s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 21 mai 2006



A l'initiative de Seven Waterfalls Horizons
    Ambitieux projet de téléphérique à Tamarind Falls
À Rose-Hill, hier
    Des centaines de participants à la marche contre l'homophobie
VIH & SIDA: Ce soir à Rose-Hill et à Mahébourg
    Des bougies pour raviver la lutte
Vivre avec le VIH
    Un combat au quotidien pour les proches
Mark Stirling, directeur de l'ONUSIDA
    "Mauritius is highly vulnerable"
VIH & Sida dans les médias
    Week-End et les autres titres du groupe Le Mauricien au-dessus de la moyenne régionale
Terres spoliées
    Land Restitution Commission: aucune réelle volonté politique !
Journée mondiale des Télécommunications
    MT fête ses 10 ans d'Internet
Produits alimentaires pour bébés
    Les compagnies s'expliquent
Améliorer l'employabilité des jeunes et des femmes
    Microsoft finance un projet de formation
Lancée par Phœnix Beverages
    Une nouvelle eau pétillante sur le marché
Art of Living Society
    Sri Sri Ravi Shankar à Maurice
Fin des travaux de la CEDOI aux Seychelles
    Réaffirmation des évêques de l'océan Indien: "La vocation des laïcs est de s'engager"
Lutte contre le VIH&Sida et la drogue
    Lalit établit une charte pour décourager la répression
À Flic en Flac
    Nouveau comptoir d'information de la MTPA
Décédé mardi à l'âge de 74 ans
    Daniel Appave inhumé hier après-midi au cimetière de Phoenix


A l'initiative de Seven Waterfalls Horizons


Ambitieux projet de téléphérique à Tamarind Falls

Ambitieux, inédit, voire colossal. Ce sont les qualificatifs qui viennent en tête en prenant connaissance du projet de la société mauricienne Seven Waterfalls Horizons. Qui vise à créer un téléphérique reliant la région des Tamarind Falls au Mont Simonet, d'où l'on peut jouir d'une vue à couper le souffle sur une bonne moitié de l'île Maurice, du Morne à Mare aux Vacoas en passant par Port Louis. Avec également la création, au point de départ, d'un Tourist Leisure Village. Si ce projet a déjà atteint, sur dossier, un stade très avancé, les promoteurs comptaient attendre encore un peu avant de le rendre public. Mais des travaux de défrichage ont attiré l'attention de la Mauritian Wildlife Foundation, qui a choisi de tirer la sonnette d'alarme autour de possibles atteintes environnementales. Ce à quoi le promoteur oppose que son projet est le plus eco-friendly qui soit. Nous sommes allés y voir de plus près.

S'il se réalise, le projet de la compagnie Seven Waterfalls Horizons (7WH), sera inédit à plusieurs titres. Ce sera en effet, pour commencer, le premier téléphérique qui existera à Maurice. Et à la différence du projet avorté de Francis Piat concernant le Morne, les promoteurs de ce projet ont pour atout le fait de posséder déjà, à titre privé, une bonne partie des terres concernées.

Derrière 7WH, il y a la famille Seetaram. Celle de l'ancien Speaker, Iswardeo, qui possède effectivement, et depuis de longues années, un certain nombre de terres dans la région de Closel Tamarind Falls. Mais le principal porte-parole, et directeur du projet, est son fils, Sam Seetaram, ingénieur des travaux publics, qui a travaillé pendant plusieurs années en Angleterre, avant de rentrer à Maurice en 1999. C'est à cette époque que germe le projet de téléphérique. "Je suis entré en contact avec la société suisse Garaventa, un des plus grands spécialistes en matière de téléphérique, qui contrôle 70% des installations à travers le monde. Pendant trois mois, ils m'ont emmené visiter plus de 80 installations à travers la Suisse et l'Autriche. Puis, ses experts et son directeur général sont venus à Maurice en 2000. Et nous avons finalement décidé d'entrer en partenariat avec eux pas seulement pour l'installation mais aussi pour la gestion du téléphérique", explique Sam Seetaram.

"Le plus long téléphérique de l'hémisphère sud"

Dans sa version finale, ce projet implique donc la mise en place d'un téléphérique qui part de Closel Tamarind Falls, longe le lac du même nom, s'engage dans le canyon où coulent en succession rapprochée les Sept Cascades, pour rallier au final le Mont Simonet. A un peu plus de 500 mètres d'altitude, un viewpoint privilégié qui offre une vue grandiose et unique, à 360°, sur une bonne partie de l'île. Le regard circulaire embrasse en effet tour à tour le Morne au loin, toute la côte ouest en remontant vers Port Louis, les Plaines Wilhems avec la colline Candos, Quatre Bornes, Curepipe, la Mare aux Vacias, Mare Longue etc. La mer aux couleurs changeantes d'un côté, les montagnes, agglomérations et relief intérieur de l'autre. Une vue imprenable.

Au niveau technique, ce téléphérique ne sera pas du genre de ceux qui se croisent. Les promoteurs ont choisi la formule dite de Schieltorn, soit de l'interchange. Un premier tronçon conduit les passagers jusqu'à une station où ils descendent et prennent une autre cabine qui accomplit le reste du tronçon qui totalise, au final, 3.2 kms. "Ce sera le plus long téléphérique de l'hémisphère sud, et le premier au monde à coupler la technologie de l'interchange avec l'utilisation de cabines rondes, telles celles que l'on peut trouver à Montebaldo en Italie", affirme Sam Seetaram. "Nous avions en effet le choix entre des wagons, trams ou gondoles, mais nous avons opté pour des ROTAIR 360, qui ont la particularité d'être rotatives et donc d'offrir une vue circulaire aux quelque 80 occupants qu'elles peuvent accueillir", poursuit le promoteur. Ces cabines seront préfabriquées en Suisse et assemblées localement.

Opérationnel en septembre 2007

Le trajet dure au total une demie-heure, à des hauteurs variant entre 20 et 64 mètres. Au niveau sécurité, les promoteurs assurent que toutes les précautions nécessaires seront prises. "Nous serons connectés sur le hotline de Garaventa en Suisse, qui saura immédiatement le moindre problème. Nous comptons aussi recruter, localement, six ingénieurs mécaniques qualifiés, qui iront suivre un stage de six mois en Suisse", disent les promoteurs. Qui s'enorgueillissent par ailleurs de créer, avec ce projet, 1 200 emplois directs

Ces derniers affirment faire avec ce projet, oeuvre de pionniers. Et avoir veillé à tout faire dans les normes, tant au niveau du airway access que de la land issue. A ce sujet, la compagnie a obtenu le 31 décembre 2004 ses permis de land conversion sur ses terres privées. Elle a également obtenu la location à bail, pour une période initiale de vingt ans renouvelable pour quatre tranches de dix ans chacune, de terres de l'Etat qui se trouvent sur le Mont Simonet, et de petites portions appartenant au CEB pour l'installation des cinq mâts devant porter les cables du téléphérique. Ces mâts nécessitant des bases de 10 mètres sur 10.

"Nous avons suivi toutes les procédures. La letter of intent nous a été donnée par le précédent régime le 23 mars 2005. Le lease a été signé par le nouveau gouvernement, après étude approfondie du dossier, en janvier 2006. Nous travaillons maintenant au EIA Report qui sera soumis d'ici trois semaines. Et nous espérons, si tout va bien, démarrer les travaux en septembre de cette année, et être opérationnels dans une première phase en septembre 2007".

Un projet à suivre donc de très près…



Des préoccupations pour l'environnement

S'il semble très séduisant sur papier, le projet de téléphérique de 7WH n'en suscite pas moins des interrogations environnementales qui ont été soulevées cette semaine par la Mauritian Wildlife Foundation (MWF). Celle-ci est au courant de ce projet depuis décembre 2004, date à laquelle son expertise a été sollicitée par le CEB pour se pencher sur les éventuelles implications sur la biodiversité des portions de terrain sur lesquelles la compagnie demande au CEB un bail pour installer ses mâts et le airway leave nécessaire.

Le 24 janvier 2005, la MWF a ainsi soumis au CEB un rapport où elle souligne un certain nombre de risques environnementaux. Selon ses observations, "although much of the forest of Tamarind Falls is degraded, due to poor land management and invasive species", certaines parties de cette zone abritent néanmoins plus d'une soixantaine espèces végétales indigènes, incluant quatre espèces que l'on ne trouve qu'à Maurice et qui sont classées sur la liste internationale des espèces menacées de disparition. C'est le cas notamment du Psiadia cateractae, dont cette zone abriterait les quatre seuls spécimens répertoriés dans le monde entier. Deux des bases projetées se trouveraient ainsi dans une zone sensible abritant deux de ces espèces en danger, nommément l'Albizia vaughanii et le Polyscias gracilis. La MWF fait aussi ressortir que les Tamarind Falls abritent la rare crécerelle, mais aussi l'autre espèce en danger qu'est la grosse cateau verte, sans oublier des espèces endémiques comme la chauve souris frugivore et le pic pic. Un certain nombre de recommandations sont en conséquence formulées par la MWF pour limiter les risques potentiels.

