é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 28 novembre 2004



Avec la disparition d'Air Europe


Megh Pillay: " Des prouesses pour rassurer le marché italien "


Région


José Moutou:"J'invite les investisseurs mauriciens à venir s'installer à Tamatave"


Relations Maurice-Madagascar


Un protocole d'accord signé entre la Grande île et Maurice


Artisanat et hôtellerie


Maurice et Madagascar: la touche indocéanique


Rencontre


Mme Yvette Sylla ou le nouveau Madagascar


Dixième édition d'Infobreak


Assad Buglah fait un bilan du commerce international


Conférence expo de la UNDP GEF/SGP


Une expérience à renouveler…


Agriculture


Islands Fertilizers intègre le marché de fertilisants


Avec la disparition d'Air Europe


Megh Pillay: " Des prouesses pour rassurer le marché italien "

L'annulation de tous les vols d'Air Europe, compagnie aérienne italienne à bas prix, suite à de graves problèmes financiers, continue à mobiliser la cellule de crise mise sur pied par le Managing Director d'Air Mauritius, Megh Pillay, le week-end dernier. Le principal mandat de cette cellule est de prendre des dispositions nécessaires pour éviter toute répercussion adverse sur la croissance du tourisme en provenance d'Italie à cette période cruciale de l'année. Les indications recueillies jusqu'ici par Week-End indiquent que la compagnie aérienne nationale envisage d'affréter un avion en vue d'assurer huit vols supplémentaires sur l'Italie au cours de la période allant de la troisième semaine de décembre à la mi-janvier car pour les autres tranches, des solutions ne pénalisant nullement l'industrie touristique mauricienne, ont été déjà arrêtées par Air Mauritius. Du côté des Tour Operators italiens vendant la destination touristique de Maurice, le plus dur aurait été digéré avec la collaboration de la compagnie aérienne nationale.

Au cours de la semaine écoulée, Air Mauritius a transporté 402 passagers, qui avaient acheté leurs billets pour voyager à bord d'Air Europe et qui se seraient retrouvés autrement Stranded dans des aéroports. Interrogé à ce sujet, Megh Pillay a fait comprendre que " things are under control. Air Mauritius est en mesure d'assurer la situation jusqu'à la troisième semaine de décembre. Nous ne voulons en aucune manière que les interruptions de la desserte d'Air Europe sur Maurice se répercutent défavorablement sur la croissance du tourisme en provenance d'Italie. Nous sommes obligés à nous engager dans ces prouesses pour rassurer le marché touristique italien ".

En effet, si jusqu'à la troisième semaine de décembre, les ressources d'Air Mauritius pourront compenser l'absence d'Air Europe sur la ligne Maurice/Italie, la situation se complique à partir de cette période et ce jusqu'à la mi-janvier. " Notre capacité actuelle exige que pour faire face à la situation, nous aurons à affréter un avion pour assurer huit vols supplémentaires au cours de cette période entre Maurice et Milan. Jusqu'ici, nos recherches en vue de louer un aéronef ont été vaines et nous poursuivons nos efforts. Nous sommes confiants de pouvoir réussir car il y va de la réputation de Maurice sur le marché touristique italien en une période cruciale de l'année. Je dois souligner que pour ces opérations en substitution d'Air Europe, Air Mauritius ne bénéficie d'aucune marge de profits. C'est une opération menée avec une légère perte. Mais il y a des situations d'urgence que notre responsabilité de transporteur national et de principal partenaire du tourisme mauricien nous impose ", a encore ajouté le Managing Director d'Air Mauritius à Week-End.

En marge de ces démarches, une délégation d'Air Mauritius menée par Donald Payen, responsable du desk Europe, s'apprête à engager ce week-end des consultations informelles avec les autorités italiennes pour des dérogations en vue de permettre la compagnie aérienne d'opérer trois vols sur Milan à partir de janvier. " Ces trois vols sur Milan se justifient pour Air Mauritius car presque 85% du marché touristique italien pour Maurice provient de cette région. Nous ne faisons que répondre aux exigences du marché et éviter tout signe de découragement sur le marché ", a fait ressortir Megh Pillay.

