s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 6 février 2005



Nouvel An chinois


Entre festivités et recueillement



La fête du Printemps célébrée au IGCIC



L'occasion pour tous de goûter à la culture chinoise.


Pour sauver la Vallée de Ferney


Nature Watch lance une pétition internationale


Reportage


Khao Lak, paradis touristique rayé de la carte


Relations industrielles à MT


La TESA parle de "frustration" et de "découragement" à Cellplus


Auto-écoles


Attention aux escrocs


À Cité Briquetterie


Des mamans se regroupent pour éviter la rue à 30 enfants


Suspendus après avoir refusé de se rendre à Agaléga


Les deux enseignants ont réintégré leur poste mercredi dernier


Enfants en situation de pauvreté dans le Sud


Quand l'école ne rime pas avec réalité !


Éducation obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans


Enfants absents depuis la rentrée: les statistiques prêtes à la mi-février


Marche antidrogue à la Résidence Kennedy


Peu de participants par crainte de représailles, affirment les forces vives


HSC


Les résultats attendus en début de semaine


Sodnac SSS


Exemple de démocratisation dans le système éducatif



L'Eglise anglicane lance un centre de formation diocésain


Coopération bilatérale


Environnement : signature d'un accord-cadre avec l'Inde


Fonction publique


Le POWC présente ses activités pour 2005


40 ans de la MBC-TV


Marie-Josée Baudot :"On va revenir vers cette télévision d'antan"


40 ans de la MBC


Festival du cinéma jusqu'au 19 mars


170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage


Le passé remémoré


Signature d'une convention entre la Municipalité de Vacoas/Phoenix et la Pune Municipal Corporation (India)


Vacoas/Phoenix ville jumelle de Pune (Inde)


Culture


Le Dr Ramsamy Appadoo: Premier Mauricien à avoir obtenu, en 2000, un doctorat en langue télégoue


Nouvel An chinois


Entre festivités et recueillement

Le Nouvel An chinois est empreint de faste et de tradition. Pétards, gâteaux lacire, repas festifs, distribution de foung pow, défilé du lion… rassemblent la communauté sino-mauricienne à l'occasion d'une fête capitale, aujourd'hui célébrée au niveau national. Malgré quelques nouvelles tendances qui sont venues s'ajouter aux traditionnelles activités, la fête du Printemps préserve quelques rites fortement symboliques.

Le premier jour de l'an chinois est, avant tout, un moment de recueillement et de prière. Certains sino-mauriciens vont à la messe, d'autres à la pagode, mais beaucoup de familles font tout simplement une prière à la maison. Pour cela, une table est aménagée pour les offrandes. Des bâtons d'encens sont allumés, du vin, du poulet, et des fruits sont donnés en offrande aux ancêtres. À tour de rôle, chaque membre de la famille se recueille auprès de la table et demande aux dieux une année positive, avec de la réussite à tous les niveaux.

La distribution de foung pow, autre moment important de la fête, est hautement symbolique. Si à l'intérieur de cette enveloppe, il y a de l'argent, l'idée n'est pas seulement d'en offrir ou d'en recevoir. La couleur de l'enveloppe est un rouge vif (foung signifie rouge) qui symbolise le bonheur. L'argent offert dans le foung pow apporte, ainsi, la prospérité. L'enfant qui le reçoit aura une bonne santé et réussira dans ses études. Même le contenu devra être rouge. Par exemple, la couleur des billets de Rs 100 est le plus proche du rouge. Alors, si on veut offrir à quelqu'un Rs 1000, il faudrait lui donner 10 billets de Rs 100, au lieu d'un billet de Rs 1000. Et le bonheur sera au rendez-vous.

Qui dit Nouvel An chinois dit aussi nourriture spéciale. Au minimum, dix plats différents seront présents sur les tables, avec les inévitables ailerons de requins. Si ce jour fastueux donne lieu à une table bien garnie, il faut savoir que chaque nourriture a une signification spécifique. Chaque légume possède une propriété et donne un attribut à celui et celle qui le mange. Un certain type de nouille apporte de l'argent, certains légumes, notamment les échalotes, procurent l'intelligence et ainsi de suite. Le premier jour qui marque la nouvelle année est exclusivement végétarien.

Les repas se passent généralement en famille. Peu importe le nombre de personnes qui constituent les membres de la famille, tous se rencontrent et mangent à la même table. "Malheureusement, de plus en plus de jeunes brisent cette tradition. Soit ils partent en voyage, soit ils vont dans des hôtels", déplore M. Tang, président de la Fédération des sociétés chinoises. Bien qu'il accepte que le modernisme ait quelque peu pris place sur la tradition, Yun Shing Tang pense qu'être réuni, surtout pour un tel jour, est une culture qui ne doit pas se perdre. Selon lui, la réunion de la famille apporte bonheur et la séparation, le malheur. À 75 ans, il a toujours gardé ses coutumes venues de chine, bien qu'il soit à Maurice depuis l'âge de neuf ans.

La veille du nouvel an, il faut dormir le plus tard possible pour assurer la longévité des parents. Les lumières doivent également rester allumées jusqu'au lendemain matin, ce qui devrait, d'une part, apporter une longue vie et d'autre part, assurer la prospérité. Le nettoyage de la maison est aussi un aspect important de la fête du Printemps. Bien que ce ne soit pas obligatoire, la semaine précédant le Nouvel An est réservée principalement au nettoyage de la maison, qui est effectué de fond en comble. Chaque coin et recoin est dépoussiéré, les rideaux sont enlevés et lavés. Tout ce qui est sale doit être nettoyé pour laisser la place à la propreté, dans le but d'accueillir le bonheur.

M. Tang avoue que certaines de ces coutumes ne demandent qu'à être suivies tout simplement: "On y croit ou pas, on le fait quand même, car si les choses se passent mal, on regrette alors de ne pas les avoir faites", explique-t-il. Le port de vêtements neufs est de mise, car pour accueillir la nouvelle année, il faut de nouveaux habits. Sonner des pétards est incontournable, il faut se lever à l'heure pour le faire. Cette année, c'est entre minuit et quatre heures que le moment est le plus propice. Passé ce délai, il faudra attendre entre sept et dix heures. Faire résonner des pétards représente pour chaque Mauricien un moment de joie et de fête. Cette coutume a pourtant un tout autre sens. L'histoire remonte à plus de 4 000 ans. Selon la légende, il y avait un animal très méchant, appelé nian, qui effrayait les gens autour de lui. S'il ne sortait pas souvent, il attendait surtout le nouvel an, quand il était sûr d'avoir beaucoup de nourriture. Et puis, arriva un jour où les gens décidèrent de prendre les choses en main et réalisèrent que le bruit des pétards, de même que la couleur rouge, effrayait les animaux. Depuis ce jour, on fait sonner les pétards pour effrayer les mauvais esprits et toutes les mauvaises choses qu'a constitués l'année précédente, invitant ainsi le bonheur. Quelques petites superstitions entourent cet événement. Il ne faut surtout pas nettoyer la maison, encore moins balayer les restes de pétards, car toucher un balai porte malheur.



Changer de décor pour le Nouvel An

Le Nouvel An chinois est le moment idéal pour tous nos compatriotes sino-mauriciens de prendre un temps de repos. La plupart des commerces ferment leurs portes pour quelques jours, le temps de se retrouver en famille et commencer cette nouvelle année en se changeant les idées et surtout en changeant de décor.

Si la tradition chinoise veut que cette fête soit célébrée en famille, la tendance ces dernières années démontre que beaucoup de familles sino-mauriciennes préfèrent passer la fête du Printemps ailleurs que chez eux. Dans cette optique, ils sont nombreux, en effet, à opter pour des séjours dans des bungalows ou des hôtels du littoral. D'autres préfèrent s'envoler pour l'étranger.

Ainsi, à l'occasion de la fête du Printemps, différents hôtels affichent des promotions intéressantes. Beaucoup proposent des séjours sur mesure, dépendant du nombre de personnes par famille par exemple. Si le littoral Nord est beaucoup plus coté par les sino-mauriciens, on note également que les hôtels de l'Est et de l'Ouest affichent complet en cette période. Pereybère, Grand-Baie, Trou-aux-Biches, Flic-en-Flac, Rivière-Noire sont les endroits les plus fréquentés par nos compatriotes chinois. De plus, pour la fête du Printemps, plusieurs hôtels prévoient des soirées spéciales égayées par des danses et chants relatifs à la fête lunaire, avec bien entendu un buffet chinois. Les villas sont également très prisées. Les sino-mauriciens s'y retrouvent en famille et également entre amis.

Repos et détente pour accueillir cette nouvelle année, c'est aussi se retrouver ailleurs qu'à Maurice pour de nombreux sino-mauriciens. Une nouvelle tendance adoptée ces dernières années et qui fait le bonheur de nombreuses agences de voyage. En effet, à l'occasion du Nouvel An chinois, certaines agences de voyage proposent des forfaits sur mesure concernant diverses destinations autour du monde. Les pays comme Dubayy, l'Afrique du sud et Singapour sont les plus cotés. On remarque que l'Europe ne figure pas beaucoup dans les packages proposés car la saison hivernale n'est pas le fort des Mauriciens. L'une des destinations favorites à l'occasion de la fête du Printemps est Rodrigues. Toutefois, si beaucoup voyagent à l'occasion de cette fête d'importance capitale pour la communauté chinoise, les sino-mauriciens attendent de sonner les pétards chez eux à minuit avant de prendre l'avion ou le volant pour une quelconque destination.



La fête du Printemps célébrée au IGCIC

Pour accueillir dignement l'année du Coq le 9 février, plusieurs activités ont été mises sur pied par les différentes associations chinoises et le ministère des Arts et de la Culture. Les festivités, célébrées sur un plan national, débuteront le jour du Nouvel An chinois et seront marqués par plusieurs temps forts.

Les activités commenceront dès demain avec un banquet, auquel sont conviés le Président de la République, le Premier ministre et son cabinet, de même que le leader de l'opposition. Le 9 février, jour du Nouvel An, un spectacle culturel est prévu à 20 heures, au Indira Gandhi Centre for Indian Culture (IGCIC). Placé sous l'égide du ministère des Arts et de la Culture et du comité organisateur, ce spectacle verra la participation de deux jeunes chanteurs de renom, M. Zhou Ayong et Melle Du Liping. Ces artistes, venus de Chine et récompensés plusieurs fois déjà pour leurs prestations, ont été invités par la Fédération des Sociétés Chinoises et le ministère des Arts et de la Culture. Le public pourra également apprécier le talent des élèves du Centre culturel chinois de Bell Village. Toutefois, les activités du 9 février débuteront avec une messe, à 10h, à la Kwan Tee Pagoda, organisée par la Kwan Tee Pagoda Society. De même, des cérémonies de culte des ancêtres auront lieu, à 11h30, au Chung Shan Hall, à Port-Louis. La célébration de la Fête du Printemps s'étalera sur plusieurs jours. Le jeudi 10 février, un spectacle culturel est prévu au sein du town hall de la municipalité de Curepipe, à partir de 18h. Ce spectacle est organisé par la municipalité de Curepipe en collaboration avec le ministère des Arts et de la Culture de même que la China Town Cultural Association. M. Zhou Ayong et Melle Du Liping s'y produiront également. Le samedi 12 février, à partir de 15h30, Chinatown sera le théâtre d'autres activités, dont la traditionnelle danse du dragon et du lion, suivie d'un autre spectacle. Toujours dans le cadre des célébrations de la fête du Printemps, la fête des Lanternes sera célébrée le samedi 26 février au Indira Gandhi Centre for Indian Culture. De même, du 11 au 14 février, une quarantaine d'artistes mauriciens du Ming Tek Centre se produiront à l'île de la Réunion. Ces artistes, invités par l'ACCR, une association chinoise de l'île sœur, ainsi que la mairie de St Pierre, proposeront des spectacles de danses et de chants, sous la chorégraphie de Mme Annie Wong. Cette troupe d'artistes se produira également à Maurice le 19 février, à la Municipalité de Quatre-Bornes. Avant ce spectacle, le Golden Lion Circle défilera à partir de La Louise pour se rendre dans la cour de la municipalité de Quatre Bornes. À noter que sous l'égide de la mission catholique chinoise, des messes spéciales seront dites le jour de l'an à 8h et 10h à la Cathédrale St Louis et à l'église St Patrick respectivement.



