L'annulation de tous les vols d'Air Europe, compagnie aérienne
italienne à bas prix, suite à de graves problèmes
financiers, continue à mobiliser la cellule de crise mise
sur pied par le Managing Director d'Air Mauritius, Megh
Pillay, le week-end dernier. Le principal mandat de cette cellule
est de prendre des dispositions nécessaires pour éviter
toute répercussion adverse sur la croissance du tourisme
en provenance d'Italie à cette période cruciale
de l'année. Les indications recueillies jusqu'ici par Week-End
indiquent que la compagnie aérienne nationale envisage
d'affréter un avion en vue d'assurer huit vols supplémentaires
sur l'Italie au cours de la période allant de la troisième
semaine de décembre à la mi-janvier car pour les
autres tranches, des solutions ne pénalisant nullement
l'industrie touristique mauricienne, ont été déjà
arrêtées par Air Mauritius. Du côté
des Tour Operators italiens vendant la destination touristique
de Maurice, le plus dur aurait été digéré
avec la collaboration de la compagnie aérienne nationale.
Au cours de la semaine écoulée, Air Mauritius
a transporté 402 passagers, qui avaient acheté
leurs billets pour voyager à bord d'Air Europe et
qui se seraient retrouvés autrement Stranded dans
des aéroports. Interrogé à ce sujet, Megh
Pillay a fait comprendre que " things are under control.
Air Mauritius est en mesure d'assurer la situation jusqu'à
la troisième semaine de décembre. Nous ne voulons
en aucune manière que les interruptions de la desserte
d'Air Europe sur Maurice se répercutent défavorablement
sur la croissance du tourisme en provenance d'Italie. Nous sommes
obligés à nous engager dans ces prouesses pour rassurer
le marché touristique italien ".
En effet, si jusqu'à la troisième semaine de décembre,
les ressources d'Air Mauritius pourront compenser l'absence
d'Air Europe sur la ligne Maurice/Italie, la situation
se complique à partir de cette période et ce jusqu'à
la mi-janvier. " Notre capacité actuelle exige
que pour faire face à la situation, nous aurons à
affréter un avion pour assurer huit vols supplémentaires
au cours de cette période entre Maurice et Milan. Jusqu'ici,
nos recherches en vue de louer un aéronef ont été
vaines et nous poursuivons nos efforts. Nous sommes confiants
de pouvoir réussir car il y va de la réputation
de Maurice sur le marché touristique italien en une période
cruciale de l'année. Je dois souligner que pour ces opérations
en substitution d'Air Europe, Air Mauritius ne bénéficie
d'aucune marge de profits. C'est une opération menée
avec une légère perte. Mais il y a des situations
d'urgence que notre responsabilité de transporteur national
et de principal partenaire du tourisme mauricien nous impose ",
a encore ajouté le Managing Director d'Air
Mauritius à Week-End.
En marge de ces démarches, une délégation
d'Air Mauritius menée par Donald Payen, responsable
du desk Europe, s'apprête à engager ce week-end des
consultations informelles avec les autorités italiennes
pour des dérogations en vue de permettre la compagnie aérienne
d'opérer trois vols sur Milan à partir de janvier.
" Ces trois vols sur Milan se justifient pour Air Mauritius
car presque 85% du marché touristique italien pour Maurice
provient de cette région. Nous ne faisons que répondre
aux exigences du marché et éviter tout signe de
découragement sur le marché ", a fait ressortir
Megh Pillay.
Air Mauritius suit d'un bon il les récents
signes venant d'Alitalia pour un retour sur la ligne Maurice/Italie/Maurice.
" Nous suivons de près la situation au niveau d'Alitalia,
qui envisage un come-back sur Maurice. C'est un signe extrêmement
positif. Air Mauritius accordera tout son soutien à cette
démarche venant d'un transporteur régulier et porte-drapeau
national. Le retour d'Alitalia constituera un développement
positif sur le marché ", devait faire comprendre
le Managing Director d'Air Mauritius.
De son côté, Donald Payen, qui se trouve en mission
spéciale en Italie, a eu toute une série de consultations
avec les Tour Operators italiens vendant Maurice en tant
que destination touristique. " Les Tours Operators italiens
savent que Mauritius means Business. Air Mauritius en a fait la
démonstration quand elle a pris la relève d'une
situation des plus compromettantes. Nous sommes engagés
dans une série d'actions pour rassurer et calmer le marché
italien avec la déroute d'Air Europe ", a déclaré
Donald Payen, qui travaille en étroite collaboration avec
Gérard Espitalier-Noël, le représentant d'Air
Mauritius en Europe et Carla Rigoli, la nouvelle représentante
en Italie.
