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À Rose-Hill, hier
Des centaines de participants à la marche contre l'homophobie
La marche contre l'homophobie, tenue hier à Rose-Hill,
constitue, selon ses organisateurs, un pas en avant pour le respect
du droit à l'orientation sexuelle et à la liberté
des individus. Cette manifestation de soutien à l'égard
des homosexuels, organisée par le Collectif Arc-en-Ciel,
est considérée comme une réussite, les militants
espérant un changement de mentalité de la part de
la société.
Quelques centaines de personnes ont défilé dans
les rues de Rose-Hill, hier, pour réclamer le respect à
l'égard des homosexuels et de leur droit à la liberté
dans leur orientation sexuelle. Entre une manifestation militante
et une gay pride, dans une ambiance se rapprochant de celle
d'un carnaval, la démarche du Collectif Arc-en-Ciel constitue
un premier pas contre la discrimination, la stigmatisation, l'intolérance
et le non-respect auxquels ont souvent droit les homosexuels.
Une démarche citoyenne qui ne s'est pas limitée
exclusivement aux concernés. Leurs proches, des militants
des droits de l'homme et autres sympathisants à cette cause
ayant aussi rejoint les rangs des marcheurs pour démontrer
leur soutien. Les manifestants ont quitté le Plaza à
13h pour se rendre jusqu'au rond-point de Rose-Hill avant de regagner
le point de départ.
Pour Jean-Luc Ahnee, président du Collectif Arc-en-Ciel,
la manifestation a été une réussite: "Aujourd'hui,
le débat est sur la place publique, et même au niveau
des autorités il y a eu une prise de conscience."
Selon ce dernier: "Il ne doit plus y avoir de citoyens
de deuxième catégorie. Nous ne sommes pas là
pour réclamer plus de droits pour les homosexuels. Nous
sommes là pour que leurs droits soient respectés."
La manifestation d'hier, estime-t-il, constitue un pas un
avant et ouvre une nouvelle page dans l'histoire du pays. "Une
page pour la liberté", dit pour sa part le ministre
Rama Valayden qui était présent à la manifestation.
"Je suis présent pour démontrer que je crois
au fait que nous sommes tous égaux en droit, en dignité
et en liberté", dit le ministre de la Justice
qui a pris la parole avant le début de la marche. Ce dernier
a toutefois tenu à mettre en garde contre les "esprits
conservateurs." "Nous sommes là pour casser
les préjugés et les tabous qui existent toujours
au sein de la société", souligne Varen
Andee, maire de Beau-Bassin/Rose-Hill qui s'est associé
à l'initiative du collectif.
"Fier de mon fils"
"Love is not a sin." "Gay pas crime." "Je
pense donc je suis." "Hétéro, gay tous
égaux." "Droit à la différence.",
étaient quelques-unes des inscriptions figurant sur
les pancartes brandies par les participants à la marche.
"Je suis venu parce que j'ai le droit de vivre ma vie
librement. Je suis homosexuel et je ne vois pas en quoi cela peut
déranger les autres", confie l'un des participants.
"J'ai voulu apporter mon soutien à cette cause
en signe de solidarité. J'ai des amis homosexuels et je
suis au courant des brimades auxquelles ils ont souvent droit
de manière injustifiée. Chacun est libre de choisir
sa sexualité et le respect doit primer", ajoute
un autre. "Fier de mon fils", telle est l'inscription
brandie par Roselda qui a participé à la marche
aux côtés de Patrice, son fils. "Je suis
content de le voir heureux. Les enfants ont droit au bonheur et
je demande aux parents de les soutenir", dit cette dernière
à l'issu de la marche. Pour beaucoup, cette manifestation
aussi été considérée comme: "Une
grande fête de l'amour."
Hier soir, le Collectif Arc-En-Ciel avait prévu de poursuivre
la fête par une soirée spéciale prévue
en discothèque. En activité depuis un an, il compte
revenir avec de nouvelles initiatives à l'avenir pour continuer
le combat engagé. Jean-Luc Ahnee salue la décision
du gouvernement de prendre en considération l'orientation
sexuelle des individus dans le Equal Opportunity Bill actuellement
en préparation. Toutefois, dit ce dernier, un travail reste
à faire pour faire changer les mentalités au sein
de la société.
Une marche dédiée à Ravinee et Gemma victimes
d'intolérance
La manifestation d'hier a été dédiée
à Ravinee et Gemma, deux lesbiennes qui ont récemment
rencontré de sérieux problèmes avec leurs
proches compte tenu de leur orientation sexuelle. "Quand
nos parents ont appris que nous étions lesbiennes ils s'y
sont opposés" racontent-elles. De fortes pressions
ont été exercées sur les deux jeunes femmes,
l'une ayant même été séquestrée
pendant un mois et internée à l'hôpital psychiatrique
de Brown Sequard pour des raisons injustifiées. Bénéficiant
du support du Collectif Arc-en-Ciel, elles sont en communication
avec des hommes de loi pour entamer une action en Cour. L'une
d'elles disant avoir été menacée de mort
par l'un de ses proches.
VIH & SIDA: Ce soir à Rose-Hill et à Mahébourg
Des bougies pour raviver la lutte
Des bougies seront allumées au Plaza et à Mahébourg
ce soir en hommage aux 156 Mauriciens qui sont morts après
avoir contracté le SIDA. Un message de soutien sera aussi
envoyé à ceux qui vivent avec le virus. Cette démarche
vise à combattre la stigmatisation et la discrimination
imposées à certains par la bêtise persistante
d'autres personnes.
Pour la première fois, Maurice participera à l'élan
mondial qu'est l'International Aids Candlelight Memorial, marqué
par 4 600 communautés dans 94 pays. Le public est invité
à prendre part à une marche à la bougie qui
quittera la Place Margéot, Rose-Hill, à 18h, pour
le Plaza. Plusieurs artistes y reprendront des chansons et des
poèmes ayant pour thème la solitude, la peur, le
deuil, mais aussi l'espoir, l'amour et la solidarité. Une
intervention du Premier ministre est aussi prévue, Navin
Ramgoolam et plusieurs membres du gouvernement étant attendus.
L'un des moments forts de la soirée sera la litanie des
noms de ceux qui sont morts des causes liées au VIH. Des
bougies seront allumées à leur mémoire. À
souligner que les quatre radios du pays diffuseront une émission
commune sur cette activité.
Cette manifestation est organisée par le Centre de Solidarité,
PILS, Media Watch Organisation, Z'Enfants d'un Rêve, Grupman
Solidarité Plaisance, Groupe Evazyon, avec l'étroite
collaboration de la municipalité de Beau Bassin/Rose-Hill.
À Mahébourg, la Mauritian Organisation on Drugs
and Aids a prévu une activité similaire au Théâtre
de Pointe Canon, de 17h à 20h. Des bougies seront aussi
allumées sur la passerelle de Roche Bois.
Cette démarche vient aussi rappeler que s'il n'existe toujours
pas de remède pour guérir du SIDA, il est possible
de vivre avec le virus grâce au traitement existant. Toujours
est-il que la majorité de ceux officiellement trouvés
positifs a choisi de ne pas se soumettre au suivi médical,
ce qui risque grandement d'aggraver leur situation. Dans cette
lutte qui se veut permanente, soutien et solidarité restent
primordiaux
Vivre avec le VIH
Un combat au quotidien pour les proches
Face à la maladie d'un des leurs, ils ont décidé
de le soutenir et le protéger des préjugés
jusqu'au bout. Pourtant, disposés à se battre aux
côtés de ce père ou de ce fils toxicomanes,
vivant avec le VIH, ils se heurtent à leurs réticences
Depuis, leur vie est devenue un combat au quotidien.
