p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 7 février 2005



À l'Assemblée nationale, mardi dernier


Le braquage de la MCB enflamme l'hémicycle


À l'Assemblée Nationale, mardi prochain


Le braquage de la MCB au Question Time


Les accusations de cover up dans l'affaire MCB


Nouveau défi lancé à l'opposition par le PM


Vendredi après-midi


Ramgoolam: "Le MMM/MSM est à bout de souffle"


Media Watch Organisation


Polémique entre l'ONG et le gouvernement sur une remarque de Ramgoolam


MSM


Le Dr Parmessur Ramloll rejoint le rang des dissidents


À l'Assemblée nationale, mardi dernier


Le braquage de la MCB enflamme l'hémicycle

Après deux semaines de PNQ plutôt fades depuis la reprise des travaux de l'Assemblée nationale, Navin Ramgoolam a trouvé un sujet de brûlante activité ce mardi: le braquage survenu à la Mauritius Commercial Bank le vendredi 11 février. Thème qui a enflammé l'hémicycle au point où le Speaker a dû intervenir et même décider d'expulser Madan Dulloo et revenir sur sa décision après que le député lui eut présenté des excuses. Le Premier ministre a, par ailleurs, lancé un défi à l'opposition de venir avec la plus petite indication de cover up et d'ingérence de sa part dans l'enquête sur le braquage de la MCB. Il a annoncé avoir demandé une enquête policière sur des allégations dans ce sens, faites en dehors de l'hémicycle. C'est après que Navin Ramgoolam eut, à plusieurs reprises, soutenu qu'il y avait cover up et ingérence dans l'enquête en cours.

Il faut savoir que dès la réception de la PNQ mardi matin, le Premier ministre a discuté avec le Speaker de la recevabilité d'une interpellation portant sur une enquête policière en cours et qui n'a pas encore été bouclée. "I talked to you this morning before this question was put", devait déclarer Paul Bérenger lors des échanges, mais Dev Ramnah avait tranché: la question était admise.

C'est ainsi que dans sa réponse liminaire, le Premier ministre a indiqué que l'enquête policière sur le crime et le vol perpétré à la MCB est en cours, que six personnes ont été interpellées, trois plantons de la banque répondant d'une charge provisoire de complot pour commettre un vol avec violence et trois autres prévenus pour meurtre. Ils ont tous été reconduits en cellule policière jusqu'au 28 février. En réponse à d'autres parties de la question concernant les circonstances du crime et du vol, le montant de la somme volée, les failles dans la sécurité et l'impact d'un tel braquage sur la réputation du pays, Paul Bérenger a ajouté que "it would not be proper for me to make any comment before the completion of the inquiry".

Cette position du chef du gouvernement n'a visiblement pas plu à l'opposition qui a insisté pour obtenir des détails sur cette affaire. S'agissant du rôle du régulateur - la Banque de Maurice -, le Premier ministre a dit qu'il a eu trois rencontres avec la MCB et que des inspections sont menées dans toutes les institutions bancaires, y compris la MCB. Le leader de l'opposition a alors accusé la banque centrale de n'avoir rien fait, d'où un manque de sécurité à la MCB. Les questions devaient, dès lors, devenir nettement plus personnelles. Navin Ramgoolam rappelant que Paul Bérenger avait, en tant que vice-Premier ministre, demandé au PM d'alors de ne pas informer ses collègues du cabinet de la fraude massive commise au préjudice du National Pension Fund, ce qu'a catégoriquement rejeté le principal concerné.

"Rs 700 millions ti défalqué en 1996 !"

Le Speaker est alors intervenu pour dire que l'accusation de cover up représente "a reflection on the character of the hon. Member of this House". Et alors que des voix dans l'opposition s'élèvent pour dire que c'est un braquage sans précédent, Prem Koonjoo lance, à son tour: "Bé sa Rs 700 millions ki ti défalqué dans budget 96 là aussi ti sans précédent !"

Quant à la protection des actionnaires de la banque, Paul Bérenger a dit que des mesures ont été prises sur la base des recommandations du rapport de la firme NTan Corporate Advisory Ltd. Navin Ramgoolam, qui réclamait la publication du rapport, a été renvoyé à une réponse donnée la semaine dernière par le vice-Premier ministre indiquant les raisons pour lesquelles ce document ne pouvait être rendu public.

