p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 19 février 2006


  Constat dressé par le MMM hier
    "Pei inn vir en balao" déclare Paul Bérenger
  Revenu de sa mission d'observation à Haïti
    Le leader de l'opposition évoque "une expérience exceptionnelle"
  Atelier de travail de l'aile féminine du MMM
    Plus d'empowerment chez les femmes
  Ça va se savoir
    Indira Chettiar, Communications Manager à la MBC
  Démocratie
    La réforme électorale refait débat


Constat dressé par le MMM hier


"Pei inn vir en balao" déclare Paul Bérenger

"Pei ine vir en balao et mood terib dan pei en lespass 6 mwa avec Navin Ramgoolam kom Premié minis guvernman du changement de l'alliance sociale". C'est le constat dressé hier à une rencontre avec la presse par le leader de l'opposition et du MMM, Paul Bérenger, qui avait, à ses côtés, Steve Obeegadoo, Rajesh Bhagwan et Ajay Gunness. Aussi évoqués, l'éducation (voir plus loin), le "law and order", le "fiasco de la soi-disant diplomatie économique", la "police qui travaille à deux vitesses", l'horreur du système de la MCIT, de Prem Raddhoa "soutiré par Navin Ramgoolam" qui continue à se répandre dans des interviews et

qui se permet de critiquer le juge Seetulsing, les prix et la politisation à outrance des institutions. Il a, dans la foulée, réitéré son opposition à la nomination d'Indira Manrakhan à l'Independent Commission against Corruption.

Il y a un sentiment d'insécurité généralisée dans le pays et personne ne sait ce que la police fait ou ne fait pas et comment la loi est appliquée, a déclaré le leader de l'opposition qui a dénoncé la politisation de plus en plus outrancière de la police. Il a dit ne pas viser le Commissaire de police qui est, au contraire, entravé dans son travail et que ce sont les agents politiques de l'Alliance sociale qui sont privilégiés. Et de dire qu'il y a non seulement une justice à deux vitesses, mais aussi "une police qui travaille à deux vitesses". Il n'y a rien de plus dangereux que cela, a-t-il dit, avant d'ajouter que "tout fout le camp dans le pays".

Paul Bérenger a ensuite parlé du rapport de la Commission Nationale des Droits de l'Homme qui a "condamné sans appel" le Major Crime Investigation Team, mais que Rama Valayden dit, lui, qu'il va aller au-delà des recommandations du rapport Seetulsing et tout le blablabla qui l'accompagne pour dire ensuite que pour connaître le sort du MCIT, il faut attendre l'enquête de la police.

"Nou kone système MCIT, sistem Raddhoa, li difisil pinpoint un tel ou un tel comme responsab, ine organiz travay-là enn fason ki pa fouti permet koné ki tel dimoune ine fer koi, se sa tou l'horreur de sa sistem-là !" a observé le leader du MMM. Aussi, il a dénoncé "l'hypocrisie" de Rama Valayden et de Navin Ramgoolam et et a dit considérer "revoltan ki zot pé rod sap Raddhoa à traver lenket la police" alors que la Commission Droits de l'Homme a blâmé ses méthodes.

Il n'y aurait eu tout cela et Raddhoa ne se serait pas permis de donner toutes ses interviews de presse et de critiquer même le juge Seetulsing si Navin Ramgoolam ne le "soutirait" pas et ne l'avait pas retiré de son garage de la Special Mobile Force. Paul Bérenger a également dit constater que "Rama Valayden usurpe le rôle du Premier ministre" comme si c'était lui qui était en charge de la police et il annonce des choses qui concernent ce secteur et se permet même de convoquer le Directeur des Poursuites Publiques à son bureau. "C'est du jamais vu à Maurice !" s'est exclamé le leader de l'opposition qui a dit ses craintes que les choses n'aillent de mal en pis.

S'agissant de l'ICAC, il a également critiqué le gouvernement pour n'avoir pas fait son "homework" encore une fois et a dit avoir été sous l'impression que le Premier ministre avait consulté la State Law Office pour savoir si Anil Kumar Ujodha était qualifié ou non avant de le consulter pour le nommer. Il n'y a pas de polémique sur ce choix-là mais il est dommage qu'il faille attendre la rentrée parlementaire pour que sa nomination puisse être effective, a déclaré le leader de l'opposition.

Quant aux informations selon lesquelles le gouvernement nommerait Indira Manrakhan comme un des assesseurs du directeur général de l'ICAC, il a dit espérer que c'est faux d'autant que le Premier ministre sait qu'il est opposé à la politisation des institutions et surtout de celle-là et que tout le monde sait le "rôle politique" joué par cette dame.

