La génération voyou !
Nous avons été
tous, quelque part, dans nos jeunes années, un peu rebelles,
un peu contestataires, cherchant à transformer le monde
à notre image, mais jamais, ô grand jamais, n'avions-nous
succombé à la tentation de nous convertir en une
génération de voyous.Ce qui s'est passé,
cette semaine à Quatre-Bornes, plus précisément
aux abords de l'établissement du Collège des Lorettes,
est tout simplement inqualifiable. Cela ne fait pas honneur aux
enseignants de la respectable institution du Collège Royal
de Curepipe, ni du collège John Kennedy, relégués
au rang d'initiateurs d'une génération de voyous
qui ne respectent plus rien. Leurs "camarades" de Lorette
quatrebornaise aspergées d'urine et le lieu du culte qu'est
l'église voisine du Rosaire souillé par des tags
obscènes.Nous avons tous honte de cette génération
voyou, supposée être la crème de la crème
de notre enseignement secondaire. Nous frissonnons à l'idée
que ceux-là qui incarnent l'élite de demain - c'est-à-dire
nos futurs cadres, médecins, avocats, informaticiens, économistes;
bref, toute cette génération qui sera appelée
à conduire la future République mauricienne - est
issue d'une école sans civisme, sans respect mutuel. À
une époque où l'on débat à volonté
sur la notion de gender, peut-on accepter que nos filles soient
agressées comme elles l'ont été ?Si ce genre
d'incidents inqualifiables a pu se produire, c'est que, quelque
part, notre société souffre d'un mal que seuls psychologues
et sociologues peuvent identifier. Parce qu'ils ont été
formés pour diagnostiquer les maux de notre temps. Nous,
pour notre part, nous ne faisons que refléter l'air du
temps. Nous ne faisons que constater la complexité de la
situation.Alors, que faire pour combattre ce genre de dérives
? Mettre un policier derrière chaque étudiant après
la proclamation des résultats du HSC ? Demander aux parents
de jouer le rôle de vigiles ce jour-là ? Demander
aux profs de se doter d'armures pour pallier aux agissements de
voyous excessifs ?Nous sommes d'avis qu'il faut repenser la morale
et le civisme au sein de nos institutions scolaires. De temps
en temps, un fond d'angoisse ressurgit au sein de notre société.
Alors, le recours à l'imaginaire reste tentant. C'est effectivement
un domaine dans lequel nous avons un travail à faire. Il
nous faut adapter la morale à toutes les acquisitions nouvelles
de l'humanité, à toutes les transformations sociales.Le
civisme ? On peut dire que cette notion devrait servir de base
à toute société en marche. Cela s'apprend
et se transmet dès l'âge tendre. Ma mère spirituelle,
Miss Thérèse, me disait toujours qu'il fallait faire
la différence entre "l'instruction" et "l'éducation".
Pour elle, sans "éducation", "l'instruction"
n'avait point de sens. Manifestement, nos jeunes du RCC ont passé
toutes ces années de collège à tout comprendre
de travers.
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 13 février 2005
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