Elle n'a pas senti la terre s'écrouler sous ses pieds quand
elle a réalisé que son père, quadragénaire,
avait peut-être contracté le virus du Sida. Ce dernier
étant usager de drogues, elle savait bien qu'un jour ou
l'autre, il aurait fini par être infecté par le VIH.
"C'est ce qui se passe quand on partage ses seringues",
lâche Delphine, comme pour faire une énième
mise en garde. Ce ne sont pas les résultats du test de
dépistage, confirmant les doutes de la jeune femme, qui
l'ont bouleversée. Sensibilisée depuis longtemps
sur les dégâts de la drogue et le VIH&Sida, elle
mène, elle-même, un combat dans ce sens. Mais, concède-t-elle,
"si le voisinage et d'autres personnes arrivent à
connaître les réelles causes de son amaigrissement
et de ses complications pulmonaires, ils réagiront brutalement.
Lui qui est devenu squelettique, est souvent interpellé
sur son physique. Il répond qu'il souffre de ses bronches."
Il n'y a pas longtemps, raconte Delphine, ses voisins avaient
jeté à la rue des effets appartenant à leurs
locataires, qui étaient indésirables dans la région
parce qu'ils étaient porteurs du virus du Sida !
Tout comme Delphine, la stigmatisation, c'est ce que craignent
aussi Yvette et Roger quand ils parlent de leur fils, Xavier.
"Pourtant, tout le monde ou presque dans la rue où
nous habitons doit savoir qu'il a été contaminé.
Car son cercle d'amis ne comprend que des toxicomanes qui présentent
des signes de l'infection. Aujourd'hui, les gens savent que la
toxicomanie est étroitement associée au Sida. Mais
nous ne pourrons jamais dire ouvertement que notre fils est porteur
du virus. Dans notre région, la mentalité n'a pas
évolué lorsqu'il s'agit du Sida. Chez nous, les
gens pointent du doigt les personnes vivant avec le VIH",
explique Yvette. Il y a quelque mois, Xavier, la vingtaine,
apprend à ses parents qu'il est porteur du virus. Contrairement
à ses attentes, le jeune homme constate qu'ils restent
calmes. "Notre première réaction a été
de lui dire que nous le soutiendrons jusqu'au bout", dit
Roger. "Et que nous allons combattre à ses côtés",
ajoute son épouse.
"Son indifférence nous fait tellement mal"
Delphine a été la première à proposer
son soutien à son père. Dès lors, avance-t-elle,
elle s'est engagée dans un douloureux combat. "En
décembre dernier, lorsque j'ai appris qu'il portait le
virus, j'ai choisi de ne pas en parler à ma famille. Je
ne savais pas comment m'y prendre. Mon père nous ayant
fait tellement souffrir à cause de la drogue, je pensais
que la famille allait le rejeter. Lui ne voulait pas que j'en
parle aux autres, parce qu'il avait honte. Lui qui pointait du
doigt les personnes infectées, le voilà lui-même
porteur du virus ! Il y a quelques semaines, lorsqu'il est tombé
très malade, j'ai dû révéler son état
de santé à ma mère et mes surs. Nous
en avons longuement discuté et elles ont accepté
de le soutenir. Mais je n'étais pas au bout de mes peines",
confie la jeune femme.
Malgré la détérioration de sa santé,
son père, qui est devenu invalide n'abandonne pas la drogue.
"Et c'est cela qui complique tout. Il oublie alors qu'il
a le Sida ! Sa principale préoccupation reste la drogue.
Lorsqu'il est en manque, il nous rend la vie impossible. Il réclame
de l'argent pour s'en procurer. On ne lui en donne pas et il devient
irascible. Il nous empêche de dormir le soir !"
Lorsque la fièvre, la diarrhée et d'autres complications
ne le forcent pas au lit, il retrouve la rue et ses compagnons
toxicomanes. "Parallèlement aux médicaments
qui lui sont prescrits pendant son traitement, il prend de la
drogue. Lui faire comprendre qu'il est malade ne sert à
rien. Pourtant, lorsqu'il est alité et qu'il ne peut bouger,
nous déployons tout un effort pour nous occuper de lui
et assurer son hygiène. Nous lui rappelons que nous lui
accordons de l'attention, mais il en est indifférent. Son
indifférence nous fait tellement mal. Pire, il nous dit
qu'il finira par mourir. Qu'il se drogue ou pas malgré
sa maladie, cela n'a pas d'importance pour lui."
Delphine explique que son combat auprès de son père
ne s'arrête pas à la maison. "Mais aussi
à l'hôpital", dit-elle. "Lorsqu'il
y a été admis une première fois, il a été
laissé à lui-même, malgré le fait qu'il
ne pouvait rien faire. Tout simplement parce qu'il a le Sida !
J'ai été choquée par le langage du personnel.
Très malade, il a eu sa décharge le jour même
de son admission. J'ai dû entamer des démarches pour
qu'il soit admis dans un autre hôpital. Ce n'était
pas mieux
" Depuis, son père refuse de se
faire soigner lorsqu'il ne se sent pas bien, tout comme il refuse
de révéler sa situation à la femme qu'il
voyait depuis qu'il ne partage plus la vie de son épouse.
"Je suis inquiète. Elle est certainement infectée",
dit Delphine.
"Il est plus facile de soutenir un fils porteur du virus
que d'avoir un fils toxicomane."
Comme Delphine, Yvette et Roger souhaitent, plus que tout, que
Xavier abandonne la drogue. "Il est plus facile de soutenir
un fils porteur du virus que d'avoir un fils toxicomane",
concède Roger. Le visage marqué par la tristesse,
le père de Xavier raconte que celui-ci ne travaille plus
depuis plusieurs années. "Il n'a jamais voulu nous
dire comment il a contracté le virus. D'ailleurs, il n'en
parle pas. Nous avons une idée, vue ses fréquentations".
Incarcéré pour possession de drogue, le jeune homme
a souvent des démêlés avec la police pour
les mêmes raisons. "Son train de vie nous a complètement
démolis. Il ne s'en rend pas compte. Nous allons travailler
le matin avec des craintes dans la tête. La peur qu'il soit
fouillé par la police - comme cela arrive souvent -, qu'on
lui presse la gorge pour qu'il restitue de la drogue, qu'on le
brutalise", confie Yvette. "S'il se retrouve
en prison ou dans une situation où sa maladie peut le rendre
encore plus vulnérable, nous en serons très inquiets",
ajoute Roger.
À ce stade de la maladie, Xavier ne requiert pas de traitement
médical. Mais lorsqu'il tombe malade, il évite les
hôpitaux "pour ne pas être maltraité
parce qu'il est toxicomane et porteur du virus". Alors,
il se rabat sur les antibiotiques et autres anti-douleurs à
portée de main. "Parfois, quand il ne peut plus
contenir la douleur, il se rend au dispensaire", précise
Yvette. "Mais c'est dans la souffrance que je retrouve
mon fils. Lorsqu'il est rongé par la fièvre et d'autres
maladies causées par le Sida, il redevient humain. Lorsqu'il
se drogue, il n'existe que pour lui et nous rend la vie dure",
dit-elle encore. "Je lui ai dit que sans un traitement,
il diminue ses chances de vie. À maintes reprises, je lui
ai dit de prendre exemple sur Nicolas Ritter. Mais en vain. Je
préfère alors me mettre en tête qu'un jour
mon fils partira", regrette le père de Xavier.