Les Tour Operators italiens concèdent qu'avec l'annulation
des vols d'Air Europe, ils s'étaient retrouvés
dans une zone d'extrême turbulence. Mario Vercesi de Best
Tours, l'un des plus importants revendeurs de Maurice sur
le marché touristique italien, ne cache pas sa satisfaction
devant les initiatives d'Air Mauritius. " The situation
was a very difficult one. Everything was uncertain. The only certain
thing was the help of Air Mauritius. We do appreciate the efforts
of Air Mauritius in those hard circumstances " devait
faire ressortir le patron de Best Toirs à Week-End
en souhaitant que la compagnie aérienne nationale soit
en mesure d'augmenter la fréquence de ses vols sur Milan
dans un avenir pas très lointain.
Région
José Moutou:"J'invite les investisseurs mauriciens
à venir s'installer à Tamatave"
José Moutou, hommes d'affaires mauricien basé à
Madagascar, était à Maurice récemment pour
une mission spécifique: celle de convaincre les investisseurs
mauriciens à s'installer dans la nouvelle zone industrielle
qui occupe une superficie de 400 hectares à Tamatave. Cette
zone industrielle sera pourvue de toutes les infrastructures de
base, d'un grand marché, de boutiques et d'une boulangerie.
Elle comprend 300 parcelles de terre qui ont été
morcelées en trois phases.
José Moutou est directeur général du groupe
GETIM (Gestion Textile de Madagascar). Il est basé dans
la Grande île depuis 1968. À travers son agence,
PDS 2, il a été sollicité par le ministère
malgache de l'Industrie pour convaincre les investisseurs locaux
à venir à Madagascar, en particulier pour s'installer
dans la zone industrielle de Tamatave.
José Moutou est très connu des Malgaches. Parmi
ses réalisations, on compte la construction du palais du
sénat malgache, près d'Antananarivo, dont les travaux
ont déjà démarré. Cette infrastructure
abritera l'année prochaine le Sommet de l'Union Africaine.
José Moutou insiste sur le partenariat public-privé,
qui connaît un succès retentissant dans la Grande
île et qui a été initié par le président
malgache, Marc Ravalomanana. José Moutou estime qu'il y
a actuellement une volonté d'aller rapidement avec le développement
économique de Madagascar. D'où la création
du Guichet Unique pour les Investisseurs et le Développement
(GUIDE).
José Moutou, qui a passé plus de vingt ans à
Madagascar, croit qu'il y a un changement radical dans ce pays.
De nombreux investisseurs étrangers sont intéressés
à revenir dans l'Ile Rouge. Il demande aux investisseurs
mauriciens de venir voir les changements qui s'opèrent
à Madagascar. Il leur demande de présenter des projets
sérieux et de passer par les filières appropriées.
Notre compatriote croit que si les investisseurs mauriciens ne
font pas le déplacement, la place sera prise par des Chinois,
des Italiens, des Sud-Africains ou des Allemands. José
Moutou soutient que le secteur porteur dans la Grande île,
est actuellement l'agroalimentaire. Puis viennent les fils métalliques,
la papeterie et les épices.
José Moutou a arrêté un calendrier de travail
avec les investisseurs mauriciens qui ont déjà annoncé
leur volonté d'aller à Antananarivo. Il compte revenir
à Maurice au mois de décembre en compagnie d'une
grande délégation du ministère malgache de
l'Industrie.
La société GETIM que dirige José Moutou a
obtenu le premier prix de la Performance et la Qualité,
octroyée par la Jeune Chambre Economique de Madagascar.
GETIM est membre du Conseil de l'Immobilier Européen et
membre de la Société Nationale Professionnelle Immobilière
de Paris.
Relations Maurice-Madagascar
Un protocole d'accord signé entre la Grande île
et Maurice
C'est sur une note positive et remplie de souhaits qu'a été
signé, mercredi après-midi à l'hôtel
Maritim, Balaclava, le protocole d'accord entre la Chambre de
Commerce et d'Industrie (CCI) de Maurice et la Fédération
des Chambres de Commerce, d'Industrie, d'Artisanat et d'Agriculture
de Madagascar.
