"Pei ine vir en balao et mood terib dan pei en lespass
6 mwa avec Navin Ramgoolam kom Premié minis guvernman du
changement de l'alliance sociale". C'est le constat dressé
hier à une rencontre avec la presse par le leader de l'opposition
et du MMM, Paul Bérenger, qui avait, à ses côtés,
Steve Obeegadoo, Rajesh Bhagwan et Ajay Gunness. Aussi évoqués,
l'éducation (voir plus loin), le "law and order",
le "fiasco de la soi-disant diplomatie économique",
la "police qui travaille à deux vitesses", l'horreur
du système de la MCIT, de Prem Raddhoa "soutiré
par Navin Ramgoolam" qui continue à se répandre
dans des interviews et
qui se permet de critiquer le juge Seetulsing, les prix et la
politisation à outrance des institutions. Il a, dans la
foulée, réitéré son opposition à
la nomination d'Indira Manrakhan à l'Independent Commission
against Corruption.
Il y a un sentiment d'insécurité généralisée
dans le pays et personne ne sait ce que la police fait ou ne fait
pas et comment la loi est appliquée, a déclaré
le leader de l'opposition qui a dénoncé la politisation
de plus en plus outrancière de la police. Il a dit ne pas
viser le Commissaire de police qui est, au contraire, entravé
dans son travail et que ce sont les agents politiques de l'Alliance
sociale qui sont privilégiés. Et de dire qu'il y
a non seulement une justice à deux vitesses, mais aussi
"une police qui travaille à deux vitesses".
Il n'y a rien de plus dangereux que cela, a-t-il dit, avant d'ajouter
que "tout fout le camp dans le pays".
Paul Bérenger a ensuite parlé du rapport de la Commission
Nationale des Droits de l'Homme qui a "condamné sans
appel" le Major Crime Investigation Team, mais que Rama Valayden
dit, lui, qu'il va aller au-delà des recommandations du
rapport Seetulsing et tout le blablabla qui l'accompagne pour
dire ensuite que pour connaître le sort du MCIT, il faut
attendre l'enquête de la police.
"Nou kone système MCIT, sistem Raddhoa, li difisil
pinpoint un tel ou un tel comme responsab, ine organiz travay-là
enn fason ki pa fouti permet koné ki tel dimoune ine fer
koi, se sa tou l'horreur de sa sistem-là !" a
observé le leader du MMM. Aussi, il a dénoncé
"l'hypocrisie" de Rama Valayden et de Navin Ramgoolam
et et a dit considérer "revoltan ki zot pé
rod sap Raddhoa à traver lenket la police" alors
que la Commission Droits de l'Homme a blâmé ses méthodes.
Il n'y aurait eu tout cela et Raddhoa ne se serait pas permis
de donner toutes ses interviews de presse et de critiquer même
le juge Seetulsing si Navin Ramgoolam ne le "soutirait"
pas et ne l'avait pas retiré de son garage de la Special
Mobile Force. Paul Bérenger a également dit constater
que "Rama Valayden usurpe le rôle du Premier ministre"
comme si c'était lui qui était en charge de
la police et il annonce des choses qui concernent ce secteur et
se permet même de convoquer le Directeur des Poursuites
Publiques à son bureau. "C'est du jamais vu à
Maurice !" s'est exclamé le leader de l'opposition
qui a dit ses craintes que les choses n'aillent de mal en pis.
S'agissant de l'ICAC, il a également critiqué le
gouvernement pour n'avoir pas fait son "homework"
encore une fois et a dit avoir été sous l'impression
que le Premier ministre avait consulté la State Law Office
pour savoir si Anil Kumar Ujodha était qualifié
ou non avant de le consulter pour le nommer. Il n'y a pas de polémique
sur ce choix-là mais il est dommage qu'il faille attendre
la rentrée parlementaire pour que sa nomination puisse
être effective, a déclaré le leader de l'opposition.
Quant aux informations selon lesquelles le gouvernement nommerait
Indira Manrakhan comme un des assesseurs du directeur général
de l'ICAC, il a dit espérer que c'est faux d'autant que
le Premier ministre sait qu'il est opposé à la politisation
des institutions et surtout de celle-là et que tout le
monde sait le "rôle politique" joué
par cette dame.
Restant au chapitre de la politisation des institutions, Paul
Bérenger a aussi dénoncé celle du centre
cardiaque que le Dr Gunesh et ses collègues ont réussi
à organiser et qui s'est doté d'une réputation
sur le plan tant régional qu'international. A un moment
où le gouvernement a repris le projet de Hi-tech Medical
Hub, ce n'était pas la chose à faire que de
nommer un agent politique comme le directeur du centre. Avec pour
résultat que le Professeur Kalangos a décidé
de ne pas venir pour opérer 20 enfants qui nécessitaient
des interventions d'urgence et ce sont ces gamins et leurs parents
qui font les frais de la politisation des institutions à
la PTr.