Air Mauritius suit d'un bon œil les récents signes venant d'Alitalia pour un retour sur la ligne Maurice/Italie/Maurice. " Nous suivons de près la situation au niveau d'Alitalia, qui envisage un come-back sur Maurice. C'est un signe extrêmement positif. Air Mauritius accordera tout son soutien à cette démarche venant d'un transporteur régulier et porte-drapeau national. Le retour d'Alitalia constituera un développement positif sur le marché ", devait faire comprendre le Managing Director d'Air Mauritius.

De son côté, Donald Payen, qui se trouve en mission spéciale en Italie, a eu toute une série de consultations avec les Tour Operators italiens vendant Maurice en tant que destination touristique. " Les Tours Operators italiens savent que Mauritius means Business. Air Mauritius en a fait la démonstration quand elle a pris la relève d'une situation des plus compromettantes. Nous sommes engagés dans une série d'actions pour rassurer et calmer le marché italien avec la déroute d'Air Europe ", a déclaré Donald Payen, qui travaille en étroite collaboration avec Gérard Espitalier-Noël, le représentant d'Air Mauritius en Europe et Carla Rigoli, la nouvelle représentante en Italie.

Les Tour Operators italiens concèdent qu'avec l'annulation des vols d'Air Europe, ils s'étaient retrouvés dans une zone d'extrême turbulence. Mario Vercesi de Best Tours, l'un des plus importants revendeurs de Maurice sur le marché touristique italien, ne cache pas sa satisfaction devant les initiatives d'Air Mauritius. " The situation was a very difficult one. Everything was uncertain. The only certain thing was the help of Air Mauritius. We do appreciate the efforts of Air Mauritius in those hard circumstances " devait faire ressortir le patron de Best Toirs à Week-End en souhaitant que la compagnie aérienne nationale soit en mesure d'augmenter la fréquence de ses vols sur Milan dans un avenir pas très lointain.


Région


José Moutou:"J'invite les investisseurs mauriciens à venir s'installer à Tamatave"

José Moutou, hommes d'affaires mauricien basé à Madagascar, était à Maurice récemment pour une mission spécifique: celle de convaincre les investisseurs mauriciens à s'installer dans la nouvelle zone industrielle qui occupe une superficie de 400 hectares à Tamatave. Cette zone industrielle sera pourvue de toutes les infrastructures de base, d'un grand marché, de boutiques et d'une boulangerie. Elle comprend 300 parcelles de terre qui ont été morcelées en trois phases.

José Moutou est directeur général du groupe GETIM (Gestion Textile de Madagascar). Il est basé dans la Grande île depuis 1968. À travers son agence, PDS 2, il a été sollicité par le ministère malgache de l'Industrie pour convaincre les investisseurs locaux à venir à Madagascar, en particulier pour s'installer dans la zone industrielle de Tamatave.

José Moutou est très connu des Malgaches. Parmi ses réalisations, on compte la construction du palais du sénat malgache, près d'Antananarivo, dont les travaux ont déjà démarré. Cette infrastructure abritera l'année prochaine le Sommet de l'Union Africaine.

José Moutou insiste sur le partenariat public-privé, qui connaît un succès retentissant dans la Grande île et qui a été initié par le président malgache, Marc Ravalomanana. José Moutou estime qu'il y a actuellement une volonté d'aller rapidement avec le développement économique de Madagascar. D'où la création du Guichet Unique pour les Investisseurs et le Développement (GUIDE).

José Moutou, qui a passé plus de vingt ans à Madagascar, croit qu'il y a un changement radical dans ce pays. De nombreux investisseurs étrangers sont intéressés à revenir dans l'Ile Rouge. Il demande aux investisseurs mauriciens de venir voir les changements qui s'opèrent à Madagascar. Il leur demande de présenter des projets sérieux et de passer par les filières appropriées. Notre compatriote croit que si les investisseurs mauriciens ne font pas le déplacement, la place sera prise par des Chinois, des Italiens, des Sud-Africains ou des Allemands. José Moutou soutient que le secteur porteur dans la Grande île, est actuellement l'agroalimentaire. Puis viennent les fils métalliques, la papeterie et les épices.