Pension allouée aux PVVIH: L'aide financière
ne sera plus automatique
Prochainement, la pension mensuelle de Rs 2 025 prévue
pour les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sera accordée
selon les cas. Depuis quelques années, elle est versée
à tous ceux trouvés positifs lors des tests de dépistage,
et après requête. Satish Faugoo annonce qu'une nouvelle
formule est actuellement à l'étude, le gouvernement
préconisant de venir en aide à ceux qui sont réellement
dans le besoin.
À l'origine, les autorités, à travers la
Sécurité sociale, avaient décidé d'allouer
cette pension aux PVVIH dans un contexte où l'État
ne dispensait pas de traitement aux anti-rétroviraux. La
tri-thérapie est disponible gratuitement à Maurice
depuis quelques années maintenant. Ce qui rend le soutien
financier obsolète. Le traitement médical dispensé
à Maurice permet dans une large mesure aux personnes touchées
par le virus d'avoir une vie normale; donc, des activités
professionnelles.
Par ailleurs, l'allocation de cette pension a aussi occasionné
des abus de la part de quelques usagers de drogues par voie intraveineuse.
Certains se seraient volontairement contaminés pour en
bénéficier. L'argent étant alors principalement
utilisé pour leurs besoins en drogues.
VIH & SIDA: les faits
Officiellement, 2 172 Mauriciens ont été testés
positifs de 1987 à mars 2006. Pour ce qui est des modes
d'infection, 71,6% concernent des usagers de drogues par voie
intraveineuse, 17,6% des hétérosexuels, 7,8% des
victimes du commerce sexuel/toxicomanes, 0,9% des homosexuels,
0,6% des enfants infectés par leurs mères et 1,5%
pour des raisons indéterminées. Depuis 2003, le
partage de matériel d'injection entre usagers de drogues
est le principal facteur de contamination à Maurice.
Depuis 1987, 156 personnes sont mortes des causes liées
au SIDA. Le traitement à Maurice est dispensé depuis
2002.
Mères/enfants
Cinq femmes enceintes ont été trouvées positives
au VIH de janvier à mars 2006. 31 l'avaient été
en 2005, 18 en 2004, 15 en 2003
Ces cas ont été
révélés grâce aux tests de dépistage
qui sont automatiquement réalisés sur les femmes
suivant un traitement prénatal dans les centres de santé
publics. Depuis le début de l'épidémie, 102
femmes enceintes ont été trouvées positives
au VIH grâce à cette pratique. Ce qui a alors permis
aux services concernés de leur donner un traitement afin
d'éviter la contamination de leurs enfants. Ces derniers
sont susceptibles de contracter le virus au moment de l'accouchement
ou par le lait maternel. Des 88 bébés qui ont par
la suite été testés, trois ont été
trouvés positifs. Leurs mères, comme 20 autres,
avaient choisi de ne pas suivre le traitement dispensé.
Depuis 1987, douze enfants au total ont été trouvés
positifs au VIH. Deux sont décédés.
Mark Stirling, directeur de l'ONUSIDA
"Mauritius is highly vulnerable"
En visite officielle à Maurice durant la semaine écoulée,
Mark Sterling, directeur de l'ONUSIDA, est allé à
la rencontre des différents partenaires engagés
dans la lutte contre le VIH&SIDA. Il leur a recommandé
de tout mettre en uvre pour arrêter l'épidémie,
le pays, dit-il, étant très vulnérable. Tel
est le défi mauricien tandis qu'un nouveau plan d'action
est en préparation.
Face au VIH&SIDA, "Mauritius is highly vulnerable",
prévient Mark Stirling. Tel est le constat fait par le
directeur de l'ONUSIDA après s'être penché
sur le dossier mauricien et après avoir rencontré
les différents partenaires engagés dans la lutte:
membres du gouvernement, représentants des ONG, personnel
de la santé, et d'autres personnes. Un constat qui s'appuie
sur un fait: en dépit des efforts entrepris, la hausse
dans les nouvelles contaminations reste significative. Pour rappel,
depuis l'apparition du premier cas rapporté en 1987, les
chiffres ont constamment été revus à la hausse.
Ces derniers temps, le nombre total allant jusqu'à doubler
année après année.
D'où l'appel lancé par Mark Stirling pour que des
actions soient lancées afin d'arrêter l'épidémie.
Le directeur de l'ONUSIDA recommande une approche soutenue auprès
des usagers de drogues par voie intraveineuse, des victimes du
commerce sexuel, des prisonniers et autres communautés
de personnes ayant un comportement à risques. Des investissements
sont nécessaires à différents niveaux de
la société pour combattre cette situation, fait-il
ressortir. Mark Stirling préfère ne pas se prononcer
sur ce que pourraient être les conséquences d'un
éventuel laxisme dans la lutte. Il estime, cependant, que
lorsqu'on se rend compte de la dimension prise par le SIDA dans
certains pays, des chefs d'État doivent aujourd'hui regretter
de ne pas avoir réagi à temps.
Lutte contre l'épidémie: le défi
Le défi mauricien dans son prochain plan d'action sur le
VIH&SIDA sera de trouver une stratégie efficace pour
combattre l'épidémie, recommande Mark Stirling.
L'élaboration de ce nouveau plan a fait partie de la discussion
qu'il a eue jeudi avec le Premier ministre, les ministres de la
Santé, de la Justice, de la Femme, entre autres. Le directeur
de l'ONUSIDA laisse comprendre que la lutte contre le VIH devrait
faire partie des priorités du pays. Il rappelle que la
volonté des dirigeants est appelée à se refléter
dans le travail des différentes branches du secteur public.
Un vibrant appel est aussi lancé au secteur privé,
de même qu'aux médias, pour que tout un chacun prenne
un engagement réel et participe à un effort collectif
contre le SIDA.
Comme recommandé internationalement, Mark Stirling se dit
convaincu que la lutte doit surtout bénéficier d'une
approche multisectorielle. L'ensemble des initiatives est appelé
à se faire dans un même cadre et de manière
concertée. D'où la nécessité d'un
réel leadership contre le VIH&SIDA. Ce qui fait du
National Aids Committee le fer de lance du combat. Présidée
par le PM, cette structure a pour responsabilité de définir
les stratégies à être lancées dans
le cadre du plan d'action. Le document actuellement en préparation
viendra remplacer le National Aids Strategic Plan 2001/2005,
dont les retombées sont actuellement étudiées.
VIH & Sida dans les médias
Week-End et les autres titres du groupe Le
Mauricien au-dessus de la moyenne régionale
Les médias mauriciens ne consacrent que 1% d'espace au
VIH/SIDA. Dans la région, la moyenne est de 3%. À
Maurice, Week-End se démarque avec 7%, Week-End/Scope,
5%, et Le Mauricien 4,2%. Les autres médias (journaux,
radios, télévision) locaux étudiés
affichent un score qui va de 0% à 2%. En matière
de couverture accordée au VIH & Sida, la presse mauricienne,
comparée à celle de 11 pays de la région,
a un retard considérable à rattraper. Maurice se
retrouve en effet en dernière position. C'est ce qu'indique
le rapport, HIV and Aids and Gender Baseline Study (Mauritius),
lancé, vendredi dernier, au Media Trust.