Madan Dulloo a pris le relais pour insister sur le rapport mais a refusé de se rasseoir alors que le Speaker était debout. Malgré les rappels à l'ordre de Dev Ramnah, le député n'obtempère pas au point où il lui demande de quitter l'hémicycle. Navin Ramgoolam intervient et plaide pour son collègue, qui présente des excuses.

Le leader de l'opposition revient à la charge pour réclamer le montant de l'argent volé, mais le Premier ministre précise: "I know that there are figures that have been produced by the Mauritius Commercial Bank. But I said that those figures as the inquiry proceeds might change".

Nouvel incident ensuite sur le fait que le Premier ministre ait dit n'avoir "not read and seen" le rapport NTan, Navin Ramgoolam disant ne pas croire une telle chose. Navin Ramgoolam reprend alors ses critiques contre la Banque de Maurice qui aurait failli à sa tâche de régulateur et contre le Premier ministre à l'effet que toute cette affaire est l'objet d'un "cover up". Accusation qu'a formellement rejetée Paul Bérenger.

Le Premier ministre devait d'ailleurs ajouter que "there has been no interference as far as the Government is concerned. If the Hon. Leader of the Opposition is aware of interference by others, he should come forward, he can go to the police, he can let me know". Il n'y a pas et il n'y aura pas d'ingérence dans cette enquête, a assuré le chef du gouvernement, en ajoutant aussi que "I will not tolerate any interference by anybody in the Police inquiry".

"Culpable silence and complete black-out"

Navin Ramgoolam a essayé de revenir sur le rapport NTan, "qui a coûté Rs 60 millions", au point où le Speaker lui dira: "I think that if you have more questions from the NTan Report, next time you come with another question". Mais le leader de l'opposition entonne de nouveau son refrain de "cover up", de "culpable silence" et de "complete black-out".

Le Premier ministre répète alors qu'il n'y a pas de "cover up" et précise: "I am aware of a statement made outside the House to that effect. I have asked the Police to inquire and after the police inquiry will have been completed, I might resort to other actions concerning the wild allegations of cover up. There is absolutely no cover up. The Police inquiry, as it should, is proceeding in total independence and professionalism". Paul Bérenger s'en tiendra à sa position et dira qu'il n'a aucun commentaire à faire sur une enquête en cours, ce qui n'a pas été du goût de l'opposition, qui a repris le thème du "cover up".

Répondant à une question du député Dev Hurnam, le Premier ministre dira que ce n'est pas lui qui a donné des directives à la police mais que c'est le commissaire de police lui-même qui, après avoir mis en garde les enquêteurs verbalement, leur a adressé une note le 17 février dans laquelle il a écrit que "following verbatim statements/reports in the press almost daily, I am hereby directing that all investigators be duly cautioned with regard to the need to maintain strict confidentiality".

Les coïncidences du vendredi, selon Navin Ramgoolam

En ce qui concerne le comportement des hommes de loi, le Premier ministre a dit qu'il y a la loi mais qu'il y a aussi l'éthique, et que l'affaire a déjà été soulevée avec le Bar Council. Pour terminer cet échange, Navin Ramgoolam est venu dire que ce n'est pas une coïncidence que "all these things happen on Fridays so that the bank can do the cover up over the week-end with the help of the Government".

Une déclaration qui va susciter une très vive réaction du Premier ministre, qui a parlé de "very very serious allegation" comme étant "totally baseless, totally groundless", avant d'ajouter: "I challenge the leader of the Opposition to come forward with the slightest indication of a cover up", un défi auquel Navin Ramgoolam n'a pas donné de suite.

Deux textes de loi ont été également approuvés. The Central Water Authority (Amendment) Bill, présenté par le ministre Alan Ganoo, renforce les amendes pour les vols d'eau. Sa présentation a donné l'occasion au Premier ministre de réfuter les accusations de discriminations à l'égard des petites gens, formulées par l'opposition. Paul Bérenger a affirmé que son gouvernement a fait plus que tout autre pour les ti dimoune. The Regulatory Authorities Appeal Tribunal Bill, piloté par Emmanuel Leung Shing, crée une instance pour entendre les appels formulés contre les décisions des régulateurs des secteurs eau, technologies de l'information et de la communication, mais aussi de la poste.

