couronnant la nouvelle de Lindsey Lachicorée Aurore
maudite, le jury de la première édition du Prix
du Livre d'or 2006 récompense l'hommage rendu par un auteur
aux personnes du troisième âge. Ce concours de nouvelles
initié par la municipalité de Quatre-Bornes a suscité
l'intérêt de quelque 54 participants, dont les nouvelles
s'articulent principalement autour de l'angoisse de la solitude
des personnes âgées, leur isolement, parfois même
la détresse.
Selon les conditions et modalités du concours, Lindsey
Lachicorée s'est vu attribuer à l'unanimité
le Prix vedette, soit un trophée et une somme de Rs 50
000, lors de la cérémonie de remise de prix, qui
a eu lieu mardi dernier dans la salle du conseil municipal de
Quatre-Bornes.
Le Prix du Livre d'or sera organisé annuellement, a précisé
la coordinatrice du concours, Lilian Berthelot. Outre le prix
vedette, le jury a décerné deux prix de consolation
et retenu sept autres nouvelles pour être publiées.
Exposition de sculptures
Les enfants de l'Ouest expriment leur vitalité artistique
En une quarantaine de sculptures, l'exposition qui se tient à
la salle d'uvre de l'église La Pêche Miraculeuse
à la Gaulette, du 24 au 29 novembre, se concentre sur les
travaux clés des jeunes de la région. Histoire de
faire le point sur leurs interrogations et de montrer toute leur
vitalité artistique.
Ce sont les enfants et adolescents de Bambous, Chamarel, la Gaulette,
le Morne qui, ciseau et maillet en main, travaillent le bois d'eucalyptus,
badamier, filaos ou autre bois de coqueluche ramassés dans
cette région sèche de l'Ouest. Aucun arbre n'est
détruit - les jeunes ayant le souci de préserver
la forêt de cette partie de l'île. Naissent des formes
animalières, des objets familiers, des figures mythiques,
symboles de la vie et de la culture développée dans
cette région.
Des apprentis sculpteurs de 7 à 17 ans (une cinquantaine
de filles et garçons), encadrés par les formateurs
du Service d'Écoute et de Développement de Chamarel
et de l'École de Sculpture de Bambous, s'interrogent, à
travers des pièces picturales, sur la vie, font état
de leurs jeunes revendications et tentent de canaliser une énergie
débordante. Karine, animatrice, parle d'atelier mobile
pour valoriser les enfants de l'Ouest qui connaissent un taux
élevé d'échec scolaire. Un projet pour le
développement de l'enfant qui porte déjà
ses fruits. Chacun s'exprime à sa façon. Les uvres
exposées montrent la position des jeunes dans la société
(non à la violence envers les femmes). L'actualité
rattrape parfois leur démarche (le refus de certaines situations
en politique).
L'atelier des jeunes a débuté en juillet de cette
année. La gestation des uvres a été
lente ou, au contraire, très spontanée, selon la
tranche d'âge des participants. Les pièces réalisées
ne se regardent pas de la même façon. Derek, 10 ans,
veut exprimer sa conception de la beauté en sculptant une
fleur (l'oiseau du paradis). Plus loin, sous l'ombre de l'arbre
la Fouche, un groupe de jeunes travaille le bois selon des modèles
préétablis. Une démarche ludique, très
éloignée des conventions dans l'art. Un escargot
sculpté par un enfant et monté à l'aide de
noix de cocos attire l'attention. Ici, on cherche avant tout à
exprimer le respect de la vie, l'harmonie entre les enfants et
le monde environnant.
Harybouf, 18 ans, est le plus âgé du groupe. Il a
déjà bénéficié d'une formation
en sculpture. Il s'attarde à polir et vernir des figures
juxtaposées, diverses expressions de nos représentants
politiques, nous dit-il. Les sculptures exposées sont en
vente. Les recettes serviront à financer une école
de sculpture à la Gaulette. L'exposition de sculptures
en bois se veut itinérante. Les habitants de la région
trouveront différentes expressions artistiques. L'Ouest
culturel bouge, traduction d'une volonté de contribuer
à la culture mauricienne.