L'occasion pour tous de goûter à la culture chinoise.

Traditionnellement, la fête du Printemps, c'est l'occasion pour toute la famille de se retrouver devant une table bien garnie lors de la veillée de l'an. Un dîner spécial est préparé par les familles sino-mauriciennes qui attendent les douze coups de minuit pour faire résonner les pétards. Durant cette nuit de réveillon, les meilleurs mets et boissons sont consommés. Dès lors, la fête du Printemps relève d'une importance commerciale. Les ventes ont déjà commencé. Les boutiques sont décorées aux couleurs chinoises, reprenant les principaux thèmes de cette fête qui célèbre cette année le Coq.

En effet, depuis quelques jours déjà, les décors des supermarchés arborent les couleurs de la Chine. On note de même une palette de produits alimentaires très alléchants qui serviront pour les mets préparés à l'occasion de la fête du Printemps. Les responsables des hypermarchés et supermarchés affichent un bilan positif face aux achats effectués par la clientèle pour cette fête. Ces derniers expliquent néanmoins que "ce ne sont pas que les sino-mauriciens qui achètent. Tous les Mauriciens s'y mettent, et ce pour diverses raisons, allant d'une simple promotion à une envie de découverte, en passant par l'ambiance de fête". Ainsi, si la fête du Printemps relève d'une importance capitale pour les sino-mauriciens, on note que les Mauriciens, de façon générale, se joignent aux festivités et que les ventes alimentaires connaissent une hausse durant cette période. Certes, dans le cadre du Nouvel An chinois, les boutiques ont prioritairement ciblé quelques produits, notamment les gâteaux lacire, les amuse-gueules (tels les fameux chipek), les œufs de 100 ans, et les pétards… Mais les ventes concernent tous les produits en général car, comme le soulignent les responsables de boutiques, "toutes les occasions sont bonnes pour les Mauriciens de faire la fête."

Cette période voit également les commerçants se bagarrer pour la meilleure offre. Les promotions font fête et les produits sont les uns plus attirants que les autres. La gamme de produits alimentaires proposée pour la fête du Printemps est très large. L'occasion est aussi donnée aux Mauriciens de goûter à et de découvrir ce que représente une culture différente de la leur. Ainsi, les promotions sur certains produits très prisés par la communauté chinoise, à l'instar des crevettes, poissons, nouilles, de même que les diverses sauces chinoises, attirent la clientèle mauricienne dans son ensemble. Il ressort que le produit phare demeure la volaille, mais on remarque également que le porc et la viande bovine sont très demandés. Les pétards ne sont pas laissés pour compte. Si la veille de la fête, en plus du dîner, les sino-mauriciens font résonner immanquablement les pétards afin de chasser les mauvais esprits et d'accueillir la nouvelle année avec des souhaits de bonheur et de prospérité, beaucoup d'autres Mauriciens achètent des gros paquets de pétards simplement pour la joie de les faire éclater. De même, si au niveau des boissons, les rayons des supermarchés affichent une panoplie de produits à base de thé, une très grosse attention a été accordée aux boissons alcoolisées. Les sino-mauriciens sont très friands d'une marque de whisky ayant trait à la couleur rouge, couleur du bonheur selon les croyances chinoises. Avec cette fête, les supermarchés espèrent faire un gain de 10% et déjà, le bilan semble positif car les ventes vont bon train et sont en légère hausse ces derniers jours.



Que nous annonce l'année du coq ?

L'année du singe tire à sa fin et cède la place à l'année du coq. Celle-ci sera marquée par l'intelligence, une des caractéristiques de l'animal. Le coq est aussi très symbolique dans la mesure où à son réveil, la nuit et l'obscurité laissent la place au jour et à la clarté, donc au bonheur et à la prospérité. Pourtant, selon l'astrologie chinoise, le signe du coq n'est pas favorable à la réussite des couples, c'est l'année veuve. Du coup, en Chine, de nombreuses personnes se sont précipitées vers le mariage avant la fin de celle du singe. Cependant, dans l'ensemble, le coq promet une année assez bonne.

Le Rat

(1924, 1936, 1948, 1960, 1972, 1984)

L'année du coq de bois sera plus ou moins positive pour le signe du rat. Quelques bonnes opportunités se présenteront dans sa démarche vers le progrès. Il sera aussi très actif sur le plan social. Sa rencontre avec des collègues, en dehors du travail l'aidera à établir de bons contacts. De bonnes nouvelles se présenteront aussi à ceux qui cherchent du travail. Ceux nés sous le signe du rat trouveront beaucoup de plaisir à faire des activités avec ceux qu'ils aiment.

Le Buffle

(1925, 1937, 1949, 1961, 1973, 1985)

Cette année sera meilleure que celle du singe. Le buffle pourra respirer un peu et avoir ainsi le contrôle sur ses activités. Ce sera pour lui une année active et de consécration. Les natifs du buffle auront cependant à être très prudents en ce qu'il s'agit de l'argent. Bien qu'ils connaissent du succès sur le plan du travail, il y aura toujours des dépenses et il est conseillé d'être très prudent.

Le Tigre

(1926, 1938, 1950, 1962, 1974, 1986)

L'année du coq sera très importante pour les natifs du tigre et la chance sera au rendez-vous. Ils auront l'opportunité d'améliorer leur situation actuelle et également de rendre leur vie personnelle plus active. Les natifs du tigre qui savent rester positifs et tenaces envers les situations les plus dures seront récompensés. Le progrès accompli au travail verra une augmentation des salaires. Ce sera aussi une année positive en terme de voyage.

Le Lièvre

(1927, 1939, 1951, 1963, 1975, 1987)

Année assez dure pour ceux nés sous le signe du lièvre. Ils auront à faire face à de nombreuses difficultés qui se placeront sur leur chemin. Le coq exposera les natifs du lièvre à des dépenses souvent futiles, voire inutiles. Malgré les nombreux défis qui guettent le lièvre, il appréciera à juste valeur les activités qu'il fera. Il sera également bien épaulé dans ce qu'il fera. Bref, ce sera une année remplie de défis.

Le Dragon

(1928, 1940, 1952, 1964, 1976, 1988)

L'année du coq est encourageante pour les natifs du dragon, surtout sur le plan du travail. Ils auront l'opportunité d'améliorer leur situation. Plusieurs ouvertures se pointent à l'horizon. Il est conseillé aux natifs du dragon de prendre le temps de faire des activités qu'ils aiment. Le dragon appréciera le support qu'il reçoit de sa famille, ce qui va renforcer les liens entre les membres de la famille.

Le Serpent

(1929, 1941, 1953, 1965, 1977, 1989)

Ce sera une année particulièrement significative pour ceux nés sous le signe du serpent. Toujours habiles à utiliser leurs talents, ils auront d'excellentes opportunités de progresser et auront les récompenses voulues. Sur le plan personnel, ce sera une année remplie de promesses. Certaines difficultés pour les serpents deviendront à la longue bénéfiques.

Le Cheval

(1930, 1942, 1954, 1966, 1978, 1990)

Plusieurs activités sont à prévoir pour ceux nés sous le signe fougueux du cheval. Vous ferez des expériences favorables sur votre lieu de travail et avec votre détermination, vous parviendrez à vos objectifs, mais cela au moment propice. Faites attention à votre entourage et sachez saisir le bon moment.

La Chèvre

(1931, 1943, 1955, 1967, 1979, 1991)

Malgré une année difficile sous le signe du singe, vous devriez songer à persévérer, et ce particulièrement au sein de votre travail. Vous aurez des responsabilités à prendre et il ne faudrait pas les négliger. Les mois de septembre et d'octobre vous seront très favorables. Toutefois des dépenses futiles sont à prévoir pour la fin de l'année.

Le Singe

(1932, 1944, 1956, 1968, 1980, 1992)

Avec votre année qui prend fin, les mois à venir vous seront toujours favorables. Et votre intelligence légendaire vous conduira toujours vers le succès. Vous aurez de nombreuses occasions pour développer vos talents et pour ceux à la recherche d'un emploi, les choses s'éclairciront. Toutefois vos relations avec vos proches ne seront pas toujours aussi simples.

Le Coq

(1933, 1945, 1957, 1969, 1981, 1993)

Cette année est la vôtre certes, mais attention, l'influence du signe précédent demeure. Il vous faudra être attentif, mais vous avez la capacité de faire de grands progrès et saurez tirez profit des différentes situations dans lesquels vous vous retrouverez. Les mois de septembre et d'octobre vous seront plus propices pour vous épanouir. Soyez attentif à votre entourage.

Le Chien

(1934, 1946, 1958, 1970, 1982, 1994)

Prenez le temps de réfléchir avant de vous embarquer dans des aventures quelconques. Les opportunités vous guettent mais vous devriez rester vigilant sur toute la ligne. Votre loyauté sera un plus cette année. Des changements sont à prévoir. Alors guettez!

Le Cochon

(1935, 1947, 1959, 1971, 1983, 1995)

Sur le plan professionnel, le cochon fera des progrès durant le mois d'octobre. Il faudra penser à faire provision pour les temps durs car votre nature dépensière peut vous jouer un mauvais tour. Votre relation avec les membres de votre famille sera au beau fixe et vous vous épanouirez davantage. De nombreuses activités en groupe sont à prévoir.


Pour sauver la Vallée de Ferney


Nature Watch lance une pétition internationale

Ordonnez que l'autoroute du sud-est emprunte un autre tracé, de façon à sauver la Vallée de Ferney, qui abrite une des dernières forêts indigènes de Maurice: c'est là l'essentiel de la requête adressée au Premier ministre mauricien à travers une pétition nationale et internationale lancée par l'association Nature Watch. Cette démarche se justifie par l'incertitude qui plane autour de ce dossier, alors que la site visit que devait effectuer le Premier ministre aujourd'hui a de nouveau été reportée, en raison du mauvais temps.

Maurice n'a plus que 1,6% de ses forêts originelles, et la Vallée de Ferney abrite une part importante de ce faible pourcentage. Des recherches subséquentes ont de surcroît permis de constater qu'outre des crécerelles, espèce menacée, la vallée recèle aussi des espèces végétales que l'on croyait totalement disparues. C'est partant de ce constat que l'association Nature Watch s'est constituée et mobilisée à la fin de l'année dernière, en prenant connaissance du projet d'aménagement d'une autoroute du sud-est dont le tracé traversait cette Vallée de Ferney.