Les travaux parlementaires reprennent mardi prochain.



Rappel à l'ordre et cas référé au DPP

Le Speaker a évoqué en début de séance le cas d'une journaliste de l'express qui l'a accusé de parti pris et qui ne serait pas présenté à un rendez-vous pour en discuter, affaire qui a été portée devant le rédacteur en chef de cette publication, Jean-Claude de l'Estrac. Dev Ramnah a dit avoir sérieusement envisagé de prendre une action, qui aurait pu être une interdiction pure et simple de la journaliste à la galerie de la presse, mais qu'il s'est ravisé après que la journaliste lui a adressé une correspondance dans laquelle elle a présenté ses plus plates excuses.

Le député Dev Hurnam a, lui, porté un article paru dans l'édition du 26 décembre 2004 de Week-End à la connaissance de la Chambre, estimant qu'il lui est préjudiciable. Il a proposé une motion, secondée par Sylvio Michel, pour qu'une suite y soit donnée. L'affaire sera référée au DPP. Ce n'est pas le premier cas présumé d'infraction alléguée au Immunities and Privileges Act qui a été référé qui DPP, mais nous n'avons pas connaissance d'un quelconque cas qui ait fait l'objet de poursuites.



Les demi-réponses de Sangeet Fowdar

La question de Nasser Issimdar adressée au ministre de l'Éducation était ainsi libellée: "Whether he will for each of the periods January 1995 to September 2000 and September 2000 to date, give a list of the State Secondary Schools built, indicating their location ?". Et c'est une demi-réponse que le ministre suppléant de l'Éducation, Sangeet Fowdar, a donnée puisqu'il a complètement occulté la partie se rapportant à la période 95/2000, ce qui n'a pas manqué d'étonner l'auteur de la question et ses collègues.

Cette réponse était d'autant plus surprenante que, juste après, le vice-Premier ministre et ministre des Finances ne se fera pas prier pour dire, au même député, que l'actuel gouvernement a, depuis son installation, dépensé Rs 328,9 millions pour la lutte contre l'exclusion et la pauvreté, contre Rs 11,6 millions dépensées en 95/96; Rs 6,6 millions en 96/97, Rs 8,7 millions et zéro sou en 98/99, Rs 9,6 millions en 99/2000 et Rs 31 millions en 2000/2001.



Sièges déserts pour l'Attorney General

C'est devant un hémicycle clairsemé que l'Attorney General et ministre de la Justice a présenté son Regulatory Authorities Appeal Tribunal Bill. En effet, la plupart de ses collègues du MSM étaient absents au moment des débats sur ce texte. Pravind Jugnauth s'étant retiré depuis longtemps déjà pour aller s'occuper de la préparation de son budget, et ses autres collègues Joe Lesjongard, Nando Bodha et Shawkatally Soodhun, ayant quitté l'hémicycle juste avant la présentation du texte. Deux interventions toutefois dans les rangs dans la majorité, celle du Premier ministre et du ministre des Services publics, qui ont chaudement félicité Emmanuel Leung Shing pour la présentation de ce texte.

Puisque nous sommes aux absences à relever, il y a eu, cette semaine encore, celle du leader de l'opposition, parti à 13h pour ne plus revenir.



Les réponses du PM

14 voyages pour Paul Bérenger et les allocations d'officiels, circulées

Le Premier ministre a effectué 14 voyages officiels à l'étranger comme suit: du 19 au 24 novembre 2003 en Inde, au sommet du Commonwealth, du 5 au 8 décembre 2003, aux Comores pour une réunion des chefs d'état de la région du 18 au 20 décembre 2003, en France du 11 au 14 février 2004, à Madagascar du 4 au 7 avril 2004, en Afrique du Sud du 23 au 25 avril 2004 pour l'installation du président Thabo M'Beki, aux États Unis du 10 au 13 mai 2004, au Mozambique du 26 au 29 mai 2004, au sommet de l'Union Africaine du 6 au 8 juillet 2004, au Koweït et au Pakistan du 9 au 14 octobre 2004, au secrétariat de la SADC en tant que président en exercice les 17 et 18 novembre 2004, au sommet francophone au Burkina Faso les 26 et 27 novembre 2004, aux Seychelles du 7 au 11 décembre 2004 et en République Populaire de Chine du 23 au 29 janvier dernier.