José Moutou a arrêté un calendrier de travail avec les investisseurs mauriciens qui ont déjà annoncé leur volonté d'aller à Antananarivo. Il compte revenir à Maurice au mois de décembre en compagnie d'une grande délégation du ministère malgache de l'Industrie.

La société GETIM que dirige José Moutou a obtenu le premier prix de la Performance et la Qualité, octroyée par la Jeune Chambre Economique de Madagascar. GETIM est membre du Conseil de l'Immobilier Européen et membre de la Société Nationale Professionnelle Immobilière de Paris.


Relations Maurice-Madagascar


Un protocole d'accord signé entre la Grande île et Maurice

C'est sur une note positive et remplie de souhaits qu'a été signé, mercredi après-midi à l'hôtel Maritim, Balaclava, le protocole d'accord entre la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Maurice et la Fédération des Chambres de Commerce, d'Industrie, d'Artisanat et d'Agriculture de Madagascar.

Dans son discours de bienvenue, Marday Venkatasamy, président de la CCI de Maurice, a expliqué que "la signature est un pas en avant. C'est le prélude à une coopération profonde entre les deux pays et une étape vers la création probable d'une Chambre régionale".

Patrick Rakotoarison, président des Fédérations des Chambres de Commerce, d'Industrie, d'Artisanat et d'Agriculture de Madagascar, a parlé des similitudes entre nos deux pays. Face à la mondialisation, il est primordial que les pays de la région s'unissent pour faire face à la compétition internationale. Un partenariat entre les secteurs public et privé est plus qu'important, a estimé P. Rakatoarison.

L'ambassadeur de Madagascar à Maurice, Bruno Ranarivelo, médiateur entre Maurice et Madagascar, a émis plusieurs souhaits, notamment la planification des projets en marge d'un sommet en 2005 pour une rencontre des Chambres de Commerce et d'Industrie de la région. Il a aussi souhaité que cette signature engendre un plus grand dynamisme entre les deux pays.

La cérémonie protocolaire s'est terminée par le discours éloquent de l'épouse du Premier ministre malgache, Yvette Sylla. Elle a fait un exposé sur le passé commercial des deux pays et leur histoire commune. Elle a affirmé que cette signature est le symbole d'une volonté réciproque d'écrire et de continuer cette histoire.


Artisanat et hôtellerie


Maurice et Madagascar: la touche indocéanique

Mission accomplie pour le FIVMPAMA, groupement des opérateurs économiques malgaches, qui a organisé une exposition d'artisanat d'art SEHO 2004, à l'hôtel Maritim, Balaclava, cette semaine. Les entrepreneurs et les artisans de la Grande île rentrent chez eux, ce week-end, avec des commandes franches et des contacts mauriciens et internationaux. Le président du FIVMPAMA, Herin Tfalama Rajaonarivelo, se réjouit des relations de partenariat qui se sont développées entre les deux pays. Il est heureux d'avoir réussi à promouvoir l'idée d'une touche indocéanique, avec, dans un premier temps, la rencontre de l'artisanat malgache et de l'hôtellerie mauricienne.

À travers cette coopération bilatérale, Maurice pourra tirer avantage du savoir-faire malgache dans le domaine de l'artisanat d'art. La Grande île bénéficiera, elle, de l'expérience mauricienne dans l'hôtellerie, sa capacité de marketing et ses réseaux. Madagascar et Maurice sont "les deux pieds qui vont nous permettre d'aller toucher le marché de La Réunion, les Seychelles et éventuellement l'Afrique du Sud", a déclaré le président du FIVMPAMA à Week-End, vendredi. L'idée d'une touche indocéanique, poussée par ce dernier, a, semble-t-il, été bien reçue par les professionnels mauriciens, mais aussi par les autorités du pays.