Face à cette protestation, venue se greffer sur des rapports défavorables d'organismes comme la Mauritian Wildlife Foundation ou la section Herbarium du MSIRI, le Premier ministre devait annoncer, en décembre dernier, qu'un tracé alternatif avait été proposé par la Road Development Authority, qui permettait de passer à droite de la vallée, mais qui impliquerait des coûts supplémentaires estimés à près de Rs 100 millions, en raison notamment de la nécessité de construire un pont suspendu. Le PM devait ainsi annoncer qu'un consultant étranger serait sollicité pour se prononcer avec précision sur ces coûts additionnels, laissant entendre toutefois que la possibilité de revenir au tracé initial à travers la Vallée de Ferney n'était pas totalement écartée si ces coûts se révélaient trop élevés.

Parallèlement, le Premier ministre avait fait savoir son intention d'effectuer une site visit le 27 décembre dernier, mais cette visite fut renvoyée à la dernière minute en raison du mauvais temps. Reprogrammée pour aujourd'hui, cette visite ne pourra à nouveau avoir lieu, le Premier ministre ayant décidé hier que le mauvais temps qui a rendu impossible la site visit prévue à St Félix ne permettrait pas non plus de descendre sur le terrain aujourd'hui à Ferney.

Situation toujours incertaine

Face à cette situation incertaine, l'association Nature Watch, menée par Alvin Brigemohun, a décidé de maintenir la mobilisation, notamment à travers une pétition circulée tant au niveau national qu'international. Intitulée "Sauvez la Vallée de Ferney !", cette pétition, adressée au Premier ministre Paul Bérenger, fait ressortir l'opposition formelle des signataires à la construction de l'autoroute du sud-est à travers la Vallée de Ferney. "Vos experts environnementaux vous ont soumis ces dernières semaines non pas un mais deux rapports. Ils vous disent clairement que quel que soit le tracé adopté dans la vallée, les dégâts à long terme seront considérables. Ils vous demandent d'éviter la vallée. Nous, les signataires, nous vous demandons de les écouter", fait ressortir cette pétition. "Il existe d'autres routes qui passent ailleurs que dans la vallée et qui seraient moins chères à construire", insiste Nature Watch, qui avait déjà proposé un tracé alternatif en décembre dernier. "En tant que Premier ministre qui dit agir au nom de l'intérêt national, nous vous demandons d'utiliser ces routes pour sauver la vallée. Ces routes d'ailleurs ne nécessiteraient pas la construction d'un tunnel et d'un pont suspendu comme prévu dans la vallée: autant d'argent économisé qui vous aidera à modifier les plans".

Cette pétition poursuit en rappelant que "Maurice est le tout premier pays au monde à avoir signé la Convention des Nations Unies pour la Protection de la Biodiversité. En 2002, le gouvernement s'est engagé devant les Nations Unies à tout faire d'ici 2010 pour réduire la disparition des espèces d'arbres et d'animaux menacés. Il est hors de question que l'on puisse bafouer ces principes et aller saccager la vallée de Ferney. Ordonnez que cette autoroute se fasse ailleurs !", conclut la pétition.

Il est parfaitement possible à la fois de sauver entièrement la vallée et de réaliser le projet d'autoroute, sans pour autant débourser une fortune, insiste encore Nature Watch dans un communiqué officiel émis le 2 février dernier. Qui fait également ressortir que développement durable et protection de la biodiversité sont directement liés.

Avec le nouveau renvoi de la site visit premierministérielle, il faudra encore attendre pour être fixés sur l'avenir de la vallée de Ferney, et sur la tournure que prendra cette fameuse autoroute.


Reportage


Khao Lak, paradis touristique rayé de la carte

Khao Lak était le fleuron de la province de Phang-Na, un de ses districts en plein développement touristique. Frangée de filaos et située face à une barrière de corail et aux îles Simlilan et Surin, Khao Lak s'était rapidement lancé dans le tourisme. Aux petits bungalows thaïs rustiques des années quatre-vingt avaient succédés les grands établissements hôteliers des grands groupes internationaux à plusieurs étoiles qui avaient fait de Khao Lak une des principales stations balnéaires de la région moins populeuse que Phukhet et un peu plus haut de gamme.

Et puis le 26 décembre alors que des centaines de touristes servis par des milliers de thaïlandais se remettaient des festivités de la Noël particulièrement réussis,la vague venue de Sumatra a tout emporté sur son passage: hommes, animaux, bâtiments, vehicules, végétation. Pendant une semaine Khao Lak, devenu en quelques minutes un amoncellement de ruines et de cadavres, a été coupé du reste du monde. Pour éviter les risques d'épidémie les autorités thaïlandaises ont agi rapidement pour faire enlever les décombres et les cadavres. De ce qui fut jusqu'au 26 décembre au matin un paradis pour touristes enveloppé dans une forêt tropicale luxuriante, il ne reste aujourd'hui qu'un immense terrain buldozé où ne subsistent ça et la que quelques armatures de bâtiments et de carcasses de véhicules qui n'ont pas encore été enlevé. Khao Lak était un paradis touristique que le tsunami a fait rayer de la carte de Phang Nga. Pour avoir une idée de l'ampleur de la catastrophe essayez d'imaginer la zone allant de Pointe aux Piments à Choisy complètement rasé des deux côtés de la route avec ses hôtels petits et grands, ses bungalows, ses restaurants, son terrain de golf et ses morcellements!

Sur la plage aujourd'hui déserte les seuls traces imprimées dans le sable sont ceux des pneus des bulldozer qui assurent le deblayage de la zone. Khao Lak a des allures d'une de ces villes fantômes de l'ouest américain abandonné par les chercheurs d'or ayant épuisé les mines locales et petrifié par le temps. La seule différence est que les habitants et les touristes présents le 26 décembre de l'année dernière n'ont pas abandonné Kho Lak. Ils ont été emportés, en quelques minutes, par ce qu'un respcapé qualifiait de " grosse colère de la mer."

Les galeries de l'horreur

Si le désert qu'est devenu la station balnéaire de Kao Lak est insuportable par sa propreté de lieu de sinistré récemment nettoyé, il y a malheuresuement pire. Je l'ai découvert à Phang Nga, la capitale de la province du même nom . L'enceinte de son immense temple dédié à Boudha a été transformée en QG pour l'armée et les volontaires qui continuent à nettoyer les décombres et à s'occuper des réfugiés pour qui des camps ont été construits et à qui les colis de l'aide internationale sont distribués. Une partie du temple à côté d'une pagode a été transformée en bûcher funéraire commun où l'on incinère les cadavres que l'on continue à découvrir sous les derniers décombres ou que la mer continue à rejetter. Mais l'horreur ne se trouve pas dans ces bûchers où l'on brûle les derniers restes des victimes, mais dans les galeries installées le long du mur du temple, sur la route principale de Phang Nga, à côté d'un immense écriteau en pierre gravée souhaitant au revoir à ceux qui quittent le district . Ces galeries contiennent dans une première partie les avis de recherches des parents qui affichent les photos de leurs proches disparus dans la région le 26 décembre. La deuxième partie, la plus importante de cette galerie de l'horreur contient les photographies de tous les cadavres retrouvés dans les décombres aux fins d'identification. C'est là que tous les proches des victimes du tsunami viennent essayer de reconaître dans ces images de corps distordus par l'eau de mer et les marques de coups reçus la dernière image de ceux qu'ils ne reverront jamais.


Relations industrielles à MT


La TESA parle de "frustration" et de "découragement" à Cellplus

La Telecommunication Employees and Staff Association (TESA) estime que sa bonne foi a été trompée lors des négociations avec la direction du groupe Mauritius Telecom (MT) ayant abouti, en décembre dernier, à une révision salariale de l'ordre de 16,5% avec effet rétroactif à juillet 2004. Selon Bhoonesswur Ramkishor, président de ce syndicat, c'est la frustration et le découragement chez les quelque 200 employés de Cellplus, filiale de téléphonie mobile de ce groupe. Contrairement à leurs collègues de MT, ces employés n'ont pas, en effet, bénéficié de cette révision salariale.

Le président du syndicat soutient que lors d'un précédent accord signé fin 2002, il avait pourtant été convenu d'une harmonisation salariale parmi l'ensemble des quelque 1 800 employés du groupe MT. M. Ramkishor précise qu'au moment de la finalisation de l'accord de négociation en juillet 2004, la direction aurait promis de considérer la question des employés de Cellplus une fois l'aboutissement des discussions salariales. Selon lui, il coulait de source que les salaires de ces employés allaient être alignés sur ceux de leurs collègues une fois l'accord conclu.

Or, à ce jour, tel n'a pas encore été le cas. Le président de la TESA explique qu'en dépit de plusieurs sollicitations de renseignements, dont une lettre formelle en date de fin décembre dernier, aucune décision n'a été prise. Au terme de la dernière démarche entreprise vendredi matin, le syndicat a appris que le cas des employés de Cellplus est encore en considération au niveau du département des Ressources humaines de MT.

"Il existe une vive frustration et un grand découragement au sein des employés de Cellplus, d'autant que cette filiale génère plus de 50% des recettes du groupe MT", affirme le président de la TESA. Selon lui, la bonne foi des dirigeants de son syndicat a été trompée par la direction. M. Ramkishor réclame une réaction immédiate de la direction en vue de prévenir une dégradation des relations industrielles à Cellplus. Selon lui, cela pourrait même déboucher sur des actions syndicales.


Auto-écoles


Attention aux escrocs

En moyenne, chaque jour, quelque 250 personnes passent leur test pour l'obtention de permis de conduire. Les demandes pour la licence connaissent un accroissement sans précédent ces dernières années et cela entraîne une floraison d'auto-écoles. Toutefois, pas n'importe lesquelles. Ce sont beaucoup plus des auto-écoles marron qui sillonnent nos routes. Et la majorité ne possèdent guère les moyens adéquats pour dispenser des cours valables.

"J'ai fréquenté une auto-école pendant près de 6 mois. Mes cours étaient de 30 minutes, mais à chaque fois, le moniteur finissait la session en vingt minutes. De plus, à chaque cours, il y avait d'autres élèves dans la voiture. Comme frais, je payais Rs 75 la demi-heure, ce qui n'est pas mal pour apprendre à conduire. Finalement j'ai dépensé une très grosse somme, sans pour autant avoir appris grand-chose sur la route. Et récemment, j'ai découvert que mon moniteur proposait ses cours dans l'illégalité, car il n'est pas enregistré auprès de la Road Traffic Branch", déplore une aspirante conductrice. Comme elle, nombreux sont ceux qui se font avoir par les braconniers du métier. Ces derniers, en pratiquant un tarif forfaitaire pour leurs "cours", attirent de nombreux clients. Contrairement à la pratique, les auto-écoles marrons ne réclament aucun dépôt pour donner des leçons de conduite. De plus, les tarifs qu'ils proposent ne dépassent pas Rs 100. Ainsi, les Mauriciens, friands de bonnes affaires, se laissent duper par quelques roupies de moins par ces "cours" et se tournent de plus en plus vers les auto-écoles marrons. Ou encore, ils se font tout bonnement avoir par beaucoup de braconniers qui agissent simplement comme sous-entrepreneurs des opérateurs officiels. Le phénomène s'est accru au fil des ans et trouvant un filon à exploiter, ces personnes peu scrupuleuses ne craignent pas la police. Ne sachant pas que leur instructeur opère dans l'illégalité, les élèves déboursent ainsi des milliers de roupies avant d'obtenir leur permis de conduire.

