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WEEK-END --- dimanche 13 février 2005
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Vendredi, entre 9h20 et 9h40
MCB: Le hold-up du siècle
!
Matinée
du vendredi Du "tou
korek" de 7h30 à l'agression de 9h30
À
Week-End, hier après-midi - Marie Bénédicte,
fille de Gérald Lagesse: "Que ceux qui ont fait cela à mon père
soient punis"
Vendredi,
entre 9h20 et 9h40 MCB:
Le hold-up du siècle !
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Gérald Lagesse, 49 ans, retrouvé bâillonné
de la tête aux pieds et inanimé dans une mare de
sang |
Un peu plus de vingt-quatre
heures après l'audacieuse Main Vault Operation au QG de
la Mauritius Commercial Bank (MCB), est tombée la confirmation
qu'une importante somme d'argent avait été emportée
par les malfaiteurs "from the Heart of Security at the MCB".
Ainsi, dans la journée d'hier, les responsables du Central
CID ont soutenu que lors de l'agression mortelle perpétrée
contre le Supervisor par intérim de la salle des coffres-forts,
Gérald Lagesse, 49 ans, une somme de l'ordre de Rs 51 millions
avait été emportée par les auteurs de ce
qui est considéré aujourd'hui comme étant
le hold-up du siècle. Non seulement en raison du montant
volé mais également en raison de la manière
dont cette opération a été méticuleusement
planifiée et mise à exécution, soit véritablement
comme du papier à musique et en l'espace de moins d'une
vingtaine de minutes, entre 9h20 et 9h40, vendredi.L'enquête
policière placée sous la responsabilité directe
du Deputy Commissioner of Police, responsable du Central CID et
de ses deux principaux lieutenants, les ACP Gian Unmar et Pritamsing
Juwahir, devrait passer à la vitesse supérieure
ce week-end avec l'éventualité d'une importante
opération policière en vue de retracer le cerveau
présumé, dont l'identité serait connue, de
même que pour faire la lumière sur l'épais
mystère autour d'un véhicule utilitaire de couleur
blanche que la police soupçonne avoir été
utilisé par des complices internes et étrangers
au personnel de la MCB. Entre-temps, un troisième préposé
de la MCB, un dénommé Sailendra Teddy, qui était
absent au travail, vendredi, est venu rejoindre en détention
policière pour interrogatoire ses deux autres collègues,
Ashad Boodhoo et Soopramanaien Soobarayen. Ils sont en garde à
vue aux postes de police de Pope Hennessy, de La Tour Koeing et
à l'Alcatraz Detention Centre pour le week-end.L'une des
raisons derrière la décision de la police en vue
de maintenir en détention ces trois employés de
la MCB affectés au Main Vault est qu'elle croit que ces
derniers peuvent aider à élucider le mystère
du meurtre de Gérald Lagesse et de la disparition d'une
aussi importante somme d'argent en si peu de temps. Les Rs 51
millions volées consistaient principalement en des coupures
de Rs 2 000 et de Rs 1 000, qui se trouvaient en nombre anormalement
élevé en cette période. Pour transporter
ces billets de banque, il suffit simplement d'au moins trois sacs
de sports que la MBC offre en cadeau aux membres de son personnel.Jusqu'ici,
les séances d'interrogatoires menées principalement
par les limiers du Detective Inspector Ragbar du CID de Port-Louis
Sud en collaboration avec des éléments de la Major
Crime Investigation Team (MCIT) n'ont pas donné d'éléments
probants sauf que les contradictions relevées dans les
différentes versions des événements à
la MCB dans la matinée du vendredi 11 février demeurent
"a cause of concern". Tout semble indiquer que très
tôt demain matin, des consultations seront engagées
avec le State Law Office sur la démarche à suivre
avec les comparutions devant le tribunal de Port-Louis.Sailendra
Teddy, un habitant du Sud, se trouve être parmi les quelques
rares employés à être équipés
de la carte magnétique donnant accès au Main Vault,
de même que le code nécessaire. Mais depuis la veille
du hold-up de vendredi, il avait fait comprendre à ses
collègues qu'il était souffrant. Effectivement,
il ne s'était pas rendu au travail le jour du drame. Il
n'a été amené aux casernes centrales que
dans la journée d'hier vu que l'équipe désignée
pour procéder à son interpellation dans la soirée
de vendredi à Mahébourg n'a pas voulu prendre de
risques inutiles.À côté du domicile de cet
employé de la MCB se déroulait une veille de mariage
et la police avait décidé de ne pas gâcher
le plaisir du voisinage avec une intervention intempestive. Tout
au long de la première partie de son interrogatoire dans
la journée d'hier, Sailendra Teddy a clamé son innocence
dans toute cette affaire et a soutenu qu'il n'avait rien à
faire dans ce coup monté pour dérober la MCB de
ces Rs 51 millions. Il a maintenu qu'il souffrait d'atroces maux
de tête pour justifier son absence au bureau. Les deux autres
employés de la MCB en cellule policière depuis vendredi
n'ont pas été entendus dans la journée d'hier
vu que les enquêteurs ont préféré se
concentrer sur d'autres aspects de cette délicate enquête.Reconstituer
le puzzleAinsi, outre la confirmation officielle du montant de
la somme emportée, la police a consigné des dépositions
d'une trentaine d'employés de la MCB susceptibles de fournir
des indices pour faire avancer l'enquête policière.