Restant au chapitre de la politisation des institutions, Paul Bérenger a aussi dénoncé celle du centre cardiaque que le Dr Gunesh et ses collègues ont réussi à organiser et qui s'est doté d'une réputation sur le plan tant régional qu'international. A un moment où le gouvernement a repris le projet de Hi-tech Medical Hub, ce n'était pas la chose à faire que de nommer un agent politique comme le directeur du centre. Avec pour résultat que le Professeur Kalangos a décidé de ne pas venir pour opérer 20 enfants qui nécessitaient des interventions d'urgence et ce sont ces gamins et leurs parents qui font les frais de la politisation des institutions à la PTr.

La diplomatie économique de Navin Ramgoolam et de Madan Dulloo est un "fiasco complet", a, par ailleurs, affirmé le leader du MMM qui a cité le dossier sucre pour dire que Maurice n'a pas obtenu une augmentation des mesures d'accompagnement qui soient proportionnelles à notre quota sous le Protocole Sucre.

"Le summum du ridicule"

Et ils sont masochistes avec cela, le Commissaire européen au Commerce est venu ici même confirmer la chose. "Mandelson ine vine zoure nou dans nou prop lakaz, sa mem diplomasi ekonomik-la sa !. Nek Ramgoolam ek Dulloo ki kapav reysi enn explwa diplomatik parey !" a ironisé Paul Bérenger pour demander ensuite aux travailleurs de l'industrie sucrière de faire attention parce qu'il y a "des moments difficiles, dramatiques devant nous".

Parlant des négociations sur Economic Partnership Agreement UE/ACP qui ont repris;, il adit que "là aussi li paret ki nou pé al kas néné et ki ACP pa pou gayn satisfaksyon. Madan Dulloo a une responsabilité énorme dans tout ce qui arrive, il a choisi de traiter la diplomatie comme un sujet de politique politicienne." Nou pa lé narien à voir ek Dulloo, li enn danger pour le pei e li fer boucou du tor o pei "a dit Paul Bérenger. Ce qui est une manière de dire que l'opposition ne participera pas au comité parlementaire mixte sur les relations internationales.

Autre thème évoqué, les prix, qui révèlent à quel point l'alliance sociale a mené le population en bateau, et la toute dernière augmentation intervenue en catimini, celle de 15% du ciment en vrac le 6 février dernier. Il rappelle avoir mis la population en garde contre cette augmentation avant son départ parce qu'elle aura des répercussions directes sur le prix des blocs et du "premix".

La preuve que les importateurs "ine tape plin se ki zot pe downplay zot demane ogmantasyon prix pochette laquelle devrait intervenir bientôt tout comme celle du gaz, des produits pétroliers et de l'électricité ki pou vini ", a déclaré le leader de l'opposition qui a profité pour dénoncer la volte-face du gouvernement sur la taxe rurale dont le président du conseil de district travailliste du sud a annoncé l'introduction.

Pour lui, le summum du ridicule aura été les assises du tourisme, une conférence qui se voulait régionale, internationale même, avec la présence du directeur de l'Organisation Mondiale du Tourisme avec pour objectif de projet Maurice comme une destination d'avant-garde et qui a été marqué par une panne d'électricité d'une heure. Jusqu'à maintenant, on ne sait pas qui en est responsable mais c'est, là aussi, le résultat de la politique de tout politiser, de nommer les partisans du PTr et de sanctionner ceux qui ne le sont pas, a souligné Paul Bérenger.

Aussi, il a invité à la comparaison avec la conférence de l'ONU sur le Small Island Developing States tenue l'année dernière qui fut, a-t-il dit, un succès total d'organisation avec la participation de Kofi Annan. C'est dans le même registre du fiasco qu'il a mis le fait que les policiers affectés à l'Hôtel du gouvernement et dont le travail est précisément de veiller à la sécurité du bâtiment n'aient pas eux même découvert qu'il brûlait mais que ce soit des passants qui aient attiré leur attention sur l'incendie. "C'est ça Maurice à la Ramgoolam !".

Le dernier point évoqué a été la reforme électorale pour réitérer ses regrets que son gouvernement ne l'ait pas réalisé et ajouter que ce n'est que partie remise et que son parti est toujours en faveur de l'introduction d'une dose de proportionnelle qui absorbe le "best loser system" et qui rassure tout le monde. Il ne devrait pas être difficile de trouver un consensus à ce sujet; a-t-il dit;

Il a aussi rappelé avoir, en novembre dernier, proposé l'institution d'un Select Committee présidé par Rama Sithanen pour arriver très vite à un consensus mais que le Premier ministre avait alors dit qu'il voulait aller vite et qu'à cette fin il allait présider lui même un High Powered Comittee. "On est en février et c'est zéro, ça c'est typique de Navin Ramgoolam"


Revenu de sa mission d'observation à Haïti


Le leader de l'opposition évoque "une expérience exceptionnelle"

"Une expérience exceptionnelle dans un pays vraiment spécial." C'est ainsi que Paul Bérenger a qualifié sa mission de chef de la délégation d'observateurs de l'Organisation Internationale de la Francophonie aux élections qui se sont tenues le 7 février dernier à Haïti et qui ont installé René Préval comme Président.