Cependant, le rapport souligne que malgré ce faible pourcentage,
la presse mauricienne se démarque de ses quelque 107 confrères
du Botswana, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Afrique du
Sud, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe, par la qualité
de ses reportages et autres comptes rendus sur le sujet. Ainsi,
il revient également que 80% des sujets traités
dans la presse locale étaient axés exclusivement
sur le VIH & Sida, comparé à 36% au Botswana.
Le monitoring de la presse écrite (quotidiens et
hebdomadaires) et parlée (privée et nationale) du
pays a été conduit à Maurice, en octobre
et novembre 2005, par la Media Watch Organisation. La télévision
nationale se positionne à la quatrième place avec
2%, talonnée par l'express, Le Matinal, Radio
One et Radio Plus, avec 1%. Le Défi, 5-Plus et
la MBC Radio n'ont pas traité le sujet pendant cette période.
L'étude concernant Maurice révèle que 71%
des sources sont des hommes et que seulement 5% des interlocuteurs
vivent avec le VIH & Sida (légèrement au-dessus
de la moyenne dans la région, qui est de 4%). Aussi, les
sujets ciblent en premier lieu la prévention, l'aspect
plus généralisé de la pandémie, le
traitement, les soins, respectivement.
Le rapport souligne un point positif pour Maurice. "On
the positive side, far more than in the rest of the region, the
majority of stories on HIV and Aids in Mauritius are original
stories reported by journalists, as opposed to being obtained
by/from agencies and guest writers (96% in Mauritius compared
to 77% in the rest of the region). This suggests that media houses
are investing human and financial resources in covering the pandemic."
Au chapitre du genre, il est dit que 68% des auteurs d'articles,
reportages, etc., sont des femmes (la moyenne dans la région
étant de 45%). Mais, selon le rapport, "the gender
dimensions of the epidemic are not receiving sufficient coverage".
Le rapport régional HIV and Aids and Gender Baseline
Study, qui est un document étoffé abordant différents
aspects en matière de couverture médiatique sur
la pandémie du VIH & Sida, est soutenu par des chiffres
fort indicatifs. Cette étude, rappelait la présidente
de MWO, Loga Virahsawmy, est une première dans la région.
Celle-ci, menée par le South African Editors Forum (SAEF),
a bénéficié de l'apport de plusieurs organisations:
Gender Links, Media Institute of Southern Africa, ONUSIDA, Media
Monitoring Project, entre autres.
Intervenant avant le lancement officiel du rapport sur Maurice,
le ministre de la Justice et des Droits Humains, Rama Valayden,
a déclaré que "le combat contre le VIH &
Sida ne relève pas uniquement de la volonté d'un
parti politique ou du gouvernement. Il y a une tendance à
croire que le gouvernement seulement peut combattre la pandémie".
Le ministre a plaidé pour une synergie dans la lutte contre
le VIH & Sida, et n'a pas manqué de saluer l'effort
de PILS dans ce sens.
Terres spoliées
Land Restitution Commission: aucune réelle volonté
politique !
Un des très grands défauts des hommes politiques,
avait fait remarquer un jour Randall Robinson, un leader militant
pour l'avancement de la cause des Noirs aux États-Unis,
"c'est que, c'est seulement lorsqu'ils se retrouvent dans
l'opposition qu'ils cherchent à obtenir du gouvernement
des lois ou des mesures progressistes qu'eux-mêmes ont hésité,
sinon carrément refusé, d'appliquer lorsqu'ils avaient
en main les leviers du pouvoir". Robinson avait fait
cette observation lorsque l'ancien président américain
Jimmy Carter, s'opposant à des mesures de boycott économiques
contre l'Afrique du Sud raciste de l'apartheid, les jugeant trop
radicales, essaya de suggérer d'autres solutions timorées,
susceptibles d'être plus efficaces, selon lui. "Fermez-la
M. Carter ! Lorsque vous étiez président, votre
gouvernement n'a rien fait pour ces pauvres Noirs qu'on massacre.
Ce n'est pas maintenant que vous êtes redevenu simplement
Mister Carter que vous allez y changer quoi que ce soit",
avait répliqué l'irrévérencieux Robinson.
C'est le même mélodrame que nous font vivre les députés
de l'opposition, ceux du MSM comme ceux du MMM, boutés
du pouvoir depuis les dernières élections, quand
ils reviennent à chaque fois avec des interpellations au
sujet de la Land Restitution Commission et la revendication
de terres spoliées.
La question posée la semaine dernière à l'Assemblée
nationale par le troisième député de Port-Louis/Montagne
Longue, Mahen Jugroo (MSM), ayant trait à la revendication
de propriété d'une famille mauricienne établie
en Australie sur l'îlot Bénitiers - question inspirée
d'un récent article de Week-End consacré
à ce sujet - appelle deux conclusions. Soit le député
MSM a voulu y trouver une occasion pour embarrasser le gouvernement
de l'Alliance sociale qui a retourné à la famille
Nubhebaccus le bail que celle-ci détenait sur l'îlot
et que l'ancien régime MSM-MMM avait annulé; soit
le député Jugroo est réellement partisan
de la démarche initiée sous l'ancien régime
visant à considérer la mise sur pied d'une Commission
pour la restitution des terres à de nombreuses familles
qui se plaignent d'avoir été dépossédées
injustement. Nous préférons ne pas attribuer des
intentions opportunistes au député Jugroo, en optant
pour la deuxième hypothèse. Mais cela permet justement
de constater comment la réflexion de Randall Robinson est
pertinente dans sa critique du comportement des politiques.
Le MSM, au sein duquel le député Joe Lesjongard
attache une très grande importance à la Land
Restitution Commission, pour avoir piloté l'idée
au temps où Paul Bérenger le considérait
comme le meilleur ministre de son gouvernement, doit maintenant
amèrement regretter d'avoir permis à son partenaire
MMM de différer l'institution de cette commission après
les élections générales de juin de l'année
dernière en comptant sur une hypothétique victoire,
alors que tous les sondages sérieux prédisaient
sa défaite cuisante. Or, au moment où les conditions
étaient propices, un vote parlementaire à majorité
simple aurait suffi pour que ladite Commission devienne une réalité.
L'Alliance sociale aurait été bien gênée
ensuite de la dissoudre. De qui donc avait peur l'ancien régime
MSM-MMM pour qu'il ne passât pas de la parole aux actes,
d'autant que le président de la Land Restitution Commission,
l'ancien juge Ahnee, avait déjà soumis son rapport
en faveur de la Commission ?
Le côté creux d'un slogan
On peut surtout constater maintenant comment le manque de constance
de l'ancien gouvernement MSM-MMM fait payer cher à ceux
qui comptaient sur une telle commission de restitution pour obtenir
justice. L'actuel ministre du Logement et des terres, Asraf Dulull,
dès novembre de l'année dernière, lorsqu'il
a été interpellé par le député
MMM Alan Ganoo, a fait savoir qu'il ne voit pas "la pertinence
d'une Land Restitution Commission et que cette commission pourrait
se révéler un éléphant blanc parce
que son ministère n'était en présence d'aucune
plainte de revendication". Selon M. Dulull, "ce
n'est pas non plus au gouvernement de payer à la place
des autres".
Au député Jugroo, le Premier ministre a répondu
qu'"Ilot Bénitiers est la propriété
légale du gouvernement mauricien depuis août 1859
et en a fait l'acquisition d'une dame Frichot (Delle Fayot)".