Cet exercice s'est déroulé pendant presque toute
la journée dans les locaux de la MCB investis par des limiers
du CID. D'autres escouades s'étaient vu confier d'autres
responsabilités sur le terrain. "Nous avons des équipes
sur le terrain. Nous croyons pouvoir détenir des éléments
nous menant vers une bonne piste dans ce que nous croyons être
une opération soigneusement élaborée et exécutée
avec de la complicité interne. Un véritable coup
monté. Le tout n'est qu'une question de temps pour les
enquêteurs de reconstituer le puzzle to get a conviction",
faisait-on ressortir à Week-End dans la journée
d'hier dans les milieux bien informés aux Police Headquarters.Quels
sont les principaux éléments de ce puzzle ? À
cette question, les responsables de l'enquête préfèrent
garder leurs cartes close to their chest. Mais devant le déroulement
de l'enquête policière, des détails peuvent
être vérifiés. Gérald Lagesse, un homme
de forte corpulence, a été attaqué dans le
Main Vault de la MCB par plus d'un suspect. Pour pouvoir avoir
accès à ce qui est considéré comme
l'endroit le plus sûr et le plus strictement contrôlé
dans une banque, les suspects ne faisant pas partie du personnel
ont dû bénéficier de solides complicités
et d'appuis internes pour déjouer les moyens de contrôle.
Le tout était accompagné d'une véritable
mise en scène pour ne pas éveiller les soupçons
des autres employés.La piste la plus sérieuse que
la police privilégie depuis un peu plus de vingt-quatre
heures est que ce braquage du siècle a été
exécuté par un cerveau accompagné de deux
suspects avec des préposés complices au sein de
la MCB. Dans cette perspective, travaillant sur la base d'informations
fournies par des sources indépendantes mais qualifiées
de sûres, les limiers tentent de retrouver les traces de
ce cerveau, qui avait indiqué à son entourage qu'un
hold-up allait être perpétré dans une banque
commerciale en fin de semaine. Des appels téléphoniques
à ce sujet pour mettre en garde contre un éventuel
hold-up à Curepipe ont été analysés
en profondeur.Les grandes lignes de la chasse à l'homme
avaient déjà été esquissées
depuis hier après-midi. Pour déjouer toute tentative
de fuites d'informations, deux programmes de travail avaient été
établis - le premier en début de soirée d'hier
et le second à partir de très tôt ce matin.
À partir de là, aucune autre information n'a transpiré
sauf que des directives précises ont été
données aux hommes de report à des endroits spécifiques
et à des heures précises.La police se montre extrêmement
frileuse dès qu'on aborde le volet relatif à la
présence d'un véhicule utilitaire de couleur blanche
dans cette affaire. La question qui se pose est de savoir si ce
véhicule a été utilisé par les suspects
avant leur forfait ou après ou encore lors des deux étapes.