D'une manière générale, l'exposition d'artisanat d'art a donné lieu à "beaucoup de rencontres professionnelles qui vont déboucher certainement sur des commandes récurrentes, surtout avec l'AHRIM et l'association des petits et moyens hôtels de Maurice", soutient Herin Tfalama Rajaonarivelo. Les exposants malgaches - une dizaine d'entreprises ont fait le déplacement - ont reçu la visite de certains grands acheteurs internationaux travaillant sur les États-Unis et le Japon. Ces derniers ont manifesté leur désir d'importer de Madagascar des accessoires de décoration et de la ferronnerie d'art.

Organisé l'an dernier à Tananarive, l'exposition SEHO a franchi un cap cette année en s'ouvrant à l'international. "Nous avons choisi Maurice parce que nos deux îles sont complémentaires", avait indiqué le président du FIVMPAMA, à l'ouverture de l'exposition, mardi dernier. Également présents ce jour-là, l'épouse du Premier ministre malgache, Yvette Sylla, l'épouse du président de la République mauricienne, Lady Jugnauth, l'ambassadeur de Madagascar à Maurice, Bruno Ranarivelo, et le président du conseil de district de Pamplemousses/Rivière du Rempart, Satish Ramruttun.

Pour le groupement d'opérateurs économiques, SEHO 2004 était avant tout une occasion de tisser un partenariat "fort et durable" dans deux secteurs dans lesquels ces deux pays ont un avantage comparatif: le tourisme mauricien et l'artisanat malgache.

Pour sa part, Mme Yvette Sylla a soutenu que "nous sommes là aujourd'hui pour reserrer non seulement les liens d'amitié mais aussi les liens de famille". Dans une présentation très lyrique de la "terre magique" de Madagascar, elle a rappelé l'étendue de la richesse de la Grande île, issue de sa "nature cinq étoiles". Une profusion végétale, source intarissable de matières premières de toutes sortes, d'essences forestières - qui seront transformées en objets d'arts ou en meubles - de plantes aromatiques, de plantes médicinales, de soie sauvage d'élevage. L'épouse du Premier ministre malgache a par ailleurs fait état de la mine de trésors de son pays: or, d'argent, cuivre, ammonites, innombrables pierres précieuses et semi-précieuses.

L'artisanat, qui représente aujourd'hui 7% du produit intérieur brut de Madagascar, est appelé à occuper une place de plus en plus importante dans l'économie de ce pays, a souligné de son côté l'ambassadeur de Madagascar à Maurice, Bruno Ranarivelo. La réussite de ce secteur - qui a contribué aussi à l'essor touristique de toutes les îles, a-t-il rappelé - est due à "la dextérité des artisans" et à "la créativité des opérateurs", indispensables pour faire face à des marchés de plus en plus exigeants.

De son côté, le président du conseil de district de Pamplemousses/Rivière du Rempart a évoqué une "volonté politique de raffermissement de la coopération régionale, en particulier sud-sud". Pour Satish Ramruttun, cette exposition est "une suite logique de la visite du Premier ministre mauricien à Madagascar", qui a abouti sur un accord général de coopération. "Madagascar peut devenir le grenier de l'océan Indien et pourquoi pas du COMESA", a-t-il souhaité, en évoquant, outre l'artisanat, l'industrie du thon ou encore l'épicerie fine.

SEHO 2004 regroupait une dizaine d'entreprises malgaches spécialisées dans la couture, la broderie, la transformation de la soie, la filature et le tissage traditionnels, la confection de bijoux, la vannerie, la ferronnerie d'art et l'art de la table et de la maison.