Cependant, bien qu'il donne force détails qui semblent
inattaquables sur cette propriété gouvernementale,
Navin Ramgoolam a laissé une porte ouverte en ajoutant
que si quiconque détient des éléments pouvant
contester son affirmation, il peut toujours recourir à
la justice
Or, bien que la famille mauricienne établie
en Australie ne soit pas pauvre, elle n'est pas assez riche pour
pouvoir mobiliser des sommes astronomiques que lui réclament
des notaires et avoués pour initier un procès en
justice contre l'État, et surtout contre des individus
qu'elle soupçonne d'avoir détourné ses biens
ancestraux dans plusieurs régions de Rivière Noire.
À notre avis, s'il fallait un exemple pour démontrer
que le slogan "bizin changement", qui a permis à
Navin Ramgoolam de revenir au pouvoir, avait un côté
creux, le refus du gouvernement d'instituer cette Land Restitution
Commission en est un de flagrant. Le cas de cette famille
qui vit en Australie n'est qu'un parmi des centaines d'autres
déjà connus pour avoir été répercutés
dans la presse. Il se pourrait même qu'il ne tienne pas
la route juridiquement pour des raisons de prescription, entre
autres. Mais, en refusant de s'engager dans un effort de transparence,
l'actuel gouvernement fait le jeu d'accapareurs de terres malhonnêtes.
L'État abandonne ainsi à leur sort - nous pouvons
l'affirmer - des centaines de familles qui ne seront jamais capables
de déposer sur la table des millions de roupies que des
avoués et notaires sans scrupule leur exigent, ne serait-ce
que pour commencer des recherches en vue de retracer leurs terres
volées, spoliées depuis des années, très
souvent à travers magouilles, etc. Des avoués réclament
parfois jusqu'à 80% des biens spoliés dans l'éventualité
que ceux-ci soient récupérés. Or, la non
assistance financière et légale à citoyen
dépossédé et nécessiteux dans son
combat contre la puissante machine de l'État, mais surtout
contre de puissantes compagnies, sociétés et organisations
mafieuses qui se sont enrichies, porte un nom: c'est de la complicité
dans la dépossession de bien d'autrui. Un État,
un gouvernement qui dit uvrer pour la justice, a le devoir
de créer des institutions pour soutenir les revendications
des plus faibles !
Plaidoyer pour ouvrir un desk
Le gouvernement prétendument socialisant de Navin Ramgoolam
étonne quand son ministre affirme "qu'il n'existe
aucune plainte officielle", aucune revendication contre
la spoliation d'immenses étendues de terres. Si tel devait
être effectivement encore le cas, que le ministère
du Logement et des Terres fasse alors un simple exercice: qu'il
mette sur pied un desk crédible chargé d'enregistrer
ce genre de plaintes. Nous sommes convaincus qu'en l'espace de
quelques jours, il verrait défiler une longue queue de
gens qui, documents du bureau de l'Enregistrement en main, viendraient
se plaindre d'expropriations douteuses. Cela nous étonnerait
encore plus qu'il n'y ait aucun prima facie case.
Dans cette affaire d'expropriation, tout n'est, après tout,
qu'une question d'une réelle volonté politique.
L'ancien régime MSM-MMM n'en avait pas suffisamment, et
l'actuel gouvernement de l'Alliance sociale, lui, n'en a aucune
De nombreux cas déjà connus en attente d'un règlement
Le 4 novembre 2004, le Conseil des ministres, alors présidé
par Paul Bérenger (MMM), avec pour vice-Premier ministre
Pravind Jugnauth, donna son accord de principe pour la mise sur
pied d'une Commission pour la restitution des terres. Cette commission
devait être calquée sur le modèle sud-africain,
ceci dans le but d'aider les personnes qui n'ont pas les moyens
financiers, ont des difficultés intellectuelles, entre
autres, et qui ont, toutefois, de sérieuses revendications
de propriétés à faire, afin qu'elles récupèrent
leurs biens. Il était toutefois précisé que
les revendications frivoles qui feraient perdre du temps à
ladite commission seraient sanctionnées. Le gouvernement
MSM-MMM alla même jusqu'à nommer les membres de la
commission: l'ancien juge Robert Ahnee (président), Jocelyn
Chan Low (alors président du Centre culturel mauricien),
Mme Vijaya Teeluck (présidente de l'Aapravasi Ghat), Mme
Jotee Jeetun (alors directrice du Sugar Investment Fund)
et un représentant du ministère des Terres et du
Logement.
Beaucoup avaient estimé que la démarche de l'ancien
régime était plus une réponse politique à
l'engagement pris par l'Alliance sociale lors d'un meeting conjoint
avec le MMSM, le 1er octobre de la même année, que
chaque famille non propriétaire obtiendrait un lopin de
terre pour se construire une maison. Toujours est-il que la commission
entreprit une mission de trois jours pour étudier le cadre
juridique sud-africain, notamment comment ce pays avait fait pour
rétablir dans leurs droits les personnes dépossédées
de leurs biens à l'époque de l'apartheid. Le rapport
ne fut pas totalement à la hauteur des espérances
de nombreuses familles lorsque la Commission conclut que le problème
de la spoliation des terres à Maurice n'a pas la même
ampleur que chez nos voisins sud-africains. Cependant, bien que
la commission Ahnee exprimât des doutes également
sur la légalité de mesures de redressement avec
effet rétroactif par rapport aux règles de prescription,
elle maintint, néanmoins, la nécessité d'assister
des personnes ayant des réclamations de propriété
authentiques à faire.
Il faut rappeler aussi que, avant, pendant et après l'institution
de la commission Ahnee, un nombre conséquent de revendications
se faisait entendre. Parmi, on relève les suivantes:
- La famille Pedalloo réclame plus de cinquante arpents
dont elle affirme être propriétaire entre Coromandel
et Chebel, ainsi que d'une vingtaine de terrains dans le centre-ville
de Port-Louis.
- Les familles Pierre Louis, Sanssouci et Dumazel réclament
près de 500 arpents à Pointe aux Piments.
- La famille Capiron cherche à récupérer
175 arpents à Roche Bois.
- La famille Camangue se bat, elle, contre un organisme d'État
pour reprendre contrôle de 12 arpents de terres à
La Flora.
À Rodrigues également, les revendications de propriétés
suspectées avoir été spoliées sont
faites, notamment à Grand-Baie.
Journée mondiale des Télécommunications
MT fête ses 10 ans d'Internet
Pour fêter la Journée mondiale des Télécommunications,
Mauritius Telecom (MT) a remis un prix à son 10 000e abonné
à l'ADSL, Mme Indrani Boyroo. C'était également
l'occasion pour faire le bilan des infrastructures et services
mis en place depuis l'accès à l'Internet. MT a aussi
remis un chèque à la Commission de la Jeunesse et
des sports de l'Océan Indien en vue des prochains jeux.
L'Internet a parcouru un long chemin depuis 10 ans. Grâce
à Telecom Plus, les Mauriciens découvraient en 1996
l'accès à l'Internet, avec une connexion de 14,4
kbps. Elle l'offre désormais à 1 mbps, ce qui représente
une avancée considérable. Depuis l'arrivée
de l'ADSL, le nombre d'abonnés est passé de 2 000
en janvier de l'année dernière, à 10 000.
Indrani Boyroo, la 10 000e abonnée à l'ADSL, a été
récompensée, en recevant une connexion ADSL de 1
mega, ainsi qu'un service WIFI et d'autres présents.