Le EIA en question

Là où les choses se corsent, c'est lorsque des officiers de la MWF, notamment le botaniste Jean Claude Sevathian, apprennent, cette semaine, que le promoteur du téléphérique a débuté des travaux de déblayage et d'abattage d'arbres sur les lieux. Ce alors qu'il n'a encore soumis aucun rapport EIA et donc en l'absence de tout permis environnemental. Ce qui suscite une réaction immédiate. Les autorités sont alertées, et le ministère de l'Environnement et le département des Bois et Forêts est sollicité.

Mais le promoteur se montre serein. "Nous n'avons pas débuté de travaux. Nous avons juste dû faire un peu de défrichage pour faire les tests de sol qui sont requis pour pouvoir rédiger le EIA Report que nous comptons soumettre d'ici trois semaines. Nous sommes parfaitement conscients que cette région est très eco-sensitive, et c'est justement pour cela que nous avons choisi l'option du téléphérique pour pouvoir montrer aux gens la richesse naturelle qui existe là sans l'approcher de trop près pour ne pas y porter atteinte. Nous nous sommes de toute façon engagés, d'après les termes très stricts du lease qui nous a été octroyé, à réhabiliter la région toute entière, en y investissant, de notre poche, des dizaines de millions de roupies. Il faut comprendre que c'est dans notre intérêt de préserver, car sinon nous n'aurons rien à montrer. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons choisi la compagnie Garaventa comme partenaire, car c'est elle qui a procédé à l'aménagement du téléphérique de Table Mountain en Afrique du Sud, ce qui impliquait la préservation des 2 470 espèces rares qu'abrite cette région "" déclare Sam Seetaram.

Qui affirme par ailleurs que les plans initiaux ont été modifiés en fonction du rapport soumis l'an dernier au CEB par la MWF et que la base d'un des cinq mâts aurait été déplacée de façon à se situer à 40 mètres d'un arbre endémique.

A charge pour les autorités concernées d'assurer que ce projet peut effectivement être mis en place dans le respect le plus strict des normes environnementales.



Le Tourist Leisure Village: un concept novateur

Le projet de Seven Waterfalls Horizons comprend non seulement un téléphérique mais aussi, autour de son point de départ, à Closel Tamarind Falls, la création d'un Tourist Leisure Village d'un concept se voulant novateur.

"Nous avions déjà soumis des premiers plans en 2004, mais ils avaient été rejetés par les autorités qui avaient argué que la proportion de terrain vert et de terrain construit n'était pas balancée. Nous avons donc complètement revu ces plans et avons abouti au final à ce nouveau projet, qui implique seulement 25% de constructions, qui utiliseront uniquement du bois. Les officiers de l'Etat nous ont beaucoup aidé, pas pour faire des préférences, mais pour que nous aboutissions au right project à tous les points de vue" déclare Sam Seetaram.

Depuis plusieurs années, le promoteur y a entrepris des travaux de landscaping étendus et intensifs qui visent notamment à limiter l'importante érosion qui affecte cette région. Outre l'aspect nature qui vise à donner à ce lieu des allures de grand jardin où les familles pourront se promener, ce TLV inclut un Arts and Crafts Village où les visiteurs pourront voir les artisans au travail et participer à la création de certaines oeuvres; un Wildlife museum qui retrace l'histoire de la région; une re-création en miniature des Sept Cascades qui seront illuminées le soir; un lieu pour les plantes indigènes; un Japanese Garden "mauricianisé"; un Nature Walk sur pilotis; deux restaurants au milieu des arbres; et un mini-amphitéâtre qui accueillera les spectacles de tous les artistes intéressés.

Le projet ne prévoit pas cependant de overnight accomodation. "On ne séjourne donc pas au TLV, on y passe la journée ou la soirée ", soulignent les promoteurs.


À Rose-Hill, hier


Des centaines de participants à la marche contre l'homophobie

La marche contre l'homophobie, tenue hier à Rose-Hill, constitue, selon ses organisateurs, un pas en avant pour le respect du droit à l'orientation sexuelle et à la liberté des individus. Cette manifestation de soutien à l'égard des homosexuels, organisée par le Collectif Arc-en-Ciel, est considérée comme une réussite, les militants espérant un changement de mentalité de la part de la société.

Quelques centaines de personnes ont défilé dans les rues de Rose-Hill, hier, pour réclamer le respect à l'égard des homosexuels et de leur droit à la liberté dans leur orientation sexuelle. Entre une manifestation militante et une gay pride, dans une ambiance se rapprochant de celle d'un carnaval, la démarche du Collectif Arc-en-Ciel constitue un premier pas contre la discrimination, la stigmatisation, l'intolérance et le non-respect auxquels ont souvent droit les homosexuels. Une démarche citoyenne qui ne s'est pas limitée exclusivement aux concernés. Leurs proches, des militants des droits de l'homme et autres sympathisants à cette cause ayant aussi rejoint les rangs des marcheurs pour démontrer leur soutien. Les manifestants ont quitté le Plaza à 13h pour se rendre jusqu'au rond-point de Rose-Hill avant de regagner le point de départ.

Pour Jean-Luc Ahnee, président du Collectif Arc-en-Ciel, la manifestation a été une réussite: "Aujourd'hui, le débat est sur la place publique, et même au niveau des autorités il y a eu une prise de conscience." Selon ce dernier: "Il ne doit plus y avoir de citoyens de deuxième catégorie. Nous ne sommes pas là pour réclamer plus de droits pour les homosexuels. Nous sommes là pour que leurs droits soient respectés." La manifestation d'hier, estime-t-il, constitue un pas un avant et ouvre une nouvelle page dans l'histoire du pays. "Une page pour la liberté", dit pour sa part le ministre Rama Valayden qui était présent à la manifestation. "Je suis présent pour démontrer que je crois au fait que nous sommes tous égaux en droit, en dignité et en liberté", dit le ministre de la Justice qui a pris la parole avant le début de la marche. Ce dernier a toutefois tenu à mettre en garde contre les "esprits conservateurs." "Nous sommes là pour casser les préjugés et les tabous qui existent toujours au sein de la société", souligne Varen Andee, maire de Beau-Bassin/Rose-Hill qui s'est associé à l'initiative du collectif.

"Fier de mon fils"

"Love is not a sin." "Gay pas crime." "Je pense donc je suis." "Hétéro, gay tous égaux." "Droit à la différence.", étaient quelques-unes des inscriptions figurant sur les pancartes brandies par les participants à la marche. "Je suis venu parce que j'ai le droit de vivre ma vie librement. Je suis homosexuel et je ne vois pas en quoi cela peut déranger les autres", confie l'un des participants. "J'ai voulu apporter mon soutien à cette cause en signe de solidarité. J'ai des amis homosexuels et je suis au courant des brimades auxquelles ils ont souvent droit de manière injustifiée. Chacun est libre de choisir sa sexualité et le respect doit primer", ajoute un autre. "Fier de mon fils", telle est l'inscription brandie par Roselda qui a participé à la marche aux côtés de Patrice, son fils. "Je suis content de le voir heureux. Les enfants ont droit au bonheur et je demande aux parents de les soutenir", dit cette dernière à l'issu de la marche. Pour beaucoup, cette manifestation aussi été considérée comme: "Une grande fête de l'amour."

Hier soir, le Collectif Arc-En-Ciel avait prévu de poursuivre la fête par une soirée spéciale prévue en discothèque. En activité depuis un an, il compte revenir avec de nouvelles initiatives à l'avenir pour continuer le combat engagé. Jean-Luc Ahnee salue la décision du gouvernement de prendre en considération l'orientation sexuelle des individus dans le Equal Opportunity Bill actuellement en préparation. Toutefois, dit ce dernier, un travail reste à faire pour faire changer les mentalités au sein de la société.



Une marche dédiée à Ravinee et Gemma victimes d'intolérance

La manifestation d'hier a été dédiée à Ravinee et Gemma, deux lesbiennes qui ont récemment rencontré de sérieux problèmes avec leurs proches compte tenu de leur orientation sexuelle. "Quand nos parents ont appris que nous étions lesbiennes ils s'y sont opposés" racontent-elles. De fortes pressions ont été exercées sur les deux jeunes femmes, l'une ayant même été séquestrée pendant un mois et internée à l'hôpital psychiatrique de Brown Sequard pour des raisons injustifiées. Bénéficiant du support du Collectif Arc-en-Ciel, elles sont en communication avec des hommes de loi pour entamer une action en Cour. L'une d'elles disant avoir été menacée de mort par l'un de ses proches.