Un premier exercice de sighting dans un coin retiré de
l'île avait été organisé, hier, en
vue de confirmer la présence de ce véhicule. Mais
les tentatives en vue d'obtenir confirmation auprès de
la police se sont révélées vaines.En cas
de succès de ces opérations, soit l'interpellation
du cerveau ou encore la réponse à l'énigme
du véhicule tout-terrain, l'enquête policière
amorcera une nouvelle tournure, acculant les différents
maillons du réseau dans leurs derniers retranchements avec
probablement des aveux.Du côté de la Banque de Maurice,
l'on suit avec une certaine appréhension les derniers développements
dans l'affaire MCB version février 2005. Initialement,
la Banque Centrale avait été informée dès
vendredi matin du meurtre d'un Supervisor de la banque dans le
Main Vault. Mais dans la mesure où selon la version de
la direction de la MCB, la police avait pris contrôle de
la scene of crime, les responsables de la Banque de Maurice avaient
préféré laisser la police faire son travail.En
début de semaine, le gouverneur de la Banque de Maurice,
Ramesh Basant Roi, s'attend à recevoir un rapport complet
sur cette affaire de la MCB de même que les circonstances
dans lesquelles les Rs 51 millions ont été emportées,
avant de décider de la marche à suivre. Une des
conditions pour l'octroi des permis de la Banque Centrale, même
pour la plus petite succursale, met l'accent sur le fait que la
"security must be foolproof".
Le Vault:
l'un des lieux les plus sécurisés de la banque
Situé au rez-de-chaussée
du Head Office de la MCB à Port-Louis, le Main Vault est
considéré comme l'un des lieux les plus sécurisés
de la banque. C'est en ces lieux que sont stockées les
liquidités de la banque de même que celles provenant
des différentes succursales du pays. C'est aussi de ce
Main Vault que sont convoyées les sommes destinées
à être utilisées par les succursales et également
pour alimenter les ATM à travers l'île. Le transport
de et vers le Vault se fait par des convois spéciaux avec
à bord des gardes armés. Les transports ont accès
à la porte conduisant au coffre à travers l'entrée
menant au parking souterrain de la banque, qui est strictement
contrôlée et limitée par des membres de la
sécurité. La salle du coffre est accessible à
travers un ascenseur programmé de l'extérieur. Là
encore, sous supervision.Ceux travaillant au niveau du Main Vault
ont pour tâche de contrôler les différentes
entrées et sorties d'argent. Une dizaine d'employés
y sont affectés, ces derniers étant parmi les seuls
autorisés à entrer dans les lieux. La porte est
dotée d'un système de sécurité dont
l'ouverture, de l'extérieur, nécessite une carte
magnétique et un code. Elle peut aussi être ouverte
normalement de l'intérieur. Cependant, l'ouverture de la
porte, pour des mesures de sécurité, est automatiquement
signalée par un système d'alerte.Ce Vault se trouve
dans une very restricted zone, loin des yeux du monde en raison
de son caractère spécifique et délicat. Les
possibilités que les limiers de la police puissent bénéficier
du soutien logistique avec les enregistrements par circuit fermé
sont quasi nulles dans la circonstance. Des mesures correctives
pourraient être envisagées à l'avenir à
ce chapitre.
Sécurité:
Les employés de la MCB inquiets
Choqués par l'agression mortelle
dont a été victime leur collègue Gérald
Lagesse dans le Main Vault de la MCB, plusieurs employés
de la banque s'interrogent désormais sur la sécurité
dont ils bénéficient. "Si une telle chose a
pu se produire dans le coffre, n'importe quoi peut se passer ailleurs",
dit l'un d'eux. Ce dernier faisant référence au
fait que le coffre est l'un des lieux les mieux protégés
de la banque.L'évocation d'une éventuelle complicité
interne dans le meurtre amène certains à se questionner
sur les mesures existantes pour la sécurité interne
des employés. Si le présent système rassure
quelques-uns, d'autres déplorent quelques relâchements
occasionnels comme pour le cas de l'utilisation de téléphones
portables par certains hauts cadres ou clients importants de la
banque.En tout cas, avec les événements du deuxième
vendredi de février, la direction de la MCB sera appelée
à se pencher sur un exercice d'overhauling of its security
requirements.
Murder
On 11.02.2005 at 09.47
hours following a request Police proceeded to the MCB Head Office,
situated at Sir William Newton Street, Port Louis and found the
Customer Service Supervisor Mr Gerard Marie Lagesse, 49 years,
residing at Pope Henessy Street, Curepipe lying senseless on the
floor inside the main vault, having his feet and hands tied with
cellotapes, his mouth gagged with a piece of cloth and his shirt
bearing traces of blood. Also a dagger bearing traces of blood
was found on a shelf near the body. Local CID, MCIT, SOCO, FSO,
Draftsman, Photographer and Dr Gujjalu, SPMO attended. Death was
due to asphyxia by gagging. Body handed over to relatives for
cremation. Exhibits secured. Investigation is in progress.