Dans son discours, le Chief Executive de MT a rappelé
la politique tarifaire, qui, selon lui, démontre le souci
de démocratiser l'accès à l'Internet à
haut débit, citant les baisses dans les tarifs. À
ce jour, Telecom Plus compte 70 000 abonnés, dont 10 000
pour l'ADSL. "À MT, nous évoluons au fil
des nouvelles technologies", a souligné Sarat
Lallah. Ce dernier a longuement mis l'accent sur le développement
constant de l'architecture du réseau de MT. "Nous
avons investi massivement dans différentes liaisons internationales,
satellitaires et à travers le câble SAFE, afin d'assurer
une excellente qualité de service", a-t-il souligné.
La bande passante internationale est régulièrement
augmentée pour mieux s'adapter aux besoins des clients.
Actuellement à 190 Mbit/s, elle passera à 220 Mbit/s
d'ici quelques mois.
Le Chief Executive a également profité de
cette occasion pour saluer l'intérêt soutenu que
porte le ministre de la Technologie informatique au projet EASSY.
Etienne Sinatambou a, lors de son allocution, rendu hommage à
Sarat Lallah, qu'il a cité comme le "premier ministre
des Télécommunications" à avoir
libéralisé les Télécoms. "Neuf
ans après, nous récoltons les fruits de cette libéralisation",
a souligné le ministre. Ce dernier a aussi mis en exergue
les différentes baisses tarifaires, s'agissant des appels
locaux, internationaux et de l'Internet, rappelant aussi que le
Premier ministre veut d'une société inclusive.
Dans le cadre de son parrainage des 5es Jeux de la Commission
de la Jeunesse et des sports de l'Océan Indien, MT a également
remis un chèque à la CJSOI. Sylvio Tang a, pour
sa part, rappelé que MT est connu pour sa rigueur et son
sérieux. "Ces jeux, qui vont coûter Rs 13
m, seront financés à hauteur de Rs 8 m par l'État",
a-t-il précisé. Un appel est lancé au secteur
privé pour qu'il apporte son aide en termes de financement
à cet événement sportif qui va réunir
un millier de jeunes de la région de l'océan Indien.
Mauritius Telecom a marqué cette journée à
travers plusieurs activités destinées au public.
Outre la journée portes ouvertes au Teleshop de Telecom
Tower, les employés de MT ont également participé
à une collecte de sang. Le thème choisi pour cette
journée était: "Promouvoir une cybersécurité
mondiale".
Produits alimentaires pour bébés
Les compagnies s'expliquent
Dans notre édition de la semane dernière, l'article
"Produits alimentaires", nous avons mentionné
le fait que les produits Nestum et Cérélac, distribués
par Nestlé Products avaient été enlevés
des étagères, pour des questions de sécurité
alimentaire. Par ailleurs nous évoquions le fait que les
produits de la marque Phosphatine, distribué par Tea Blenders
Ltd n'avaient pas été livrés dans la région
de Pointe-Aux Sables et que cela laissait la place aux interrogations.
Les deux compagnies se sont expliquées par le biais de
commmuniqués cette semaine.
Phosphatine, juste un problème de rupture de stock
Il se confirme bel et bien que les produits Phospatine ont été
absents chez au moins un commerçant de la région
de Point-aux-Sables, ce qui a malheureusement créé
une confusion chez certains de nos lecteurs. Cela n'a en fait
rien avoir avec des raisons sanitaires mais simplement un problème
de rupture de stock.
Roland Hein, directeur de la compagnie Tea Blenders Ltd a souhaité
faire une mise au point par rapport à l'article de la semaine
dernière. Selon lui, la non-disponibilité de Phosphatine
dans la région de Pointe-aux-Sables, était due à
un problème d'approvisionnement. Il donne l'assurance aux
clients que le produit Phosphatine ne connaît aucun problème
actuellement. "Nous n'avons aucun problème avec
le Phosphatine", a-t-il déclaré. Il souhaite
dans ce sens rassurer ses clients, pour que ces derniers n'aient
aucune méfiance face à ce produit pour bébés.
Phosphatine, qui est fabriqué par Danone, selon des normes
extrêmement strictes est spécialisé dans la
santé nutritive.
Nestum et Cérélac: emballages endommagés
Par contre, la direction de Nestlé Products a annoncé
par le biais d'un communiqué que les produits Nestum et
Cérélac, dont elle est le distributeur agréé,
a rencontré des problèmes, d'où la nécessité
d'enlever les produits abîmés des étagères.
Selon Nestlé, le problème est dû à
un remplissage à haute vitesse, durant lequel certains
sachets n'ont pas été correctement scellés,
entraînant dans certains cas le déversement accidentel
d'un peu de produit entre le sachet et la boîte. Ceci a
eu pour résultat, la présence de charançons,
qu'on appelle "gons", et est impropre à la consommation.
"Une telle situation, considérant le transport
maritime et le taux d'humidité existant à Maurice,
pourrait éventuellement occasionner une détérioration
des produits", cite le communiqué. Pour respecter
les normes de qualité, Nestlé a de ce fait pris
la décision d'enlever tous les produits Nestum et Cérélac,
et de les remplacer. Les consommateurs en possession des produits
qui ne sont pas correctement scellés, sont priés
de retourner les produits, pour être échangés.
Améliorer l'employabilité des jeunes et des femmes
Microsoft finance un projet de formation
Microsoft Océan Indien a signé un Memorandum
of Understanding avec le British Council en vue d'assurer
la formation de formateurs en informatique, dans le cadre du projet
plus vaste d'aide et d'insertion sociale. L'objectif premier du
projet est d'augmenter les possibilités d'embauche des
jeunes et des femmes, chômeurs ou ceux qui ont un emploi
précaire, en vue de combattre la pauvreté. Cette
signature a eu lieu au siège de l'ONG SOS Poverty à
Vallée Pitot.
L'accord de ce partenariat porte sur un montant d'environ Rs 1,2
m, que Microsoft investit pour la formation de 250 formateurs.
Ces formateurs auront ensuite pour mission d'assurer l'initiation
informatique des jeunes et des femmes des quartiers défavorisés.
La pauvreté est une des grandes priorités de la
communauté internationale. Bien que Maurice ait fait une
grande avancée économique, certaines régions
- comme Vallée Pitot, connue comme une région démunie
de la capitale - ne parviennent pas à suivre le développement.
Parmi les nombreuses causes de la pauvreté, le chômage
et la précarité de l'emploi restent celles qui affectent
le plus les femmes et les jeunes. SOS Poverty a été
constitué pour faire face à cet enjeu à Maurice,
plus particulièrement dans la région de Vallée
Pitot. Cette organisation opérant dans le réseau
du National Youth Council, sous le parrainage du British Council,
s'est ainsi proposée pour la mise en uvre d'un projet
de formation de formateurs pour l'initiation à l'informatique.
Ces derniers formeront ensuite les chômeurs et autres sous-employés
à acquérir des notions informatiques de base, augmentant
ainsi leur chance d'embauche.
Au début, SOS Poverty aura accès à un centre
mis à sa disposition par le ministère de la Jeunesse
et des Sports, et qui sera équipé par le British
Council dans le cadre de son projet Connect Youth. L'association
pourrait ensuite opérer d'autres centres et bénéficier
d'autres dons d'ordinateurs à travers un programme massif
d'initiation à l'informatique.
Lancée par Phnix Beverages
Une nouvelle eau pétillante sur le marché
Dasani, c'est la nouvelle marque d'eau pétillante que vient
de lancer le Phnix Beverages Group. Du latin qui veut dire
"procurer la santé", Dasani vient compléter
la gamme de produits de la compagnie en terme d'eau - elle produit
déjà Crystal - et cible surtout les hôtels
et restaurants.
