Faits et effets
Imaginons un seul instant…
Humeur
L'heure est à l'action
Interrogation
Vous avez dit équitable ?
Radio-télévision
Mouvements radiophoniques
Faits et effets...
Imaginons un seul instant
La semaine dernière, c'était le premier et dur réveil
avec la cascade d'augmentations des prix alors qu'après
la campagne partisane et hystérique menée sur cette
question ces trois dernières années, le peuple était
dans l'expectative de la recette miracle et unique au monde qui
nous aurait prémunis du renchérissement du coût
de la vie. Après l'essence, le gaz ménager et le
kérosène, le candide nouveau venu à la présidence
du CEB, comme encore sous un électrochoc, nous fait un
énorme cadeau en nous prévenant qu'il faudra
attendre janvier prochain pour payer plus cher notre électricité.
Pour le pain augmenté, ce sera sans doute aussi à
la chaude rentrée 2006 que les consommateurs seront appelés
à casquer en attendant le transport, etc.
Nous espérons que le bon ministre Rajesh Jeetah n'ira pas
à la télévision et que ce sera quelqu'un
comme Rama Sithanen ou, à la limite, Xavier Duval qui expliqueront
au pays pourquoi et comment les prix doivent être revus
à la hausse. Et que comme hier et comme demain, la petite
île Maurice n'y peut grand-chose. Le ministre du Commerce
doit de toute façon se faire petit après la triste
saga du lait importé par la State Trading Corporation,
qui devait être vendu à prix cassé et qui
se révèle, en fin de compte, être un des plus
chers sur le marché. Malgré les subsides cachés
et les frais non-comptabilisés parce que importé
par un organisme para public.
Après le tableau comparatif des prix publiés dans
nos colonnes la semaine dernière, un importateur a attiré
notre attention sur le fait qu'il y a une autre marque de lait
en provenance de l'Australie qui se vend à un peu plus
de Rs 83. Un responsable de grande surface des Plaines Wilhems
a, lui, porté à notre connaissance le fait que son
commerce avait un accord avec une chaîne de distribution
du Brésil-qui n'est pas la porte à côté
pour la fourniture de toute une gamme de commodités de
consommation courante à des prix vraiment intéressants.
Comme il nous l'avait annoncé et comme en témoigne
la couverture de sa brochure promotionnelle de cette semaine,
son sachet de lait de 1 kilo se vend à Rs 79.99, à
près de Rs 15 moins cher que le lait importé par
la STC.
Le réveil a encore sonné cette semaine. Plus fort
encore. La nouvelle est tombée jeudi, le prix du sucre
baissera de 36%. Sur ce dossier également, on nous avait
promis une nouvelle diplomatie économique qui balayera
tous les obstacles qui se trouveront sur notre route. On entend
encore ces émissions radiophoniques de campagne et ses
meetings où des intervenants comme Arvin Boolell et Madan
Dulloo nous affirmaient, sans la moindre nuance, que Navin Ramgoolam
est un ami personnel de très longue date de Tony Blair
et qu'il suffira d'un appel téléphonique pour que
tout soit réglé en un tour de main.
De nouvelle diplomatie économique, on n'en voit rien. En
tout cas, on n'a rien vu jusqu'ici. Le tête à tête
Ramgoolam/Blair annoncé en marge du sommet spécial
des Nations Unis pour marquer le 60 ème anniversaire de
l'organisation n'a jamais eu lieu. Tout ce qu'on retient des contacts,
c'est l'accueil de Bill Clinton à notre Premier ministre
qui participait à la réunion d'un Fonds qui porte
le nom de l'ancien président américain. Et, pour
la petite histoire, il faut savoir que c'est de Bill Clinton qu'est
emprunté le fameux slogan "putting people first"
puisque ce n'est autre que le titre de l'ouvrage publié
par le tandem démocrate candidat à la Maison Blanche
Clinton/Gore, une sorte de manifeste électoral pour la
présidentielle de 2002. L'alliance sociale n'a rien inventé.
Comme elle a été incapable de proposer le moindre
nouveau projet qui fera repartir la machine économique.
