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Musique indienne
Unique concert de Kay Kay et Mahalakshmi à Pailles le
8 avril
Le public mauricien sera gâté le samedi 8 avril puisqu'il
aura l'occasion d'apprécier deux stars de Bollywood qui
font un tabac en Inde ces derniers temps. Il s'agit de Kay Kay
(de son vrai nom Krishna Kumar Kunnath) et de Mahalakshmi. Ces
deux chanteurs ne sont peut-être pas assez connus chez nous
car ils sont les nouvelles révélations de Bollywood.
L'unique concert de ces deux artistes débutera à
16h au Centre Swami Vivekananda, à Pailles. Ils arrivent
à Maurice, accompagnés de leurs musiciens, le jeudi
6 avril et rencontreront la presse le même jour à
l'hôtel Maritim où ils seront logés.
Kay Kay et Mahalakshmi ont un répertoire varié avec
des hits à succès. Kay Kay prête sa voix à
l'acteur Hrithik Roshan dans le film Main Prem Ki Diwani Hoon.
Mais il a chanté aussi pour la télévision
à New Delhi et a réalisé des clips pour de
nombreuses agences de publicité. C'est une télévision
privée à Mumbai, UTV, qui lui donna sa chance en
1994. En l'espace de quatre ans, il a réalisé plus
3 500 clips en 11 langues indiennes. Dans le septième art,
c'est Vishal Bhardwaj qui l'a remarqué. Il chante dans
le film Maachis réalisé par Gulzar. Sa chanson
la plus connue est "Dola Re dola" du film Devdas,
réalisé par Sanjay Leela Bhansali.
De la télévision au cinéma, Mahalakshmi a
travaillé avec de nombreux directeurs de musique, dont
A.R. Rehman, Shankar-Ehsaan-Loy, Anu Malik, Himesh Reshammiya,
Sanjeev-Darshan. Elle vient de lancer un nouvel album qui porte
le label Sony Music. Mahalakshmi a fait le tour du monde avec
Shankar Mahadevan, Hariharan et A.R. Rehman. Elle a aussi donné
des représentations avec Kay Kay en Inde, Dubai et Muscat.
Ce concert, organisé par l'agence Immedia, que dirige Rama
Poonoosamy, bénéficie, entre autres, du sponsorship
de l'hôtel Maritim, Balaclava, de la compagnie Emtel et
d'une dizaine d'autres. Le prix du billet a été
fixé comme suit: Rs 350 pour les sièges réservés
et Rs 250 pour les sièges non réservés et
debout.
De mars à octobre
Un programme étoffé pour célébrer
la francophonie
Pour faire écho au festival "Francoffonies 2006 !"
qui se tient en France de mars à octobre, un programme
d'activités très étoffé a également
été élaboré pour célébrer
localement la francophonie. Concerts, tables rondes, rencontres
littéraires, pièces de théâtre, soirées
zistoir, autant de rendez-vous qui devraient marquer cette année.
C'est mercredi dernier qu'a été présenté
ce programme spécial francophonie, lors d'une conférence
de presse animée conjointement par Fred Constant, responsable
du Service de Coopération et d'Action Culturelle (SCAC)
de l'Ambassade de France, Aimée Chasles, responsable du
réseau des Centres de Lecture et d'Animation Culturelle
(CLAC), Arnaud Carpooran, représentant du Groupe de Recherche
en Francophonie de l'Université de Maurice, Jean-Philippe
Gabilloux, directeur du Centre Charles Baudelaire (CCB), Bruno
Dumazel, président de l'Alliance Française et Jeff
Auckle, attaché de presse du ministère des Arts
et de la Culture.
D'emblée, Fred Constant devait faire ressortir que contrairement
à ce qui est souvent dit, la francophonie n'est pas "une
invention de la France" mais une démarche initiée,
il y a près de 40 ans, par divers pays du Sud comme le
Sénégal, la Tunisie et le Niger. Aujourd'hui, l'Année
de la Francophonie a pour ambition "de rendre compte de
la vitalité et de la modernité de la francophonie,
en donnant à voir, lire et entendre la créativité
des artistes, écrivains, intellectuels et scientifiques
des cinq continents qui feront ainsi partager leurs visions du
monde à un vaste public".