Matinée
du vendredi Du "tou
korek" de 7h30 à l'agression de 9h30
Le personnel de la MCB
est encore sous l'effet du choc. Il arrive difficilement à
se relever de ce nouveau traumatisme avec l'agression mortelle
d'un Customer Service Supervisor, Gérald Lagesse. Il tente
de conjurer le sort pour pouvoir être à la hauteur
de la situation à partir de demain même. Rien ne
pourrait être comme avant ce nouveau deuxième vendredi
de février quasiment maudit pour la MCB. Sur la base des
témoignages recueillis et des recoupements d'informations,
Week-End a essayé de reconstituer les grandes étapes
de cette matinée du vendredi 11 février 2005 à
la MCB avec pour grave bilan la mort brutale d'un employé
de plus d'une trentaine d'années de service et la disparition
de quelque Rs 51 millions du Main Vault en un clin d'il.Le
matin de ce vendredi 11 février, le Supervisor de la MCB,
Gérald Lagesse, sait qu'il aura à remplacer sa collègue
à la Main Vault avec sous sa responsabilité une
dizaine d'employés aguerris aux différentes opérations
pour alimenter les succursales et les ATM en liquidités.
En effet, la responsable, profitant de la Fête du Printemps,
a pris quelques jours de congé pour aller célébrer
un événement familial majeur à Rodrigues.Pour
les deux premiers jours de son absence, soit lundi et mardi derniers,
elle est remplacée par un autre collègue, Alain
Bridgemohane. Puis, à partir de jeudi, Gérald Lagesse,
qui a déjà travaillé à Curepipe, Flic
en Flac et dans d'autres succursales, est appelé à
assurer le remplacement. Rien de spécial à signaler.La
journée de vendredi démarre de manière singulière.
En effet, avant 8h, l'attention des services de sécurité
est attirée par l'alarme qui s'est déclenchée
dans la section de la Main Vault. Mais, très vite, l'assurance
est donnée. Le préposé de service, Ashad
Boodhoo, fait comprendre qu'il n'y a rien de grave à signaler.
"Tou korek !" aurait-il fait comprendre.Gérald
Lagesse est à son poste vers 8h et despatch le travail
de ce centre névralgique comme d'habitude. Vers 9h, il
est allé rejoindre ses collègues du Customer Care
Service où il est normalement affecté. L'objectif
de la visite est de partager une tasse de thé entre collègues
au quatrième étage du MCB Centre alors que le Main
Vault se trouve au rez-de-chaussée.Vers 9h10, Gérald
Lagesse est informé par un dénommé Venkatasamy
qu'un des ATM de Port-Louis doit être alimenté en
liquidités. Le préposé Venkatasamy assure
la coordination entre les responsables de succursales et celui
de la Main Vault. Au téléphone, Gérald Lagesse
fait comprendre qu'il faudra patienter une dizaine de minutes.
"Donnez-moi dix minutes, je descends !", dira-t-il.
Jean-Aimé Venkatasamy consulte sa montre et constate qu'il
est 9h10. Il demande à Laurent de passer vers 9h20 pour
sa livraison de liquidités.9h20: la livraison est effectivement
effectuée par Gérald Lagesse, qui avait regagné
sa place dans le Vault. Il s'installe à son bureau pour
vaquer à ses tâches professionnelles. Presque au
même moment, la sonnerie se fait entendre à la principale
porte d'accès du Vault. Le scénario, que les limiers
de la police tenteront de confirmer au fil de l'enquête,
est que celui ou ceux qui attendaient à l'extérieur
lui étaient familiers.Gérald Lagesse leur ouvre
la porte d'accès en utilisant sa carte et pénètre
de nouveau dans le Vault. Ce serait probablement, à ce
moment précis, que les suspects étrangers, portant
des pseudo-uniformes des préposés de la MCB, auraient
eu accès à cette very restricted zone. Dans la séquence,
le morceau de tuyau coupé sur mesure pour bloquer la porte
du Control Room aurait été installé selon
le scénario établi mais encore sujet à confirmation.Pour
essayer de comprendre les différentes étapes de
l'agression mortelle à l'intérieur du Main Vault,
les explications du médecin légiste, le Dr Amarcharya
Gujjalu, revêtent toute leur importance. Ainsi, le premier
coup de sac contenant des pièces de monnaie fut porté
à la nuque de Gérald Lagesse alors qu'il était
assis à son bureau. Il se serait alors mis debout en vue
de se défendre, mais il devait tomber sur plus fort que
lui et surtout plus nombreux.Le Supervisor de la MCB devait essuyer
plusieurs coups de sacs au visage, notamment sur le côté
droit, au point de le défigurer. Son visage aurait été
cogné sur le plancher alors que ses agresseurs se mettaient
à ligoter ses mains dans son dos avec des cellotapes, de
même que ses pieds. Des morceaux de papiers se trouvant
dans la poubelle furent introduits dans sa bouche.Il est 9h34
quand deux techniciens en informatique d'une importante firme
de la capitale devaient sonner à la principale porte d'accès.