Le "seafood hub" qui emploie aujourd'hui près
de 2,000 bras est cité comme la planche de salut, le "medical
hub" est vanté comme si c'est l'actuel gouvernement
qui l'a inventé. Le "deal Illovo" qualifié,
il y a quelques jours encore "d'infamie" n'empêche
pas le Premier ministre et les ministres, les uns après
les autres, de défiler à Ébène, pour
des inaugurations et autres lancements. La cybertour était
qualifiée "d'éléphant blanc" mais
elle a quand même permis d'employer en deux ans quelque
4,000 jeunes. Après la deuxième tour en construction
et qui devrait être achevée l'année prochaine,
l'actuel gouvernement annonce la construction d'une troisième
cybertour probablement sur les mêmes terres "infâmes".
Imaginons un seul instant si ce brave président de la République,
Sir Anerood Jugnauth, soumis au lynchage public en juillet dernier,
n'avait pas décidé, avec son gouvernement en 2001,
d'accélérer la création d'un nouveau pilier
de l'économie et qu'il n'avait pas négocié
avec succès une ligne de crédit de 100 millions
de dollars avec le gouvernement indien, ce qui a permis d'avoir
la première cybertour du pays. Imaginons en seul instant
que Pravind Jugnauth et ses collègues du gouvernement tergiversant
et remettant à plus tard la réforme de l'industrie
sucrière enclenchée en 2001.
Imaginons un seul instant qu'en ces périodes troublées,
l'idée soit venue à Dharam Gokhool d'entrevoir une
réforme du système éducatif et que, pour
la mener à bien il lui est impératif de construire
36 collèges et d'accorder une attention particulière
aux écoles les moins performantes avec l'introduction de
zones d'éducation prioritaire. Imaginons un seul instant
qu'il n'y ait eu aucun des huit hôtels construits entre
2000 et 2005, qu'est-ce que Xavier Duval aurait été
vendre à l'étranger ? On pourrait continuer comme
çà et on ne finirait pas de replacer le débat
dans sa juste perspective.
Depuis juillet, on a l'impression d'avoir tout faux, que le Premier
ministre peut trouver le temps pour aller inaugurer un spa et
"marquer de sa présence" l'ouverture du showroom
d'un concessionnaire d'automobile mais pas de présider
le comité national de coordination de lutte contre le vih/sida.
On a opéré une telle rupture avec un système
de gouvernement depuis juillet que la plupart des anciens ministres
de même que d'excellents cadres à qui on a demandé
de "lev paké'passent leur temps à l'étranger.
Sollicités qu'ils sont pour aider d'autres pays. Ici, on
a préféré croire aux mirages. Avec, à
la clé, les durs réveils que cela suppose
Humeur
L'heure est à l'action
À force de l'avoir entendu répéter sur
tous les tons, le Mauricien a fini par croire que malgré
les menaces, les choses finissent toujours par s'arranger et que
Maurice est définitivement un pays béni des dieux.
C'est pour avoir complaisamment pris cette déclaration
pour de l'argent comptant que le Mauricien se réveille
aujourd'hui choqué que l'Union Européenne ait mis
en pratique la baisse des prix du sucre. Une mesure qu'elle annonce
pourtant depuis des années et que beaucoup de Mauriciens,
et non des moindres, semblent ne pas avoir voulu croire.. En dépit
des déclarations répétées d'experts
venant de tous les horizons possibles expliquant que la baisse
du prix du sucre fait partie d'une stratégie économique
qui ne peut être remise en cause, les Mauriciens ont voulu
croire que comme dans les films à l'avant dernière
minute une solution miracle allait être trouvée pour
permettre le happy end. Il faut aussi souligner que l'Alliance
Sociale a vendu cette version du film au cours de la campagne
électorale. Pendant des mois, ses ténors n'ont fait
que répéter que le gouvernement MSM/MMM et ses ministres
de l'Agriculture n'avaient pas su négocier avec l'Union
Européenne et que s'ils avaient été au pouvoir
les choses se seraient passées différemment. Mieux:
qu'une fois arrivés au pouvoir ils allaient reprendre le
dossier en main et réaliser ce que leurs adversaires n'avaient
pas su faire. Navin Ramgoolam était allé beaucoup
plus loin dans la logique de la solution miracle de l'avant dernière
minute. Relayé par Arvind Boolell et Madun Dulloo, il avait
dénoncé la diplomatie économique du gouvernement
MSM/MMM, qualifié de " faillite totale " et promis
qu'une fois au pouvoir il allait faire intervenir ses amis Jacques
Chirac et Tony Blair auprès de l'Union Européenne
en faveur de Maurice. Cette promesse a été faite
avec une telle conviction sur les estrades publiques que beaucoup
de Mauriciens se sont laissés convaincre qu'elle était
réalisable.
