Le réveil du Sphinx !
Un véritable séisme a ébranlé le monde
politique égyptien depuis l'annonce, hier, par le président
égyptien, Hosni Mubarak, qu'il réclamerait du Parlement
un amendement à la Constitution qui annoncerait l'introduction
du suffrage universel pour l'élection présidentielle.
C'est-à-dire qu'il mettra fin au régime de parti
unique, tout au moins en ce qui concerne la candidature, celle
qui, généralement, depuis Gamal Abdel Nasser, Anwar
Et-Sadat, et de sa propre élection, a permis à l'armée
égyptienne de décider qui devrait présider
aux destinées de ce grand pays du Moyen-Orient.
Il aura fallu plus d'un demi-siècle, depuis la révolution
des colonels, menée par Gamal Abdel Nasser, qui a mis fin
au colonialisme britannique, pour que ce pays chargé d'histoire
s'ouvre à une nouvelle ère en matière de
démocratie. Mais, pour autant, il ne faut pas occulter
le rôle joué par ce géant d'Afrique qui a
permis à la presse, par exemple (les Egyptiens ont bien
inventé le Papyrus, symbole de l'écriture) de considérer
la presse non comme le "Quatrième pouvoir", à
l'instar des États-Unis, mais comme le "Troisième
pouvoir", qui se range juste après l'Exécutif
et le Judiciaire. Il ne faut pas, non plus, oublier que l'Egypte
a accueilli en son sein des regroupements progressistes au temps
où les freedom fighters étaient lâchés
par leurs pairs africains. C'est ainsi que l'ANC de Nelson Mandela
de l'Afrique du Sud et la SWAPO d'Oliver Tambo de la Namibie avaient
pignon sur rue dans la capitale cairote. Nous-mêmes, au
sein de l'Union des Journalistes Africains, avions créé
un espace pour que les représentants de ces deux organisations
puissent s'y exprimer au même titre que l'ensemble de la
presse africaine au titre d'observateurs.
Signe des temps. La prestation du président égyptien
auprès de l'auditoire réuni à l'Université
de Menoufia du Caire a été marquée par de
véritables hourras du genre "Longue vie à Moubarak,
véritable mentor de la liberté et de la démocratie
"
C'est dire que le couvercle de la marmite politique a explosé
au point où il existait, depuis longtemps, un besoin d'expression
populaire, qui, jusqu'à présent, se limitait au
"Oui" et au "Non" pour désigner qui
présiderait aux destinées du pays des Pharaons.
Le Sphinx s'est offert une nouvelle destinée. Celle forgée
par le successeur de Nasser et de Sadate
Hosni Mubarak a donc choisi d'amender l'Article 76 de la Constitution
égyptienne, qui date de Nasser, et qui conférait
au seul candidat du National Democratic Party (issu de l'armée)
d'accéder au poste de président d'Egypte.
Dans sa déclaration à l'Université de Menoufia,
Hosni Moubarak a résumé en quelques lignes les lignes
directrices de sa démarche "révolutionnaire":
"If this happens, it would be the first time in the political
history of Egypt that a chance is given to somebody who is capable
of shouldering the responsibility to protect the people's achievements
and future security to come forward for presidential elections
with parliamentary and popular support."
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 7 février 2005
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