o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 27 novembre 2005

  Faits et effets
    Imaginons un seul instant…
  Humeur
    L'heure est à l'action
  Interrogation
    Vous avez dit équitable ?
  Radio-télévision
    Mouvements radiophoniques
Faits et effets...

Imaginons un seul instant…
Josie Lebrasse


La semaine dernière, c'était le premier et dur réveil avec la cascade d'augmentations des prix alors qu'après la campagne partisane et hystérique menée sur cette question ces trois dernières années, le peuple était dans l'expectative de la recette miracle et unique au monde qui nous aurait prémunis du renchérissement du coût de la vie. Après l'essence, le gaz ménager et le kérosène, le candide nouveau venu à la présidence du CEB, comme encore sous un électrochoc, nous fait un énorme cadeau en nous prévenant qu'il faudra… attendre janvier prochain pour payer plus cher notre électricité. Pour le pain augmenté, ce sera sans doute aussi à la chaude rentrée 2006 que les consommateurs seront appelés à casquer en attendant le transport, etc.

Nous espérons que le bon ministre Rajesh Jeetah n'ira pas à la télévision et que ce sera quelqu'un comme Rama Sithanen ou, à la limite, Xavier Duval qui expliqueront au pays pourquoi et comment les prix doivent être revus à la hausse. Et que comme hier et comme demain, la petite île Maurice n'y peut grand-chose. Le ministre du Commerce doit de toute façon se faire petit après la triste saga du lait importé par la State Trading Corporation, qui devait être vendu à prix cassé et qui se révèle, en fin de compte, être un des plus chers sur le marché. Malgré les subsides cachés et les frais non-comptabilisés parce que importé par un organisme para public.

Après le tableau comparatif des prix publiés dans nos colonnes la semaine dernière, un importateur a attiré notre attention sur le fait qu'il y a une autre marque de lait en provenance de l'Australie qui se vend à un peu plus de Rs 83. Un responsable de grande surface des Plaines Wilhems a, lui, porté à notre connaissance le fait que son commerce avait un accord avec une chaîne de distribution du Brésil-qui n'est pas la porte à côté pour la fourniture de toute une gamme de commodités de consommation courante à des prix vraiment intéressants. Comme il nous l'avait annoncé et comme en témoigne la couverture de sa brochure promotionnelle de cette semaine, son sachet de lait de 1 kilo se vend à Rs 79.99, à près de Rs 15 moins cher que le lait importé par la STC.

Le réveil a encore sonné cette semaine. Plus fort encore. La nouvelle est tombée jeudi, le prix du sucre baissera de 36%. Sur ce dossier également, on nous avait promis une nouvelle diplomatie économique qui balayera tous les obstacles qui se trouveront sur notre route. On entend encore ces émissions radiophoniques de campagne et ses meetings où des intervenants comme Arvin Boolell et Madan Dulloo nous affirmaient, sans la moindre nuance, que Navin Ramgoolam est un ami personnel de très longue date de Tony Blair et qu'il suffira d'un appel téléphonique pour que tout soit réglé en un tour de main.

De nouvelle diplomatie économique, on n'en voit rien. En tout cas, on n'a rien vu jusqu'ici. Le tête à tête Ramgoolam/Blair annoncé en marge du sommet spécial des Nations Unis pour marquer le 60 ème anniversaire de l'organisation n'a jamais eu lieu. Tout ce qu'on retient des contacts, c'est l'accueil de Bill Clinton à notre Premier ministre qui participait à la réunion d'un Fonds qui porte le nom de l'ancien président américain. Et, pour la petite histoire, il faut savoir que c'est de Bill Clinton qu'est emprunté le fameux slogan "putting people first" puisque ce n'est autre que le titre de l'ouvrage publié par le tandem démocrate candidat à la Maison Blanche Clinton/Gore, une sorte de manifeste électoral pour la présidentielle de 2002. L'alliance sociale n'a rien inventé.