Mais le problème c'est qu'une fois arrivée au
pouvoir l'Alliance Sociale a pris beaucoup plus de temps à
dénoncer la diplomatie économique du gouvernement
précédent qu'à mettre en place la sienne.
Au lieu de faire du dossier sucre la priorité des priorités
Navin Ramgoolam, Arvind Boolell et Madun Dulloo ont préféré
utiliser un temps précieux à réaliser l'opération
" leve pake allé ". Au lieu de faire un tour
des capitales européennes pour établir des contacts
et solidifier ceux existant déjà le Premier ministre
s'est assis dans son bureau pour faire la liste de ceux qu'il
ne souhaitait pas maintenir à la direction des corps para
étatiques. Au lieu de renforcer le personnel des ambassades
mauriciennes à l'étranger on s'est amusé
à le diminuer en révoquant des chefs de mission
sans les remplacer. Résultat de l'opération: Maurice
qui fait face aujourd'hui à une des plus graves crises
économiques de son histoire ne dispose pas d'ambassadeurs
dans les capitales européennes où leur présence
est indispensable. Quant à la garantie de faire intervenir
Jacques Chirac et Tony Blair, les amis personnels de Navin Ramgoolam,
elle est restée au niveau des promesses électorales
qui n'engagent que ceux qui les écoutent. Le quantum de
la baisse fixé par l'Union Européenne a été
annoncé jeudi et ce n'est que deux jours plus tard que
Navin Ramgoolam devait rencontrer Tony Blair à Malte et
quelques jours encore plus tard encore Jacques Chirac en Afrique.
Le premier dans le cadre d'une réunion du Commonwealth,
le deuxième dans celui de la Francophonie. Comme dirait
l'autre après la mort la tisane.
Ce qui commence à inquiéter profondément
le Mauricien c'est qu'en dépit de ses assurances données
pendant la campagne électorale, l'Alliance Sociale ne dispose
pas de solutions et de baguette magique qui devaient lui permettre
de régler tous les problèmes du pays et de changer
la vie des Mauriciens. En tout cas sur la question sucrière
il n'a pas mieux fait que son prédécesseur. Pour
ce qui est de changer la vie des Mauriciens
Il est grand temps que le gouvernement arrête de répéter
qu'il a les solutions, les contacts et les réseaux nécessaires
pour régler les problèmes et commence à travailler
sérieusement. Il est plus que temps qu'il mette fin aux
règlements de compte, aux chasses aux sorcières,
aux caprices et autres sautes d'humeur pour consacrer cette précieuse
énergie gaspillée à faire ce pour quoi il
a été élu: gérer le pays dans l'intérêt
de tous les Mauriciens. L'heure n'est plus aux paroles et aux
slogans copiés, mais à l'action.
Interrogations
Vous avez dit équitable ?
Pourquoi notre monde est-il si enclin à créer des
situations d'injustices et d'inégalités intolérables
? Sommes-nous incapables d'apprendre des signaux négatifs
qui nous parviennent déjà en conséquence
? N'avons-nous d'autre projet que de nous détruire ? Plusieurs
faits d'actualité nous poussent à nous poser cette
question brûlante.
L'annonce de la catastrophique baisse de 36% du prix du sucre
nous ramène à une brutale réalité.
Celle du tout économique, dont les plus puissants se prévalent
comme d'une chose prétendument inéluctable, pour
régir le monde à leur gré. On nous dit mondialisation,
on nous dit globalisation, comme s'il s'agissait de forces imparables,
incontournables, auxquelles nous n'avons d'autre choix que de
nous plier. Comme si ce n'était plus l'humain qui forgeait
les politiques économiques. Comme si l'économie
n'était plus destinée à servir l'humain mais
à se servir elle-même, comme un monstre qui se repaît,
comme toujours, des plus faibles. À quoi sert ce "
développement " qui ne fait que créer plus
de pauvreté ?