La diplomatie économique de Navin Ramgoolam et de Madan
Dulloo est un "fiasco complet", a, par ailleurs, affirmé
le leader du MMM qui a cité le dossier sucre pour dire
que Maurice n'a pas obtenu une augmentation des mesures d'accompagnement
qui soient proportionnelles à notre quota sous le Protocole
Sucre.
"Le summum du ridicule"
Et ils sont masochistes avec cela, le Commissaire européen
au Commerce est venu ici même confirmer la chose. "Mandelson
ine vine zoure nou dans nou prop lakaz, sa mem diplomasi ekonomik-la
sa !. Nek Ramgoolam ek Dulloo ki kapav reysi enn explwa diplomatik
parey !" a ironisé Paul Bérenger pour demander
ensuite aux travailleurs de l'industrie sucrière de faire
attention parce qu'il y a "des moments difficiles, dramatiques
devant nous".
Parlant des négociations sur Economic Partnership Agreement
UE/ACP qui ont repris;, il adit que "là aussi li paret
ki nou pé al kas néné et ki ACP pa pou gayn
satisfaksyon. Madan Dulloo a une responsabilité énorme
dans tout ce qui arrive, il a choisi de traiter la diplomatie
comme un sujet de politique politicienne." Nou pa lé
narien à voir ek Dulloo, li enn danger pour le pei e li
fer boucou du tor o pei "a dit Paul Bérenger. Ce qui
est une manière de dire que l'opposition ne participera
pas au comité parlementaire mixte sur les relations internationales.
Autre thème évoqué, les prix, qui révèlent
à quel point l'alliance sociale a mené le population
en bateau, et la toute dernière augmentation intervenue
en catimini, celle de 15% du ciment en vrac le 6 février
dernier. Il rappelle avoir mis la population en garde contre cette
augmentation avant son départ parce qu'elle aura des répercussions
directes sur le prix des blocs et du "premix".
La preuve que les importateurs "ine tape plin se ki zot
pe downplay zot demane ogmantasyon prix pochette laquelle
devrait intervenir bientôt tout comme celle du gaz, des
produits pétroliers et de l'électricité ki
pou vini ", a déclaré le leader de l'opposition
qui a profité pour dénoncer la volte-face du gouvernement
sur la taxe rurale dont le président du conseil de district
travailliste du sud a annoncé l'introduction.
Pour lui, le summum du ridicule aura été les assises
du tourisme, une conférence qui se voulait régionale,
internationale même, avec la présence du directeur
de l'Organisation Mondiale du Tourisme avec pour objectif de projet
Maurice comme une destination d'avant-garde et qui a été
marqué par une panne d'électricité d'une
heure. Jusqu'à maintenant, on ne sait pas qui en est responsable
mais c'est, là aussi, le résultat de la politique
de tout politiser, de nommer les partisans du PTr et de sanctionner
ceux qui ne le sont pas, a souligné Paul Bérenger.
Aussi, il a invité à la comparaison avec la conférence
de l'ONU sur le Small Island Developing States tenue l'année
dernière qui fut, a-t-il dit, un succès total d'organisation
avec la participation de Kofi Annan. C'est dans le même
registre du fiasco qu'il a mis le fait que les policiers affectés
à l'Hôtel du gouvernement et dont le travail est
précisément de veiller à la sécurité
du bâtiment n'aient pas eux même découvert
qu'il brûlait mais que ce soit des passants qui aient attiré
leur attention sur l'incendie. "C'est ça Maurice
à la Ramgoolam !".
Le dernier point évoqué a été la reforme
électorale pour réitérer ses regrets que
son gouvernement ne l'ait pas réalisé et ajouter
que ce n'est que partie remise et que son parti est toujours en
faveur de l'introduction d'une dose de proportionnelle qui absorbe
le "best loser system" et qui rassure tout le
monde. Il ne devrait pas être difficile de trouver un consensus
à ce sujet; a-t-il dit;
Il a aussi rappelé avoir, en novembre dernier, proposé
l'institution d'un Select Committee présidé par
Rama Sithanen pour arriver très vite à un consensus
mais que le Premier ministre avait alors dit qu'il voulait aller
vite et qu'à cette fin il allait présider lui même
un High Powered Comittee. "On est en février et
c'est zéro, ça c'est typique de Navin Ramgoolam"
Revenu de sa mission d'observation à Haïti
Le leader de l'opposition évoque "une expérience
exceptionnelle"
"Une expérience exceptionnelle dans un pays vraiment
spécial." C'est ainsi que Paul Bérenger
a qualifié sa mission de chef de la délégation
d'observateurs de l'Organisation Internationale de la Francophonie
aux élections qui se sont tenues le 7 février dernier
à Haïti et qui ont installé René Préval
comme Président.