Selon nos informations, il y a environ 140 moniteurs d'auto-écoles enregistrées à la Road Traffic Branch, dont 75% sont enregistrés au Driving Instructors Association (DIA). Ces derniers possèdent une formation de Driving Instructors et parmi, nombreux ont également un Driving School Licence. Ces instructeurs, qui ont passé leur permis pour opérer une auto-école, sont aptes à proposer des cours oraux et pratiques de conduite. En effet, au sein de la Traffic Branch, il ressort que les moniteurs d'auto-écoles doivent passer des examens afin de pouvoir obtenir leur permis d'opération. Outre l'examen d'oral, les aspirants moniteurs doivent passer le "advanced driving test'et l''advanced praticing test". Les officiers de la Traffic Branch procèdent après, à une vérification des lieux d'opération des moniteurs qui auraient au préalable réussi à ces examens. Et de là, si tout concorde, le permis est délivré. Déplorant le fait que "beaucoup d'auto-écoles opèrent dans l'illégalité", M. Gorah Goolamally, président de la Driving Instructors Association (DIA), déclare qu'"il existe 3 fois plus de'Driving School'marrons que de Driving School'enregistrées". Pour M. Goolamally, "all drivers are drivers, mais ce ne sont pas nécessairement des Driving Instructors. Les moniteurs marrons ne sont pas qualifiés pour la formation". Selon lui, en pratiquant ces prix très concurrentiels, les braconniers réduisent considérablement les inscriptions dans les auto-écoles enregistrées. Parallèlement, ils participent au nombre grandissant d'accidents sur nos routes, dus au fait que les conducteurs méconnaissent les règles élémentaires de conduite, à cause des braconniers du métier. "Ces moniteurs n'ont aucune formation et ne payent aucune taxe alors que c'est le cas pour nous. Nous nous avons une formation, mais pas eux et zot pé gatte formation bann zélèves"estime M. Goolamally

Le président de la DIA explique que "pour apprendre à conduire auprès d'un moniteur enregistré auprès de la Traffic Branch, l'aspirant conducteur doit au préalable faire un dépôt de Rs 5 00 à Rs 1 000. Il doit ensuite payer une somme minimale de Rs 100 à Rs 125 l'heure de cours. En moyenne, une trentaine sont nécessaire pour apprendre à conduire". Les auto-écoles enregistrées auprès de la Traffic Branch, ont plusieurs frais à payer dont le Driving Instructor's Licence Fee, le Driving School Fee, le Municipality Fee, l'Income taxe et d'autres frais administratifs de'Driving School'. C'est pour ces raisons que les coûts par session de conduite s'élèvent à plus de Rs 100. Ainsi, depuis deux ans, une équipe de la Road Traffic Branch a pour tâche de surveiller de près les auto-écoles qui opèrent dans l'illégalité. A ce jour, quelque vingt braconniers ont été verbalisés par le Tracking Team, mais beaucoup continuent d'opérer leur business peu scrupuleux et ce avec la participation des élèves eux-mêmes, semble-t-il. Selon un responsable de la Traffic Branch, à travers les plaintes reçues et les plaques d'immatriculation, le Tracking Team piste les auto-écoles marrons. "Mais il ne s'agit pas d'un travail facile, car dans la plupart des cas, quand on demande au braconnier les éléments de paiement et qu'il ne peut les produire, l'élève joue son rôle de complice et déclare qu'il est apparenté avec son moniteur", explique ce responsable.

Afin d'être sûr de trouver un moniteur d'auto-école opérant dans la légalité, il faut de même vérifier plusieurs détails. Les voitures utilisées par les auto-écoles enregistrées portent des plaques d'immatriculation d'une couleur disctinctive, c'est-à- dire sur fonds marron clair avec lettres et chiffres en blanc. De même, les voitures utilisées par les moniteurs doivent être à double contrôle et porte la vignette des Driving School, Aussi, il est conseillé de toujours vérifier la licence d'opération de son moniteur. Selon le président de la DIA, la première étape pour apprendre à conduire est de prendre contact avec une auto-école. "Certes il y a les annonces dans les journaux, mais le meilleur moyen, c'est de se référer à des personnes qui ont déjà obtenu leur permis de conduire et de s'inscrire auprès de leur moniteur. Il est nécessaire de prendre contact avec une auto-école fiable qui respecte ses horaires. Et en moyenne, il faut ainsi compter débourser quelque Rs 5000 à Rs 6000 pour se préparer à aller au test.", explique notre interlocuteur.


À Cité Briquetterie


Des mamans se regroupent pour éviter la rue à 30 enfants

Trois fois par semaine, une trentaine d'écoliers de Cité Briquetterie se retrouvent au centre social de la région où ils sont encadrés par des mères de famille. Regroupées sous l'appellation de Nous Nouveau Base, ces mamans ont décidé de prendre en charge les enfants qui sont livrés à eux-mêmes après les heures de classe. Disposant de peu de moyens, elles mettent à contribution leur expérience maternelle pour leur accorder de l'attention.

"Je n'ai qu'une seule fille. En tant que mère et étant consciente que l'éducation est vitale, j'ai tout fait pour que mon enfant puisse réussir ses études. Ma fille a fréquenté un collège confessionnel et attend ses résultats de HSC. Je voudrais que d'autres enfants aient cette même chance ou bénéficient d'un encadrement scolaire soutenu. C'est pour cela que j'ai décidé d'accorder du temps aux enfants de Briquetterie. Même si j'habite en dehors de la cité, je tiens à faire quelque chose pour ses enfants", explique d'emblée Helena Derougère. Comme elle, des femmes de l'association féminine de la région ont décidé de consacrer leur temps aux enfants livrés à eux-mêmes après les heures de classe.

Pourtant, elles n'ont pas grand-chose à leur disposition pour encadrer la trentaine d'enfants qu'elles ont regroupés en octobre dernier. "Notre volonté est notre seul moyen", avance Marie-Lourdes Volcy, membre de l'association et animatrice. "Nous sommes avant tout des mères qui ne veulent pas voir ces enfants dans la rue", ajoute-t-elle, approuvée par ses collègues. Malgré l'absence d'une structure appropriée pour encadrer les enfants, ces mamans n'ont pas voulu reculer devant un problème logistique. S'armant de leur volonté et guidées par leur instinct maternel, elles apportent quelques heures de soleil dans la vie des petits de la cité.

"Nous Nouveau Base"

Le centre social de Cité Briquetterie se trouve à quelques pas de l'école primaire. Désormais, trois fois par semaine, après les heures de classe, 29 écoliers prennent la direction du centre. "Auparavant, ils étaient dans la rue. Dans certains cas, les parents ne sont pas encore rentrés du travail et les enfants se retrouvent seuls à la maison. Il y a aussi des parents qui n'accordent pas l'attention voulue aux enfants", explique Marie-Lourdes Volcy. "En voyant la situation de ces enfants, dans un milieu social difficile où les fléaux sont très présents, les membres de l'association féminine ont pris la décision d'encadrer ces petits afin de leur éviter les rues. Nous en avons discuté avec des représentants du ministère de la Femme, qui a approuvé notre projet. Pour nous soutenir, le ministère nous a offert des jeux", ajoute-t-elle.

Pour cibler les enfants les plus nécessiteux, les volontaires bénéficient de l'aide du maître d'école de la cité. "Il nous a envoyé un groupe d'enfants. Puis, nous avons recueilli les enfants que nous connaissons déjà, dont un adolescent non scolarisé", explique Marie-Lourdes Volcy. Cette nouvelle expérience encourage les volontaires à se regrouper sous l'appellation de Nous Nouveau Base.

L'expérience maternelle

Turbulents, vifs et ayant des difficultés scolaires, les petits protégés de Nous Nouveau Base requièrent une attention particulière. Les membres du nouveau groupe, qui ne sont pas des animatrices spécialisées, se servent de leur expérience maternelle et de leurs connaissances pour aider les enfants à remonter la pente. Car le projet ne vise pas seulement à éviter la rue aux enfants mais aussi à les doter d'une éducation de base. "Il y a peu, ils ne disaient pas bonjour. Nous sommes pleinement conscientes que nous avons beaucoup à faire", confie Georgette Grivon. Et d'ajouter que "ces enfants ont surtout besoin d'affection". D'ailleurs, les volontaires n'hésitent pas à laver les uniformes sales des enfants lorsque cela est nécessaire.

Lorsqu'ils arrivent au centre social, certains enfants jouent entre eux. "Ils disent qu'ils ne veulent plus voir livres et cahiers", raconte Marie-Lourdes Volcy. D'autres font leurs devoirs. "Au moins ici, ils peuvent les faire. Tandis que chez eux, ils font tout sauf les devoirs de classe", expliquent les autres animatrices. Ces dernières, à l'instar de la jeune Tessa Potou, les aident alors à finir les exercices qu'ils sont censés faire à la maison. "Nous comptons structurer l'accompagnement scolaire. Les enfants seront alors regroupés selon leurs classes et leur niveau", souligne Marie-Lourdes Volcy.

Nous Nouveau Base veut soutenir matériellement les écoliers. Il y a peu, le groupe a collecté des sacs d'école auprès des membres de l'association féminine. Les volontaires assurent aussi une collation aux petits à chaque fois qu'ils se rendent au centre. "Nous avons été surprises quand des personnes de la région nous ont spontanément offert des gâteaux pour les enfants. D'ailleurs, nous demandons à tous ceux qui voudraient nous aider dans ce sens de ne pas hésiter, car nous devons trouver du jus et des biscuits chaque semaine pour la collation des enfants", précise Marie-Lourdes Volcy.


Suspendus après avoir refusé de se rendre à Agaléga


Les deux enseignants ont réintégré leur poste mercredi dernier

C'est le soulagement pour le couple d'enseignants qui avait refusé de se rendre à Agaléga le 16 janvier dernier. En effet, suspendus de leur fonction les deux enseignants qui étaient jusqu'à lundi dernier en congé payé, ont été réintégrés dans deux établissements primaires du Sud, respectivement, mercredi matin. "Nous sommes très heureux du dénouement de cette affaire", déclare d'emblée Ashik Junglee, conseiller technique à la General Purpose Teachers' Union (GPTU). Défendant la cause des deux enseignants, la GPTU avait manifesté devant les locaux de l'IVTB House, le 29 janvier, en signe de solidarité. Il était même question d'une veillée devant le siège du ministère au cas où le couple n'aurait pas repris ses fonctions. Rappelons que le couple qui avait déjà pris place à bord du bateau Le Vigilant, le 16 janvier, s'est dit contraint de rentrer chez eux après de très longues heures d'attente dans le port. L'enseignante, prise d'un malaise, a préféré abandonner l'idée du voyage. Soutenue par son époux, elle a regagné le domicile familial avant d'être hospitalisée. Selon la GPTU, le couple aurait vécu un véritable traumatisme pendant leur suspension. De son côté, le ministère de l'Éducation avait initié une enquête avant de réintégrer les deux enseignants à leur poste. Au début de cette semaine, c'est un autre couple d'instituteurs qui mettra le cap sur Agaléga. Après avoir signifié leur intention de travailler dans les deux écoles de l'archipel, les deux enseignants ont été informés, jeudi dernier, que leur requête a été retenue.

En effet, Vishwanee et Mike Maugueret, enseignant à Raoul Rivet GS et St Julien RCA respectivement, ont décidé de mettre leur expérience à contribution pour améliorer le niveau des petits Agaléens. Ayant longtemps travaillé dans une low performing school, avant d'être affectée à la Raoul Rivet GS, école cotée de la capitale, Vishwanee Maugueret connaît bien les élèves ayant des difficultés d'apprentissage. Ce qui ne devrait pas poser de problème pour elle à Agaléga où le rythme de travail des écoliers de l'archipel diffère de celui des petits Mauriciens. La jeune enseignante aura la responsabilité des élèves des Stds I à III. Quant à son époux, Mike il enseignera aux élèves des Stds IV à VI. Ce jeune couple qui habite Ste-Croix ne partira pas seul à Agaléga. Ce sera en compagnie de leurs deux fils, Adrien et Loïc, six et trois ans respectivement, que les Maugueret effectueront le voyage.