Paradoxalement, alors que notre monde a accumulé des découvertes
censées améliorer la vie et des richesses croissantes,
la pauvreté est aujourd'hui un des problèmes et
des enjeux majeurs pour notre monde. Dès l'ouverture de
leur sommet à Malte vendredi dernier, les dirigeants du
Commonwealth ont affiché la volonté commune de faire
de la lutte contre la pauvreté leur priorité et
de multiplier les pressions sur les pays développés
pour obtenir un accord plus équitable sur le commerce à
l'OMC. Le secrétaire général, Don Mc Kinnon,
a ainsi fait ressortir que les dirigeants du Commonwealth estiment
que le commerce n'est pas seulement le moteur de la croissance
économique mais qu'il est aussi la plus puissante arme
pour combattre la pauvreté, qu'il qualifie volontiers de
"scandale".
De leur côté, les ministres du Commerce de l'Union
africaine, réunis en conférence au cours de la semaine
écoulée en Tanzanie, ont fait part de leur profonde
inquiétude face à ce qu'ils considèrent comme
"l'absence de volonté politique " de certains
pays membres de l'OMC de donner suite, comme il se doit, à
des objectifs permettant à ses pays de réaliser
" their legitimate development goals ".
La pauvreté est-elle une fatalité ? On ne peut manquer,
à ce sujet, de recommander la lecture d'un livre fondamental,
The end of poverty (How we can make it happen in our lifetime)
publié cette année par Jeffrey Sachs, conseiller
spécial du secrétaire général des
Nations Unies, Kofi Annan, mondialement réputé pour
son travail en tant que conseiller économique de divers
gouvernements en Amérique latine, en Europe de l'Est, en
Asie et en Afrique. Dans ce livre (disponible actuellement aux
Editions le Printemps), Sachs fait valoir, de façon fort
documentée et argumentée, que si la pauvreté
a toujours existé, nous nous retrouvons aujourd'hui, fait
exceptionnel, en position de l'éradiquer, par une série
de mesures politiques et économiques qu'il énumère
et développe. Encore faut-il le vouloir. Ce qui ne semble
pas forcément être le cas du côté des
grandes puissances qui seraient effectivement en mesure d'influer
sur le cours des choses.
Edifiante est à ce chapitre la préface que signe
Bono de U2, désormais aussi connu pour son combat alter
mondialiste qu'en sa qualité de rockstar
"Hunger, disease, the waste of lives that is extreme poverty
are an affront to us all. To Jeffrey Sachs, it's a difficult but
solvable equation. An equation that crosses human with financial
capital, the strategic goals of the rich world with a new kind
of planning in the poor world", écrit-il.
En Afrique, 15 000 personnes, en grande partie des enfants, meurent
chaque jour de maladies que l'on peut éviter ou traiter:
sida, malaria, tuberculose. Ce notamment en raison d'un manque
de médicaments. Ces fameux génériques que
les grands laboratoires refusent de rendre accessibles parce que
cela réduirait les profits astronomiques qu'ils réalisent.
"This statistic alone makes a fool of the idea many of
us hold on to very tightly: the idea of equality. What is happening
in Africa mocks our pieties, doubts our concern, and questions
our commitment to that whole concept. Because if we're honest,
there's no way we could conclude that such mass death day after
day would ever be allowed to happen anywhere else. Certainly not
in North America, or Europe, or Japan. An entire continent bursting
into flames ? Deep down, if we really accept that their lives
- African lives - are equal to ours, we would all be doing more
to put the fire out. It's an uncomfortable truth", fait
ressortir Bono.
"Equality is a very big idea, connected to freedom, but
an idea that doesn't come for free. If we're serious, we have
to be prepared to pay the price. I think we can't afford not to
do it. In a world where distance no longer determines who your
neighbor is, paying the price for equality is not just heart,
it's smart. The destinies of the "haves" are intrinsically
linked to
to the fates of the "have-nothing-at-alls". If we
didn't know this already, it became too clear on September 11,
2001. The perpetrators of 9/11 might
have been wealthy Saudis, but it was in the collapsed, poverty-stricken
state of Afghanistan that they found succor and sanctuary. Africa
is not the front line in the war against terror, but it soon could
be" poursuit le leader de U2.
Qui fait écho à une phrase du secrétaire
d'Etat américain Colin Powell: "The war against
terror is bound up in the war against poverty".
Plus de pauvreté. Plus de désespoir. Plus de révolte
Aurons-nous les moyens de le faire enfin comprendre à ces
grandes puissances qui croient encore à l'imposition de
la loi du plus fort ?