Pour Paul Bérenger, ce pays a donné un exemple de
démocratie alors que tout le monde craignait le pire. Il
a reconnu qu'il y a eu des problèmes d'organisation mais
que le vote s'est exprimé massivement et librement.
Il a ajouté avoir été surpris à l'annonce
d'un résultat donnant à René Préval
moins de 50% alors qu'il était clair qu'il avait gagné
et bien gagné. Le leader de l'opposition et du MMM a aussi
évoqué quelques irrégularités avec
des partisans des adversaires du président élu qui
ont procédé à un bourrage d'urnes avec des
bulletins blancs dont le nombre était anormal.
Il a aussi estimé qu'il est bon que l'ONU, la Commission
électorale et le gouvernement haïtiens soient arrivés
à une solution et qu'il ait été décidé
de recompter les bulletins et que René Préval ait
été déclaré Président avec
plus de 50% des votes et que tout le monde, l'ONU, les États
Unis, la France et le Canada l'aient reconnu comme tel.
Après avoir qualifié ce qui s'est passé comme
un "grand événement", Paul Bérenger
a évoqué le deuxième tour tout aussi important
avec les résultats de élections à l'Assemblée
législative et au Sénat et la désignation
d'un Premier ministre - qui, sous la Constitution, a des pouvoirs
étendus et qui devra cohabiter avec le président
élu -, d'un Speaker et d'un président de Sénat.
Le peuple d'Haïti a tourné une page de son histoire
fantastique et il n'y a pas d'autre pays où une responsabilité
aussi immense de réussir repose sur les épaules
d'une seule personne comme c'est le cas de René Préval
avec ce que cela suppose de respect de la Constitution, des partis
politiques et d'affirmation de son indépendance par rapport
à l'ex-Président Jean Bertrand Aristide.
Il a déploré le fait que le gouvernement mauricien
n'ait pas été, comme les États Unis, la France
et le Canada, parmi les premiers à féliciter le
président élu. Il n'est pas trop tard, a-t-il toutefois
ajouté.
Atelier de travail de l'aile féminine du MMM
Plus d'empowerment chez les femmes
L'aile féminine du MMM a organisé un atelier de
travail et de réflexion, hier, à l'intention des
femmes. Pendant cet atelier, qui a regroupé plus d'une
centaine de femmes venant de différentes parties de Maurice,
il a surtout été question des moyens nécessaires
pour intégrer la femme sur tous les plans, avec la situation
économique actuelle.
Lors de son allocution, Danielle Perrier a parlé de la
nécessité pour la femme mauricienne de pouvoir se
prendre en main et de s'adapter par rapport au contexte économique
du pays. Jayen Cuttaree a, pour sa part, profité de l'occasion
pour parler du rôle de la femme dans la société.
"Être dans l'opposition donne l'occasion de procéder
à un renouvellement", a-t-il déclaré.
Selon lui, c'est également l'occasion de réfléchir
de manière indépendante aux moyens qui pourraient
permettre aux femmes de jouer pleinement leur rôle dans
la société. S'attardant sur les différentes
formes de discrimination à l'égard des femmes, il
a souligné le rôle secondaire qu'elle a joué
pendant longtemps au sein de la société mauricienne.
Jayen Cuttaree a aussi mentionné le fait que le travail,
surtout dans la zone franche, a amené un véritable
empowerment chez les femmes. "De la bouche à
nourrir, la femme est venue contribuer au budget de la famille",
a-t-il fait ressortir. Cet atelier de travail et de réflexion
s'est aussi penché sur la manière de permettre à
la femme de travailler, tout en assumant son rôle de mère
et d'épouse.
Le système éducatif a aussi été abordé
et plusieurs interventions ont critiqué la réforme
Gokhool, considérée comme un retour en arrière.
Il a été aussi question d'investir plus dans l'éducation.
À la suite de cet atelier de travail, un document sera
rédigé et présenté, lors de la Journée
Internationale de la Femme, le 5 mars prochain.
Ça va se savoir
Indira Chettiar, Communications Manager à la MBC
C'est fait, cette fois c'est la bonne. Après une première
tentative qui a échoué, le conseil d'administration
de la MBC vient d'avaliser le recrutement de Indira Chettiar comme
Communications Manager. Compte tenu de son parcours, la MBC puis
Radio One, elle visait un job plus prestigieux mais elle s'est
heurtée à une farouche résistance de la part
de certains employés. Après discussions et intervention
en haut lieu, elle a dû se contenter de l'offre qui lui
a été faite. Avec la consolation que l'enveloppe
qui accompagne le poste n'est pas négligeable.