Rencontre


Mme Yvette Sylla ou le nouveau Madagascar

S'est tenue cette semaine à l'hôtel Maritim une exposition de l'artisanat d'art malgache. La délégation d'entrepreneurs malgaches spécialisés dans la production de l'artisanat d'art était accompagnée de Mme Yvette Sylla, épouse du Premier ministre de Madagascar. Cette historienne de formation a donné plusieurs conférences à Maurice, dont une, mercredi dernier, sur les relations mauriciano-malgaches. C'est sur ce thème et l'évolution de la situation à Madagascar que nous sommes allés interroger Mme Sylla qui, devoir de réserve d'épouse du Premier ministre oblige, a restreint le champ de nos interrogations. Aux questions qui pourraient fâcher, elle a choisi de faire une description d'un Madagascar solidement engagé sur la voie du développement.

Pour Mme Sylla, les relations mauriciano-malgaches "sont des relations d'amitié assez soutenues, des relations que l'on pourrait même qualifier de familiales parce que datant de plusieurs siècles. Nos relations commerciales ont été encore resserrées cette semaine avec la signature d'un accord entre les Chambres de Commerce de Maurice et de Madagascar." Même s'il y a eu au cours de l'histoire récente des périodes où, principalement pour des raisons politiques, les gouvernements respectifs des deux îles se sont parfois regardés en chiens de faïence. "Ces relations se sont bien améliorées de par la volonté des uns et des autres et les conflits et les tensions, s'il y en a eu, ont été réglés. Nous avons chez nous un concept très important le "fihavanana", c'est-à-dire la recherche constante de l'harmonie et le respect de la parenté." Il y a eu quand même quelques désaccords entre ces deux pays. Par exemple, pendant l'implantation des industriels mauriciens à Madagascar, certains d'entre eux ont dit avoir ressenti un sentiment de méfiance des Malgaches qui les considéraient comme des envahisseurs. L'historienne balaye cette argumentation d'une phrase: "Ce sont des clichés qui appartiennent davantage aux mythes qu'à la réalité. Ce sont là des a priori qu'on a pu trouver dans une certaine littérature des 18e et 19e siècles. Je crois que ce genre d'attitude ou de perception n'existe plus. Le Madagascar d'aujourd'hui a une tout autre vision du monde: celui d'un pays qui doit s'insérer dans un climat global. Le Madagascar d'aujourd'hui est un pays fermement engagé vers l'avenir, comme sa population l'a démontré. Cet engagement est important car il démontre une volonté pour avancer. Madagascar est un pays qui sait qu'il a devant lui toutes ses chances de s'épanouir, de se développer dans le temps présent." Il ne faut quand même pas oublier que le peuple malgache a longtemps accepté de se laisser mener sur des voies sans issue ? "Vous avez raison de le mentionner: pendant un certain temps, le peuple malgache a emprunté, de bonne foi, une voie sans issue. Mais il ne le savait pas quand il a commencé à s'y engager. Il a cru, pendant un moment qu'il était sur une voie menant vers un avenir radieux, mais au bout d'un certain temps, il s'est aperçu que c'était une voie aventureuse et, comme vous l'avez dit, sans issue. Par conséquent, le peuple a décidé de changer de direction et pour ce faire, il a repris les choses en main." Est-ce que le Malgache s'est engagé de plain-pied sur la nouvelle voie ou est-ce que, par rapport aux déceptions qu'il a pu vivre dans le passé, il se tient sur le bord de la route et regarde avec méfiance ? "Le peuple malgache est partie prenante depuis trois ans dans tout ce qui se passe dans son pays. Il est parti prenante parce que la volonté du gouvernement de faire la décentralisation, d'avoir une politique de proximité, est très importante et le concerne dans sa vie de tous les jours. Il faut savoir, par exemple, que le taux de scolarité des enfants malgaches qui était tombé à moins de 50 pour cent, dans certaines régions, il y a quatre ans, dépasse maintenant les 80%. Il y a de part et d'autre un effort qui a permis d'atteindre ces résultats: celui des autorités pour créer les conditions nécessaires et des parents de l'autre qui envoient leurs enfants à l'école."