Démarrage demain avec Senghor et table ronde
À Maurice, ce programme débutera donc demain, lundi
20 mars, Journée officielle de la Francophonie, avec l'inauguration
de l'exposition Senghor, proposée par l'Organisation Internationale
de la Francophonie (OIF) et présentée par le ministère
mauricien des Arts et de la Culture. Cette année de la
Francophonie coïncide en effet avec l'Année Senghor
décrétée par l'OIF pour marquer le centième
anniversaire de la naissance du grand poète, homme d'État
et chantre de la négritude. Cette exposition circulera
par la suite, pendant toute l'année, à travers l'île
et jusqu'à Rodrigues, via le réseau des CLAC, du
CCB et de l'AF. Diverses autres activités suivront au cours
de l'année, avec notamment un concours de textes sur la
vie et l'oeuvre de Senghor, la création d'un timbre-poste
à son effigie, la présentation de films documentaires
qui lui sont consacrés, et l'attribution d'un prix spécial
Léopold Sedar Senghor dans le cadre du Festival d'Art Dramatique.
Toujours le lundi 20 mars, une table ronde se tiendra au CCB à
17h, sur le thème "Ecrire dans l'océan Indien
à l'heure de la mondialisation". Y participeront trois
écrivains mauriciens, Carl de Souza, Alain Gordon-Gentil
et Sedley Assonne, et l'écrivain réunionnais Axel
Gauvin. Robert Furlong agira comme modérateur de cette
table ronde. Au niveau littéraire, les autres rendez-vous
prévus au cours de cette année incluent des conférences
des écrivains J.M.G Le Clézio en avril, de Daniel
Picouly en mai, puis, en juin, d'Ananda Devi et du cinéaste
Harrikrisna Anenden pour l'adaptation au cinéma de sa nouvelle
La Cathédrale.
À noter par ailleurs, toujours dans le domaine littéraire,
que le SCAC assure, dans le cadre du Salon du Livre qui se tient
actuellement à Paris, la présence d'ouvrages d'éditeurs
mauriciens au stand d'honneur du Salon. Ce, grâce à
la collaboration de la librairie parisienne Gilbert Joseph. En
parallèle, des auteurs mauriciens comme Barlen Pyamootoo,
Umar Timol et Issa Asgarally y sont également présents
avec le soutien de l'Ambassade de France. Ce dernier animera d'ailleurs
une édition de son magazine télévisé
Passerelles en direct du Salon.
Soirée zistoir et sirandanes
Le prochain rendez-vous local aura lieu le vendredi 24 mars avec
la tenue, à l'Université de Maurice, à partir
de 9h30, d'une table ronde sur le thème "Tradition
orale et pratiques populaires en espace francophone". Celle-ci
est organisée par le Groupe de Recherche en Francophonie.
Cette journée se poursuivra avec, à 18h, à
l'Alliance Française de Bell Village, une Soirée
Zistoir, avec Fanfan, Michel Legris, Cyril Ramdoo et le conteur
rodriguais Rosange André. Une exposition consacrée
aux sirandanes sera aussi présentée dans la salle
polyvalente de l'AF, et une présentation du site web "Sirandanes"
sera assurée par Emmanuel Richon.
Au niveau musical, l'année s'annonce également faste
avec les concerts du pianiste jazz Mario Canonge le mardi 21 mars
au Conservatoire François Mitterrand, mais aussi du chanteur
français Mathieu Boogaerts le 5 avril au Conservatoire
(avec Damien Elisa en première partie), puis d'Ousmane
Touré également en avril et le retour de la grande
Maurane en juin.
Le chapitre théâtral ne sera pas en reste, avec la
présentation, en mai, du Petit Prince par l'inoubliable
Pierrette Dupoyet, puis de Une femme seule de Dario Fo
en octobre. Le Théâtre Talipot de la Réunion
sera également au rendez-vous pour faire découvrir
sa dernière réalisation, Kor maison du vent,
ainsi qu'une nouvelle création actuellement travaillée
avec des artistes mauriciens.
Parmi les autres activités prévues, relevons : la
Nuit de la Pub Francophone le 31 mars à 19 h au CCB ; la
venue d'un conteur de la Réunion pour une animation et
une formation destinées aux animateurs des différentes
bibliothèques de l'île ; le lancement d'un ouvrage
de BD de Laval Ng ; la présentation du film Bénarès
de Barlen Pyamootoo à Rodrigues ; une dotation de 1 200
livres environ par l'Ambassade de France aux cinq bibliothèques
municipales ; la publication d'un ouvrage de référence
sur "L'état de la francophonie à Maurice".