La main d'un ministre
Une organisation socioculturelle a annulé un rendez-vous
avec la presse à la demande d'un ministre. Ce dernier l'a
conseillé d'étoffer sa plate-forme pour défendre
le dossier controversé de l'éducation et a même
demandé que 24 heures lui soient données pour la
constituer. Même s'il n'a pas réussi dans ses objectifs
de constituer la plus large plate-forme qui soit, il a néanmoins
pu offrir à l'organisation socioculturelle une palette
plus variée pour sa rencontre avec les médias.
Le PMSD en hibernation
C'est le seul parti politique muet du moment. Le PMSD n'a rien
à dire ni sur les brutalités policières ni
sur le projet de réforme de l'éducation du gouvernement
pour ne citer que ces deux sujets de brûlante actualité.
Sir Gaetan Duval et même son frère Hervé doivent
se remuer dans leurs tombes devant tant d'indifférence
face à des problèmes de société aussi
graves. Aucune activité recensée depuis une opération
de distribution de matériel scolaire en compagnie douteuse.
Cette hibernation ne manque pas d'alimenter les rumeurs d'un rapprochement
avec le gouvernement et une réconciliation de la petite
famille bleue. Reste à savoir ce qu'en pense Mahmad Khodabaccus
qui, lui, est parti bien avant
L'intérêt pour le Donjon est très local
La rapidité avec laquelle le projet de réhabilitation
du Donjon de St Louis qui surplombe Grande Rivière Nord
Ouest a évolué, a surpris plus d'un. Renseignement
pris, la conceptrice du projet Elena Dassaye vient d'une famille
de la région. D'une famille qui a travaillé pour
James Burty David aux dernières élections. C'est
à ce titre que l'architecte était l'invitée
du ministre des Administrations Régionales au Parlement
le 16 août de l'année dernière.
Quid des professeurs
Des professeurs, de General Purpose surtout, ont approché
Week-End pour dire qu'ils n'ont pas été consultés
par la Government Teachers Union avant que le président
de ce syndicat, Vinod Seegum aille défendre le projet de
réforme de Dharam Gokhool. Ils s'élèvent
aussi contre l'argument que le nouveau système va générer
plus de leçons particulières pour les professeurs
en disant "ki nou pa envi fer larzan lors kadav ti-zenfan".
Ils déplorent, par ailleurs, que des courtiers soient à
l'uvre pour le compte d'un groupe de professeurs retraités
qui veulent retourner dans le business des leçons.
Démocratie
La réforme électorale refait débat
La réforme du système électoral mauricien
- une nécessité démocratique constamment
soulignée et reconnue depuis la mise en application des
recommandations de l'expert constitutionnel britannique Harold
Banwell (1966), mais systématiquement remise à plus
tard en raison de multiples blocages relevant de rivalités
partisanes - refait à nouveau débat.
L'initiative de relancer le débat est à mettre,
cette fois, au compte de trois organisations, nommément
l'Institute of Social Development and Peace (ISDP), dont le président
d'honneur est l'ancien président de la République,
M. Cassam Uteem, l'Inter Institute for Democracy and Electoral
Assistance (IDEA), et l'Electoral Institute of South Africa (EISA).
Avec l'appui logistique de la Faculté des sciences sociales
et humaines de l'Université de Maurice, plusieurs experts
locaux et étrangers, techniciens, universitaires et politiciens
ont échangé leurs points de vue sur la question
ce week-end dans le cadre d'un atelier tenu sous le thème
"Electoral Reform - Moving towards an inclusive democracy".
Il est revenu à l'actuel ministre des Finances, Rama Sithanen,
mais essentiellement en sa capacité de chercheur, de lancer
le débat. M. Sithanen est, en fait, un fervent partisan
de la réforme et de l'introduction d'un système
parlementaire mixte de First Past the Post (FPTP) et de
représentation proportionnelle. Au cours des discussions
vendredi après-midi, on a également appris, de la
bouche de l'ex-ministre de l'Agriculture, Nando Bodha, que son
parti, le MSM, est également partant pour la réforme,
mais que, toutefois, pour sa formation politique, reste à
répondre à la question primordiale de savoir si
le mode d'élection d'une partie des députés
à l'Assemblée nationale selon le principe de représentation
proportionnelle doit amplifier la majorité du parti élu
pour diriger le gouvernement ou, au contraire, la réduire.
Week-End reviendra, en temps et lieu, sur les conclusions
de cet atelier.