VIH & SIDA: Ce soir à Rose-Hill et à Mahébourg


Des bougies pour raviver la lutte

Des bougies seront allumées au Plaza et à Mahébourg ce soir en hommage aux 156 Mauriciens qui sont morts après avoir contracté le SIDA. Un message de soutien sera aussi envoyé à ceux qui vivent avec le virus. Cette démarche vise à combattre la stigmatisation et la discrimination imposées à certains par la bêtise persistante d'autres personnes.

Pour la première fois, Maurice participera à l'élan mondial qu'est l'International Aids Candlelight Memorial, marqué par 4 600 communautés dans 94 pays. Le public est invité à prendre part à une marche à la bougie qui quittera la Place Margéot, Rose-Hill, à 18h, pour le Plaza. Plusieurs artistes y reprendront des chansons et des poèmes ayant pour thème la solitude, la peur, le deuil, mais aussi l'espoir, l'amour et la solidarité. Une intervention du Premier ministre est aussi prévue, Navin Ramgoolam et plusieurs membres du gouvernement étant attendus. L'un des moments forts de la soirée sera la litanie des noms de ceux qui sont morts des causes liées au VIH. Des bougies seront allumées à leur mémoire. À souligner que les quatre radios du pays diffuseront une émission commune sur cette activité.

Cette manifestation est organisée par le Centre de Solidarité, PILS, Media Watch Organisation, Z'Enfants d'un Rêve, Grupman Solidarité Plaisance, Groupe Evazyon, avec l'étroite collaboration de la municipalité de Beau Bassin/Rose-Hill. À Mahébourg, la Mauritian Organisation on Drugs and Aids a prévu une activité similaire au Théâtre de Pointe Canon, de 17h à 20h. Des bougies seront aussi allumées sur la passerelle de Roche Bois.

Cette démarche vient aussi rappeler que s'il n'existe toujours pas de remède pour guérir du SIDA, il est possible de vivre avec le virus grâce au traitement existant. Toujours est-il que la majorité de ceux officiellement trouvés positifs a choisi de ne pas se soumettre au suivi médical, ce qui risque grandement d'aggraver leur situation. Dans cette lutte qui se veut permanente, soutien et solidarité restent primordiaux…


Vivre avec le VIH


Un combat au quotidien pour les proches

Face à la maladie d'un des leurs, ils ont décidé de le soutenir et le protéger des préjugés jusqu'au bout. Pourtant, disposés à se battre aux côtés de ce père ou de ce fils toxicomanes, vivant avec le VIH, ils se heurtent à leurs réticences… Depuis, leur vie est devenue un combat au quotidien.

Elle n'a pas senti la terre s'écrouler sous ses pieds quand elle a réalisé que son père, quadragénaire, avait peut-être contracté le virus du Sida. Ce dernier étant usager de drogues, elle savait bien qu'un jour ou l'autre, il aurait fini par être infecté par le VIH. "C'est ce qui se passe quand on partage ses seringues", lâche Delphine, comme pour faire une énième mise en garde. Ce ne sont pas les résultats du test de dépistage, confirmant les doutes de la jeune femme, qui l'ont bouleversée. Sensibilisée depuis longtemps sur les dégâts de la drogue et le VIH&Sida, elle mène, elle-même, un combat dans ce sens. Mais, concède-t-elle, "si le voisinage et d'autres personnes arrivent à connaître les réelles causes de son amaigrissement et de ses complications pulmonaires, ils réagiront brutalement. Lui qui est devenu squelettique, est souvent interpellé sur son physique. Il répond qu'il souffre de ses bronches." Il n'y a pas longtemps, raconte Delphine, ses voisins avaient jeté à la rue des effets appartenant à leurs locataires, qui étaient indésirables dans la région parce qu'ils étaient porteurs du virus du Sida !

Tout comme Delphine, la stigmatisation, c'est ce que craignent aussi Yvette et Roger quand ils parlent de leur fils, Xavier. "Pourtant, tout le monde ou presque dans la rue où nous habitons doit savoir qu'il a été contaminé. Car son cercle d'amis ne comprend que des toxicomanes qui présentent des signes de l'infection. Aujourd'hui, les gens savent que la toxicomanie est étroitement associée au Sida. Mais nous ne pourrons jamais dire ouvertement que notre fils est porteur du virus. Dans notre région, la mentalité n'a pas évolué lorsqu'il s'agit du Sida. Chez nous, les gens pointent du doigt les personnes vivant avec le VIH", explique Yvette. Il y a quelque mois, Xavier, la vingtaine, apprend à ses parents qu'il est porteur du virus. Contrairement à ses attentes, le jeune homme constate qu'ils restent calmes. "Notre première réaction a été de lui dire que nous le soutiendrons jusqu'au bout", dit Roger. "Et que nous allons combattre à ses côtés", ajoute son épouse.

"Son indifférence nous fait tellement mal"

Delphine a été la première à proposer son soutien à son père. Dès lors, avance-t-elle, elle s'est engagée dans un douloureux combat. "En décembre dernier, lorsque j'ai appris qu'il portait le virus, j'ai choisi de ne pas en parler à ma famille. Je ne savais pas comment m'y prendre. Mon père nous ayant fait tellement souffrir à cause de la drogue, je pensais que la famille allait le rejeter. Lui ne voulait pas que j'en parle aux autres, parce qu'il avait honte. Lui qui pointait du doigt les personnes infectées, le voilà lui-même porteur du virus ! Il y a quelques semaines, lorsqu'il est tombé très malade, j'ai dû révéler son état de santé à ma mère et mes sœurs. Nous en avons longuement discuté et elles ont accepté de le soutenir. Mais je n'étais pas au bout de mes peines", confie la jeune femme.

Malgré la détérioration de sa santé, son père, qui est devenu invalide n'abandonne pas la drogue. "Et c'est cela qui complique tout. Il oublie alors qu'il a le Sida ! Sa principale préoccupation reste la drogue. Lorsqu'il est en manque, il nous rend la vie impossible. Il réclame de l'argent pour s'en procurer. On ne lui en donne pas et il devient irascible. Il nous empêche de dormir le soir !"

Lorsque la fièvre, la diarrhée et d'autres complications ne le forcent pas au lit, il retrouve la rue et ses compagnons toxicomanes. "Parallèlement aux médicaments qui lui sont prescrits pendant son traitement, il prend de la drogue. Lui faire comprendre qu'il est malade ne sert à rien. Pourtant, lorsqu'il est alité et qu'il ne peut bouger, nous déployons tout un effort pour nous occuper de lui et assurer son hygiène. Nous lui rappelons que nous lui accordons de l'attention, mais il en est indifférent. Son indifférence nous fait tellement mal. Pire, il nous dit qu'il finira par mourir. Qu'il se drogue ou pas malgré sa maladie, cela n'a pas d'importance pour lui."

Delphine explique que son combat auprès de son père ne s'arrête pas à la maison. "Mais aussi à l'hôpital", dit-elle. "Lorsqu'il y a été admis une première fois, il a été laissé à lui-même, malgré le fait qu'il ne pouvait rien faire. Tout simplement parce qu'il a le Sida ! J'ai été choquée par le langage du personnel. Très malade, il a eu sa décharge le jour même de son admission. J'ai dû entamer des démarches pour qu'il soit admis dans un autre hôpital. Ce n'était pas mieux…" Depuis, son père refuse de se faire soigner lorsqu'il ne se sent pas bien, tout comme il refuse de révéler sa situation à la femme qu'il voyait depuis qu'il ne partage plus la vie de son épouse. "Je suis inquiète. Elle est certainement infectée", dit Delphine.

"Il est plus facile de soutenir un fils porteur du virus que d'avoir un fils toxicomane."

Comme Delphine, Yvette et Roger souhaitent, plus que tout, que Xavier abandonne la drogue. "Il est plus facile de soutenir un fils porteur du virus que d'avoir un fils toxicomane", concède Roger. Le visage marqué par la tristesse, le père de Xavier raconte que celui-ci ne travaille plus depuis plusieurs années. "Il n'a jamais voulu nous dire comment il a contracté le virus. D'ailleurs, il n'en parle pas. Nous avons une idée, vue ses fréquentations".

Incarcéré pour possession de drogue, le jeune homme a souvent des démêlés avec la police pour les mêmes raisons. "Son train de vie nous a complètement démolis. Il ne s'en rend pas compte. Nous allons travailler le matin avec des craintes dans la tête. La peur qu'il soit fouillé par la police - comme cela arrive souvent -, qu'on lui presse la gorge pour qu'il restitue de la drogue, qu'on le brutalise", confie Yvette. "S'il se retrouve en prison ou dans une situation où sa maladie peut le rendre encore plus vulnérable, nous en serons très inquiets", ajoute Roger.