Ces détails ont été déposés sur la table de l'Assemblée Nationale par le Premier ministre lui même, mardi dernier, suite à une question dans ce sens du député Rajesh Jeetah. Il a aussi profité pour circuler le taux des allocations qui sont payées aux dignitaires en déplacement officiel à l'étranger et a précisé que pour les voyages officiels dont les frais sont encourus par les pays hôtes, ils ne reçoivent qu'un tiers des allocations dues.

Selon la liste circulée par Paul Bérenger, les allocations quotidiennes auxquelles ont droit le président de la République et le Premier ministre sont de 855 USD (Rs 24,000) pour toutes les destinations - cette somme est en vigueur depuis 98 et avait été doublée sous le mandat de Navin Ramgoolam - alors que le vice Président, le vice Premier ministre et le Chef Juge ont droit à des allocations variant de 240 USD à 720 USD dépendant des destinations.

Les autres allocations sont comme suit: ministres et secrétaire au cabinet et chef du service civil (de 205 USD à 615 USD), députés et fonctionnaires touchant plus de Rs 60,000 par mois (de 180 USD à 445 USD), les chefs de cabinet et les ambassadeurs (de 170 USD à 375 USD) et les autres (de 170 USD à 375 USD).

218 conseillers employés par le gouvernement

À la fin de décembre 2004, le gouvernement employait 218 conseillers dont 94 étaient affectés dans des secteurs spécialisés comme l'anesthésie et la chirurgie dans la Santé et des Quantity Surveyors, ingénieurs et architectes aux Infrastructures Publiques. Le nombre de conseillers recrutés dans l'acception que tout le monde comprend est donc de 124. Ces informations ont été données par le Premier ministre, mardi en réponse à une question du député de l'opposition Rajesh Jeetah. Paul Bérenger a également fait circuler les termes et conditions d'un contrat type de conseiller.

Rs 5 millions pour les commissaires du Sale by Levy

Le président de la Commission d'enquête sur le Sale by Levy, Sir Victor Glover et ses deux assesseurs Yuvraj Thacoor et Denis Vellien ont reçu des honoraires de Rs 5 millions. Réponse du Premier ministre au Dr Jyaneshwar Jhurry.

Le nombre de suicides en baisse

Le nombre de suicides dans la tranche d'âge de 15 à 49 ans est en baisse depuis quelques années déjà. Les statistiques sont comme suit 2000 (77), 2001 (86), 2002 (77), 2003 (66) et 2004 (68). Ces détails ont été fournis par le Premier ministre en réponse à une question du député de l'opposition, le Dr Arvin Boolell. Paul Bérenger devait aussi ajouter ceci "I am glad to report that information from the commissioner of Police and the Ministry of Social Security, National Solidarity, Senior Citizens'Welfare and Reform Institutions show that the trend in both completed and attempted suicide have been both decreasing".

Donnant plus de précisions sur les statistiques de ces derniers 10 ans, Paul Bérenger a dit que les chiffres tant pour les tentatives que les suicides avérés ont été de 153 en 96, 122 en 97,155 en 98, 174 en 99, 137 en 2000, 113 en 2001, 131 en 2002 et 88 en 2003 et il a salué les efforts faits par les Organisations Non Gouvernementales pour atténuer ce douloureux problème.