Comme elle a été incapable de proposer le moindre nouveau projet qui fera repartir la machine économique. Le "seafood hub" qui emploie aujourd'hui près de 2,000 bras est cité comme la planche de salut, le "medical hub" est vanté comme si c'est l'actuel gouvernement qui l'a inventé. Le "deal Illovo" qualifié, il y a quelques jours encore "d'infamie" n'empêche pas le Premier ministre et les ministres, les uns après les autres, de défiler à Ébène, pour des inaugurations et autres lancements. La cybertour était qualifiée "d'éléphant blanc" mais elle a quand même permis d'employer en deux ans quelque 4,000 jeunes. Après la deuxième tour en construction et qui devrait être achevée l'année prochaine, l'actuel gouvernement annonce la construction d'une troisième cybertour probablement sur les mêmes terres "infâmes".

Imaginons un seul instant si ce brave président de la République, Sir Anerood Jugnauth, soumis au lynchage public en juillet dernier, n'avait pas décidé, avec son gouvernement en 2001, d'accélérer la création d'un nouveau pilier de l'économie et qu'il n'avait pas négocié avec succès une ligne de crédit de 100 millions de dollars avec le gouvernement indien, ce qui a permis d'avoir la première cybertour du pays. Imaginons en seul instant que Pravind Jugnauth et ses collègues du gouvernement tergiversant et remettant à plus tard la réforme de l'industrie sucrière enclenchée en 2001.

Imaginons un seul instant qu'en ces périodes troublées, l'idée soit venue à Dharam Gokhool d'entrevoir une réforme du système éducatif et que, pour la mener à bien il lui est impératif de construire 36 collèges et d'accorder une attention particulière aux écoles les moins performantes avec l'introduction de zones d'éducation prioritaire. Imaginons un seul instant qu'il n'y ait eu aucun des huit hôtels construits entre 2000 et 2005, qu'est-ce que Xavier Duval aurait été vendre à l'étranger ? On pourrait continuer comme çà et on ne finirait pas de replacer le débat dans sa juste perspective.

Depuis juillet, on a l'impression d'avoir tout faux, que le Premier ministre peut trouver le temps pour aller inaugurer un spa et "marquer de sa présence" l'ouverture du showroom d'un concessionnaire d'automobile mais pas de présider le comité national de coordination de lutte contre le vih/sida. On a opéré une telle rupture avec un système de gouvernement depuis juillet que la plupart des anciens ministres de même que d'excellents cadres à qui on a demandé de "lev paké'passent leur temps à l'étranger. Sollicités qu'ils sont pour aider d'autres pays. Ici, on a préféré croire aux mirages. Avec, à la clé, les durs réveils que cela suppose…




Humeur

L'heure est à l'action
Jean-Claude Antoine


À force de l'avoir entendu répéter sur tous les tons, le Mauricien a fini par croire que malgré les menaces, les choses finissent toujours par s'arranger et que Maurice est définitivement un pays béni des dieux. C'est pour avoir complaisamment pris cette déclaration pour de l'argent comptant que le Mauricien se réveille aujourd'hui choqué que l'Union Européenne ait mis en pratique la baisse des prix du sucre. Une mesure qu'elle annonce pourtant depuis des années et que beaucoup de Mauriciens, et non des moindres, semblent ne pas avoir voulu croire.. En dépit des déclarations répétées d'experts venant de tous les horizons possibles expliquant que la baisse du prix du sucre fait partie d'une stratégie économique qui ne peut être remise en cause, les Mauriciens ont voulu croire que comme dans les films à l'avant dernière minute une solution miracle allait être trouvée pour permettre le happy end. Il faut aussi souligner que l'Alliance Sociale a vendu cette version du film au cours de la campagne électorale. Pendant des mois, ses ténors n'ont fait que répéter que le gouvernement MSM/MMM et ses ministres de l'Agriculture n'avaient pas su négocier avec l'Union Européenne et que s'ils avaient été au pouvoir les choses se seraient passées différemment. Mieux: qu'une fois arrivés au pouvoir ils allaient reprendre le dossier en main et réaliser ce que leurs adversaires n'avaient pas su faire. Navin Ramgoolam était allé beaucoup plus loin dans la logique de la solution miracle de l'avant dernière minute. Relayé par Arvind Boolell et Madun Dulloo, il avait dénoncé la diplomatie économique du gouvernement MSM/MMM, qualifié de " faillite totale " et promis qu'une fois au pouvoir il allait faire intervenir ses amis Jacques Chirac et Tony Blair auprès de l'Union Européenne en faveur de Maurice. Cette promesse a été faite avec une telle conviction sur les estrades publiques que beaucoup de Mauriciens se sont laissés convaincre qu'elle était réalisable.