Le slogan choisi par la compagnie Phnix Beverages pour cette
nouvelle eau pétillante est "Chaque jour. Faites-vous
du bien". Selon la compagnie, Dasani est une marque globale
du numéro un mondial des boissons, et aussi la deuxième
marque mondiale d'eau embouteillée. Phnix Beverages
tient à faire ressortir que Dasani ne vient pas remplacer,
mais compléter, la gamme d'eau de la compagnie, qui propose
déjà la marque Crystal. Selon les promoteurs, cette
eau devrait se positionner pour un marché plus sophistiqué,
à savoir un consommateur sensible à son style de
vie et soucieux de son bien-être quotidien.
Déjà sur le marché, Dasani est mise en vente
en supermarchés et hypermarchés, mais cible surtout
le marché Hôtels-Restaurants-Cantines. La technologie
utilisée autour de la création de cette eau pétillante
est celle de l'Osmose Inversée, qui est unique à
Maurice et exclusive aux embouteilleurs de Coca-Cola. La technique
est de "démélanger" l'eau par l'application
de la pression d'une membrane, qu'on peut qualifier d'ultrafiltration.
Lancée pour la première fois aux États-Unis
en 1999, Dasani y a, depuis, conquis la première place
et a même traversé les frontières, touchant
les marchés canadien, brésilien, indien et singapourien.
Maurice est le premier pays de la région d'Afrique à
lancer cette marque. Les prix fixés pour cette eau sont
de Rs 14 pour le logement de 50 cl et de Rs 18 pour le litre.
Art of Living Society
Sri Sri Ravi Shankar à Maurice
Les membres de la branche locale de la Art of Living Society accueillent,
du 25 au 28 mai, Sri Sri Ravi Shankar, le fondateur du mouvement
et le concepteur du Sudarshan Kriya, une méthode
de respiration-purification visant au bien-être physique
et spirituel.
Le maître spirituel du mouvement arrive le jeudi 25 mai.
Il rencontrera ses disciples et s'adressera à l'assistance,
le 26 mai, à 19h, au Centre de Wooton, Curepipe. Ce sera
aussi une occasion de célébrer son 50e anniversaire
en présence du président de la République,
Anerood Jugnauth. Ce programme sera entrecoupé de chants
et de danses. Il rendra des visites de courtoisie à différentes
personnalités du pays le lendemain. Le 27 mai, une conférence
sur le thème "Spirituality in decision making"
aura lieu à 10h, à l'auditorium Octave Wiehé,
Réduit. Sri Sri Ravi Shankar aura également des
sessions de travail dans l'après-midi avec les décideurs
du pays. Il aura une rencontre le soir, avec les stakeholders,
au Centre de conférences de Grand-Baie.
L'Art of living est un courant de spiritualité dont
les racines se trouvent à Bangalore. Cette organisation
spirituelle est présente dans 130 pays à travers
le monde. La fondation, qui est présente à Maurice
depuis 1995, a été créée par Sri Sri
Ravi Shankar, en 1982. Le maître spirituel est né
en 1956, dans l'État du Tamil Nadu. À l'âge
de 4 ans, il récite le Bhagavad Gita en entier par
cur. À 17 ans, il termine ses études de littérature
védique et de sciences modernes. En 1982, il créa
la fondation Art of Living, une ONG à but charitable et
éducatif qui propose diverses techniques faciles à
apprendre et à pratiquer pour gérer le stress et
améliorer la santé.
Conférencier inlassable, il estime que les grandes traditions
spirituelles ont non seulement des buts identiques mais aussi
des valeurs communes. Pour lui, il s'agit de réunir des
gens de toutes les communautés, de classes sociales et
de races. Ses enseignements sont basés sur des allocutions,
des postures de yoga simples et de pranayama, ainsi que
des techniques de prise de conscience de soi et le sudarshan
kriya - une technique naturelle et simple qui restaure l'harmonie
de l'être grâce à des rythmes respiratoires.
Cette technique débarrasse le corps des émotions
négatives (colère, jalousie, frustrations). La philosophie
de Sri Sri Ravi Shankar est basée sur l'amour, la compassion,
la responsabilité et la courtoisie.
Fin des travaux de la CEDOI aux Seychelles
Réaffirmation des évêques de l'océan
Indien: "La vocation des laïcs est de s'engager"
La vocation spécifique des laïcs est de "témoigner
de Jésus-Christ dans la société"
en s'engageant "dans la vie de tous les jours"
ont réaffirmé, lundi, les évêques catholiques
de l'océan Indien. Dans un message à l'ensemble
des communautés chrétiennes de la Réunion,
de Maurice, des Seychelles, de Rodrigues et des Comores au terme
de la Conférence 2006 des Évêques de l'Océan
Indien (CEDOI), les responsables des églises catholiques
de la région soulignent que cet engagement des laïcs
"transforme la société en l'imprégnant
de la saveur de l'Evangile".
Placée, cette année, sous le thème "La
collaboration entre paroisses et mouvements dans l'exercice de
la mission", cette rencontre s'est tenue aux Seychelles
du 4 au 15 mai derniers en présence, notamment, du Nonce
Apostolique à Antanarivo (qui tient office d'ambassadeur
du Saint Siège), SE Mgr Augustin Kasujja de même
que du président de la Conférence Episcopale de
Madagascar, Mgr Fulgence Rabeony.
L'amplification du phénomène de la modernité
et de celui de la mondialisation avec ses "dynamismes
d'espérance" mais aussi les "cris de détresse"
qu'elle entraîne conduit les évêques de l'océan
Indien à estimer "indispensable" la collaboration
paroisse/mouvements et vice versa. Les expériences "positives"
de laïcs engagés à divers niveaux dans la société
sont qualifiées de "lumière dans l'obscurité".
"Aucun chrétien ne peut se replier sur lui-même
s'il veut être fidèle à la vocation de son
baptême et de sa confirmation (
)" soulignent
les évêques de la CEDOI pour qui la coresponsabilité
prêtres/laïcs est "essentielle" et doit se
développer davantage en raison de "son importance
pour la vitalité de la communauté" et pour
"sa mission dans la société".
La question des sans-logis, la lutte contre le VIH/Sida et le
fléau de la drogue de même que la question éducative
ont été au nombre des réalités humaines
vécues à Maurice présentées par l'évêque
de Port-Louis, Mgr Maurice Piat et quatre laïcs du diocèse
aux représentants des autres diocèses durant la
première partie de la conférence.
La deuxième partie a, entre autres, été consacrée
à la participation des laïcs à la responsabilité
des paroisses ainsi qu'à leur formation de même que
le projet de fondation d'un monastère cistercien aux Seychelles.
C'est Mgr Denis Wiehé, évêque de Port-Victoria,
Seychelles, qui a été élu nouveau président
de la CEDOI pour un mandat de trois ans. Jean-Claude Véder,
prêtre mauricien a, lui, été nommé
secrétaire général.
Avant leur départ du pays hôte, les évêques
présents ont rendu des visites de courtoisie au président
de la République des Seychelles, M. James Michel, au leader
de l'opposition de ce pays, M. Wavel Ramkalawan, de même
qu'aux responsables locaux de l'Eglise anglicane.