Pour Paul Bérenger, ce pays a donné un exemple de démocratie alors que tout le monde craignait le pire. Il a reconnu qu'il y a eu des problèmes d'organisation mais que le vote s'est exprimé massivement et librement.

Il a ajouté avoir été surpris à l'annonce d'un résultat donnant à René Préval moins de 50% alors qu'il était clair qu'il avait gagné et bien gagné. Le leader de l'opposition et du MMM a aussi évoqué quelques irrégularités avec des partisans des adversaires du président élu qui ont procédé à un bourrage d'urnes avec des bulletins blancs dont le nombre était anormal.

Il a aussi estimé qu'il est bon que l'ONU, la Commission électorale et le gouvernement haïtiens soient arrivés à une solution et qu'il ait été décidé de recompter les bulletins et que René Préval ait été déclaré Président avec plus de 50% des votes et que tout le monde, l'ONU, les États Unis, la France et le Canada l'aient reconnu comme tel.

Après avoir qualifié ce qui s'est passé comme un "grand événement", Paul Bérenger a évoqué le deuxième tour tout aussi important avec les résultats de élections à l'Assemblée législative et au Sénat et la désignation d'un Premier ministre - qui, sous la Constitution, a des pouvoirs étendus et qui devra cohabiter avec le président élu -, d'un Speaker et d'un président de Sénat.

Le peuple d'Haïti a tourné une page de son histoire fantastique et il n'y a pas d'autre pays où une responsabilité aussi immense de réussir repose sur les épaules d'une seule personne comme c'est le cas de René Préval avec ce que cela suppose de respect de la Constitution, des partis politiques et d'affirmation de son indépendance par rapport à l'ex-Président Jean Bertrand Aristide.

Il a déploré le fait que le gouvernement mauricien n'ait pas été, comme les États Unis, la France et le Canada, parmi les premiers à féliciter le président élu. Il n'est pas trop tard, a-t-il toutefois ajouté.


Atelier de travail de l'aile féminine du MMM


Plus d'empowerment chez les femmes

L'aile féminine du MMM a organisé un atelier de travail et de réflexion, hier, à l'intention des femmes. Pendant cet atelier, qui a regroupé plus d'une centaine de femmes venant de différentes parties de Maurice, il a surtout été question des moyens nécessaires pour intégrer la femme sur tous les plans, avec la situation économique actuelle.

Lors de son allocution, Danielle Perrier a parlé de la nécessité pour la femme mauricienne de pouvoir se prendre en main et de s'adapter par rapport au contexte économique du pays. Jayen Cuttaree a, pour sa part, profité de l'occasion pour parler du rôle de la femme dans la société. "Être dans l'opposition donne l'occasion de procéder à un renouvellement", a-t-il déclaré. Selon lui, c'est également l'occasion de réfléchir de manière indépendante aux moyens qui pourraient permettre aux femmes de jouer pleinement leur rôle dans la société. S'attardant sur les différentes formes de discrimination à l'égard des femmes, il a souligné le rôle secondaire qu'elle a joué pendant longtemps au sein de la société mauricienne. Jayen Cuttaree a aussi mentionné le fait que le travail, surtout dans la zone franche, a amené un véritable empowerment chez les femmes. "De la bouche à nourrir, la femme est venue contribuer au budget de la famille", a-t-il fait ressortir. Cet atelier de travail et de réflexion s'est aussi penché sur la manière de permettre à la femme de travailler, tout en assumant son rôle de mère et d'épouse.

Le système éducatif a aussi été abordé et plusieurs interventions ont critiqué la réforme Gokhool, considérée comme un retour en arrière. Il a été aussi question d'investir plus dans l'éducation.

À la suite de cet atelier de travail, un document sera rédigé et présenté, lors de la Journée Internationale de la Femme, le 5 mars prochain.