Enfants en situation de pauvreté dans le Sud


Quand l'école ne rime pas avec réalité !

164 écoliers et collégiens en difficulté, dans les villages stratégiques du Sud, poursuivent actuellement leur scolarité grâce au soutien du Trust Fund for the Social Integration of the Vulnerable Groups (TFSIVG). Dans cette région du pays où plusieurs familles vivent dans des poches de pauvreté, l'éducation n'est toujours pas accessible aux enfants.

Education obligatoire jusqu'à l'âge minimum de 16 ans ou pas, Alvaro et Danilo, deux frères de 8 et 11 ans respectivement, n'iront pas à l'école. Du moins, pas de sitôt. Les deux garçons n'aiment pas l'école. Ils préfèrent la plage de Surinam aux bancs des classes de l'établissement primaire où ils sont inscrits. "Quand j'ai un peu d'argent, je les force à aller à l'école. Mais quand je n'en ai pas, j'avoue que je n'y peux rien", confie leur mère, Pamela. Et comme la plupart du temps l'argent fait défaut, Alvaro et Danilo sont de moins en moins présents à l'école. Dans la famille, les deux garçons ne sont pas les seuls à ne plus aller à l'école. Il y a aussi la petite-fille de Pamela. L'enfant, âgée de 7 ans, devait entamer la troisième le 17 janvier dernier. Sa mère, Stéphanie, l'aînée de Pamela, dit éprouver des difficultés financières pour entreprendre des démarches administratives auprès du ministère de l'Éducation. La fillette, scolarisée dans deux écoles différentes, passe depuis ses journées dans la maison qu'occupe sa mère, dans un camp de squatters à Surinam. Un peu plus loin dans la même région, ce sont Jordan et Alender, 4 et 5 ans respectivement qui ne sont pas scolarisés. Leur père au chômage n'envisage pas de les inscrire dans une école. Alender, trisomique, a besoin d'un encadrement spécialisé.

Une flopée de mouches a envahi la pièce qu'occupe Pamela dans une cité de Surinam. Habituée à elles, la mère de famille ne les chasse plus. Toutefois, pour protéger de ces insectes sa benjamine, qui dort sur un vieux fauteuil, Pamela a recouvert la fillette d'une pile de vêtements. Cachée sous l'amas de tissus, la présence de Géorgie, 4 ans, passe inaperçue. Pamela a du mal à se rappeler de son âge. "J'ai 40 et quelque années", dit-elle. Originaire de Surinam, elle vit dans la maison que lui a léguée son mari après son décès. Mais, quand une de ses filles s'est mariée, elle a séparé la pièce qu'occupait la famille. Avec ses deux fils et la benjamine, Pamela vit dans des conditions inhumaines dans un espace exigu. En ce début d'après-midi de jeudi, la pluie vient d'arroser copieusement la région. Le toit fissuré et troué de la pièce n'a pu éviter l'eau. Le sol rendu humide n'est pas pour arranger les choses ! De plus, l'hygiène laisse à désirer. Pamela partage avec ses enfants l'unique matelas dont elle dispose, rangé contre la séparation de la pièce. Chez elle, tous les effets sont entassés, faute de place. À l'extérieur, elle a aménagé un foyer où elle prépare les repas de sa famille.

Pamela: "j'aurais tant voulu que mes fils aient une bonne éducation…"

Même si elle a trouvé du travail dans un champ dans le Sud, Pamela affirme ne pas pouvoir envoyer ses enfants à l'école. "Fort heureusement, un de mes proches a pris la responsabilité de payer la maternelle de la petite. Sinon, je n'aurais pas pu l'envoyer à l'école. J'aurais tant voulu que mes fils aient une bonne éducation…", dit-elle, avant de pleurer silencieusement. Seule, elle arrive difficilement à faire preuve d'autorité face à ses enfants. "Je quitte la maison à 4 heures pour me rendre au champ. Les enfants dorment encore. C'est ma fille qui partage ma maison qui s'occupe de la petite. Quant aux garçons…", confie Pamela. La pension sociale qu'elle perçoit mensuellement, dit-elle, sert essentiellement à acheter de la nourriture et à payer l'eau qu'elle puise chez son voisin. "Je n'ai pas d'eau, pas d'électricité", ajoute-elle tout en chassant des mouches qui survolent autour de Géorgie. "Ce n'est pas toujours que je trouve du travail pour améliorer notre vie", ajoute notre interlocutrice. Et coincée dans le cercle de la pauvreté, cette dernière explique qu'elle arrive difficilement à sortir du gouffre. "Parfois, quand le jour du rendez-vous de Danilo à l'hôpital coïncide avec une période où je n'ai pas un sou, mon fils est privé de son traitement. Il a été opéré d'une hernie et il doit être suivi médicalement", précise-t-elle.

"Quand je vois ma mère verser des larmes, cela me fait mal", confie Stéphanie, la fille aînée de Pamela. Stéphanie, 24 ans, ne semble pourtant pas trop s'inquiéter de la situation de sa fillette, actuellement non-scolarisée. Après avoir entamé le primaire dans une école du Sud, l'enfant a suivi sa mère à Curepipe où elle a été admise dans un établissement de la région. "Je suis revenue vivre à Surinam à la fin de 2004. Pour que mon enfant soit admise à nouveau à l'école de Surinam, il me faut un papier de transfert de la zone. Je n'ai pas d'argent pour me rendre au bureau de l'Éducation de Rose-Belle. Ce qui fait qu'entre-temps, ma fille ne peut pas aller à l'école", raconte Stéphanie, au chômage. "Personne ne m'accordera un prêt pour me permettre de faire des démarches, puisque je ne travaille pas", dit-elle.

Jordan et Alender n'iront pas à l'école

À cinq ans, Alender est trisomique. Le garçonnet, régulièrement en proie à des crises violentes, selon son père, Alain Malécaut, ne fréquente aucune institution spécialisée. Il n'est pas suivi médicalement non plus. Pour le père d'Alender, sa situation financière précaire ne lui permet pas de pourvoir un encadrement approprié à son fils. Au chômage, il dit ne pas trouver du travail malgré ses multiples efforts. Et quand des occasions se présentent, le salaire reçu n'étant pas régulier, il ne pourrait assurer la scolarité de son enfant. Jordan est le benjamin d'Alain Malécaut. L'enfant a quatre ans. Lui non plus n'a jamais mis les pieds dans le préprimaire. Et visiblement, il n'ira pas à l'école primaire l'an prochain. "Je ne pourrais pas l'envoyer à l'école. Je ne sais même pas si j'aurai de l'argent pour lui acheter le matériel scolaire", avance le père des deux garçons. Alors, faute d'être encadré et scolarisé respectivement, les deux enfants passent leur temps à jouer dans l'unique pièce en dur de la maison familiale dotée d'un minimum de confort, à regarder la télévision ou à gambader dans la cour. "Quand je vais à la recherche d'un travail, c'est mon épouse qui les surveille. Elle ne peut travailler également, car elle souffre d'un handicap auditif", explique Alain Malécaut. Insistant sur sa situation financière précaire, il reconnaît dit-il, que ses enfants passent à côté de leur éducation. "C'est sans aucun doute ma faute. J'en suis responsable. Mais je n'arrive pas à trouver du travail." Un proche vient souvent en aide à la famille, ce qui permet aux enfants de manger, dit-il.



Après une formation: 6 éducateurs de rue bientôt dans le Sud

Pour assurer la scolarité de 164 écoliers et collégiens de la région, le TFSIVG finance (Rs 427 000) leur transport et nourriture

"Il y a un problème aigu chez des enfants de Bel-Ombre, Surinam et Riambel", reconnaît d'emblée Daniel Anacoa, responsable des éducateurs de rue. Non scolarisés, selon une enseignante de Surinam, les enfants se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes dans les rues. Aussi, touchées par la pauvreté, des familles, dit-elle, sont contraintes de priver leurs enfants de leur éducation scolaire. L'équipe des éducateurs de rue désormais renforcée, six d'entre eux, explique Daniel Anacoa, seront bientôt présents dans les villages du Sud. "Les nouveaux éducateurs sont actuellement en formation et aussitôt que celle-ci aura pris fin, six d'entre eux feront un constat dans le sud-est de l'île avant de commencer un travail de terrain", précise ce dernier.

Par ailleurs, des familles de ces régions - dont Surinam - socialement vulnérables bénéficient de l'aide du Trust Fund for the Social Integration of the Vulnerable Groups. Ainsi, explique Frédéric Augustin, le facilitateur responsable de Grand-Port/Savanne auprès du TFSIVG, outre le financement de projets et de formation professionnelle, le fonds s'assure du transport des enfants afin de les permettre d'aller à l'école. En l'occurrence, 22 enfants de Riambel fréquentant l'école non-formelle de Joie de Vivre, 42 enfants de l'école primaire de Mont-Carmel à Chemin Grenier, 32 de St-François d'Assises à Baie du Cap, 20 de l'école RCA de Souillac et 30 de l'école gouvernementale de Bel-Ombre bénéficient d'une aide alimentaire. Le fonds sponsorise aussi 18 collégiens en matière de transport. Ce qui représente une aide financière de Rs 427 000 au total. "Actuellement, nous sommes en train d'étudier le cas de 108 écoliers et collégiens venant également de ces régions. Ils seront certainement éligibles pour une aide", explique Frédéric Augustin. D'autre part, 44 familles de Rivière des Galets, Bel Ombre et Baie du Cap respectivement auront bientôt droit à un meilleur logement, grâce au projet de consolidation et construction du Fonds. Frédéric Augustin rappelle que les institutions scolaires réfèrent souvent les cas d'enfants scolarisés, mais en difficulté, au TFSIVG. "C'est ainsi que nous arrivons à soutenir ces enfants. Pour ce qui est des familles pauvres, ce sont les associations féminines, centres d'écoute, forces vives et Citizen Advice Bureau qui nous indiquent les cas méritant une aide."


Éducation obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans


Enfants absents depuis la rentrée: les statistiques prêtes à la mi-février

Il faudra attendre encore quelques semaines avant d'être fixé sur la situation concernant les enfants scolarisés ayant toutefois boudé les salles de classe depuis la rentrée. Les différents mécanismes préconisés par le ministère de l'Éducation sont actuellement à l'œuvre pour détecter les collégiens concernés. C'est ce qu'a affirmé, à Week-End, le ministre de tutelle, Steve Obeegadoo. "C'est vers la mi-février que nous aurons une idée sur cette question", indique-t-il. Entre-temps, les statistiques et autres données sont quotidiennement compilées au ministère de l'Éducation dans cette optique. Du côté du primaire, un atelier de travail est prévu avec les maîtres d'école, lesquels devraient, en collaboration avec la Parent Teachers'Association de leur établissement, lister les élèves inscrits mais qui n'ont répondu présent depuis le 17 janvier dernier, soit à la rentrée des classes. "Je dois préciser qu'il y a eu davantage de repeaters en sixième cette année. C'est une indication très encourageante dans la mesure où les enfants qui ont échoué au CPE ont décidé de refaire leur classe. Certaines écoles n'ayant pas assez de places, des arrangements ont dû être faits avec d'autres institutions pour accueillir les élèves. Un transport gratuit a été mis à leur disposition", précise Steve Obeegadoo. En ce qui concerne le secondaire, c'est dans le prévocationnel que les implications de la nouvelle Education Amendment Act se sont fait sentir. Éducation obligatoire jusqu'à l'âge minimum de 16 ans oblige, 95% des jeunes attendus dans le Prevocational Department (PVD) s'y trouvent actuellement. L'année dernière ils n'étaient que 87%. Cependant, depuis que la loi est devenue effective en janvier dernier, le PVD reçoit des jeunes qui renouent avec le système éducatif après une certaine période de non-scolarisation. Dans ce cas, explique encore le ministre de l'Éducation, deux options s'imposent. D'une part, l'intégration de l'élève directement en Form I du PVD, avec toutefois une condition: la classe ne pourra accueillir plus de deux jeunes dans cette catégorie. D'autre part, il est question d'aménager des classes spéciales regroupant les jeunes de 14-15 ans qui se présentent à nouveau dans le milieu éducatif. Un moyen de transport sera même mis à leur disposition. Quant au mainstream, les données ne seront pas disponibles avant la mi-février, comme l'a indiqué le ministre plus haut.