Mais le problème c'est qu'une fois arrivée au pouvoir l'Alliance Sociale a pris beaucoup plus de temps à dénoncer la diplomatie économique du gouvernement précédent qu'à mettre en place la sienne. Au lieu de faire du dossier sucre la priorité des priorités Navin Ramgoolam, Arvind Boolell et Madun Dulloo ont préféré utiliser un temps précieux à réaliser l'opération " leve pake allé ". Au lieu de faire un tour des capitales européennes pour établir des contacts et solidifier ceux existant déjà le Premier ministre s'est assis dans son bureau pour faire la liste de ceux qu'il ne souhaitait pas maintenir à la direction des corps para étatiques. Au lieu de renforcer le personnel des ambassades mauriciennes à l'étranger on s'est amusé à le diminuer en révoquant des chefs de mission sans les remplacer. Résultat de l'opération: Maurice qui fait face aujourd'hui à une des plus graves crises économiques de son histoire ne dispose pas d'ambassadeurs dans les capitales européennes où leur présence est indispensable. Quant à la garantie de faire intervenir Jacques Chirac et Tony Blair, les amis personnels de Navin Ramgoolam, elle est restée au niveau des promesses électorales qui n'engagent que ceux qui les écoutent. Le quantum de la baisse fixé par l'Union Européenne a été annoncé jeudi et ce n'est que deux jours plus tard que Navin Ramgoolam devait rencontrer Tony Blair à Malte et quelques jours encore plus tard encore Jacques Chirac en Afrique. Le premier dans le cadre d'une réunion du Commonwealth, le deuxième dans celui de la Francophonie. Comme dirait l'autre après la mort la tisane.

Ce qui commence à inquiéter profondément le Mauricien c'est qu'en dépit de ses assurances données pendant la campagne électorale, l'Alliance Sociale ne dispose pas de solutions et de baguette magique qui devaient lui permettre de régler tous les problèmes du pays et de changer la vie des Mauriciens. En tout cas sur la question sucrière il n'a pas mieux fait que son prédécesseur. Pour ce qui est de changer la vie des Mauriciens…

Il est grand temps que le gouvernement arrête de répéter qu'il a les solutions, les contacts et les réseaux nécessaires pour régler les problèmes et commence à travailler sérieusement. Il est plus que temps qu'il mette fin aux règlements de compte, aux chasses aux sorcières, aux caprices et autres sautes d'humeur pour consacrer cette précieuse énergie gaspillée à faire ce pour quoi il a été élu: gérer le pays dans l'intérêt de tous les Mauriciens. L'heure n'est plus aux paroles et aux slogans copiés, mais à l'action.




Interrogations

Vous avez dit équitable ?
Shenaz Patel


Pourquoi notre monde est-il si enclin à créer des situations d'injustices et d'inégalités intolérables ? Sommes-nous incapables d'apprendre des signaux négatifs qui nous parviennent déjà en conséquence ? N'avons-nous d'autre projet que de nous détruire ? Plusieurs faits d'actualité nous poussent à nous poser cette question brûlante.

L'annonce de la catastrophique baisse de 36% du prix du sucre nous ramène à une brutale réalité. Celle du tout économique, dont les plus puissants se prévalent comme d'une chose prétendument inéluctable, pour régir le monde à leur gré. On nous dit mondialisation, on nous dit globalisation, comme s'il s'agissait de forces imparables, incontournables, auxquelles nous n'avons d'autre choix que de nous plier. Comme si ce n'était plus l'humain qui forgeait les politiques économiques. Comme si l'économie n'était plus destinée à servir l'humain mais à se servir elle-même, comme un monstre qui se repaît, comme toujours, des plus faibles. À quoi sert ce " développement " qui ne fait que créer plus de pauvreté ?