"Le Malgache est passé de l'attitude de celui qui regarde, passivement, les événements à celui qui s'engage pour les faire évoluer dans une direction donnée. Au lieu de nous contenter de regarder le train passer, nous sommes non seulement entrés dans le train, mais veillons à ce qu'il aille dans la bonne direction."

Et comment sont les jeunes malgaches ? "Comme tous les jeunes, ils sont profondément dynamiques, savent ce qu'ils veulent, sont de leur temps. Ils ont donné un nouveau souffle à la musique - qui soit dit en passant est un domaine qui a beaucoup évolué à Madagascar, ces dernières années. Ce sont également des jeunes qui ont conscience qu'il faut travailler pour faire avancer le pays." Sont-ils, comme tous les autres jeunes de par le monde, des contestataires qui remettent en cause leurs aînés et leurs politiques ? "Ils ont fortement contesté dans un passé récent pour faire savoir qu'ils n'étaient pas d'accord et sentaient leur avenir en jeu. Ils ne contestent plus quand ils sentent que les choses vont dans le bon sens: ils participent alors. Ce qui est le cas actuellement et ce qui est avantage considérable pour un pays qui vient de se remettre en marche." Est-ce que les femmes malgaches ont, comme les jeunes, joué un rôle déterminant dans les changements survenus il y a un peu plus de trois ans dans la grande île ? "Les femmes malgaches ne jouent pas un rôle important dans le monde politique, mais le font dans tous les autres secteurs de la vie. Elles sont très actives économiquement au niveau des entreprises, dans les travaux agricoles, dans l'artisanat, l'éducation, la santé, l'administration publique. L'investissement féminin en politique est un phénomène extrêmement récent à Madagascar, mais je suppose qu'il faut s'attendre à beaucoup de développement rapide dans ce secteur particulier de la vie malgache." À écouter Mme Sylla, on pourrait facilement penser qu'après des années de stagnation, Madagascar est bien installé sur la voie du développement. Mais est-ce que son discours repose sur une analyse objective de la situation ou est l'expression fervente d'une Malgache qui veut voir son pays avancer ? "Il y a, certes, une part de ferveur dans mon discours. Cette ferveur découle de ma culture et de mon attachement à mon pays. Mais je crois que je suis capable d'appréhender objectivement la situation du pays. Quand une population prend à bras le corps l'avenir de son pays comme les Malgaches l'ont fait, cela dénote une conversion des mentalités. Ce changement de mentalité est la clef du nouveau comportement du Malgache qui est passé de l'attitude de celui qui regarde, passivement, les événements à celui qui s'engage pour les faire évoluer dans une direction donnée. Au lieu de nous contenter de regarder le train passer, nous sommes non seulement entrés dans le train, mais veillons à ce qu'il aille dans la bonne direction." Revenons sur les relations entre nos deux îles: est-ce que vue d'Antananarivo, Maurice fait partie intégrante du développement de Madagascar ? "Tous les pays de la région font partie du développement de Madagascar dans le cadre de la mondialisation. Aucun pays qui veut avancer ne peut se renfermer sur lui-même. Avec la globalisation, nous sommes tous interconnectés. Je ne dis pas que Maurice et Madagascar sont condamnés, mais au contraire, appelés à vivre ensemble le mieux et le plus harmonieusement possible. Comme nous avons su le faire depuis si longtemps."

Terminons cette brève rencontre en revenant à son point de départ: cette exposition d'artisanat d'art qui, souligne Mme Sylla, est plusieurs gammes au-dessus des produits auxquels sont habitués les Mauriciens. "Les Mauriciens ne connaissent pas bien l'artisanat d'art malgache haut de gamme. La production qui arrive à Maurice est une production de masse, mais de qualité, tandis que celle d'art propose des produits très hauts de gamme que les opérateurs malgaches sont venus faire découvrir aux Mauriciens. En dépit de notre proximité historique et géographique, nous avons énormément de choses à faire découvrir, à partager avec les Mauriciens." Pour notre interlocutrice, l'exposition d'artisanat d'art est le premier pas de ce qui sera une série d'échanges pour le bénéfice des peuples des deux îles, qui sont plus que de simples voisins. "Je suis très heureuse d'être à Maurice ou les Malgaches sont un peu chez nous. Je crois que cette volonté commune de vivre ensemble fera que nous allons bâtir solidement la maison Madagascar/Maurice où nous allons vivre en toute harmonie."