Marche antidrogue à la Résidence Kennedy


Peu de participants par crainte de représailles, affirment les forces vives

Une poignée de personnes seulement ont pris part à la marche antidrogue tenue à la Résidence Kennedy dimanche dernier. Ce, en dépit du fait que de nombreux habitants de la cité s'étaient associés aux différentes manifestations et mouvements organisés dans la région contre le trafic de drogue jusqu'alors. Selon les forces vives, dimanche dernier, plusieurs personnes ont préféré ne pas prendre part à la manifestation par crainte de représailles. Elles allèguent qu'un certain nombre d'habitants auraient été menacés et intimidés par des personnes liées au trafic. D'ailleurs, lors d'une manifestation nocturne tenue spontanément il y a quelques semaines, des membres des forces vives avaient été agressés tandis que gourdins et sabres avaient été sortis. À travers la manifestation de dimanche, les travailleurs sociaux espéraient maintenir la pression exercée depuis le début de l'année pour mettre un terme au trafic de drogue à la Résidence Kennedy. Si les autorités ont répondu à l'appel par des actions policières dans la cité, il est désormais souhaité que la NATRESA apporte une aide aux toxicomanes de la région. Entre-temps, il a aussi été noté que certains trafiquants ont changé leur base d'opération pour s'installer dans les zones avoisinantes. D'où le mécontentement affiché par les habitants de Bassin qui se plaignent, à leur tour, de pratiques illicites dans leur quartier.


HSC


Les résultats attendus en début de semaine

L'angoisse est sur le point de prendre fin pour les collégiens ayant pris part aux derniers examens du Higher School Certificate. En effet, les résultats sont attendus en début de semaine. Notons que parmi la cuvée de 2004, des candidats sont issus de nouvelles institutions d'État, à l'instar du Piton State College (garçons). D'autre part, il revient que le secondaire privé, représenté par la Fédération des Managers des Collèges Privés, et le ministère de l'Éducation sont tombés d'accord pour une approche standard permettant aux récipiendaires du School Certificate avec toutefois trois Credits d'accéder à la Lower six. Par ailleurs, notons une meilleure performance des candidats ayant concouru aux récents examens du School Certificate. Des 14 297 collégiens, dont 7 536 filles, 78,1% ont réussi aux épreuves. Comme en 2003, les filles (80,1%) ont mieux fait que les garçons (75,9%). Et en 2003, justement, 14 055 candidats ont pris part à ces examens et 76,1% ont obtenu leur certificat. Selon les statistiques du ministère de l'Éducation, la performance des collégiens s'améliore d'année en année. Parallèlement, le nombre de candidats augmente annuellement.


Sodnac SSS


Exemple de démocratisation dans le système éducatif

Exemple de démocratisation dans le système éducatif, selon le ministre Steve Obeegadoo, la Sodnac SSS (filles) emboîte le pas à la trentaine de nouveaux collèges en opération depuis la réforme.

Inaugurée par le président de la République, sir Anerood Jugnauth, le 27 janvier, ce collège a coûté Rs 70 millions à l'État. Il comprend trente salles de classes et accueille aussi des élèves de la Quatre-Bornes SSS, actuellement en phase de construction.

L'inauguration de ce collège d'État, le plus côté de la région, a été l'occasion pour Steve Obeegadoo de rappeler que la réforme "n'est pas en train de tuer l'élite à Maurice". "Je ne crois pas en une élite aux dépens de tous les autres enfants. Tous les enfants ont droit à une éducation de qualité. Nous devons mettre les mêmes facilités à la disposition de tous, y compris ceux qui sont les plus brillants, afin de leur donner l'opportunité de développer leurs talents. Cela dit, aucun pays au monde ne peut prétendre qu'il est possible d'identifier une élite à l'âge de 10 ans".

Le ministre de l'Éducation a également rappelé que le gouvernement ne compte pas laisser à l'abandon les institutions qui ont formé l'élite du pays, à l'instar des collèges Royal de Port-Louis et de Curepipe et du Queen Elizabeth. Après avoir investi Rs 6 millions dans la restauration du collège curepipien, l'État entreprend des travaux de réfection aux collèges Royal de Port-Louis et Queen Elizabeth. "Loin de nous l'idée de négliger ces grands collèges hérités du passé !".

Pour sa part, abondant dans le même sens que le ministre de l'Éducation, sir Anerood Jugnauth a aussi insisté sur le droit des enfants à l'éducation. Dans la mesure où l'éducation est obligatoire jusqu'à l'âge minimum de 16 ans, les parents doivent assumer leurs responsabilités envers leurs enfants, a déclaré SAJ.


Surtitre


L'Eglise anglicane lance un centre de formation diocésain

Le diocèse anglican a procédé à la consécration et à l'inauguration officielle d'un centre de formation , le " Training Centre for Ministries and Community Development ", dimanche dernier. De nombreux dignitaires du diocèse de Maurice dont Mgr Ian Ernest, le Vénérable James Wong, président du comité diocésain de formation, les révérends Eddy Cheong See et James Seerungun, le Chanoine Brian Marajh, directeur du centre de formation, ont participé au service de consécration. Le sermon de circonstance a été prononcé par Mgr Johannes Seoka, évêque du diocèse de Pretoria.

L'ouverture du centre de formation diocésain s'inscrit bien évidemment dans la droite ligne de la devise choisie par l'actuel évêque de Maurice, Mgr Ian Ernest, lors de son intronisation : " Elargis l'espace de ta tente… ", tant il est vrai qu'aucune avancée n'est possible sans formation. Cette formation sera dispensée, selon les besoins, au clergé en fonction, aux laïcs et aux futurs prêtres.

Le centre de formation qui est logé dans la salle paroissiale de l'église St- Clément à Curepipe, vient conforter la notoriété que le diocèse anglican a acquis au chapitre de la formation chrétienne. En effet, le diocèse anglican de Maurice a été parmi les premiers établissements à Maurice et à Rodrigues à créer des écoles et un collège théologique, Saint-Paul, pour assurer éducation et formation.

Le Diocesan Training Centre for Ministries and Community Development vient répondre à une demande faite antérieurement ( dans le cadre d'une enquête diocésaine " Mieux te connaître pour mieux te servir " en 2003) par clergé et fidèles pour une formation continue, et confirmée lors d'un Diocesan Strategic Planning Meeting réuni à l'initiative de Mgr Ian Ernest en 2004. On peut dire, d'ores et déjà, que ce 15e épiscopat de l'Eglise anglicane à Maurice s'annonce prometteur.


Coopération bilatérale


Environnement : signature d'un accord-cadre avec l'Inde

Le ministre de l'Environnement, Rajesh Bhagwan, qui a participé au cours de la semaine écoulée au Delhi Sustainable Development Summit, a eu des consultations approfondies avec son homologue indien, Thiru Raja, sur un Memorandum of Understanding (MOU) en vue d'établir une coopération entre l'Inde et Maurice en matière de protection de l'Environnement. Au terme de ces discussions, il existe une possibilité que l'accord-cadre soit signé par les deux parties lors de la prochaine visite officielle à Maurice du Premier ministre de l'Inde, Manmohan Singh, à la fin de mars prochain. Le ministre Bhagwan a aussi eu des discussions avec le ministre indien de l'Infrastructure et de la Marine, T.R. Balloo. Les échanges ont porté sur les possibilités d'une coopération en matière d'expertise technique pour le compte de la National Development Unit.

Le Memorandum of Understanding sur la protection de l'environnement porte sur plusieurs aspects, notamment un programme de lutte contre l'érosion côtière, la préservation du lagon, le traitement des eaux usées émanant des unités industrielles et sucrières, le recyclage des eaux usées, les Low Cost Technologies et une collaboration en matière de recherches académiques et les échanges d'informations dans la matière. Avec la mise en vigueur des dispositions de cet accord-cadre, un Indo-Mauritius Working Group on Cooperation in the field of Environmental Protection sera institué. Cette instance se réunira alternativement à Maurice et en Inde.

Le quotidien The Hindu dans sa livraison de vendredi dernier fait état de la réunion entre les deux ministres de l'Environnement. "Mauritius has evinced keen interest in India's efforts for controlling vehicular pollution in urban areas and lauded India's efforts in raising developing countries concerns on environment-related issues such as climate change in various international fora", note le quotidien indien, qui fait état de la politique de l'Inde en vue du "transfer of environmentally sound technologies to developing countries." Le dossier d'un système d'alerte au tsunami dans cette partie de l'océan Indien a aussi été évoqué.

Intervenant lors du Delhi Sustainable Development Summit à New Delhi, Rajesh Bhagwan a déclaré que "2005 will be a crucial year for the international community." Il a fait état du sommet des Small Island Developing States avec l'adoption de la Mauritius Strategy, de même que la prochaine revue des progrès par rapport aux Millenium Development Goals. "During the international meeting in Mauritius, small island nations presented their case to the global community with the aim, among others, to seek partnerships and innovative ways to help them address thier most vital challenges, including their economic and environmental vulnerabilities", a-t-il poursuivi devant un parterre comprenant des personnalités politiques et scientifiques du monde entier, dont l'Inde, les Pays-Bas, la Grande-Breagne, la Finlande, le Mexique, le Japon, la Suède et les États-Unis.

"The Mauritius Strategy puts a lot of emphasis on renewed and new partnerships. A lot of efforts have been and are still being put at the national level, but without international cooperation we will not achieve much. SIDS have been working on the creation of enabling environment conducive to foreign direct investment and other development assistance", a plaidé le ministre Bhagwan. Il a ajouté que la hausse du cours du pétrole pousse dans la direction des sources d'énergie nouvelles et renouvelables. Il a proposé la mise en place d'un Renewable Energy Fund. "This would definitely help in encouraging ventures such as the Ocean Thermal Energy Conversion (OTEC) technology. It would also help in the restructuration of the sugar sector in many SIDS in the light of the new WTO rules affecting the sugar industry, through assisting in developing the potential for energy production from bagasse", a-t-il soutenu.

En conclusion, le ministre de l'Environnement a mis l'accent sur le fait que "SIDS requirements for sustainable development are not ambitious nor are they enormous. In fact, they are proportional to their sizes, but are of critical importance, even to their survival. SIDS are countries that have put up the maximum of national efforts."


Fonction publique


Le POWC présente ses activités pour 2005

Le Public Officers Welfare Council (POWC) a présenté un plan d'action regroupant les activités qui se dérouleront pendant l'année jusqu'au mois de décembre. Ces activités sont destinées à ceux travaillant dans la fonction publique.