À ce stade de la maladie, Xavier ne requiert pas de traitement médical. Mais lorsqu'il tombe malade, il évite les hôpitaux "pour ne pas être maltraité parce qu'il est toxicomane et porteur du virus". Alors, il se rabat sur les antibiotiques et autres anti-douleurs à portée de main. "Parfois, quand il ne peut plus contenir la douleur, il se rend au dispensaire", précise Yvette. "Mais c'est dans la souffrance que je retrouve mon fils. Lorsqu'il est rongé par la fièvre et d'autres maladies causées par le Sida, il redevient humain. Lorsqu'il se drogue, il n'existe que pour lui et nous rend la vie dure", dit-elle encore. "Je lui ai dit que sans un traitement, il diminue ses chances de vie. À maintes reprises, je lui ai dit de prendre exemple sur Nicolas Ritter. Mais en vain. Je préfère alors me mettre en tête qu'un jour mon fils partira", regrette le père de Xavier.



Pension allouée aux PVVIH: L'aide financière ne sera plus automatique

Prochainement, la pension mensuelle de Rs 2 025 prévue pour les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sera accordée selon les cas. Depuis quelques années, elle est versée à tous ceux trouvés positifs lors des tests de dépistage, et après requête. Satish Faugoo annonce qu'une nouvelle formule est actuellement à l'étude, le gouvernement préconisant de venir en aide à ceux qui sont réellement dans le besoin.

À l'origine, les autorités, à travers la Sécurité sociale, avaient décidé d'allouer cette pension aux PVVIH dans un contexte où l'État ne dispensait pas de traitement aux anti-rétroviraux. La tri-thérapie est disponible gratuitement à Maurice depuis quelques années maintenant. Ce qui rend le soutien financier obsolète. Le traitement médical dispensé à Maurice permet dans une large mesure aux personnes touchées par le virus d'avoir une vie normale; donc, des activités professionnelles.

Par ailleurs, l'allocation de cette pension a aussi occasionné des abus de la part de quelques usagers de drogues par voie intraveineuse. Certains se seraient volontairement contaminés pour en bénéficier. L'argent étant alors principalement utilisé pour leurs besoins en drogues.



VIH & SIDA: les faits

Officiellement, 2 172 Mauriciens ont été testés positifs de 1987 à mars 2006. Pour ce qui est des modes d'infection, 71,6% concernent des usagers de drogues par voie intraveineuse, 17,6% des hétérosexuels, 7,8% des victimes du commerce sexuel/toxicomanes, 0,9% des homosexuels, 0,6% des enfants infectés par leurs mères et 1,5% pour des raisons indéterminées. Depuis 2003, le partage de matériel d'injection entre usagers de drogues est le principal facteur de contamination à Maurice.

Depuis 1987, 156 personnes sont mortes des causes liées au SIDA. Le traitement à Maurice est dispensé depuis 2002.



Mères/enfants

Cinq femmes enceintes ont été trouvées positives au VIH de janvier à mars 2006. 31 l'avaient été en 2005, 18 en 2004, 15 en 2003… Ces cas ont été révélés grâce aux tests de dépistage qui sont automatiquement réalisés sur les femmes suivant un traitement prénatal dans les centres de santé publics. Depuis le début de l'épidémie, 102 femmes enceintes ont été trouvées positives au VIH grâce à cette pratique. Ce qui a alors permis aux services concernés de leur donner un traitement afin d'éviter la contamination de leurs enfants. Ces derniers sont susceptibles de contracter le virus au moment de l'accouchement ou par le lait maternel. Des 88 bébés qui ont par la suite été testés, trois ont été trouvés positifs. Leurs mères, comme 20 autres, avaient choisi de ne pas suivre le traitement dispensé.

Depuis 1987, douze enfants au total ont été trouvés positifs au VIH. Deux sont décédés.


Mark Stirling, directeur de l'ONUSIDA


"Mauritius is highly vulnerable"

En visite officielle à Maurice durant la semaine écoulée, Mark Sterling, directeur de l'ONUSIDA, est allé à la rencontre des différents partenaires engagés dans la lutte contre le VIH&SIDA. Il leur a recommandé de tout mettre en œuvre pour arrêter l'épidémie, le pays, dit-il, étant très vulnérable. Tel est le défi mauricien tandis qu'un nouveau plan d'action est en préparation.

Face au VIH&SIDA, "Mauritius is highly vulnerable", prévient Mark Stirling. Tel est le constat fait par le directeur de l'ONUSIDA après s'être penché sur le dossier mauricien et après avoir rencontré les différents partenaires engagés dans la lutte: membres du gouvernement, représentants des ONG, personnel de la santé, et d'autres personnes. Un constat qui s'appuie sur un fait: en dépit des efforts entrepris, la hausse dans les nouvelles contaminations reste significative. Pour rappel, depuis l'apparition du premier cas rapporté en 1987, les chiffres ont constamment été revus à la hausse. Ces derniers temps, le nombre total allant jusqu'à doubler année après année.

D'où l'appel lancé par Mark Stirling pour que des actions soient lancées afin d'arrêter l'épidémie. Le directeur de l'ONUSIDA recommande une approche soutenue auprès des usagers de drogues par voie intraveineuse, des victimes du commerce sexuel, des prisonniers et autres communautés de personnes ayant un comportement à risques. Des investissements sont nécessaires à différents niveaux de la société pour combattre cette situation, fait-il ressortir. Mark Stirling préfère ne pas se prononcer sur ce que pourraient être les conséquences d'un éventuel laxisme dans la lutte. Il estime, cependant, que lorsqu'on se rend compte de la dimension prise par le SIDA dans certains pays, des chefs d'État doivent aujourd'hui regretter de ne pas avoir réagi à temps.

Lutte contre l'épidémie: le défi

Le défi mauricien dans son prochain plan d'action sur le VIH&SIDA sera de trouver une stratégie efficace pour combattre l'épidémie, recommande Mark Stirling. L'élaboration de ce nouveau plan a fait partie de la discussion qu'il a eue jeudi avec le Premier ministre, les ministres de la Santé, de la Justice, de la Femme, entre autres. Le directeur de l'ONUSIDA laisse comprendre que la lutte contre le VIH devrait faire partie des priorités du pays. Il rappelle que la volonté des dirigeants est appelée à se refléter dans le travail des différentes branches du secteur public. Un vibrant appel est aussi lancé au secteur privé, de même qu'aux médias, pour que tout un chacun prenne un engagement réel et participe à un effort collectif contre le SIDA.

Comme recommandé internationalement, Mark Stirling se dit convaincu que la lutte doit surtout bénéficier d'une approche multisectorielle. L'ensemble des initiatives est appelé à se faire dans un même cadre et de manière concertée. D'où la nécessité d'un réel leadership contre le VIH&SIDA. Ce qui fait du National Aids Committee le fer de lance du combat. Présidée par le PM, cette structure a pour responsabilité de définir les stratégies à être lancées dans le cadre du plan d'action. Le document actuellement en préparation viendra remplacer le National Aids Strategic Plan 2001/2005, dont les retombées sont actuellement étudiées.


VIH & Sida dans les médias


Week-End et les autres titres du groupe Le Mauricien au-dessus de la moyenne régionale

Les médias mauriciens ne consacrent que 1% d'espace au VIH/SIDA. Dans la région, la moyenne est de 3%. À Maurice, Week-End se démarque avec 7%, Week-End/Scope, 5%, et Le Mauricien 4,2%. Les autres médias (journaux, radios, télévision) locaux étudiés affichent un score qui va de 0% à 2%. En matière de couverture accordée au VIH & Sida, la presse mauricienne, comparée à celle de 11 pays de la région, a un retard considérable à rattraper. Maurice se retrouve en effet en dernière position. C'est ce qu'indique le rapport, HIV and Aids and Gender Baseline Study (Mauritius), lancé, vendredi dernier, au Media Trust.

Cependant, le rapport souligne que malgré ce faible pourcentage, la presse mauricienne se démarque de ses quelque 107 confrères du Botswana, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe, par la qualité de ses reportages et autres comptes rendus sur le sujet. Ainsi, il revient également que 80% des sujets traités dans la presse locale étaient axés exclusivement sur le VIH & Sida, comparé à 36% au Botswana.

Le monitoring de la presse écrite (quotidiens et hebdomadaires) et parlée (privée et nationale) du pays a été conduit à Maurice, en octobre et novembre 2005, par la Media Watch Organisation. La télévision nationale se positionne à la quatrième place avec 2%, talonnée par l'express, Le Matinal, Radio One et Radio Plus, avec 1%. Le Défi, 5-Plus et la MBC Radio n'ont pas traité le sujet pendant cette période.