Dixième édition d'Infobreak


Assad Buglah fait un bilan du commerce international

Le 11 novembre dernier, les membres de l'International Public Relations Association (IPRA) se sont réunis pour la dixième édition d'Infobreak. M. Assad Buglah, directeur du Trade Policy de l'International Trade Division au ministère des Affaires étrangères, du Commerce international et de la Coopération régionale, a dressé un tableau de la situation au niveau du commerce international, en axant son intervention sur la place qu'y occupe Maurice.

M. Buglah s'est attardé sur le GATT, qui fut créé en 1947 après la Seconde Guerre mondiale. Il a expliqué les différentes négociations qui ont eu lieu au niveau régional, multilatéral et bilatéral, l'objectif premier étant de maintenir les règles générales qui régissent le commerce international.

Les principes de l'OMC consistent en quatre points: la non-discrimination envers tous les membres (c'est-à-dire, aucun privilège pour aucun pays, qu'il soit développé ou moins développé); le caractère illégal des quotas; aucun subside sur les exportations; et un commerce équitable entre nations. M. Buglah a énuméré les périodes clé du commerce international - 1947, 1960, 1986-1993 et l'accord DOHA. De nos jours, le commerce international a connu un équilibre dû à l'agriculture et le textile, qui continuent à alimenter l'économie de certains pays, le secteur de la formation, du service et de la technologie qui émergent dans d'autres économies.

M. Buglah a fait ressortir que Maurice mise sur la tenue de la conférence des Small Island Developing States (SIDS) pour qu'une étude spéciale soit entreprise afin de trouver une solution pour les petits États. Notons qu'à l'OMC, chaque pays défend ses intérêts, et Maurice doit se battre pour faire face aux règles des négociations multilatérales.


Conférence expo de la UNDP GEF/SGP


Une expérience à renouveler…

Conjuguer l'esprit de créativité avec la nature, protéger des patrimoines naturels, s'inspirer de l'environnement pour lancer des projets éducatifs, mener des actions pour sensibiliser les gens au problème de réchauffement de la planète… Les ONG ne s'épargnent aucun effort dans ce sens. Elles ont eu l'occasion de présenter au public leurs réalisations dans ces domaines, mercredi à l'Auditorium Octave Wiehe, Réduit, dans le cadre de la Conférence exposition - 2004 Grantees'Exhibition and Conference - de l'équipe la UNDP Global Environnement Facility Small Grants Programme (UNDP-GEF/SGP). "Une expérience fort enrichissante", disent les participants. A la UNDP, on songe déjà à l'année prochaine….

"You can now go home with ideas and come back with grant applications." C'est sur cette note que la conférence exposition a pris fin vendredi. L'objectif était atteint pour l'équipe de la UNDP-GEF/SGP qui, en organisant cette journée d'activités, a voulu mettre en valeur les différents projets réalisés au cours de ces neuf dernières années et montrer au public les retombées de leurs actions. "C'est à la fois impressionnant et enrichissant de découvrir comment ces organisations ont pu mettre en pratique leurs idées tout en restant centrées sur l'environnement et la nature. Chapeau à ces ONG", témoigne un des visiteurs.

Pour sa part, Pamela Dundoo, Coordonnatrice de la UNDP-GEF Small Grants Program, soutient avoir été "frappée" par l'impact que cette exposition a eu sur les enfants. "J'ai été agréablement surprise par la réaction des enfants. Je suis particulièrement satisfaite par rapport à la portée éducative que cette exposition et la participation des ONG, qui ont largement contribué au succès de cette conférence exposition", confie-t-elle.