Cinéma
Le festival australien continue jusqu'à jeudi
Commencé vendredi, le festival de films australiens se
poursuit tous les jours au théâtre Serge Constantin
à Vacoas. Rappelons que le programme de ce festival comprend
huit longs métrages australiens récents qui ont
connu un bon accueil public et critique en Australie et dans certains
festivals internationaux. Chaque projection comprend également,
en première partie, un court métrage ou un documentaire
australien. Les séances sont gratuites et nous invitons
vivement les cinéphiles mauriciens à profiter de
cette véritable aubaine.
Programme
Dimanche 19 mars à 14h
- Mozzie
- Looking for Alibrandi
Film de Kate Woods
Avec Greta Schaaci, Tony La Paglia et Elana Cota
Les relations plutôt compliquées d'une mère
et de sa fille que tout oppose. Le film est interprété
par une habituée du cinéma australien: Greta Schacci.
Dimanche 19 mars à 20h
- Above the Dust Level
- The hard word
Film de Scott Roberts
Avec Guy Pearce
Des pilleurs de banque emprisonnés découvrent
un moyen original de passer le temps qui va entraîner les
"bon" voleurs et les "mauvais" policiers dans
une drôle d'aventure. Avec une autre vedette du cinéma
aussie, Guy Pearce.
Lundi 20 mars à 20h
- Harvey Crumpet
- Love serenade
Film de Shirley Barett
Avec Miranda Otto, Rebecca Frith et Kenneth Ken Sherry
L'arrivée d'un DJ de radio dans une petite ville où
il ne se passe jamais rien va déchaîner les passions.
Surtout celles de deux surs qui tombent amoureuses de l'homme
de radio.
Mardi 21 mars à 20h
- Confessions of a Head Hunter
- The rage in Placid Lak
Film de Tony Mc Namara
Avec Ben Lee, Miranda Richardson et Gary Mc Donald
Un jeune garçon brillant provoque le désespoir
de ses parents, anti conformistes, en décidant de mener
une vie normale sans histoire.
Mercredi 22 mars à 20h
- Local Dive
- Garage Days
Comédie musicale d'Alex Proyas
Avec Kick Gurry, Maya Stange
L'histoire d'une bande de jeunes australiens passionnés
par la musique qui rêve de devenir un groupe musical à
succès.
Jeudi 23 mars à 20h
- Pilbarra Pearl
- Ned Kelly
Film de Gregor Jordan
Avec Heath Ledger, Orlando Bloom et Geoffrey Rush
Ce film raconte les aventures de Ned Kelly, fameux bandit australien
qui, avec son gang, pilla les banques et les trains et prit en
otage toute une ville. On retrouve au casting Geoffrey Rush, l'un
des plus célèbres acteurs australiens et Orlando
Bloom.
Publication
Ressources végétales méconnues et sous-utilisées
Dr Ameenah Gurib-Fakim
Le Dr Ameenah Gurib-Fakim, doyenne de la Faculté des Sciences
à l'Université de Maurice, a publié récemment
Ressources Végétales méconnues et sous-utilisées,
ouvrage fournissant un maximum d'informations sur la diversité
des espèces végétales dans les pays des tropiques.
Le livre comprend quelque 233 photos en couleurs illustrant 158
plantes provenant de 69 familles. Selon l'auteur, chaque monographie
présente des informations vitales comme le potentiel nutritionnel,
industriel, médicinal et aussi le potentiel commercial
des plantes. Cette publication s'adresse aux chercheurs, étudiants,
agriculteurs et aussi au public en général.
En guise d'introduction, Ameenah Gurib-Fakim écrit que
"les ressources végétales représentent
une partie importante de la biodiversité d'où l'Humanité
tout entière puise nourritures, médicaments et produits
industriels. Ces ressources végétales, à
état sauvage ou domestiquées, ont été
et seront toujours utilisées par l'Homme. Les aliments
de base qui nourrissent le Monde comprennent entre autres les
légumes, salades et féculent émanant des
racines ou graines, des inflorescences ou encore des fruits. Parmi
les plantes qui habillent l'Homme, on trouvera les plantes à
fibre et à teintures entre autres. Les plantes méconnues
et sous-utilisées sont parmi ces plantes dont le potentiel
reste encore à être réalisé".
Ameenah Gurib-Fakim a recueilli toutes les informations utiles
auprès d'une série d'institutions internationales
scientifiques - qu'elle remercie d'ailleurs dans son ouvrage.
Les plus avertis dans le domaine de la botanique et le public
en général trouveront dans le livre du Professeur
Gurib-Fakim un guide essentiel et un outil de référence
en matière de ressources végétales. C'est
un ouvrage écrit dans un langage clair qui donne une vaste
idée sur les millions de plantes végétales
qui existent dans le monde.