L'étude concernant Maurice révèle que 71% des sources sont des hommes et que seulement 5% des interlocuteurs vivent avec le VIH & Sida (légèrement au-dessus de la moyenne dans la région, qui est de 4%). Aussi, les sujets ciblent en premier lieu la prévention, l'aspect plus généralisé de la pandémie, le traitement, les soins, respectivement.

Le rapport souligne un point positif pour Maurice. "On the positive side, far more than in the rest of the region, the majority of stories on HIV and Aids in Mauritius are original stories reported by journalists, as opposed to being obtained by/from agencies and guest writers (96% in Mauritius compared to 77% in the rest of the region). This suggests that media houses are investing human and financial resources in covering the pandemic."

Au chapitre du genre, il est dit que 68% des auteurs d'articles, reportages, etc., sont des femmes (la moyenne dans la région étant de 45%). Mais, selon le rapport, "the gender dimensions of the epidemic are not receiving sufficient coverage".

Le rapport régional HIV and Aids and Gender Baseline Study, qui est un document étoffé abordant différents aspects en matière de couverture médiatique sur la pandémie du VIH & Sida, est soutenu par des chiffres fort indicatifs. Cette étude, rappelait la présidente de MWO, Loga Virahsawmy, est une première dans la région. Celle-ci, menée par le South African Editors Forum (SAEF), a bénéficié de l'apport de plusieurs organisations: Gender Links, Media Institute of Southern Africa, ONUSIDA, Media Monitoring Project, entre autres.

Intervenant avant le lancement officiel du rapport sur Maurice, le ministre de la Justice et des Droits Humains, Rama Valayden, a déclaré que "le combat contre le VIH & Sida ne relève pas uniquement de la volonté d'un parti politique ou du gouvernement. Il y a une tendance à croire que le gouvernement seulement peut combattre la pandémie". Le ministre a plaidé pour une synergie dans la lutte contre le VIH & Sida, et n'a pas manqué de saluer l'effort de PILS dans ce sens.


Terres spoliées


Land Restitution Commission: aucune réelle volonté politique !

Un des très grands défauts des hommes politiques, avait fait remarquer un jour Randall Robinson, un leader militant pour l'avancement de la cause des Noirs aux États-Unis, "c'est que, c'est seulement lorsqu'ils se retrouvent dans l'opposition qu'ils cherchent à obtenir du gouvernement des lois ou des mesures progressistes qu'eux-mêmes ont hésité, sinon carrément refusé, d'appliquer lorsqu'ils avaient en main les leviers du pouvoir". Robinson avait fait cette observation lorsque l'ancien président américain Jimmy Carter, s'opposant à des mesures de boycott économiques contre l'Afrique du Sud raciste de l'apartheid, les jugeant trop radicales, essaya de suggérer d'autres solutions timorées, susceptibles d'être plus efficaces, selon lui. "Fermez-la M. Carter ! Lorsque vous étiez président, votre gouvernement n'a rien fait pour ces pauvres Noirs qu'on massacre. Ce n'est pas maintenant que vous êtes redevenu simplement Mister Carter que vous allez y changer quoi que ce soit", avait répliqué l'irrévérencieux Robinson. C'est le même mélodrame que nous font vivre les députés de l'opposition, ceux du MSM comme ceux du MMM, boutés du pouvoir depuis les dernières élections, quand ils reviennent à chaque fois avec des interpellations au sujet de la Land Restitution Commission et la revendication de terres spoliées.

La question posée la semaine dernière à l'Assemblée nationale par le troisième député de Port-Louis/Montagne Longue, Mahen Jugroo (MSM), ayant trait à la revendication de propriété d'une famille mauricienne établie en Australie sur l'îlot Bénitiers - question inspirée d'un récent article de Week-End consacré à ce sujet - appelle deux conclusions. Soit le député MSM a voulu y trouver une occasion pour embarrasser le gouvernement de l'Alliance sociale qui a retourné à la famille Nubhebaccus le bail que celle-ci détenait sur l'îlot et que l'ancien régime MSM-MMM avait annulé; soit le député Jugroo est réellement partisan de la démarche initiée sous l'ancien régime visant à considérer la mise sur pied d'une Commission pour la restitution des terres à de nombreuses familles qui se plaignent d'avoir été dépossédées injustement. Nous préférons ne pas attribuer des intentions opportunistes au député Jugroo, en optant pour la deuxième hypothèse. Mais cela permet justement de constater comment la réflexion de Randall Robinson est pertinente dans sa critique du comportement des politiques.

Le MSM, au sein duquel le député Joe Lesjongard attache une très grande importance à la Land Restitution Commission, pour avoir piloté l'idée au temps où Paul Bérenger le considérait comme le meilleur ministre de son gouvernement, doit maintenant amèrement regretter d'avoir permis à son partenaire MMM de différer l'institution de cette commission après les élections générales de juin de l'année dernière en comptant sur une hypothétique victoire, alors que tous les sondages sérieux prédisaient sa défaite cuisante. Or, au moment où les conditions étaient propices, un vote parlementaire à majorité simple aurait suffi pour que ladite Commission devienne une réalité. L'Alliance sociale aurait été bien gênée ensuite de la dissoudre. De qui donc avait peur l'ancien régime MSM-MMM pour qu'il ne passât pas de la parole aux actes, d'autant que le président de la Land Restitution Commission, l'ancien juge Ahnee, avait déjà soumis son rapport en faveur de la Commission ?

Le côté creux d'un slogan

On peut surtout constater maintenant comment le manque de constance de l'ancien gouvernement MSM-MMM fait payer cher à ceux qui comptaient sur une telle commission de restitution pour obtenir justice. L'actuel ministre du Logement et des terres, Asraf Dulull, dès novembre de l'année dernière, lorsqu'il a été interpellé par le député MMM Alan Ganoo, a fait savoir qu'il ne voit pas "la pertinence d'une Land Restitution Commission et que cette commission pourrait se révéler un éléphant blanc parce que son ministère n'était en présence d'aucune plainte de revendication". Selon M. Dulull, "ce n'est pas non plus au gouvernement de payer à la place des autres".

Au député Jugroo, le Premier ministre a répondu qu'"Ilot Bénitiers est la propriété légale du gouvernement mauricien depuis août 1859 et en a fait l'acquisition d'une dame Frichot (Delle Fayot)". Cependant, bien qu'il donne force détails qui semblent inattaquables sur cette propriété gouvernementale, Navin Ramgoolam a laissé une porte ouverte en ajoutant que si quiconque détient des éléments pouvant contester son affirmation, il peut toujours recourir à la justice… Or, bien que la famille mauricienne établie en Australie ne soit pas pauvre, elle n'est pas assez riche pour pouvoir mobiliser des sommes astronomiques que lui réclament des notaires et avoués pour initier un procès en justice contre l'État, et surtout contre des individus qu'elle soupçonne d'avoir détourné ses biens ancestraux dans plusieurs régions de Rivière Noire.

À notre avis, s'il fallait un exemple pour démontrer que le slogan "bizin changement", qui a permis à Navin Ramgoolam de revenir au pouvoir, avait un côté creux, le refus du gouvernement d'instituer cette Land Restitution Commission en est un de flagrant. Le cas de cette famille qui vit en Australie n'est qu'un parmi des centaines d'autres déjà connus pour avoir été répercutés dans la presse. Il se pourrait même qu'il ne tienne pas la route juridiquement pour des raisons de prescription, entre autres. Mais, en refusant de s'engager dans un effort de transparence, l'actuel gouvernement fait le jeu d'accapareurs de terres malhonnêtes. L'État abandonne ainsi à leur sort - nous pouvons l'affirmer - des centaines de familles qui ne seront jamais capables de déposer sur la table des millions de roupies que des avoués et notaires sans scrupule leur exigent, ne serait-ce que pour commencer des recherches en vue de retracer leurs terres volées, spoliées depuis des années, très souvent à travers magouilles, etc. Des avoués réclament parfois jusqu'à 80% des biens spoliés dans l'éventualité que ceux-ci soient récupérés. Or, la non assistance financière et légale à citoyen dépossédé et nécessiteux dans son combat contre la puissante machine de l'État, mais surtout contre de puissantes compagnies, sociétés et organisations mafieuses qui se sont enrichies, porte un nom: c'est de la complicité dans la dépossession de bien d'autrui. Un État, un gouvernement qui dit œuvrer pour la justice, a le devoir de créer des institutions pour soutenir les revendications des plus faibles !