Paradoxalement, alors que notre monde a accumulé des découvertes censées améliorer la vie et des richesses croissantes, la pauvreté est aujourd'hui un des problèmes et des enjeux majeurs pour notre monde. Dès l'ouverture de leur sommet à Malte vendredi dernier, les dirigeants du Commonwealth ont affiché la volonté commune de faire de la lutte contre la pauvreté leur priorité et de multiplier les pressions sur les pays développés pour obtenir un accord plus équitable sur le commerce à l'OMC. Le secrétaire général, Don Mc Kinnon, a ainsi fait ressortir que les dirigeants du Commonwealth estiment que le commerce n'est pas seulement le moteur de la croissance économique mais qu'il est aussi la plus puissante arme pour combattre la pauvreté, qu'il qualifie volontiers de "scandale".

De leur côté, les ministres du Commerce de l'Union africaine, réunis en conférence au cours de la semaine écoulée en Tanzanie, ont fait part de leur profonde inquiétude face à ce qu'ils considèrent comme "l'absence de volonté politique " de certains pays membres de l'OMC de donner suite, comme il se doit, à des objectifs permettant à ses pays de réaliser " their legitimate development goals ".

La pauvreté est-elle une fatalité ? On ne peut manquer, à ce sujet, de recommander la lecture d'un livre fondamental, The end of poverty (How we can make it happen in our lifetime) publié cette année par Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, mondialement réputé pour son travail en tant que conseiller économique de divers gouvernements en Amérique latine, en Europe de l'Est, en Asie et en Afrique. Dans ce livre (disponible actuellement aux Editions le Printemps), Sachs fait valoir, de façon fort documentée et argumentée, que si la pauvreté a toujours existé, nous nous retrouvons aujourd'hui, fait exceptionnel, en position de l'éradiquer, par une série de mesures politiques et économiques qu'il énumère et développe. Encore faut-il le vouloir. Ce qui ne semble pas forcément être le cas du côté des grandes puissances qui seraient effectivement en mesure d'influer sur le cours des choses.

Edifiante est à ce chapitre la préface que signe Bono de U2, désormais aussi connu pour son combat alter mondialiste qu'en sa qualité de rockstar

"Hunger, disease, the waste of lives that is extreme poverty are an affront to us all. To Jeffrey Sachs, it's a difficult but solvable equation. An equation that crosses human with financial capital, the strategic goals of the rich world with a new kind of planning in the poor world", écrit-il.

En Afrique, 15 000 personnes, en grande partie des enfants, meurent chaque jour de maladies que l'on peut éviter ou traiter: sida, malaria, tuberculose. Ce notamment en raison d'un manque de médicaments. Ces fameux génériques que les grands laboratoires refusent de rendre accessibles parce que cela réduirait les profits astronomiques qu'ils réalisent.

"This statistic alone makes a fool of the idea many of us hold on to very tightly: the idea of equality. What is happening in Africa mocks our pieties, doubts our concern, and questions our commitment to that whole concept. Because if we're honest, there's no way we could conclude that such mass death day after day would ever be allowed to happen anywhere else. Certainly not in North America, or Europe, or Japan. An entire continent bursting into flames ? Deep down, if we really accept that their lives - African lives - are equal to ours, we would all be doing more to put the fire out. It's an uncomfortable truth", fait ressortir Bono.

"Equality is a very big idea, connected to freedom, but an idea that doesn't come for free. If we're serious, we have to be prepared to pay the price. I think we can't afford not to do it. In a world where distance no longer determines who your neighbor is, paying the price for equality is not just heart, it's smart. The destinies of the "haves" are intrinsically linked to

to the fates of the "have-nothing-at-alls". If we didn't know this already, it became too clear on September 11, 2001. The perpetrators of 9/11 might

have been wealthy Saudis, but it was in the collapsed, poverty-stricken state of Afghanistan that they found succor and sanctuary. Africa is not the front line in the war against terror, but it soon could be" poursuit le leader de U2.

Qui fait écho à une phrase du secrétaire d'Etat américain Colin Powell: "The war against terror is bound up in the war against poverty".

Plus de pauvreté. Plus de désespoir. Plus de révolte… Aurons-nous les moyens de le faire enfin comprendre à ces grandes puissances qui croient encore à l'imposition de la loi du plus fort ?