Selon Ameenah Gurib-Fakim, de nombreuses plantes dans cette partie
du monde sont importantes pour la survie des populations. Le scientifique
mauricien note aussi que plusieurs pays africains ainsi que Maurice,
ont été témoins de la marginalisation de
plusieurs espèces de leur biodiversité. Elle constate
aussi que l'importation de plantes ou encore la consommation de
produits importés est devenue très à la mode.
Les exemples cités dans le texte concernent les fruits
et légumes.
L'auteur espère que cette publication aidera à mettre
en exergue le potentiel que ces plantes présentent et ainsi
encouragerait leur utilisation à leur juste valeur.
Philippe Gentil, compositeur du Motherland
L'homme oublié
Il n'a jamais eu une place d'honneur dans les cérémonies
marquant l'indépendance du pays. Encore une fois, cette
année, il a été oublié
C'est
devant sa télévision que Philippe Gentil, le compositeur
du Motherland, a assisté au lever du drapeau, le
12 mars. À 78 ans, cet homme qui a écrit d'une belle
note une des pages de notre histoire, est trop modeste pour revendiquer
hommage ou reconnaissance. Son amertume, il l'a enfouie. Aujourd'hui,
sa vie est composée de musique et il s'en contente
L'homme sourit ! Encore une fois, il est interpellé sur
ses souvenirs de musicien. Quoi dire d'autre ? Tout ou presque
tout a été dit autour de l'hymne qui accompagne
le quadricolore, chuchote-t-il. Mais le vieil homme le sait
Quand se pointe mars, on vient toujours frapper à la porte
de sa mémoire. On remue le passé, le sien. Et on
lui pose des questions: souvent les mêmes. Lui, il raconte
alors la même histoire, les mêmes anecdotes. Trente-huit
ans que cela dure.
Mais le musicien est patient. Comme un grand livre ouvert, il
présente volontiers les pages de sa vie où chaque
phrase, captivante, se laisse absorber. L'homme est un esthète,
ses récits séduisent et touchent. Pourtant, il est
le reflet même de la simplicité. Dans cette petite
salle de classe où il transmet son savoir et s'évertue
à léguer sa passion, il affiche une déconcertante
modestie. D'ailleurs, il ne parle du cadeau qu'il a donné
à son pays, un jour de 1968, que lorsqu'il est interpellé.
Lui, préfère parler de la "bonne musique",
celle de Mozart ou de Haydn. Soit ! Ses notes à lui,
celles du Motherland, sont connues de tous. Mais l'homme
qui les a signées reste encore ignoré
"Je suis fier d'avoir fait un cadeau à mon pays
en lui donnant un hymne. Je ne demande rien ! Je suis simplement
gentil !
Philippe Gentil n'est pas en quête d'hommage ou de reconnaissance
! Loin de là. Il se contente du titre Member of the
British Empire qu'il porte depuis 1970, année où
il a été récompensé pour sa composition.
"J'ai été décoré. Mais que
vaut un titre ?" se demande-t-il, sans amertume visible.
Mais l'homme est trop fier pour laisser transparaître sa
déception. "Je suis plutôt fier d'avoir fait
un cadeau à mon pays en lui donnant un hymne. Je ne demande
rien ! Je suis simplement
gentil ! (rires)"
Ce même sentiment de fierté rejaillissait davantage
autrefois lorsqu'il entendait l'hymne, chaque 12 mars,, confie
le compositeur. "Au bout de quelques années, on
finit par s'y habituer
" Mais, il y a des années
où des souvenirs précis refont surface. À
l'instar de ceux de dimanche dernier. "J'ai revu la première
parade du 12 mars 1968. J'étais vraiment ému. J'ai
pensé à la réception offerte par Chacha Ramgoolam
à son domicile à la rue Desforges et à laquelle
j'avais assisté." Philippe Gentil avait 40 ans
à l'époque. Des dix compositions en lice pour devenir
l'hymne national du pays, c'est le sien qui avait été
retenu. Et il était normal qu'il fasse partie des invités
du Premier ministre. Cela faisait alors 16 ans depuis qu'il s'était
joint à l'orchestre de la police. "Je n'étais
qu'un simple policier", dit-il.