Plaidoyer pour ouvrir un desk

Le gouvernement prétendument socialisant de Navin Ramgoolam étonne quand son ministre affirme "qu'il n'existe aucune plainte officielle", aucune revendication contre la spoliation d'immenses étendues de terres. Si tel devait être effectivement encore le cas, que le ministère du Logement et des Terres fasse alors un simple exercice: qu'il mette sur pied un desk crédible chargé d'enregistrer ce genre de plaintes. Nous sommes convaincus qu'en l'espace de quelques jours, il verrait défiler une longue queue de gens qui, documents du bureau de l'Enregistrement en main, viendraient se plaindre d'expropriations douteuses. Cela nous étonnerait encore plus qu'il n'y ait aucun prima facie case.

Dans cette affaire d'expropriation, tout n'est, après tout, qu'une question d'une réelle volonté politique. L'ancien régime MSM-MMM n'en avait pas suffisamment, et l'actuel gouvernement de l'Alliance sociale, lui, n'en a aucune…



De nombreux cas déjà connus en attente d'un règlement

Le 4 novembre 2004, le Conseil des ministres, alors présidé par Paul Bérenger (MMM), avec pour vice-Premier ministre Pravind Jugnauth, donna son accord de principe pour la mise sur pied d'une Commission pour la restitution des terres. Cette commission devait être calquée sur le modèle sud-africain, ceci dans le but d'aider les personnes qui n'ont pas les moyens financiers, ont des difficultés intellectuelles, entre autres, et qui ont, toutefois, de sérieuses revendications de propriétés à faire, afin qu'elles récupèrent leurs biens. Il était toutefois précisé que les revendications frivoles qui feraient perdre du temps à ladite commission seraient sanctionnées. Le gouvernement MSM-MMM alla même jusqu'à nommer les membres de la commission: l'ancien juge Robert Ahnee (président), Jocelyn Chan Low (alors président du Centre culturel mauricien), Mme Vijaya Teeluck (présidente de l'Aapravasi Ghat), Mme Jotee Jeetun (alors directrice du Sugar Investment Fund) et un représentant du ministère des Terres et du Logement.

Beaucoup avaient estimé que la démarche de l'ancien régime était plus une réponse politique à l'engagement pris par l'Alliance sociale lors d'un meeting conjoint avec le MMSM, le 1er octobre de la même année, que chaque famille non propriétaire obtiendrait un lopin de terre pour se construire une maison. Toujours est-il que la commission entreprit une mission de trois jours pour étudier le cadre juridique sud-africain, notamment comment ce pays avait fait pour rétablir dans leurs droits les personnes dépossédées de leurs biens à l'époque de l'apartheid. Le rapport ne fut pas totalement à la hauteur des espérances de nombreuses familles lorsque la Commission conclut que le problème de la spoliation des terres à Maurice n'a pas la même ampleur que chez nos voisins sud-africains. Cependant, bien que la commission Ahnee exprimât des doutes également sur la légalité de mesures de redressement avec effet rétroactif par rapport aux règles de prescription, elle maintint, néanmoins, la nécessité d'assister des personnes ayant des réclamations de propriété authentiques à faire.

Il faut rappeler aussi que, avant, pendant et après l'institution de la commission Ahnee, un nombre conséquent de revendications se faisait entendre. Parmi, on relève les suivantes:

- La famille Pedalloo réclame plus de cinquante arpents dont elle affirme être propriétaire entre Coromandel et Chebel, ainsi que d'une vingtaine de terrains dans le centre-ville de Port-Louis.

- Les familles Pierre Louis, Sanssouci et Dumazel réclament près de 500 arpents à Pointe aux Piments.

- La famille Capiron cherche à récupérer 175 arpents à Roche Bois.

- La famille Camangue se bat, elle, contre un organisme d'État pour reprendre contrôle de 12 arpents de terres à La Flora.

À Rodrigues également, les revendications de propriétés suspectées avoir été spoliées sont faites, notamment à Grand-Baie.


Journée mondiale des Télécommunications


MT fête ses 10 ans d'Internet

Pour fêter la Journée mondiale des Télécommunications, Mauritius Telecom (MT) a remis un prix à son 10 000e abonné à l'ADSL, Mme Indrani Boyroo. C'était également l'occasion pour faire le bilan des infrastructures et services mis en place depuis l'accès à l'Internet. MT a aussi remis un chèque à la Commission de la Jeunesse et des sports de l'Océan Indien en vue des prochains jeux.

L'Internet a parcouru un long chemin depuis 10 ans. Grâce à Telecom Plus, les Mauriciens découvraient en 1996 l'accès à l'Internet, avec une connexion de 14,4 kbps. Elle l'offre désormais à 1 mbps, ce qui représente une avancée considérable. Depuis l'arrivée de l'ADSL, le nombre d'abonnés est passé de 2 000 en janvier de l'année dernière, à 10 000. Indrani Boyroo, la 10 000e abonnée à l'ADSL, a été récompensée, en recevant une connexion ADSL de 1 mega, ainsi qu'un service WIFI et d'autres présents.

Dans son discours, le Chief Executive de MT a rappelé la politique tarifaire, qui, selon lui, démontre le souci de démocratiser l'accès à l'Internet à haut débit, citant les baisses dans les tarifs. À ce jour, Telecom Plus compte 70 000 abonnés, dont 10 000 pour l'ADSL. "À MT, nous évoluons au fil des nouvelles technologies", a souligné Sarat Lallah. Ce dernier a longuement mis l'accent sur le développement constant de l'architecture du réseau de MT. "Nous avons investi massivement dans différentes liaisons internationales, satellitaires et à travers le câble SAFE, afin d'assurer une excellente qualité de service", a-t-il souligné. La bande passante internationale est régulièrement augmentée pour mieux s'adapter aux besoins des clients. Actuellement à 190 Mbit/s, elle passera à 220 Mbit/s d'ici quelques mois.

Le Chief Executive a également profité de cette occasion pour saluer l'intérêt soutenu que porte le ministre de la Technologie informatique au projet EASSY. Etienne Sinatambou a, lors de son allocution, rendu hommage à Sarat Lallah, qu'il a cité comme le "premier ministre des Télécommunications" à avoir libéralisé les Télécoms. "Neuf ans après, nous récoltons les fruits de cette libéralisation", a souligné le ministre. Ce dernier a aussi mis en exergue les différentes baisses tarifaires, s'agissant des appels locaux, internationaux et de l'Internet, rappelant aussi que le Premier ministre veut d'une société inclusive.

Dans le cadre de son parrainage des 5es Jeux de la Commission de la Jeunesse et des sports de l'Océan Indien, MT a également remis un chèque à la CJSOI. Sylvio Tang a, pour sa part, rappelé que MT est connu pour sa rigueur et son sérieux. "Ces jeux, qui vont coûter Rs 13 m, seront financés à hauteur de Rs 8 m par l'État", a-t-il précisé. Un appel est lancé au secteur privé pour qu'il apporte son aide en termes de financement à cet événement sportif qui va réunir un millier de jeunes de la région de l'océan Indien.

Mauritius Telecom a marqué cette journée à travers plusieurs activités destinées au public. Outre la journée portes ouvertes au Teleshop de Telecom Tower, les employés de MT ont également participé à une collecte de sang. Le thème choisi pour cette journée était: "Promouvoir une cybersécurité mondiale".


Produits alimentaires pour bébés


Les compagnies s'expliquent

Dans notre édition de la semane dernière, l'article "Produits alimentaires", nous avons mentionné le fait que les produits Nestum et Cérélac, distribués par Nestlé Products avaient été enlevés des étagères, pour des questions de sécurité alimentaire. Par ailleurs nous évoquions le fait que les produits de la marque Phosphatine, distribué par Tea Blenders Ltd n'avaient pas été livrés dans la région de Pointe-Aux Sables et que cela laissait la place aux interrogations. Les deux compagnies se sont expliquées par le biais de commmuniqués cette semaine.

Phosphatine, juste un problème de rupture de stock

Il se confirme bel et bien que les produits Phospatine ont été absents chez au moins un commerçant de la région de Point-aux-Sables, ce qui a malheureusement créé une confusion chez certains de nos lecteurs. Cela n'a en fait rien avoir avec des raisons sanitaires mais simplement un problème de rupture de stock.

Roland Hein, directeur de la compagnie Tea Blenders Ltd a souhaité faire une mise au point par rapport à l'article de la semaine dernière. Selon lui, la non-disponibilité de Phosphatine dans la région de Pointe-aux-Sables, était due à un problème d'approvisionnement. Il donne l'assurance aux clients que le produit Phosphatine ne connaît aucun problème actuellement. "Nous n'avons aucun problème avec le Phosphatine", a-t-il déclaré. Il souhaite dans ce sens rassurer ses clients, pour que ces derniers n'aient aucune méfiance face à ce produit pour bébés. Phosphatine, qui est fabriqué par Danone, selon des normes extrêmement strictes est spécialisé dans la santé nutritive.