Ça va se savoir

Indira Chettiar, Communications Manager à la MBC

C'est fait, cette fois c'est la bonne. Après une première tentative qui a échoué, le conseil d'administration de la MBC vient d'avaliser le recrutement de Indira Chettiar comme Communications Manager. Compte tenu de son parcours, la MBC puis Radio One, elle visait un job plus prestigieux mais elle s'est heurtée à une farouche résistance de la part de certains employés. Après discussions et intervention en haut lieu, elle a dû se contenter de l'offre qui lui a été faite. Avec la consolation que l'enveloppe qui accompagne le poste n'est pas négligeable.

La main d'un ministre

Une organisation socioculturelle a annulé un rendez-vous avec la presse à la demande d'un ministre. Ce dernier l'a conseillé d'étoffer sa plate-forme pour défendre le dossier controversé de l'éducation et a même demandé que 24 heures lui soient données pour la constituer. Même s'il n'a pas réussi dans ses objectifs de constituer la plus large plate-forme qui soit, il a néanmoins pu offrir à l'organisation socioculturelle une palette plus variée pour sa rencontre avec les médias.

Le PMSD en hibernation

C'est le seul parti politique muet du moment. Le PMSD n'a rien à dire ni sur les brutalités policières ni sur le projet de réforme de l'éducation du gouvernement pour ne citer que ces deux sujets de brûlante actualité. Sir Gaetan Duval et même son frère Hervé doivent se remuer dans leurs tombes devant tant d'indifférence face à des problèmes de société aussi graves. Aucune activité recensée depuis une opération de distribution de matériel scolaire en compagnie douteuse. Cette hibernation ne manque pas d'alimenter les rumeurs d'un rapprochement avec le gouvernement et une réconciliation de la petite famille bleue. Reste à savoir ce qu'en pense Mahmad Khodabaccus qui, lui, est parti bien avant…

L'intérêt pour le Donjon est très local

La rapidité avec laquelle le projet de réhabilitation du Donjon de St Louis qui surplombe Grande Rivière Nord Ouest a évolué, a surpris plus d'un. Renseignement pris, la conceptrice du projet Elena Dassaye vient d'une famille de la région. D'une famille qui a travaillé pour James Burty David aux dernières élections. C'est à ce titre que l'architecte était l'invitée du ministre des Administrations Régionales au Parlement le 16 août de l'année dernière.

Quid des professeurs…

Des professeurs, de General Purpose surtout, ont approché Week-End pour dire qu'ils n'ont pas été consultés par la Government Teachers Union avant que le président de ce syndicat, Vinod Seegum aille défendre le projet de réforme de Dharam Gokhool. Ils s'élèvent aussi contre l'argument que le nouveau système va générer plus de leçons particulières pour les professeurs en disant "ki nou pa envi fer larzan lors kadav ti-zenfan". Ils déplorent, par ailleurs, que des courtiers soient à l'œuvre pour le compte d'un groupe de professeurs retraités qui veulent retourner dans le business des leçons.


Démocratie


La réforme électorale refait débat

La réforme du système électoral mauricien - une nécessité démocratique constamment soulignée et reconnue depuis la mise en application des recommandations de l'expert constitutionnel britannique Harold Banwell (1966), mais systématiquement remise à plus tard en raison de multiples blocages relevant de rivalités partisanes - refait à nouveau débat.

L'initiative de relancer le débat est à mettre, cette fois, au compte de trois organisations, nommément l'Institute of Social Development and Peace (ISDP), dont le président d'honneur est l'ancien président de la République, M. Cassam Uteem, l'Inter Institute for Democracy and Electoral Assistance (IDEA), et l'Electoral Institute of South Africa (EISA).

Avec l'appui logistique de la Faculté des sciences sociales et humaines de l'Université de Maurice, plusieurs experts locaux et étrangers, techniciens, universitaires et politiciens ont échangé leurs points de vue sur la question ce week-end dans le cadre d'un atelier tenu sous le thème "Electoral Reform - Moving towards an inclusive democracy".

Il est revenu à l'actuel ministre des Finances, Rama Sithanen, mais essentiellement en sa capacité de chercheur, de lancer le débat. M. Sithanen est, en fait, un fervent partisan de la réforme et de l'introduction d'un système parlementaire mixte de First Past the Post (FPTP) et de représentation proportionnelle. Au cours des discussions vendredi après-midi, on a également appris, de la bouche de l'ex-ministre de l'Agriculture, Nando Bodha, que son parti, le MSM, est également partant pour la réforme, mais que, toutefois, pour sa formation politique, reste à répondre à la question primordiale de savoir si le mode d'élection d'une partie des députés à l'Assemblée nationale selon le principe de représentation proportionnelle doit amplifier la majorité du parti élu pour diriger le gouvernement ou, au contraire, la réduire.

Week-End reviendra, en temps et lieu, sur les conclusions de cet atelier.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 19 février 2006