Radio-télévision

Mouvements radiophoniques
Jean-Claude Antoine


Alors que la série des déménagements et réaménagements de placards semble terminée à la MBC - pas toujours pour un meilleur fonctionnement de la station -, c'est au tour des radios privées de se lancer dans les grandes manœuvres. Plus précisément c'est au sein de Radio One que l'on annonce une série de réaménagements, pour ne pas écrire de remise en ordre. Réaménagements rendus obligatoires par une baisse substantielle du taux d'écoute depuis ces derniers mois, accompagnée d'une diminution des recettes publicitaires.

À partir du début de l'année prochaine, c'est Jacques Maunick, actuellement responsable des programmes, qui assumera la direction générale de la radio de la rue Brown Sequard. Finlay Salesse, qui est jusqu'à maintenant directeur général et responsable de la rédaction de la station, abandonnera ces fonctions pour redevenir simple animateur. Il revient en quelque sorte à la case départ, en retrouvant la place qu'il occupait dans l'organigramme des débuts de Radio One, du temps où cette station était dirigée par Jean-Michel Fontaine, ses programmes par Marie-Michèle Etienne et sa rédaction par Jean-Luc Mootoosamy. La grande époque de Radio One et des débuts de la radio privée, affirment certains nostalgiques.

Dans le nouvel organigramme, la direction de la rédaction a été confiée à trois journalistes: Karishma Beeharry, Indira Chettiar et Jacques Aristide. Ils seront respectivement responsables des journaux du week-end, de ceux du matin et de l'après-midi. La coordination de la rédaction sera assurée par Anne Robert, ex-journaliste économique, jusqu'à tout récemment responsable de la communication du groupe Rogers, un des actionnaires de Radio One.

La "grosse" nouvelle de ce changement réside dans un transfert d'animateur. À partir de janvier 2006, Hassen Rojoa, directeur général de Radio Plus, passera à Radio One. L'animateur vedette de la radio de la rue Labourdonnais animera les matinales de la station de la rue Brown Sequard. D'après des recoupements d'informations, Hassen Rojoa ne fera pas partie du personnel de Radio One, mais louera ses services à la station à travers sa maison de production. Après avoir travaillé en France et à la Réunion sous le pseudonyme de Frank Alto, Hassen Rojoa a passé quelque temps à la MBC avant de se joindre à Radio Plus en 2002. Tout d'abord en tant qu'animateur, avant d'occuper rapidement les fonctions de directeur général de la station. Il devait démissionner avec fracas de Radio Plus pour aller diriger Top FM, d'où il sera remercié quelques mois plus tard pour revenir à Radio Plus.

Sacré meilleur animateur de l'île Maurice dans tous les sondages, Hassen Rojoa était considéré comme étant l'atout principal de Radio Plus. Considérant que sa popularité le rendait intouchable, il s'était lancé dans un style d'animation assez agressif, reposant sur des jeux de mots douteux et pas mal de vulgarité, ces temps derniers. Il s'était également mis à dos une partie de la rédaction de Radio Plus, notamment avec une histoire d'interview "highjackée".

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, l'annonce du prochain départ de Hassen Rojoa de Radio Plus n'a pas provoqué - pas encore, en tout cas - des manifestations d'auditeurs désespérés par cette nouvelle, ce qui avait été le cas pour le départ de Nella Brasse. Il semblerait également que la direction de Radio Plus ne soit pas très affectée par la perte de son animateur vedette et n'ait fait aucun effort pour le retenir.

Il faudra attendre les premiers sondages de l'année prochaine pour savoir si les auditeurs de Radio Plus ont suivi Hassen Rojoa sur Radio One et si le taux d'écoute d'une radio repose uniquement sur la popularité de son principal animateur. Ces sondages permettront également de vérifier si les auditeurs de Radio One sont satisfaits du nouvel animateur vedette de la station et de son style très particulier.

Terminons avec un mot pour dire que Top FM, la plus discrète des radios privées, continue tranquillement son petit bonhomme de chemin dans le paysage audiovisuel mauricien. Sans pratiquer le sensationnalisme et la pratique des scoops à répétition, que ne dédaignent pas ses concurrentes. Cette station a trouvé son style, des animateurs dynamiques - qui, toutefois, font parfois plus disc-jockeys que présentateurs de radio - et fait de sérieux efforts au niveau de l'information.






o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 27 novembre 2005