À l'Assemblée Nationale, mardi prochain


Le braquage de la MCB au Question Time

Le braquage perpétré au quartier général de la Mauritius Commercial Bank sera évoqué au Question Time, mardi prochain, à l'Assemblée Nationale. La seule question y relative est du député de l'opposition Madan Dulloo qui demandera au Premier ministre si deux suspects étaient détenus dans la même cellule au poste de police la Tour Koenig et s'il y a eu des représentations à cet effet, formulées à l'encontre d'un policier qui aurait déploré cet état de choses, s'il y a eu des actions initiées contre le policier et si les différentes entrées faites dans le Occurrence Book et le Diary Book seront déposées sur la table de l'Assemblée nationale.

Les huit autres questions pour le Premier ministre sont comme suit: l'achat de deux véhicules par la MBC (Rashid Beebeejaun), la création d'un Special Relief Fund pour les victimes du Sale by Levy et le nom de propriétés disposées par le procédé de ventes à la barre ont été rachetées par les banques (Meckduth Chumroo), l'éventuelle privatisation d'une chaîne de la MBC (Sylvio Michel), la ligne de crédit obtenue du gouvernement chinois (Gérard Paya), les rémunérations des conseillers pour le mois de janvier 2005 (Rajesh Jeetah), les conditions dans lesquelles un casino a été autorisé à opérer à Rose Belle (Madan Dulloo) et les allocations payées à d'anciens juges pour les services dispensés aux ministères et organismes para publics (Arvin Boolell).

Les interpellations pour les autres ministres sont très variées. Le Dr Beebeejaun veut obtenir les conditions du recrutement des médecins étrangers et les critères des programmes de formation. Jean Claude Armance a trois questions d'intérêt général, l'une sur l'infraction au Protocole de Kyoto que constitue le brûlage de champ de cannes, sur les projets hôteliers de la région de Balaclava et sur les intérêts mauriciens dans des entreprises à Madagascar et le nombre de Mauriciens qui y sont employés.

Arvin Boolell veut, pour sa part, obtenir une liste des terrains agricoles convertis depuis janvier 2001 ainsi que les procédures adoptées pour la vente des équipements de l'établissement de Rose Belle et, Sylvio Michel, de détails sur la commercialisation de produits génétiquement modifiés et sur l'utilisation de la langue créole dans le cursus scolaire.

Le Dr Hookoom demandera, quant à lui, un contrôle sur les médicaments génériques, Rajesh Jeetah sur les déplacements à l'étranger du ministre de la Santé, sur le coût de chaque étudiant dans le public et le secondaire privés et sur les mesures d'hygiène dans les écoles primaires, Sylvio Michel sur les nouveaux règlements de l'Unesco et Madan Dulloo sur le Halcrow Group et sur les "job fairs" et Xavier Duval sur le sort des éleveurs de porc de Roche Bois.

Du côté des back benchers de la majorité gouvernementale, les questions qui retiennent l'attention sont celles de Jean Claude Barbier qui veut connaître le niveau d'eau dans nos réservoirs après les récentes grosses pluies, de Siram Sakaram sur la couverture d'assurance pour les petits planteurs de légumes. Deux questions ensuite du Dr Nasser Issimdar sur les facilités en terme de médecine de pointe disponibles dans les hôpitaux de 95 et 2000 et après, de même que les rénovations et autres constructions qu'il y a eues dans ce secteur pour les mêmes périodes. Gérard Paya a également une question sur le nombre d'étrangers employés dans l'industrie hôtelière.

Deux textes seront débattus en deuxième lecture, le Landlord and Tenant (Amendment) Bill, inscrit au nom du ministre du Logement, des Terres et de la Pêche et qui vient avec de nouvelles provisions pour les immeubles commerciaux ainsi que The Ombudsperson for Children (Amendment) Bill, présenté par la ministre des Droits de la Femme, Arianne Navarre-Marie, texte qui permettra à l'Ombudsperson à convoquer des témoins et produire des documents dans le cadre des enquêtes qu'elle initie et de faire d'un délit la non-parution devant cette instance.

En première lecture, The Electricity Bill, que présentera le ministre des Utilités Publiques Alan Ganoo. Ce texte, qui vient remplacer celui qui date de 1939 propose une Electricity Authority fonctionnant sur une base plus moderne et transparente. Une pétition sera également présentée par le Parliamentary Private Secretary Rajesh Bhowon proposant un projet de loi privée pour créer un Indian Folk Academy.


