Dans notre courrier
A propos du Vatican et des enfants
juifs
Courrier
Peut-on cacher sa séropositivité
à son conjoint?
Dans notre courrier
A propos du Vatican et des enfants
juifs
Monsieur
le Rédacteur en Chef,Dans votre édition du Week-End
du 16 Janvier, à la page 51, l'article titré "En
1946 le Vatican a demandé de ne pas rendre à leurs
familles les enfants juifs baptisés" appelle quelques
remarques. Signalons que l'article fait état d'un document
retrouvé par une historienne française qui dégage
toute responsabilité dans la publication de ce texte, le
28 décembre dernier, par le Corriere della Sera, quotidien
romain et que cette historienne veut garder l'anonymat. C'est
donc avec raison que des historiens sont intervenus dans ce même
quotidien pour dénoncer le caractère non scientifique
d'une démarche qui consiste à citer un document
inédit sans référence aux archives dont il
serait tiré, sans possibilité de vérifier
la signature et la nature du document en question. De plus, l'article
s'est attiré les foudres d'historiens juifs tels qu'Anna
Foa et Michaël Tagliacozzo qui l'ont jugé très
étrange. Le 2 Janvier, Anna Foa évoque dans les
colonnes de Corriere le thème controversé du baptême
des enfants juifs, en mettant en lumière la correction
de l'attitude de l'Église en partant de Grégoire
le Grand (élu pape le 3 septembre 590) jusqu'à Karol
Wojtyla (Jean Paul II). Le 4 Janvier, Michael Tagliacozzo écrit
dans l'Avenir: "Pie XII ravisseurs d'enfants ? Mais arrêtons
ces âneries !" Un autre historien, Andrea Tornielli,
écrit dans le quotidien le Giornale du 5 janvier que, selon
les indications du secrétaire de la congrégation
pour les affaires ecclésiastiques extraordinaires de l'époque,
Mgr Domenico Tardini, il était nécessaire de faire
des enquêtes et des constatations pour discerner au cas
par cas pour chaque demande des institutions juives de prendre
sous leur protection les orphelins juifs qui avaient été
baptisés en refusant les requêtes provenant d'institutions
qui ne seraient pas en mesure d'assurer une éducation chrétienne.
Il explique que, dans le cas d'enfants juifs qui ne seraient pas
baptisés et n'auraient plus leurs familles, et ne seraient
pas en mesure de se prendre en charge eux-mêmes, l'Église
continuerait à assurer leur protection jusqu'à ce
qu'ils soient en mesure de décider eux-mêmes. Mais
Tardini et Roncalli, alors nonce à Paris, déclarent
en revanche qu'il n'en serait pas ainsi si les enfants étaient
réclamés par leurs parents.Donc, indique l'historien,
les instructions du Vatican ne prévoyaient en aucun cas
de ne pas restituer les enfants, du moment que la demande venait
de leurs parents ou de leurs familles.Et laissons, pour finir,
la parole à un autre historien italien, le Professeur Pietro
de Marco, qui demande: À qui profite le mépris de
la méthode historique ?En somme, on veut prouver, en ces
temps où se prépare le procès de béatification
de Pie XII, qu'il était antisémite, mais pourquoi
Hitler aurait-il décidé, comme le prouvent des écrits
récents, de le faire enlever ? Antisémite, il aurait
dû trouver en Hitler un allié, et pourtant
Claude
Fanchette
Courrier
Peut-on cacher sa séropositivité
à son conjoint?
Nous avons lu dans l'article "Nane Annan à
l'écoute, de Week-End du 23 janvier", que Nicolas
Ritter dit être concerné par une éventuelle
législation obligeant un séropositif à avouer
sa séropositivité à son/sa fiancé/e
avant le mariage. Notre organisme, l'Action familiale, a pour
but le bien-être et l'épanouissement de la famille.
En tant que tel, contrairement aux craintes de M. Ritter et après
avoir vécu plusieurs situations douloureuses sur le terrain
avec des couples et des familles, nous pensons qu'une telle loi
est malheureusement nécessaire.Nous sommes outrés
devant la stigmatisation de personnes séropositives qui
subissent un traitement injuste, comme le cas rapporté
dans ce même article. Toutefois la considération
que nous avons pour tout être humain, incluant les personnes
vivant avec le VIH, doit venir aussi de ce qu'ils agissent en
responsables. Cette responsabilité citoyenne et humaine
devrait les pousser à ne pas s'engager dans une relation
avec quelqu'un sans l'avertir de leur séropositivité.
Malheureusement ce n'est pas toujours le cas. C'est à cause
de la malhonnêteté de certains que cette loi semble
nécessaire aujourd'hui, parce que ce devoir moral d'avertir
l'autre n'est pas respecté par tous dans la réalité.On
ne peut voir en cette loi une stigmatisation de la personne séro-positive?
De plus, cette inquiétude de N. Ritter publiée
dans les journaux ne renforcera-t-elle pas la pensée de
la personne séropositive qu'elle a le droit de cacher son
état à son futur conjoint? Cacher sa séropositivité
à son/sa fiancé/e peut être considéré
comme criminel - où s'arrête le droit de l'un et
où commence le droit de l'autre?Ceux vivant avec le VIH/SIDA
ont besoin de la compassion et du réconfort de tous, famille,
amis et autres, que le regard de chacun d'entre nous sur eux change.
On fait beaucoup pour lutter contre la discrimination, et on doit
continuer dans cette ligne.Mais, d'un autre côté,
faisons-nous assez pour responsabiliser ceux qui vivent avec le
VIH?Action Familiale
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c o u r r i e r
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WEEK-END --- dimanche 13 février 2005
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