Faute de réponse du Main Vault, le message fut transmis
au Control Room. C'est à ce moment que les préposés
du Control Room se sont rendus compte qu'ils y étaient
bloqués. En jouant avec la porte, ils allaient pouvoir
se débarrasser du morceau de tuyau placé délibérément.Entre-temps,
le drame était déjà joué et le hold-up
du siècle était devenu une réalité.
"Gérald Lagesse was lying senseless on the floor inside
the main vault", dit le communiqué officiel de la
police. L'alerte est donnée et la police informée
de la situation à 9h47. La scene of crime est cordoned
off pour les besoins du démarrage de l'enquête jusqu'à
12h15. Les démarches post-autopsie et pour le transfert
de la dépouille de la morgue au domicile du défunt
à Curepipe furent effectuées par Roselyne Lebrasse-Rivet
du département juridique de la MCB.
À
Week-End, hier après-midi - Marie Bénédicte,
fille de Gérald Lagesse: "Que ceux qui ont fait cela à mon père
soient punis" Plus de 24 heures après le meurtre de Gérald
Lagesse dans la salle des coffres-forts de la Mauritius Commercial
Bank, les proches de la victime ne trouvent toujours pas de réponses
à leurs questions. "C'est épouvantable ! Je
ne comprends pas comment on a pu faire une telle atrocité",
déclare son épouse, Marie Frédérique,
que Week-End a rencontrée, hier après-midi, en présence
de sa fille, Marie Bénédicte, 22 ans, et de sa mère,
Annie Lagesse, dans leur appartement à Curepipe.Les circonstances
de ce drame restent pour elles une énigme que, disent-elles,
seule la police pourra élucider. "Que ceux qui ont
fait cela à mon père soient punis", lâche
la jeune fille, qui n'a pas caché son désir de justice,
ni sa volonté d'aller se recueillir sur le lieu où
son père a été mortellement agressé
vendredi matin: "J'exigerai qu'on me montre exactement où
mon père est mort. Pour me recueillir, pour comprendre
"La
simplicité et le courage de ces trois femmes sont étonnants.
Malgré la journée et la nuit éprouvantes
qu'elles ont traversées vendredi et les moments de douleur
vécus hier matin lors des funérailles de Gérald
Lagesse, elles restent dignes et veulent voir triompher la vérité.
Elles veulent dire à tout le monde que cet homme de 49
ans, "généreux, discret" et "toujours
motivé pour se rendre à son travail", ne méritait
pas un tel sort. "En fait, c'est ce matin que j'ai vraiment
compris que je ne reverrai plus Gérald. Quand il est parti
vendredi matin, je n'aurais jamais cru ou pensé que je
ne le reverrais plus vivant. Comme il garde toujours ses vieilles
habitudes, il a quitté la maison à 6h40 pour se
rendre à pied au centre ville où il prend le bus
de la compagnie. Je savais qu'il remplaçait une collègue
parce que trois jours auparavant, il me l'avait dit: "Je
ne peux pas dire non, c'est sa fête". C'est épouvantable
ce qui lui est arrivé. Quand on a récupéré
le corps, il était méconnaissable, complètement
défiguré", confie-t-elle.L'épouse de
Gérald Lagesse reconte comment elle a appris la nouvelle.