Ils étaient une vingtaine à avoir participé à l'exposition et à partager dans les moindres détails leur expérience dans des domaines spécifiques. A l'instar du projet de CEDREFI qui a su inciter des jeunes recalés du CPE à bénéficier d'une formation et de développer un esprit de créativité dans le domaine de l'artisanat tout en s'inspirant de la nature. Et les résultats sont flatteurs lorsqu'on découvre ce que l'on peut faire avec des matériels recyclés. La même impression se dégage pour les autres projets, allant de la protection d'espèces en voie de disparition à la valorisation des produits artisanaux en passant le recyclage ou le compostage.

"C'était également l'occasion de faire un appel aux nouveaux projets, aux nouvelles idées pour la poursuite de telles actions à Maurice comme à Rodrigues", fait ressortir Pamela Dundoo. La UNDP GEF Small Grants Programme a déjà reçu cette année des demandes de financement pour 17 projets. Cinq nouveaux projets sont déjà en phase de développement. Depuis sa création en 95, ce programme d'aide a financé une cinquantaine de projets qui, à ce jour, ont été complétés ou sont toujours en cours.


Agriculture


Islands Fertilizers intègre le marché de fertilisants

Island Fertilizers veut se faire une place sur le marché des fertilisants. En se lançant dans le "blending", cette nouvelle compagnie ambitionne d'approvisionner le marché local de 30 000 tonnes de produits, et ce, à des prix "compétitifs". La Blending Plant a été inaugurée jeudi à Mer Rouge en présence du Vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth qui, aussi bien que les promoteurs, ont évoqué les nouvelles possibilités d'approvisionnement sur le marché et la fin d'un monopole qui existe depuis trente ans.

Rs 100 millions. C'est le montant investi dans le projet d'Island Fertilizers, qui se spécialisera principalement dans les "blended fertilizers", nouvelle technique reconnue mondialement. La mise en opération de cette nouvelle usine, selon les promoteurs, permettra aux agriculteurs d'utiliser cette nouvelle génération de fertilisants pouvant être produits selon la demande des sols et de cultures. "Les'blends'coûtent moins chers à produire que le fertilisant complexe de par le fait que les constituants sont simplement mélangés physiquement. Ils nécessitent un minimum d'énergie électrique, alors que les fertilisants complexes nécessitent des relations chimiques en forme de liquide avant d'être séchés et granulés. Ce procédé implique des coûts additionnels et substantiels en matière d'énergie", explique le Managing Director de Island Fertilizers, Arnaud Leclézio.

La concrétisation de ce projet, dit-il, peut se comparer à un "parcours de combattant". "Certains lobbies", explique-t-il, ont failli faire capoter le projet. Mais aujourd'hui, dit-il, le gouvernement est conscient des avantages des "blends" et "notre pays peut enfin être en ligne avec la tendance internationale". Pourtant ce projet date de quatre ans. "Le projet ne s'était pas concrétisé à l'époque faute de conviction des principaux promoteurs et vraisemblablement par la crainte de certains de briser un monopole vieux de plus de trente ans", devait-il ajouter.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances est du même avis: "Ce projet émanant de la communauté des planteurs offre de nouvelles possibilités d'approvisionnement en fertilisants. Il cadre avec les efforts du gouvernement pour assurer la viabilité et la compétitivité de l'industrie sucrière. Cette démarche cadre également avec l'évolution sur le plan international, qui fait que l'industrie sucrière doit non seulement baisser les coûts de production, mais aussi demeurer compétitive face à la concurrence. Island Fertilizers a obtenu l'autorisation d'importer d'autres produits, tels que les herbicides, car nous ne voulons pas de monopole dans ce secteur ", dit-il.

Le président de la Mauritius Coopérative Agricultural Federation (MCAF), Guirdharry Juggessur, présenté également lors de l'inauguration de la nouvelle usine, estime pour sa part qu'un marché compétitif ne peut qu'être bénéfique aux agriculteurs.



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 28 novembre 2004