Nestum et Cérélac: emballages endommagés

Par contre, la direction de Nestlé Products a annoncé par le biais d'un communiqué que les produits Nestum et Cérélac, dont elle est le distributeur agréé, a rencontré des problèmes, d'où la nécessité d'enlever les produits abîmés des étagères. Selon Nestlé, le problème est dû à un remplissage à haute vitesse, durant lequel certains sachets n'ont pas été correctement scellés, entraînant dans certains cas le déversement accidentel d'un peu de produit entre le sachet et la boîte. Ceci a eu pour résultat, la présence de charançons, qu'on appelle "gons", et est impropre à la consommation. "Une telle situation, considérant le transport maritime et le taux d'humidité existant à Maurice, pourrait éventuellement occasionner une détérioration des produits", cite le communiqué. Pour respecter les normes de qualité, Nestlé a de ce fait pris la décision d'enlever tous les produits Nestum et Cérélac, et de les remplacer. Les consommateurs en possession des produits qui ne sont pas correctement scellés, sont priés de retourner les produits, pour être échangés.


Améliorer l'employabilité des jeunes et des femmes


Microsoft finance un projet de formation

Microsoft Océan Indien a signé un Memorandum of Understanding avec le British Council en vue d'assurer la formation de formateurs en informatique, dans le cadre du projet plus vaste d'aide et d'insertion sociale. L'objectif premier du projet est d'augmenter les possibilités d'embauche des jeunes et des femmes, chômeurs ou ceux qui ont un emploi précaire, en vue de combattre la pauvreté. Cette signature a eu lieu au siège de l'ONG SOS Poverty à Vallée Pitot.

L'accord de ce partenariat porte sur un montant d'environ Rs 1,2 m, que Microsoft investit pour la formation de 250 formateurs. Ces formateurs auront ensuite pour mission d'assurer l'initiation informatique des jeunes et des femmes des quartiers défavorisés. La pauvreté est une des grandes priorités de la communauté internationale. Bien que Maurice ait fait une grande avancée économique, certaines régions - comme Vallée Pitot, connue comme une région démunie de la capitale - ne parviennent pas à suivre le développement.

Parmi les nombreuses causes de la pauvreté, le chômage et la précarité de l'emploi restent celles qui affectent le plus les femmes et les jeunes. SOS Poverty a été constitué pour faire face à cet enjeu à Maurice, plus particulièrement dans la région de Vallée Pitot. Cette organisation opérant dans le réseau du National Youth Council, sous le parrainage du British Council, s'est ainsi proposée pour la mise en œuvre d'un projet de formation de formateurs pour l'initiation à l'informatique. Ces derniers formeront ensuite les chômeurs et autres sous-employés à acquérir des notions informatiques de base, augmentant ainsi leur chance d'embauche.

Au début, SOS Poverty aura accès à un centre mis à sa disposition par le ministère de la Jeunesse et des Sports, et qui sera équipé par le British Council dans le cadre de son projet Connect Youth. L'association pourrait ensuite opérer d'autres centres et bénéficier d'autres dons d'ordinateurs à travers un programme massif d'initiation à l'informatique.


Lancée par Phœnix Beverages


Une nouvelle eau pétillante sur le marché

Dasani, c'est la nouvelle marque d'eau pétillante que vient de lancer le Phœnix Beverages Group. Du latin qui veut dire "procurer la santé", Dasani vient compléter la gamme de produits de la compagnie en terme d'eau - elle produit déjà Crystal - et cible surtout les hôtels et restaurants.

Le slogan choisi par la compagnie Phœnix Beverages pour cette nouvelle eau pétillante est "Chaque jour. Faites-vous du bien". Selon la compagnie, Dasani est une marque globale du numéro un mondial des boissons, et aussi la deuxième marque mondiale d'eau embouteillée. Phœnix Beverages tient à faire ressortir que Dasani ne vient pas remplacer, mais compléter, la gamme d'eau de la compagnie, qui propose déjà la marque Crystal. Selon les promoteurs, cette eau devrait se positionner pour un marché plus sophistiqué, à savoir un consommateur sensible à son style de vie et soucieux de son bien-être quotidien.

Déjà sur le marché, Dasani est mise en vente en supermarchés et hypermarchés, mais cible surtout le marché Hôtels-Restaurants-Cantines. La technologie utilisée autour de la création de cette eau pétillante est celle de l'Osmose Inversée, qui est unique à Maurice et exclusive aux embouteilleurs de Coca-Cola. La technique est de "démélanger" l'eau par l'application de la pression d'une membrane, qu'on peut qualifier d'ultrafiltration.

Lancée pour la première fois aux États-Unis en 1999, Dasani y a, depuis, conquis la première place et a même traversé les frontières, touchant les marchés canadien, brésilien, indien et singapourien. Maurice est le premier pays de la région d'Afrique à lancer cette marque. Les prix fixés pour cette eau sont de Rs 14 pour le logement de 50 cl et de Rs 18 pour le litre.


Art of Living Society


Sri Sri Ravi Shankar à Maurice

Les membres de la branche locale de la Art of Living Society accueillent, du 25 au 28 mai, Sri Sri Ravi Shankar, le fondateur du mouvement et le concepteur du Sudarshan Kriya, une méthode de respiration-purification visant au bien-être physique et spirituel.

Le maître spirituel du mouvement arrive le jeudi 25 mai. Il rencontrera ses disciples et s'adressera à l'assistance, le 26 mai, à 19h, au Centre de Wooton, Curepipe. Ce sera aussi une occasion de célébrer son 50e anniversaire en présence du président de la République, Anerood Jugnauth. Ce programme sera entrecoupé de chants et de danses. Il rendra des visites de courtoisie à différentes personnalités du pays le lendemain. Le 27 mai, une conférence sur le thème "Spirituality in decision making" aura lieu à 10h, à l'auditorium Octave Wiehé, Réduit. Sri Sri Ravi Shankar aura également des sessions de travail dans l'après-midi avec les décideurs du pays. Il aura une rencontre le soir, avec les stakeholders, au Centre de conférences de Grand-Baie.

L'Art of living est un courant de spiritualité dont les racines se trouvent à Bangalore. Cette organisation spirituelle est présente dans 130 pays à travers le monde. La fondation, qui est présente à Maurice depuis 1995, a été créée par Sri Sri Ravi Shankar, en 1982. Le maître spirituel est né en 1956, dans l'État du Tamil Nadu. À l'âge de 4 ans, il récite le Bhagavad Gita en entier par cœur. À 17 ans, il termine ses études de littérature védique et de sciences modernes. En 1982, il créa la fondation Art of Living, une ONG à but charitable et éducatif qui propose diverses techniques faciles à apprendre et à pratiquer pour gérer le stress et améliorer la santé.

Conférencier inlassable, il estime que les grandes traditions spirituelles ont non seulement des buts identiques mais aussi des valeurs communes. Pour lui, il s'agit de réunir des gens de toutes les communautés, de classes sociales et de races. Ses enseignements sont basés sur des allocutions, des postures de yoga simples et de pranayama, ainsi que des techniques de prise de conscience de soi et le sudarshan kriya - une technique naturelle et simple qui restaure l'harmonie de l'être grâce à des rythmes respiratoires. Cette technique débarrasse le corps des émotions négatives (colère, jalousie, frustrations). La philosophie de Sri Sri Ravi Shankar est basée sur l'amour, la compassion, la responsabilité et la courtoisie.


Fin des travaux de la CEDOI aux Seychelles


Réaffirmation des évêques de l'océan Indien: "La vocation des laïcs est de s'engager"

La vocation spécifique des laïcs est de "témoigner de Jésus-Christ dans la société" en s'engageant "dans la vie de tous les jours" ont réaffirmé, lundi, les évêques catholiques de l'océan Indien. Dans un message à l'ensemble des communautés chrétiennes de la Réunion, de Maurice, des Seychelles, de Rodrigues et des Comores au terme de la Conférence 2006 des Évêques de l'Océan Indien (CEDOI), les responsables des églises catholiques de la région soulignent que cet engagement des laïcs "transforme la société en l'imprégnant de la saveur de l'Evangile".

Placée, cette année, sous le thème "La collaboration entre paroisses et mouvements dans l'exercice de la mission", cette rencontre s'est tenue aux Seychelles du 4 au 15 mai derniers en présence, notamment, du Nonce Apostolique à Antanarivo (qui tient office d'ambassadeur du Saint Siège), SE Mgr Augustin Kasujja de même que du président de la Conférence Episcopale de Madagascar, Mgr Fulgence Rabeony.

L'amplification du phénomène de la modernité et de celui de la mondialisation avec ses "dynamismes d'espérance" mais aussi les "cris de détresse" qu'elle entraîne conduit les évêques de l'océan Indien à estimer "indispensable" la collaboration paroisse/mouvements et vice versa. Les expériences "positives" de laïcs engagés à divers niveaux dans la société sont qualifiées de "lumière dans l'obscurité".