Avec pour but principal d'aider les employés et leur famille à prendre part à des activités en dehors de leur travail quotidien, ce plan d'action fait figure de véritable calendrier avec tout un programme, dont des tournois de football et la grande kermesse qui attire chaque année des milliers de personnes venant d'un peu partout à travers l'île. Le POWC se donne aussi pour mission d'améliorer la qualité de vie des employés de la fonction publique, en les faisant participer à des activités qui les aideraient à éliminer le stress. Ce sont également des moments de rencontre qui se révèlent toujours enrichissants.

Le ministre de la Fonction publique et des réformes administratives s'est réjoui de l'initiative de ce plan d'action et invite chaque ministère à en faire autant, déplorant que trop peu d'entre eux l'ont fait à ce jour. "J'ai toujours encouragé les ministères à venir de l'avant avec des plans d'actions qui seraient aussi une forme de transparence", a déclaré Ahmad Jeewah. Soulignant le fait que le gouvernement est soucieux de rendre meilleure la vie de ses citoyens, le ministre de la Fonction publique a aussi mentionné que le gouvernement a augmenté l'enveloppe budgétaire du POWC.

Faisant ressortir le travail formidable que fait le POWC, Ahmad Jeewah dit apprécier la participation des fonctionnaires rodriguais. Du reste, un programme d'échange est prévu au courant de l'année entre fonctionnaires mauriciens et rodriguais, dans le but de consolider l'amitié et la solidarité qui existent entre les deux peuples.

Pour sa part, le président du POWC, Krish Ponnusamy, a fait un bref rappel des événements qui ont marqué le Conseil depuis sa création, tout en donnant l'assurance à ceux présents que des efforts complémentaires seront faits afin d'être encore plus performant. Il s'est également appesanti sur le petit groupe que constitue le POWC, mais qui travaille d'arrache-pied.

Le POWC a été mis sur pied dans le but précis d'organiser des activités récréatives et culturelles. À travers ces activités, il aide à maintenir la communication et la bonne entente entre les employés des différents départements de la fonction publique.


40 ans de la MBC-TV


Marie-Josée Baudot :"On va revenir vers cette télévision d'antan"

Après trente-cinq ans passées à la MBC, Marie-José Baudot fait aujourd'hui du bénévolat au Foyer Duponsel, à Curepipe. Week-End l'a retrouvée, cette semaine, pour évoquer avec elle quelques temps forts des quarante années de la télévision à Maurice. Aujourd'hui, l'ancienne directrice de la Programmation évoque avec une certaine nostalgie les belles années de la MBC et se dit convaincu que l'"on va revenir vers cette télévision d'antan."

À ses débuts, elle était speakerine, comme Monique Oshan, Manda Boolell et les autres. Brushing impeccable, tenue seyante, diction prononcée, mais quel décor ! "D'abord, il y a eu un rideau bleu, puis un rideau jaune avant cet affreux décor avec une fenêtre ouverte sur des arbres", se souvient Marie-Josée Baudot. Du coup, les présentatrices décidèrent de personnaliser le décor en y apportant bouquets, plantes, et même du mobilier. "J'essayais d'innover en apportant de chez moi rideaux, lampes et meubles", avoue-t-elle dans un sourire nostalgique. Mais le "continuity announcement" n'était pas toujours une sinécure et les textes pas faciles à préparer. "Nous n'avions pas de fiches de programmes. Il fallait se documenter comme on pouvait. Pour ma part, je demandais à l'assembler de passer les films au ralenti pour que je puisse préparer mes notes. Lorsqu'il s'agissait de direct, on allait rencontrer le réalisateur et le présentateur avant de préparer les annonces", dit l'ex-speakerine.

Pendant ces années charnières où le direct faisait loi, "tout le monde s'impliquait, faisait de son mieux même si on n'était pas adéquatement rémunéré." La MBC était ainsi tel un édifice "où chacun apportait sa contribution", avec les moyens du bord. "On amenait souvent les gens chez nous pour les direct. Il y a eu beaucoup d'émissions réalisés dans mon salon ou sur la pelouse", dit-elle. Les moyens du bord, c'était aussi le "bus converti en studio" pour couvrir l'accession de Maurice à l'indépendance, au Champ de Mars, le 12 mars 1968. Ou encore, les compte rendus par téléphone, outil indispensable du reportage en direct pendant plusieurs années. En fait, les animateurs concevaient leur métier comme du travail social et percevaient la télévision comme un outil éducatif. "C'est à travers la télévision que les Mauriciens ont véritablement découvert Rodrigues qui n'était connue alors que comme une île avec des cabris. Nous y sommes allés lors du dernier voyage du Mauritius et avons réalisés une série de reportages", s'enorgueillit-elle.

Cours de créole pour les speakerines le dimanche matin

Si l'avènement de la couleur fut un tournant majeur dans l'histoire de la télévision, l'ancienne directrice de la programmation estime que cela "a plus marqué sur le plan technique qu'au niveau de la réalisation." Même si, dit-elle, la couleur a favorisé l'émergence de programmes plus variés. Autre tournant, autre débat : laplace du créole sur les ondes. "Au début, les speakerines devaient faire les annonces en anglais et en français simultanément", se souvient Marie-Josée Baudot. La tâche devenant ardue, il fut décidé d'utiliser l'une ou l'autre langue en fonction de l'émission. La grande majorité des émissions de direct étant en français, cette langue demeura pendant longtemps le médium de communication par excellence… jusqu'à la déferlante de la vague du créole, avec le passage de Gaëtan Essoo à la MBC dans les années 80. "Toutes les speakerines devaient suivre des cours de créole le dimanche matin", raconte notre interlocutrice qui avoue n'avoir pas suivi le courant créole. "À l'époque, de toute façon, je n'étais pas vraiment concernée car je ne faisais plus les annonces." Après avoir été tour à tour speakerine et animatrice à la radio et à la télévision - d'abord comme pigiste, puis à plein temps à partir de 1968 -, Marie-Josée Baudot avait alors la charge de la programmation de la radio.

L'OPA du créole sur les ondes fut toutefois de courte durée, le public ayant mal perçu cette démarche. "Les gens nous appelaient en colère. Ils nous disaient : Eski zot croire ki à coz nu bann zenfan miser, nu pas capav appran français ?" "Peut-être que le changement avait été trop brusque. Personne n'était préparé à cela", suggère notre interlocutrice. Retour donc à la case départ ? Pas tout à fait. "Le créole a graduellement et tout naturellement trouvé sa place à la radio et à la télévision sans que rien ne soit imposé. Les animateurs avaient trouvé d'eux-mêmes que les grands débats étaient mieux en créole et laissaient à chaque interlocuteur la liberté de s'exprimer dans la langue de son choix", explique Marie-Josée Baudot. Quelques années plus tard, le créole fit son entrée officiel au journal télévisé - sur une requête ministérielle, semble-t-il - : trois minutes le midi et quelques années plus tard, un journal complet en début de soirée.

"À l'heure des infos, on tirait un rideau sur le décor"

La présentation du JT du soir a également subi quelques menues transformations au fil des années. "Au départ, les informations se faisaient dans le petit studio d'annonces. Lorsque venait l'heure des infos, on tirait simplement un rideau sur le décor…" Ensuite, ce fut le "grand studio" de la MBC et enfin, un studio conçu spécialement pour les informations. Changement de décor, mais dans sa forme aussi, avec la présentation du JT en tandem. Une expérience intéressante - "cela créait une synergie" - mais de courte durée.

Les changements, les transformations, Marie-Josée Baudot les a vécus en direct tout au long des 35 années passées entre les murs de la MBC. En fait, "chaque directeur qui arrivait apportait quelque chose de nouveau et le suivant effaçait tout. J'en ai connu une dizaine", dira-t-elle. En fait, "le changement si brusque et si fréquent des directeurs a joué contre la MBC même s'il y avait très bonnes idées et de très bonnes initiatives", dit-elle en évoquant notamment, "la séparation des chaînes et la création de nouvelles chaînes", sous l'administration de Dan Callikan.

Comment la directrice des programmes a-t-elle vécu la politique de la station de radio-télévision nationale ? "Après les Anglais Stephen McCormack et Jerry Gaughan, j'ai travaillé sous la direction du premier directeur mauricien, Jean Delaître. À cette époque, les interventions ministérielles et religieuses étaient assez fortes, mais Jean Delaître avait une personnalité à défendre son personnel et son point de vue. De ce fait, nous n'étions pas inquiétés directement. Les remarques nous arrivaient temporisées… ", dit-elle. Ce qui ne fut pas toujours le cas par la suite ; les reproches, les directives devenant plus directes. "Il n'y avait plus le même respect des journalistes", dit-elle. Quant à la politique du gouvernement, "je ne l'ai pas vraiment sentie, même si elle a toujours été là, forte, puissante, tirant les ficelles. J'en ai peut-être été victime mais personnellement, mais je ne peut pas dire qu'un ministre m'ait appelé personnellement," dit Marie-Josée Baudot.

Les politiques, mais les religieux aussi, étaient, dès les premières années de la télévision, en première ligne sur le comité de programmation de la MBC, pour établir quoi diffuser sur le petit écran. "À l'époque déjà, chaque communauté cherchait son créneau et il fallait être en mesure de répondre à tous ces besoins", dit-elle. Comment ? "On calculait, sur un petit tableau, les heures de programmation par rapport à la représentativité sur le plan ethnique !", se remémore notre interlocutrice. Le côté positif, c'est que "les programmes ont apporté une ouverture sur le monde et ont permis aux gens de mieux se connaître. La télévision a contribué à rapprocher les différentes communautés", estime l'ex-speakerine. La MBC fut aussi une plate-forme pour "de grands débats qui, par la suite, ont eu des répercussions sur le plan national."

De Bonanza, à Marimar…

Si elle n'a pas la nostalgie d'être partie de la MBC - "qui est comme une famille pour moi" - Marie-Josée Baudot semble regretter toutefois ces années où l'on se nourrissait d'échanges, d'apports des gens de l'extérieur : Marcel Cabon, Madeleine Mamet, André Masson, Malcolm de Chazal et tant d'autres…. "Je ne crois pas que cela existe encore aujourd'hui", dit-elle. Mais la télévision mauricienne, c'était aussi l'avènement des jeux télévisés - L'île au Trésor de Jacques Cantin, "la première, la seule émission à avoir fait entrer une voiture à la télévision", Chassé Croisé, Dira Dira Pas, les quiz intercollèges. Les quarante années de la télévision ont aussi vu émerger des séries cultes, de Bonanza en 1965 à Marimar - qui symbolisa la mouvance des telenovelas et l'époque du "cari brûlé" - en passant par Star Trek ou La Petite Maison dans la Prairie, Voyage to the Bottom of The Sea, Fernandel, les westerns. "Il ne faut pas oublier non plus les programmes en direct, tel Hamara Desh Hamare Zindagi et enfin les longs métrages en hindoustani du jeudi soir. En quarante ans, c'est la seule chose qui n'a pas changé dans la grille de programmation", relève Marie-Josée Baudot.

Aujourd'hui, même si la télévision constitue toujours une ouverture sur le monde, ses dérives - sur le plan international - inquiètent l'ancienne directrice de la Programmation de la MBC. "Tout est exploité à des fins et à des buts pas tout le temps louables. Aujourd'hui, lorsqu'on regarde une émission, on ne peut s'empêcher de se demander ce qu'il y a derrière. On a plus confiance", dit-elle. Elle se dit convaincue toutefois qu'"on va revenir vers cette télévision d'antan. Peut-être pas sous la même forme ni avec les mêmes mots. Mais je crois que les gens ont besoin de quelque chose de profond, de repères, de balises qu'ils ont perdu aujourd'hui."