Lutte contre le VIH&Sida et la drogue
Lalit établit une charte pour décourager la répression
Lalit veut décourager une approche répressive dans
le combat contre la propagation du virus VIH&Sida à
Maurice. Ce parti politique s'est penché sur une charte
définissant plusieurs recommandations. Une première
ébauche, résultat d'un travail de réflexion
par les actifs de Lalit, est prête. La charte sera mise
à la disposition des organisations militant contre la drogue
ou portant un intérêt particulier à la question.
Lalit s'attend à un débat d'idées et des
propositions avant que les parties concernées n'adhèrent
de façon formelle à celles-ci.
Lors de la préparation du document, Lalit a relevé
la relation directe entre la drogue, le commerce du sexe et le
VIH&Sida. Axant ses mesures sur la drogue, Lalit rappelle
que la répression ne doit plus être perçue
comme une solution. Cependant, insiste le parti, malgré
les bonnes intentions, les mesures répressives entreprises
dans le passé pour combattre la drogue se sont finalement
intégrées dans le système pour aggraver davantage
le problème. La répression, selon Lalit, "has
the direct effect of increasing the size and strength of a dangerous
Mafia".
Appelée à être peaufinée, la charte
de Lalit encourage le gouvernement à poursuivre sa politique
pour l'utilisation de la méthadone dans le processus de
réhabilitation des usagers de drogue. Et propose que les
toxicomanes soient traités comme des personnes nécessitant
des soins et non des criminels, que les prisons assurent la réhabilitation
des toxicomanes, et que les préservatifs doivent être
"easily and anonymously availaible", y compris
en prison.
À Flic en Flac
Nouveau comptoir d'information de la MTPA
Dans le cadre de la politique gouvernementale de promouvoir la
destination Maurice en fournissant aux touristes les informations
nécessaires relatives aux facilités, aux infrastructures
et aux services disponibles dans l'île, la Mauritius Tourism
Promotion Authority (MTPA) a inauguré un nouveau comptoir
à Flic en Flac. La mise en place de ce comptoir, qui se
situe dans le complexe Pasadena (le quatrième du genre;
il en existe deux à Port-Louis et un troisième à
l'aéroport), relève de la volonté de la MTPA
de mettre à la disposition des touristes brochures, dépliants,
cartes touristiques et autres informations.
Les petites entreprises, restaurants et promoteurs d'activités
nautiques dans la région de l'ouest, pourront également
tirer profit de ce nouvel office du tourisme, qui assurera également
la promotion de la densité et la diversité des activités
touristiques disponibles à Maurice.
L'inauguration de ce nouveau bureau régional a été
effectuée par le ministre du Tourisme, Xavier Duval, qui
a annoncé la présentation prochaine du Tourism
Bill (actuellement en préparation) au Parlement. La
MTPA projette par ailleurs de mettre en place d'autres comptoirs
de l'Office du Tourisme.
Décédé mardi à l'âge de 74
ans
Daniel Appave inhumé hier après-midi au cimetière
de Phoenix
Notre ami et ancien collègue de la rédaction de
Week-End, Daniel Appave décédé tôt
dans la matinée de mardi dernier à l'hôpital
Dr Jeetoo à l'âge de 74 ans a été inhumé
hier après-midi au cimetière de Phoenix.
Parents et amis s'étaient, précédemment,
réunis à son domicile de Coromandel où des
prières à son intention ont été dites
par le pasteur Daniel Guého de l'Eglise adventiste.
Son fils aîné, Dany établi en Europe de même
que le rédacteur en chef de Week-End, Gérard
Cateaux lui ont rendu hommage. A tous les membres de sa famille
éprouvés par sa disparition, Week-End présente
ses sincères condoléances.
Daniel Appave, le volubile technophile de Week-End
C'est vers 1974 que Daniel Appave devait joindre le journal Le
Mauricien après avoir été enseignant à
l'Adventist College, puis représentant médical.
Très à l'aise dans le style d'écriture magazine,
les hot news de la presse quotidienne lui ont souvent servi de
tremplin pour des articles plus fouillés sur des sujets
divers.
Il devait vite se faire remarquer en obtenant, en 1975, le prix
du Meilleur Reportage de la défunte Association des Journalistes
de l'île Maurice (AJIM). Daniel Appave intégra ensuite
la rédaction de Week-End. Il a été parmi
les premiers journalistes à aborder, à Maurice,
des sujets jusqu'alors ignorés, tels la préservation
de l'environnement ou la protection des consommateurs.
L'on gardera aussi longtemps en mémoire ses nombreux human
stories, dont celles de ces divers globe-trotters en transit dans
l'île. Sa rubrique "Suivez le Guide" était,
dans le temps, une réelle invite à la découverte
des divers coins méconnus du pays, alors que ses "Coups
de Plume", toujours dans l'ère du temps, contribuaient
à éclairer le débat sur des sujets d'actualité.
Râleur, selon ses détracteurs, Daniel Appave aura
plutôt été un empêcheur-de-tourner-en-rond.
Un éternel insatisfait des explications de circonstance
des autorités dites "compétentes". Personne
d'un abord facile, il était aussi d'une grande volubilité.
Au hasard d'une conversation à bâtons rompus sur
un sujet banal, l'homme, doué d'une culture au-dessus de
la moyenne, avait la faculté de sauter du coq à
l'âne pour aborder des questions autrement plus corsées.
Si ce don presque inné de la parole dont il disposait ennuyait
certains, d'autres éprouvaient, pour cela, une certaine
admiration pour notre ancien collègue. Notamment pour sa
capacité de vulgariser certains sujets rébarbatifs
pour les mettre au niveau d'entendement d'un planton ou d'un chauffeur.
Pour beaucoup, Daniel Appave demeurera, toutefois, avant tout,
ce septuagénaire technophile qui, longtemps avant l'arrivée
sur le marché local, du baladeur MP3, déambulait
avec un tel équipement qu'il avait commandé d'Australie.
À l'ère du digital divide séparant non seulement
riches et pauvres dans leur relation à l'outil informatique,
mais, plus encore, la jeune génération et les moins
jeunes, un tel fait méritait d'être souligné.
Un rapide survol des collections de Week-End confirme cet intérêt
de notre défunt collègue pour la technologie. Avril
1978: c'est lui qui, déjà, présente aux lecteurs
de Week-End le tout nouveau procédé d'impression
de photos couleurs C 41 de Kodak introduit à Maurice. Avril
1989: une demi-douzaine d'années avant même que le
pays ne soit connecté au réseau Internet et bien
plus loin de l'implantation des premiers call centres dans notre
technopole d'Ebène, c'est lui encore qui, à la faveur
d'un atelier de travail conjoint Chambre de Commerce et de l'Industrie/USAID,
évoque les réelles perspectives qu'offre au pays
le marché des services informatiques d'exportation. Juin
1989: c'est Daniel encore qui rapporte le lancement officiel du
premier réseau de téléphone cellulaire, celui
d'Emtel.
Journaliste généraliste pendant près de trois
décennies, Daniel Appave qui a pris congé de la
rédaction de Week-End fin 2003, aura aussi été
sur d'autres fronts en compagnie, notamment, de notre autre ancien
collègue défunt, Coll Venkatasamy, dont celui d'une
plus grande humanisation des conditions de détention dans
nos prisons, de même que pour un meilleur service de transport
par autobus et une meilleure politique de prévention face
au VIH/Sida.
Sur le plan social, Daniel Appave a, entre autres, été
un des dirigeants de l'Association des Consommateurs de l'île
Maurice (ACIM) et pendant longtemps président de l'Association
des Parents d'Elèves du Collège Notre Dame. Il a
aussi été, dans le temps, animateur auprès
de la jeunesse adventiste.
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