"Aucun chrétien ne peut se replier sur lui-même s'il veut être fidèle à la vocation de son baptême et de sa confirmation (…)" soulignent les évêques de la CEDOI pour qui la coresponsabilité prêtres/laïcs est "essentielle" et doit se développer davantage en raison de "son importance pour la vitalité de la communauté" et pour "sa mission dans la société".

La question des sans-logis, la lutte contre le VIH/Sida et le fléau de la drogue de même que la question éducative ont été au nombre des réalités humaines vécues à Maurice présentées par l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat et quatre laïcs du diocèse aux représentants des autres diocèses durant la première partie de la conférence.

La deuxième partie a, entre autres, été consacrée à la participation des laïcs à la responsabilité des paroisses ainsi qu'à leur formation de même que le projet de fondation d'un monastère cistercien aux Seychelles. C'est Mgr Denis Wiehé, évêque de Port-Victoria, Seychelles, qui a été élu nouveau président de la CEDOI pour un mandat de trois ans. Jean-Claude Véder, prêtre mauricien a, lui, été nommé secrétaire général.

Avant leur départ du pays hôte, les évêques présents ont rendu des visites de courtoisie au président de la République des Seychelles, M. James Michel, au leader de l'opposition de ce pays, M. Wavel Ramkalawan, de même qu'aux responsables locaux de l'Eglise anglicane.


Lutte contre le VIH&Sida et la drogue


Lalit établit une charte pour décourager la répression

Lalit veut décourager une approche répressive dans le combat contre la propagation du virus VIH&Sida à Maurice. Ce parti politique s'est penché sur une charte définissant plusieurs recommandations. Une première ébauche, résultat d'un travail de réflexion par les actifs de Lalit, est prête. La charte sera mise à la disposition des organisations militant contre la drogue ou portant un intérêt particulier à la question. Lalit s'attend à un débat d'idées et des propositions avant que les parties concernées n'adhèrent de façon formelle à celles-ci.

Lors de la préparation du document, Lalit a relevé la relation directe entre la drogue, le commerce du sexe et le VIH&Sida. Axant ses mesures sur la drogue, Lalit rappelle que la répression ne doit plus être perçue comme une solution. Cependant, insiste le parti, malgré les bonnes intentions, les mesures répressives entreprises dans le passé pour combattre la drogue se sont finalement intégrées dans le système pour aggraver davantage le problème. La répression, selon Lalit, "has the direct effect of increasing the size and strength of a dangerous Mafia".

Appelée à être peaufinée, la charte de Lalit encourage le gouvernement à poursuivre sa politique pour l'utilisation de la méthadone dans le processus de réhabilitation des usagers de drogue. Et propose que les toxicomanes soient traités comme des personnes nécessitant des soins et non des criminels, que les prisons assurent la réhabilitation des toxicomanes, et que les préservatifs doivent être "easily and anonymously availaible", y compris en prison.


À Flic en Flac


Nouveau comptoir d'information de la MTPA

Dans le cadre de la politique gouvernementale de promouvoir la destination Maurice en fournissant aux touristes les informations nécessaires relatives aux facilités, aux infrastructures et aux services disponibles dans l'île, la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) a inauguré un nouveau comptoir à Flic en Flac. La mise en place de ce comptoir, qui se situe dans le complexe Pasadena (le quatrième du genre; il en existe deux à Port-Louis et un troisième à l'aéroport), relève de la volonté de la MTPA de mettre à la disposition des touristes brochures, dépliants, cartes touristiques et autres informations.

Les petites entreprises, restaurants et promoteurs d'activités nautiques dans la région de l'ouest, pourront également tirer profit de ce nouvel office du tourisme, qui assurera également la promotion de la densité et la diversité des activités touristiques disponibles à Maurice.

L'inauguration de ce nouveau bureau régional a été effectuée par le ministre du Tourisme, Xavier Duval, qui a annoncé la présentation prochaine du Tourism Bill (actuellement en préparation) au Parlement. La MTPA projette par ailleurs de mettre en place d'autres comptoirs de l'Office du Tourisme.


Décédé mardi à l'âge de 74 ans


Daniel Appave inhumé hier après-midi au cimetière de Phoenix

Notre ami et ancien collègue de la rédaction de Week-End, Daniel Appave décédé tôt dans la matinée de mardi dernier à l'hôpital Dr Jeetoo à l'âge de 74 ans a été inhumé hier après-midi au cimetière de Phoenix.

Parents et amis s'étaient, précédemment, réunis à son domicile de Coromandel où des prières à son intention ont été dites par le pasteur Daniel Guého de l'Eglise adventiste.

Son fils aîné, Dany établi en Europe de même que le rédacteur en chef de Week-End, Gérard Cateaux lui ont rendu hommage. A tous les membres de sa famille éprouvés par sa disparition, Week-End présente ses sincères condoléances.



Daniel Appave, le volubile technophile de Week-End

C'est vers 1974 que Daniel Appave devait joindre le journal Le Mauricien après avoir été enseignant à l'Adventist College, puis représentant médical. Très à l'aise dans le style d'écriture magazine, les hot news de la presse quotidienne lui ont souvent servi de tremplin pour des articles plus fouillés sur des sujets divers.

Il devait vite se faire remarquer en obtenant, en 1975, le prix du Meilleur Reportage de la défunte Association des Journalistes de l'île Maurice (AJIM). Daniel Appave intégra ensuite la rédaction de Week-End. Il a été parmi les premiers journalistes à aborder, à Maurice, des sujets jusqu'alors ignorés, tels la préservation de l'environnement ou la protection des consommateurs.

L'on gardera aussi longtemps en mémoire ses nombreux human stories, dont celles de ces divers globe-trotters en transit dans l'île. Sa rubrique "Suivez le Guide" était, dans le temps, une réelle invite à la découverte des divers coins méconnus du pays, alors que ses "Coups de Plume", toujours dans l'ère du temps, contribuaient à éclairer le débat sur des sujets d'actualité.

Râleur, selon ses détracteurs, Daniel Appave aura plutôt été un empêcheur-de-tourner-en-rond. Un éternel insatisfait des explications de circonstance des autorités dites "compétentes". Personne d'un abord facile, il était aussi d'une grande volubilité. Au hasard d'une conversation à bâtons rompus sur un sujet banal, l'homme, doué d'une culture au-dessus de la moyenne, avait la faculté de sauter du coq à l'âne pour aborder des questions autrement plus corsées.

Si ce don presque inné de la parole dont il disposait ennuyait certains, d'autres éprouvaient, pour cela, une certaine admiration pour notre ancien collègue. Notamment pour sa capacité de vulgariser certains sujets rébarbatifs pour les mettre au niveau d'entendement d'un planton ou d'un chauffeur.

Pour beaucoup, Daniel Appave demeurera, toutefois, avant tout, ce septuagénaire technophile qui, longtemps avant l'arrivée sur le marché local, du baladeur MP3, déambulait avec un tel équipement qu'il avait commandé d'Australie. À l'ère du digital divide séparant non seulement riches et pauvres dans leur relation à l'outil informatique, mais, plus encore, la jeune génération et les moins jeunes, un tel fait méritait d'être souligné.

Un rapide survol des collections de Week-End confirme cet intérêt de notre défunt collègue pour la technologie. Avril 1978: c'est lui qui, déjà, présente aux lecteurs de Week-End le tout nouveau procédé d'impression de photos couleurs C 41 de Kodak introduit à Maurice. Avril 1989: une demi-douzaine d'années avant même que le pays ne soit connecté au réseau Internet et bien plus loin de l'implantation des premiers call centres dans notre technopole d'Ebène, c'est lui encore qui, à la faveur d'un atelier de travail conjoint Chambre de Commerce et de l'Industrie/USAID, évoque les réelles perspectives qu'offre au pays le marché des services informatiques d'exportation. Juin 1989: c'est Daniel encore qui rapporte le lancement officiel du premier réseau de téléphone cellulaire, celui d'Emtel.

Journaliste généraliste pendant près de trois décennies, Daniel Appave qui a pris congé de la rédaction de Week-End fin 2003, aura aussi été sur d'autres fronts en compagnie, notamment, de notre autre ancien collègue défunt, Coll Venkatasamy, dont celui d'une plus grande humanisation des conditions de détention dans nos prisons, de même que pour un meilleur service de transport par autobus et une meilleure politique de prévention face au VIH/Sida.

Sur le plan social, Daniel Appave a, entre autres, été un des dirigeants de l'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM) et pendant longtemps président de l'Association des Parents d'Elèves du Collège Notre Dame. Il a aussi été, dans le temps, animateur auprès de la jeunesse adventiste.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 21 mai 2006