Radio-télévision
Mouvements radiophoniques
Alors que la série des déménagements et
réaménagements de placards semble terminée
à la MBC - pas toujours pour un meilleur fonctionnement
de la station -, c'est au tour des radios privées de se
lancer dans les grandes manuvres. Plus précisément
c'est au sein de Radio One que l'on annonce une série de
réaménagements, pour ne pas écrire de remise
en ordre. Réaménagements rendus obligatoires par
une baisse substantielle du taux d'écoute depuis ces derniers
mois, accompagnée d'une diminution des recettes publicitaires.
À partir du début de l'année prochaine,
c'est Jacques Maunick, actuellement responsable des programmes,
qui assumera la direction générale de la radio de
la rue Brown Sequard. Finlay Salesse, qui est jusqu'à maintenant
directeur général et responsable de la rédaction
de la station, abandonnera ces fonctions pour redevenir simple
animateur. Il revient en quelque sorte à la case départ,
en retrouvant la place qu'il occupait dans l'organigramme des
débuts de Radio One, du temps où cette station était
dirigée par Jean-Michel Fontaine, ses programmes par Marie-Michèle
Etienne et sa rédaction par Jean-Luc Mootoosamy. La grande
époque de Radio One et des débuts de la radio privée,
affirment certains nostalgiques.
Dans le nouvel organigramme, la direction de la rédaction
a été confiée à trois journalistes:
Karishma Beeharry, Indira Chettiar et Jacques Aristide. Ils seront
respectivement responsables des journaux du week-end, de ceux
du matin et de l'après-midi. La coordination de la rédaction
sera assurée par Anne Robert, ex-journaliste économique,
jusqu'à tout récemment responsable de la communication
du groupe Rogers, un des actionnaires de Radio One.
La "grosse" nouvelle de ce changement réside
dans un transfert d'animateur. À partir de janvier 2006,
Hassen Rojoa, directeur général de Radio Plus, passera
à Radio One. L'animateur vedette de la radio de la rue
Labourdonnais animera les matinales de la station de la rue Brown
Sequard. D'après des recoupements d'informations, Hassen
Rojoa ne fera pas partie du personnel de Radio One, mais louera
ses services à la station à travers sa maison de
production. Après avoir travaillé en France et à
la Réunion sous le pseudonyme de Frank Alto, Hassen Rojoa
a passé quelque temps à la MBC avant de se joindre
à Radio Plus en 2002. Tout d'abord en tant qu'animateur,
avant d'occuper rapidement les fonctions de directeur général
de la station. Il devait démissionner avec fracas de Radio
Plus pour aller diriger Top FM, d'où il sera remercié
quelques mois plus tard pour revenir à Radio Plus.
Sacré meilleur animateur de l'île Maurice dans
tous les sondages, Hassen Rojoa était considéré
comme étant l'atout principal de Radio Plus. Considérant
que sa popularité le rendait intouchable, il s'était
lancé dans un style d'animation assez agressif, reposant
sur des jeux de mots douteux et pas mal de vulgarité, ces
temps derniers. Il s'était également mis à
dos une partie de la rédaction de Radio Plus, notamment
avec une histoire d'interview "highjackée".
Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, l'annonce
du prochain départ de Hassen Rojoa de Radio Plus n'a pas
provoqué - pas encore, en tout cas - des manifestations
d'auditeurs désespérés par cette nouvelle,
ce qui avait été le cas pour le départ de
Nella Brasse. Il semblerait également que la direction
de Radio Plus ne soit pas très affectée par la perte
de son animateur vedette et n'ait fait aucun effort pour le retenir.
Il faudra attendre les premiers sondages de l'année
prochaine pour savoir si les auditeurs de Radio Plus ont suivi
Hassen Rojoa sur Radio One et si le taux d'écoute d'une
radio repose uniquement sur la popularité de son principal
animateur. Ces sondages permettront également de vérifier
si les auditeurs de Radio One sont satisfaits du nouvel animateur
vedette de la station et de son style très particulier.
Terminons avec un mot pour dire que Top FM, la plus discrète
des radios privées, continue tranquillement son petit bonhomme
de chemin dans le paysage audiovisuel mauricien. Sans pratiquer
le sensationnalisme et la pratique des scoops à répétition,
que ne dédaignent pas ses concurrentes. Cette station a
trouvé son style, des animateurs dynamiques - qui, toutefois,
font parfois plus disc-jockeys que présentateurs de radio
- et fait de sérieux efforts au niveau de l'information.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 27 novembre 2005
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