Les accusations de cover up dans l'affaire MCB


Nouveau défi lancé à l'opposition par le PM

"Apportez des preuves ou la moindre indication de ce que vous avancez". Tel est le défi que le Premier ministre a, une nouvelle fois, lancé à l'opposition après ses accusations qualifiées "d'irresponsables, d'hystériques et de totalement fausses" à l'effet qu'il y aurait cover up dans l'enquête sur le crime et le braquage perpétrés au quartier général de la Mauritius Commercial Bank. C'était lors d'une rencontre avec la presse jeudi. Une occasion pour Paul Bérenger de rappeler que l'opposition a déjà été sévèrement blâmée par des commissions d'enquête sur Mare Chicose et les portiques, après "ki Ramgoolam, Dulloo, Valayden ti fer tou kalité palab ki zot pa ine kapav soutenir".

Le Premier ministre a de nouveau assuré qu'il n'y a absolument pas de cover up ou d'ingérence de qui que ce soit dans cette enquête et que la police travaille en toute indépendance. "Li bien grave ki l'opposition, banne assoiffé de pouvoir, dire n'importe quoi et jette le doute sur la police et le judiciaire, li extrêmement dangereux". S'agissant des accusations le concernant, Paul Bérenger a répété qu'il se réserve le droit de prendre les actions qui s'imposant une fois que l'enquête aura été bouclée.

Il a également démenti les "ti lartik, ti insinuations qui relèvent de la politique-fiction", et qui veulent faire croire qu'il y a des contacts entre le PTr et le MMM. Il n'y en a pas, a-t-il déclaré, avant de confirmer que l'alliance MSM/MMM/PMSD ira ensemble aux prochaines élections générales et que la population aura le choix entre cette équipe et son bilan et l'alliance "Pac pac". À une question de la presse sur un éventuel arrangement post-électoral avec le PTr, Paul Bérenger a répondu que cela aussi relève de la politique-fiction.

Il a renouvelé son appel pour que tout le monde observe une trêve lors de la visite que doit effectuer le Premier ministre indien Manmohan Singh à Maurice à la fin de mars, et que la campagne électorale démarre après. À une question de la presse, il a rejeté toute récupération de cette visite à des fins politiques. Il a cité le cas du récent déplacement effectué chez nous par Sonia Gandhi pour dire qu'il n'y a eu aucune politisation de cette visite.

Le Budget repoussé au 4 avril

Prenant le relais, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a lui aussi appelé à l'observation d'une trêve durant la visite du chef du gouvernement de la Grande Péninsule. Il a ajouté que c'est dans cet esprit et pour donner le bon exemple qu'il a décidé de reporter la date de la présentation du budget 2005/2006. Cet exercice prévu pour le 28 mars, a été reporté au lundi 4 avril, afin que la visite de Manmohan Singh se déroule dans la sérénité la plus totale. Il a aussi annoncé le début des consultations tripartites le 3 mars et leur conclusion le 14 mars.

Pravind Jugnauth s'est également déclaré convaincu que l'alliance MSM/MMM/PMSD est la seule qui peut faire avancer le pays sur la voie du progrès et pour un meilleur avenir pour l'ensemble de la population mauricienne. Pour lui, cette alliance a une vision, une équipe qui peut consolider l'unité nationale et faire face aux défis de la mondialisation. De son point de vue, l'équipe d'en face ne tient pas la comparaison après les quatre ans et demi au pouvoir du présent gouvernement.

Le VPM a quitté le pays le même soir pour être fait Docteur Honoris Causa de l'Université de Buckhingam où il a étudié le droit. Cette institution a voulu l'honorer pour son parcours tant professionnel que politique, avec des débuts en tant que conseiller municipal de Vacoas/Phoenix jusqu'à sa présente situation de vice-Premier ministre et ministre des Finances. Pravind Jugnauth rentre au pays mardi prochain.


Vendredi après-midi


Ramgoolam: "Le MMM/MSM est à bout de souffle"

La conférence de presse du Parti Travailliste, qui s'est tenue vendredi dernier, était principalement axée sur l'affaire MCB. Le Leader de l'opposition a aussi parlé de laxisme et de l'ignorance du Premier ministre dans cette affaire, tout en insistant qu'il y a eu cover-up. Les autres points soulevés sont la situation politique qui règne en ce moment et le retour au pouvoir de son parti.

