c o u r r i e r WEEK-END --- dimanche 13 février 2005



Dans notre courrier
A propos du Vatican et des enfants juifs


Courrier
Peut-on cacher sa séropositivité à son conjoint?


Dans notre courrier
A propos du Vatican et des enfants juifs

Monsieur le Rédacteur en Chef,Dans votre édition du Week-End du 16 Janvier, à la page 51, l'article titré "En 1946 le Vatican a demandé de ne pas rendre à leurs familles les enfants juifs baptisés" appelle quelques remarques. Signalons que l'article fait état d'un document retrouvé par une historienne française qui dégage toute responsabilité dans la publication de ce texte, le 28 décembre dernier, par le Corriere della Sera, quotidien romain et que cette historienne veut garder l'anonymat. C'est donc avec raison que des historiens sont intervenus dans ce même quotidien pour dénoncer le caractère non scientifique d'une démarche qui consiste à citer un document inédit sans référence aux archives dont il serait tiré, sans possibilité de vérifier la signature et la nature du document en question. De plus, l'article s'est attiré les foudres d'historiens juifs tels qu'Anna Foa et Michaël Tagliacozzo qui l'ont jugé très étrange. Le 2 Janvier, Anna Foa évoque dans les colonnes de Corriere le thème controversé du baptême des enfants juifs, en mettant en lumière la correction de l'attitude de l'Église en partant de Grégoire le Grand (élu pape le 3 septembre 590) jusqu'à Karol Wojtyla (Jean Paul II). Le 4 Janvier, Michael Tagliacozzo écrit dans l'Avenir: "Pie XII ravisseurs d'enfants ? Mais arrêtons ces âneries !" Un autre historien, Andrea Tornielli, écrit dans le quotidien le Giornale du 5 janvier que, selon les indications du secrétaire de la congrégation pour les affaires ecclésiastiques extraordinaires de l'époque, Mgr Domenico Tardini, il était nécessaire de faire des enquêtes et des constatations pour discerner au cas par cas pour chaque demande des institutions juives de prendre sous leur protection les orphelins juifs qui avaient été baptisés en refusant les requêtes provenant d'institutions qui ne seraient pas en mesure d'assurer une éducation chrétienne. Il explique que, dans le cas d'enfants juifs qui ne seraient pas baptisés et n'auraient plus leurs familles, et ne seraient pas en mesure de se prendre en charge eux-mêmes, l'Église continuerait à assurer leur protection jusqu'à ce qu'ils soient en mesure de décider eux-mêmes. Mais Tardini et Roncalli, alors nonce à Paris, déclarent en revanche qu'il n'en serait pas ainsi si les enfants étaient réclamés par leurs parents.Donc, indique l'historien, les instructions du Vatican ne prévoyaient en aucun cas de ne pas restituer les enfants, du moment que la demande venait de leurs parents ou de leurs familles.Et laissons, pour finir, la parole à un autre historien italien, le Professeur Pietro de Marco, qui demande: À qui profite le mépris de la méthode historique ?En somme, on veut prouver, en ces temps où se prépare le procès de béatification de Pie XII, qu'il était antisémite, mais pourquoi Hitler aurait-il décidé, comme le prouvent des écrits récents, de le faire enlever ? Antisémite, il aurait dû trouver en Hitler un allié, et pourtant…Claude Fanchette


Courrier
Peut-on cacher sa séropositivité à son conjoint?

Nous avons lu dans l'article "Nane Annan à l'écoute, de Week-End du 23 janvier", que Nicolas Ritter dit être concerné par une éventuelle législation obligeant un séropositif à avouer sa séropositivité à son/sa fiancé/e avant le mariage. Notre organisme, l'Action familiale, a pour but le bien-être et l'épanouissement de la famille. En tant que tel, contrairement aux craintes de M. Ritter et après avoir vécu plusieurs situations douloureuses sur le terrain avec des couples et des familles, nous pensons qu'une telle loi est malheureusement nécessaire.Nous sommes outrés devant la stigmatisation de personnes séropositives qui subissent un traitement injuste, comme le cas rapporté dans ce même article. Toutefois la considération que nous avons pour tout être humain, incluant les personnes vivant avec le VIH, doit venir aussi de ce qu'ils agissent en responsables. Cette responsabilité citoyenne et humaine devrait les pousser à ne pas s'engager dans une relation avec quelqu'un sans l'avertir de leur séropositivité. Malheureusement ce n'est pas toujours le cas. C'est à cause de la malhonnêteté de certains que cette loi semble nécessaire aujourd'hui, parce que ce devoir moral d'avertir l'autre n'est pas respecté par tous dans la réalité.On ne peut voir en cette loi une stigmatisation de la personne séro-positive? De plus, cette inquiétude de N. Ritter publiée dans les journaux ne renforcera-t-elle pas la pensée de la personne séropositive qu'elle a le droit de cacher son état à son futur conjoint? Cacher sa séropositivité à son/sa fiancé/e peut être considéré comme criminel - où s'arrête le droit de l'un et où commence le droit de l'autre?Ceux vivant avec le VIH/SIDA ont besoin de la compassion et du réconfort de tous, famille, amis et autres, que le regard de chacun d'entre nous sur eux change. On fait beaucoup pour lutter contre la discrimination, et on doit continuer dans cette ligne.Mais, d'un autre côté, faisons-nous assez pour responsabiliser ceux qui vivent avec le VIH?Action Familiale



c o u r r i e r WEEK-END --- dimanche 13 février 2005