Il était 11h30, vendredi matin, lorsque deux employés
de la MCB de Port-Louis ont frappé à sa porte. "Quand
je les ai vus et par la façon dont ils m'ont parlé,
j'ai tout de suite compris qu'il s'était passé quelque
chose. Mais le fait d'apprendre que mon mari a été
tué dans la salle des coffres-forts m'a assommé",
dit-elle.La mère de la victime ajoute: "J'ai failli
apprendre la nouvelle dans la rue. C'est vers 12h30 que mes deux
belles-surs sont venues m'informer de la nouvelle. C'était
plus qu'un choc. Je vois mon fils presque tous les jours. La semaine
dernière, il avait passé la journée à
peindre notre appartement. Il était en pleine forme, toujours
prêt à aider; toujours occupé par ses passions,
le bricolage surtout."Au moment des témoignages, la
fille de Gérald Lagesse avait préféré
garder son calme. Mais elle a tenu à exprimer ses ressentiments
à l'égard des responsables de ce "crime odieux".
Enchaînant sur un témoignage de sa mère sur
la façon dont il aurait été agressé,
elle devait lâcher avec fermeté: "Que ceux qui
ont fait cela à mon père soient punis. Si on attrape
ces gens, ils doivent être punis !". Plus tard, elle
confiera qu'elle comptait reprendre contact avec la direction
de la MCB pour exiger qu'elle soit autorisée à aller
se recueillir sur le lieu où le corps de son père
a été retrouvé.Gérald Lagesse, discrétion
et droitureFille unique, elle a, pendant des années, partagé
les passions de son père. Aujourd'hui, elle est révoltée
par ce mauvais sort qui a frappé sa famille. Annie Lagesse
va même plus loin: "Est-ce un mauvais sort qui continue
sur les Lagesse ?", se demande-t-elle, en faisant allusion
à Vanessa Lagesse, retrouvée morte dans sa baignoire
en mars 2001, et de René Lagesse, victime d'un accident
d'avion dans les années 80. "C'est le cousin germain
d'Alphonse, mon époux", précise-t-elle, "et
aujourd'hui, c'est mon fils !"Gérald Lagesse aurait
fêté son 50e anniversaire en octobre de cette année.
Cet homme "robuste", connu pour sa passion pour la pêche
et le bricolage, était apprécié par tout
son entourage. Les vigiles à l'entrée du bloc d'appartements
de Les Camphriers, les voisins et ceux qui l'ont côtoyé
pendant ses trente ans de carrière à la MCB mettent
en avant sa "discrétion" et sa "droiture
dans la vie comme au travail". Altruiste, il l'était
également. "Nous avons de nouveaux mariés comme
voisins depuis peu. Il leur avait proposé de faire leurs
travaux d'électricité", raconte son épouse,
alors qu'un vigile abonde dans le même sens: "C'était
un grand débrouillard toujours prêt à aider
et à travailler. Il garde toujours son calme. Enn bon bougre.
Kan enn bon bougre, bizin dir li bon !"Gérald Lagesse
était également connu dans la région pour
ses vieilles habitudes lorsqu'il partait et rentrait du travail.
C'était comme un rituel pour lui, témoignent ses
proches et amis, de rentrer chez lui à pied après
un arrêt devant le magasin Manjoo pour acheter quelques
dholl puri.
Hier matin à Sainte Thérèse: Adieux
émouvants à Gérald LagesseC'est en l'église
de Sainte Thérèse, que parents amis et collègues
ont tenu à faire un dernier adieu à Gérald
Lagesse, à l'occasion de ses funérailles. La cérémonie,
célébrée par le père Jauffret, a été
marquée par des instants de forte émotion, surtout
au moment du témoignage de Roland Pierrus, qui a rendu
un vibrant hommage au nom de l'Association des employés
de la MCB. Il a souligné les qualités de cet "ami
sain et discret", qui a toujours été apprécié
pour son "sens de la famille, son esprit d'équipe"
et sa disponibilité "pour prodiguer des conseils éclairés
dans le domaine de la pêche et du bricolage".Le sermon
du père Jauffret a par ailleurs marqué l'assistance.
Il a évoqué la "souffrance" dans laquelle
est décédé Gérald Lagesse et dit son
incompréhension de tant de violence.
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a c t u a l i t é s
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WEEK-END --- dimanche 13 février 2005
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