Prenant pour exemple le crime odieux qui a eu lieu le 11 février dernier dans les locaux de la MCB, Navin Ramgoolam a parlé de l'insécurité régnant à Maurice, qui selon lui a atteint des limites irréversibles. "Ce biggest robbery qui a eu lieu deux ans après un biggest fraud démontre que l'insécurité est présente même dans un endroit où il est supposé avoir le maximum de sécurité", a-t-il souligné. Le leader de l'opposition parle aussi d'un certain laxisme du PM car selon lui, un warning avait été donné deux heures avant le vol.

En sus du laxisme et du manque d'éclaircissement liés à cette sordide affaire, Navin Ramgoolam se dit intrigué par le nombre de refus de réponses du PM. "Il cache les informations nécessaires à la population qui sont pourtant en droit de savoir", a-t-il dit. Affirmant que ce dernier ne prend pas connaissance des dossiers, il dénonce le fait que Paul Bérenger s'occupe en ce moment des choses les moins importantes au détriment de celles qui méritent plus d'attention. Concernant le crime et le vol de la MCB, le Leader de l'opposition déclare que de par son attitude, "Bérenger se cache derrière des excuses."

L'autre point soulevé par Navin Ramgoolam est le fait que c'est la MCB elle-même qui a fait sa propre enquête, au lieu de la banque Centrale: "Et le gouvernement ose dire qu'il n'y a pas de cover-up dans cette affaire, pourquoi alors la banque de Maurice n'a toujours pas soumis de rapport indépendant". Pour le Leader de l'opposition, la vérité est cachée à la population. Selon lui, beaucoup trop de choses qui ont lieu ne sont pas élucidées et restent toujours un mystère, à l'instar de l'explosion de Grand-Baie. Navin Ramgoolam réclame à ce que le rapport Niketan soit rendu public. "C'est avec l'argent de la population que cet expert a été payé, il est donc plus que normal que les Mauriciens sachent enfin la vérité sur cette explosion", a-t-il affirmé.

Le Leader de l'opposition a également affirmé que Maurice est déjà entré en pleine campagne électorale et que la machinerie est déjà en branle. Ramgoolam a vivement critiqué ce qu'il appelle la division entre les différentes communautés qui est une des nombreuses stratégies utilisées par le gouvernement. Selon lui, les nombreuses offres d'emploi du moment en font aussi partie. "Bérenger n'aurait jamais dû inviter le PM indien à Maurice alors qu'il sait que la campagne a commencé", a-t-il expliqué. Toujours selon ses dires, ce sont des choses qui ne se font pas. Pour sa part, le PTr a annoncé qu'une série de meetings sera organisée après la célébration du Maha Shivaratree. Navin Ramgoolam s'est également insurgé contre le fait que Bérenger demande une trêve politique, et au lieu de faire appel à l'opposition, il attaque à travers des conférences de presse.

Commentant la situation actuelle au sein du gouvernement, Navin Ramgoolam affirme que l'alliance sociale va vers une victoire certaine. Questionné sur une éventuelle coalition avec le MMM, la réplique du Leader de l'opposition ne pouvait être plus claire: "Mo pa intéressé pour gagne éne lift dans corbillard", a-t-il déclaré. Il a également confirmé qu'une rencontre a déjà eu lieu avec Anil Bachoo, qui est d'ailleurs invité au congrès du PTR. Quant au souhait de Siddick Chady de rejoindre le parti, Navin Ramgoolam dit que la question n'a pas encore été étudiée. Il a aussi donné l'assurance qu'à son retour au pouvoir après les prochaines élections, tout sera tiré au clair au plus vite avec le changement au niveau du gouvernement.