Depuis qu'il a apposé sa signature sur la partition de
l'hymne national, Philippe Gentil sursaute à chaque fois
que des fausses notes s'immiscent dans le Motherland. Quand
l'occasion le lui permet, il intervient pour que l'erreur ne se
répète pas. Mais, le plus souvent, il a été
contraint d'écouter un hymne peu harmonieux et "saccagé",
dit-il. Une version de la composition, réarrangée
et présentant un petit défaut, a été
longtemps jouée, officiellement, avec cette faille. "Personne
ne m'a demandé mon avis !" , déplore Philippe
Gentil. "Cela m'a fait quelque chose", confie-t-il,
tel un père impuissant devant son enfant défiguré
! L'erreur fut heureusement corrigée, il y a quelques années,
avec cette fois son apport. "Si on m'avait demandé
de remettre une copie de la composition, je l'aurais fait ! Nous
n'aurions pas eu droit à des erreurs." Le compositeur
du Motherland a, depuis, retrouvé une certaine quiétude
Presque quatre décennies après la conception de
l'hymne national, le nom de Philippe Gentil est injustement tombé
dans l'oubli ! Lui, qui, tel un sculpteur passionné devant
la matière brute, harmonise les notes pour engendrer des
uvres mélodieuses. Il lui a fallu attendre longtemps
avant de pouvoir diriger un orchestre qui interprétait
"son" hymne. C'était en 1992, à
Rodrigues, raconte-t-il. Deux ans auparavant, il avait été
approché par le commissaire des prisons de l'époque
pour mettre sur pied un orchestre qui serait composé d'officiers.
Sa mission accomplie, Philippe Gentil est appelé à
diriger ce même orchestre dans l'île, lors de la cérémonie
marquant l'accession de Maurice au statut de République.
Depuis, cet honneur ne lui a pas été donné
!
"J'aurais souhaité pouvoir jouer dans un orchestre"
Philippe Gentil a dû mal à tirer un trait sur le
passé. Et il le concède. "Je ne peux m'adapter
à la vie d'aujourd'hui
", dit-il, en se remémorant
le passé. Il revoit alors défiler les années
40, 50 et 60. "L'époque où l'on jouait encore
de la bonne musique. Aujourd'hui, j'aurais souhaité pouvoir
jouer dans un orchestre. Il y avait encore des concerts de musique
classique et de l'opérette. J'ai moi-même été
un comique (rires)
En ce temps-là, je jouais
des comédies et je chantais des morceaux fantaisistes !
Plus tard, j'ai chanté du Salvador ou encore des chansons
de Fernandel."
C'est d'ailleurs son talent de chanteur qui l'a conduit vers l'orchestre
de la police. Repéré sur scène par Philippe
Ohsan, alors qu'il faisait montre de ses multiples talents artistiques
sur scène, il laisse vite tomber son emploi de clerc de
notaire pour l'orchestre de la police. Enfant de Port-Louis, il
est imprégné dès sa naissance de musique
classique. Son père, Eugène Gentil, lui-même
violoniste et chef d'orchestre, lui a inculqué l'amour
de la musique. "Il ne voulait pas que je joue de la guitare
! Il trouvait que c'était un instrument de voyou (rires).
À cette époque, Tino Rossi avait popularisé
la guitare et je voulais suivre la tendance. Mais il s'y est farouchement
opposé et je me suis mis au violon !"
Un choix qu'il ne regrette pas. Car, s'il excelle à la
trompette et au xylophone, son Stradivarius 1721 reste
cher à son cur. "Je l'ai acheté en
1955", dit-il, en montrant l'instrument qui l'accompagne
depuis cette année-là. Philippe Gentil a aussi une
pensée pour un oncle, Marc Annibal, qui lui a appris le
solfège.
Dans la cour des grands, Philippe Gentil occupe certainement une
place de choix. Mais l'homme, trop modeste pour parler de lui,
préfère rendre hommage à Pierre Bergicourt,
Paul Domaingue, Raynald Antoinette
De ce dernier, qui a
émigré en Angleterre, le compositeur du Motherland
dira "qu'il est un des meilleurs violonistes que Maurice
ait connu". C'est non sans fierté qu'il fait ressortir
que Raynald Antoinette a eu le privilège d'être soliste
au sein de l'orchestre philharmonique de Londres.
Trop amoureux de son île, Philippe Gentil n'a pas voulu
aller vivre sous d'autres cieux. D'ailleurs, ici, il a une mission
à accomplir. Celle de transmettre la maîtrise de
la "bonne musique" à la génération
montante. À 78 ans, il donne toujours des cours aux enfants.
Certains ont 4 à 6 ans. La plupart sont des écoliers.
"J'ai eu de très bons élèves dans
le passé, qui sont même, aujourd'hui, meilleurs que
moi !", lance-t-il, sans se défaire de son sourire,
car il le pense réellement
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