Après 35 ans passés à la MBC, Marie-Josée Baudot avoue regarder aujourd'hui plus volontiers le satellite… mais elle ne se désintéresse pas pour autant de la télévision nationale. "Maintenant qu'il y a plus de moyens, que les directeurs durent plus longtemps, qu'il y a un personnel motivé, il faut donner à ces derniers la chance de s'exprimer et de sortir des sentiers battus. Il ne faut pas avoir peur d'oser." C'est tout le bien que souhaite cette ancienne directrice de la programmation à la MBC à l'occasion de son 40e anniversaire.


40 ans de la MBC


Festival du cinéma jusqu'au 19 mars

Quarante ans de télévision à Maurice: voilà une occasion en or pour la MBC de sortir des sentiers battus. Le coup d'envoi sera donné le 8 février - date officielle du 40e anniversaire - avec un programme spécial "Découvertes" axé sur les coulisses de la télévision.

La grille des programmes sera quelque peu bouleversée pendant les cinq semaines pour faire place à des films cultes qui ont marqué le public au cours des quarante dernières années. C'est Madhumati, premier film en hindoustani diffusé par la MBC en 1965, qui ouvrira la séquence cinéma sur la deuxième chaîne, mardi prochain, alors que la première diffusera le célèbre western Pour quelques dollars de plus. La même semaine, les téléspectateurs auront droit à Devdas, Lethal Weapon, La Guerre du Feu, Tête à Claques, Rencontre du Troisième type ou encore Usual Suspects (le 12 février) et La Vie est Belle et Thal (le 13 février).

Place ensuite au romantisme - St Valentin oblige - avec des films tels Ghost, Bodyguard, When Harry met Sally, 4 Mariages et 1 Enterrement. Dans un autre registre, la MBC propose, pour la même période, Gandhi, La liste de Schindler, Salaam Bombay (en version originale), Guide ou encore Unforgiven. Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulin, Jean de Florette, Manon des Sources, ainsi que Hero, Kabhi Khushi Kabhi Gam, seront aussi en tête d'écran pour cette fête du cinéma, qui durera jusqu'au 19 mars.

La soirée du 8 février sera aussi marquée par la diffusion du premier d'une série de quarante portraits de personnes, connues et inconnues, qui parleront de la télévision. "L'idée, c'est de faire parler les anonymes ou ceux qui ont vécu des moments particuliers à la télévision", explique David Constantin, de Caméléon Productions, qui a conçu l'émission pour la MBC. Ces petits entretiens de trois minutes qui composent l'émission "40 ans ensemble" seront diffusés quotidiennement jusqu'au 19 mars. On y retrouvera, entre autres, Monique Oshan, la première speakerine de la télévision, Jacques Dinan (Dira, Dira Pas), mais aussi des artistes qui ont été dans les coulisses de la télévision, tels le comédien Jean-Claude Catheya ou encore Michel Legris, qui a remporté le premier Sugar Time.


170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage


Le passé remémoré

L'iniquité révoltante de l'esclavage, atrocité désormais reconnue comme crime contre l'Humanité par la Communauté internationale, a été une nouvelle fois soulignée, mardi, à l'occasion du 170e anniversaire de son abolition à Maurice. "Ici et ailleurs, rien ne peut, aujourd'hui, justifier l'inhumanité de l'esclavage", devait, à cet effet, rappeler le président de la République p.i., M. Raouf Bundhun, au Mémorial des Esclaves à Pointe Canon, Mahébourg, lors de la cérémonie officielle. À cette même cérémonie, le Premier ministre, M. Paul Bérenger a, pour sa part, regretté que cette page douloureuse de notre Histoire commune reste largement méconnue, notamment, de la jeune génération.

Le vice-Premier ministre, M. Pravind Jugnauth, devait, lui, insister sur la solidarité, dans l'adversité, entre les esclaves nouvellement affranchis et les premiers coolies. Ce 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage à Maurice a aussi été marqué par la remise officielle du bâtiment historique de la Poste centrale à Port-Louis au Centre Nelson Mandela pour la Culture africaine.

Selon son projet d'aménagement, ce centre comprendra, notamment, un parcours culturel s'étendant jusqu'à l'Aapravasi Ghat - autre lieu de mémoire ayant vu le débarquement des travailleurs engagés indiens - et qui se situe dans son voisinage immédiat.

Une plaque commémorative a aussi été dévoilée au lieu dit Trou Chenille, au pied du rocher emblématique du Morne qui symbolise la résistance à l'esclavage.

Les partis de l'opposition ont également, à leur manière, commémoré cet anniversaire. Ainsi, à Mahébourg, l'Alliance sociale conduite par le Parti Travailliste organisait un défilé de Pointe des Régates à Pointe Canon où a eu lieu un dépôt de gerbes. Le leader de l'opposition, le Dr Navin Ramgoolam a, à cette occasion, pris l'engagement d'honorer officiellement la mémoire de Ratsitatane, le prince malgache déporté dans l'île comme esclave et qui se révolta, au prix de sa vie, contre le pouvoir colonial.

Lors de leur rassemblement désormais traditionnel du 1er février au Morne, les Verts Fraternels de M. Sylvio Michel ont, de leur côté, réitéré leur opposition à tout projet de développement touristique en ce lieu. Sur un plan plus politique, leur leader, M. Sylvio Michel a souhaité que le Ptr se décide, d'ici au 1er mai, quant à leur inclusion au sein de l'Alliance sociale. Au cas contraire, a-t-il expliqué, sa formation ira en solo aux prochaines élections législatives.

La messe diocésaine annuelle pour commémorer l'abolition de l'esclavage dite en l'église du St Sacrement à Cassis a été, d'autre part, l'occasion d'un constat de la situation présente des descendants d'esclaves. Le père Jean-Maurice Labour, vicaire-général qui avait prononcé l'homélie, s'est, entre autres, inquiété des incidences de la mondialisation économique sur un certain nombre de métiers traditionnels et a réclamé une meilleure égalité des chances en matière d'emplois tant dans le secteur public que dans le secteur privé.


Signature d'une convention entre la Municipalité de Vacoas/Phoenix et la Pune Municipal Corporation (India)


Vacoas/Phoenix ville jumelle de Pune (Inde)

La ville de Vacoas/Phoenix s'est engagée à un jumelage avec la ville de Pune, en Inde. M. Vedanand Mossudee, le maire vacoassien, et Mme Deepti Chaudhari, le maire de Pune ont signé, la semaine dernière, dans les locaux de la municipalité de Vacoas/Phoenix, la convention de jumelage. Cet accord vise à approfondir les relations entre l'Inde et Maurice, et ces deux villes seront amenées à partager leurs expertises, sur une durée de cinq ans.

Les démarches formelles pour ce jumelage entre les deux villes ont démarré en 2002. Lors de son discours, M. Mossudee a déclaré que "Vacoas/Phoenix est fière de s'associer à Pune pour une coopération qui resserrera les liens entre Maurice et l'Inde et dont nos citoyens seront les bénéficiaires". La convention signée par ces deux maires convient ainsi de développer des actions coopératives sur divers plans, dont l'éducation, la bonne gestion de la ville et pour les programmes culturels… Cette coopération s'étalera sur une durée de cinq ans et pourra être étendue au-delà. Pune située à 160 km de Mumbai, est l'une des plus grandes villes industrielles de Maharashtra. Près de 3000 étudiants mauriciens y ont effectué leurs études dans cette ville réputée pour ces universités. Selon Mme Chaudhari, "la volonté d'engager un jumelage avec cette ville mauricienne, remonte à plusieurs années et a été rendue possible grâce au Mauritius Marathi Mandali Federation. A travers ce jumelage nous souhaitons échanger les expériences entre ces deux villes visant à un approfondissement des relations mauriciennes avec l'Inde. Et la signature de cette convention renvoie une image très positive de l'entente entre les deux pays. La relation Pune-Vacoas/Phoenix servira à rapprocher nos pays et ensemble préparer l'avenir". A l'occasion de cette signature le maire de Vacoas/Phoenix a remis un souvenir à Mme Chaudhari de même qu'aux divers représentants de la mairie de Pune. Les différents représentants vacoassiens ont également reçu des présents de la Pune Municipal Corporation (India).


Culture


Le Dr Ramsamy Appadoo: Premier Mauricien à avoir obtenu, en 2000, un doctorat en langue télégoue

Le Dr Ramsamy Appadoo est le premier Mauricien à avoir décroché, en 2000, un doctorat en langue télégoue. Enseignant à l'Institut Mahatma Gandhi, il est également le détenteur d'un M.A. (Master of Arts) de l'Université Osmania de Hyderabad, Inde, avec la mention First Division with distinction. Sa thèse de 425 pages pour l'obtention de son doctorat était axée sur l'interaction entre le télégou et le créole. La thèse: A socio-linguistic study of french,créole and telegu in Mauritius, a fait l'objet de recherches sur le terrain de l'auteur depuis 1996.

Pour ses études de M.A., le Dr Appadoo a obtenu une bourse du gouvernement indien sous le programme d'échanges culturels entre Maurice et l'Inde. En ce qu'il s'agit de son doctorat, le Dr Appadoo a obtenu le soutien de la Tertiary Education Commission (TEC).

Il est difficile de cerner en quelques lignes toute la complexité du sujet qu'aborde l'auteur de ce volumineux dossier. Le document pourrait même être utilisé par les historiens intéressés par l'immigration indienne. Grâce à une minutieuse reconstitution des faits, il a mis en lumière le souci de la première génération des immigrants indiens venant de l'Andhra Pradesh dont la langue maternelle était le télégou. Avec la montée du créole, cette langue devait subir les influences, et le télégou devint une langue secondaire. Les influences se sont accrues avec la colonisation. Ainsi, cette langue contient des mots anglais, français et hollandais. Les prononciations, la morphologie, la syntaxe, les sens de la langue télégoue sont différents du créole. Cette langue a subi des changements dans les pidgins et le créole bantu, originaire de l'Afrique.

Le Dr Appadoo a consacré une centaine de pages sur The evolution of telegu language and culture in Mauritius and their maintenance over the years. L'auteur a fait un bref survol de la langue télégoue, ses sons et sa morphologie. Au niveau linguistique, l'émergence et l'importance de l'école du soir ou le baitka et leur avenir.

L'application du linguistique à l'enseignement de la langue télégoue, les formes grammaticales, le phonétique et la contribution des enseignants au niveau primaire et secondaire sont autant de thèmes abordés par le Dr Appadoo. Pour sa thèse de doctorat, le Dr Appadoo devait séjourner dans le campus de l'Université de quatre à six mois par an.

Le Dr Appadoo peut s'énorgueillir d'avoir été le premier en télégoue à Maurice au niveau du School Certificate. Il devait obtenir le même rang pour les examens de Higher School Certificate au niveau des garçons. Celui qui a obtenu son doctorat de l'Université de Potti Sreeramulu Telegu University sous la supervision du Professeur B. Ramakrishna Reddy, considère que le télégou mérite d'être mieux encadré.

Certains documents et lettres écrits par les immigrants indiens de l'Andhra Pradesh ont été traduits par le Dr Appadoo. Ces lettres datant de plus de 170 ans ont été traduites après avoir été déchiffrées par l'auteur de la thèse.

Le Dr Appadoo considère Nannaya, le premier poète à avoir traduit le Mahabharata au 11ème siècle, comme une référence dans le domaine de la littérature télégoue.

Le Dr Appadoo met sa thèse à la disposition de ceux qui s'intéressent à la langue télégoue.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 6 février 2005