Media Watch Organisation


Polémique entre l'ONG et le gouvernement sur une remarque de Ramgoolam

La Media Watch Organisation a été vivement critiquée par la ministre de la Femme, Arianne Navarre-Marie et la Parliamentary Private Secretary, Danielle Perrier. La polémique a éclaté dans le cadre d'une initiative de l'ONG visant à encourager la presse à accorder plus de place aux voix féminines en marge des prochaines élections générales. Les membres du gouvernement, qui participaient à une réflexion - organisée par la MWO et Gender Links, Afrique du Sud - autour du thème Gender, Media and Elections, lundi dernier à Port-Louis, n'ont pas apprécié le fait que la présidente de l'organisme, Loga Virahsawmy, n'ait pas jugé utile de rappeler à l'ordre le leader de l'opposition, Navin Ramgoolam, qui invitait l'assistance à voter pour le PTr si celle-ci souhaitait voir plus de femmes au gouvernement. La MWO, qui a toujours revendiqué son statut apolitique, aurait, selon Arianne Navarre-Marie et Danielle Perrier, affiché ses couleurs. Ce mécontentement expliquait leur absence à la deuxième session de travail, toujours dans la même optique, la semaine dernière au Media Trust où la ministre de la Femme devait présenter officiellement le livre Getting it Right. Ainsi, c'est le directeur de la Sentinelle Ltée, Jean-Claude de L'Estrac, qui s'est chargé de lancer ce livre qui regroupe 46 études et 12 rapports présentés par les participants des pays de la SADC lors du premier Gender Summit en septembre dernier à Johannesburg et auquel avait assisté Arianne Navarre-Marie. Si en effet aucune des représentantes de l'alliance gouvernementale n'était présente lors du deuxième atelier de travail de jeudi dernier, celles de l'opposition entre autres ont suivi l'intervention de Rama Sithanen - qui élaborait sur l'absence des femmes en politique -, Ravin Bachoo, Georges Chung et Jean-Claude de L'Estrac sur le fonctionnement de leur rédaction respective.

Réagissant aux critiques des représentantes du gouvernement, Media Watch et Gender Links ont, par le biais d'un communiqué, réitéré leur statut apolitique. "As gender advocacy organisations, our concern is the glaring gender gap that exists in Mauritian politics and the need for urgent actions to be taken if Mauritius is to honour its commitment through SADC to achieving thirty percent women in all areas of decision-making before the end of 2005. We will not be deterred from insisting on accountability, from all the relevant actors, on this and all other commitments made to ensuring equality between women and men", écrivent Loga Virahsawmy de la MWO et Colleen Lowe Morna de Gender Links. C'est aussi, justement, des questions abondant dans l'engagement pris par Maurice auprès de la SADC qui auraient mis les représentantes du gouvernement dans l'embarras. D'autant que la ministre de la Femme avait dû remplacer le Premier ministre, lundi dernier, alors que celui-ci devait se retrouver sur la même plate-forme que le leader de l'Opposition, Xavier-Luc Duval et Pravind Jugnauth. Ce dernier, qui s'est fait également excusé, était remplacé par le ministre de l'Agriculture, Nando Bodha.


MSM


Le Dr Parmessur Ramloll rejoint le rang des dissidents

Le Dr Parmessur Ramloll, député MSM de Quartier-Militaire/Moka, a démissionné de toutes les instances de ce parti, mardi, devenant, ainsi le cinquième parlementaire dissident MSM.

Contrairement aux quatre autres démissionnaires et surtout à M. Anil Baichoo, le Dr Ramloll a laissé entendre qu'il n'avait rien contre son ancien leader, M. Pravind Jugnauth, mais davantage contre "son entourage". Le député du Numéro 8 estime aussi que le MMM a une trop forte influence au sein de l'équipe gouvernementale.

Par ailleurs, la conférence de lancement du nouveau parti en voie d'être fondé par ces dissidents, prévue pour jeudi dernier, a été renvoyée en raison du décès, la veille, du père de l'ancien ministre Anil Baichoo, M. Madun Baichoo.

Le nom de la nouvelle formation a, néanmoins, été choisi : Mouvement Socialiste Démocrate (MSD). Ce qui n'est pas sans rappeler l'ancien Mouvement Travailliste Démocrate (MTD) fondé par M. Baichoo quand il avait quitté, en 1987, le Parti Travailliste (PTr).



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 7 février 2005