Dans son discours de bienvenue, Marday Venkatasamy, président
de la CCI de Maurice, a expliqué que "la signature
est un pas en avant. C'est le prélude à une coopération
profonde entre les deux pays et une étape vers la création
probable d'une Chambre régionale".
Patrick Rakotoarison, président des Fédérations
des Chambres de Commerce, d'Industrie, d'Artisanat et d'Agriculture
de Madagascar, a parlé des similitudes entre nos deux pays.
Face à la mondialisation, il est primordial que les pays
de la région s'unissent pour faire face à la compétition
internationale. Un partenariat entre les secteurs public et privé
est plus qu'important, a estimé P. Rakatoarison.
L'ambassadeur de Madagascar à Maurice, Bruno Ranarivelo,
médiateur entre Maurice et Madagascar, a émis plusieurs
souhaits, notamment la planification des projets en marge d'un
sommet en 2005 pour une rencontre des Chambres de Commerce et
d'Industrie de la région. Il a aussi souhaité que
cette signature engendre un plus grand dynamisme entre les deux
pays.
La cérémonie protocolaire s'est terminée
par le discours éloquent de l'épouse du Premier
ministre malgache, Yvette Sylla. Elle a fait un exposé
sur le passé commercial des deux pays et leur histoire
commune. Elle a affirmé que cette signature est le symbole
d'une volonté réciproque d'écrire et de continuer
cette histoire.
Artisanat et hôtellerie
Maurice et Madagascar: la touche indocéanique
Mission accomplie pour le FIVMPAMA, groupement des opérateurs
économiques malgaches, qui a organisé une exposition
d'artisanat d'art SEHO 2004, à l'hôtel Maritim, Balaclava,
cette semaine. Les entrepreneurs et les artisans de la Grande
île rentrent chez eux, ce week-end, avec des commandes franches
et des contacts mauriciens et internationaux. Le président
du FIVMPAMA, Herin Tfalama Rajaonarivelo, se réjouit des
relations de partenariat qui se sont développées
entre les deux pays. Il est heureux d'avoir réussi à
promouvoir l'idée d'une touche indocéanique, avec,
dans un premier temps, la rencontre de l'artisanat malgache et
de l'hôtellerie mauricienne.
À travers cette coopération bilatérale, Maurice
pourra tirer avantage du savoir-faire malgache dans le domaine
de l'artisanat d'art. La Grande île bénéficiera,
elle, de l'expérience mauricienne dans l'hôtellerie,
sa capacité de marketing et ses réseaux. Madagascar
et Maurice sont "les deux pieds qui vont nous permettre
d'aller toucher le marché de La Réunion, les Seychelles
et éventuellement l'Afrique du Sud", a déclaré
le président du FIVMPAMA à Week-End, vendredi.
L'idée d'une touche indocéanique, poussée
par ce dernier, a, semble-t-il, été bien reçue
par les professionnels mauriciens, mais aussi par les autorités
du pays.
D'une manière générale, l'exposition d'artisanat
d'art a donné lieu à "beaucoup de rencontres
professionnelles qui vont déboucher certainement sur des
commandes récurrentes, surtout avec l'AHRIM et l'association
des petits et moyens hôtels de Maurice", soutient
Herin Tfalama Rajaonarivelo. Les exposants malgaches - une dizaine
d'entreprises ont fait le déplacement - ont reçu
la visite de certains grands acheteurs internationaux travaillant
sur les États-Unis et le Japon. Ces derniers ont manifesté
leur désir d'importer de Madagascar des accessoires de
décoration et de la ferronnerie d'art.
Organisé l'an dernier à Tananarive, l'exposition
SEHO a franchi un cap cette année en s'ouvrant à
l'international. "Nous avons choisi Maurice parce que
nos deux îles sont complémentaires", avait
indiqué le président du FIVMPAMA, à l'ouverture
de l'exposition, mardi dernier. Également présents
ce jour-là, l'épouse du Premier ministre malgache,
Yvette Sylla, l'épouse du président de la République
mauricienne, Lady Jugnauth, l'ambassadeur de Madagascar à
Maurice, Bruno Ranarivelo, et le président du conseil de
district de Pamplemousses/Rivière du Rempart, Satish Ramruttun.
Pour le groupement d'opérateurs économiques, SEHO
2004 était avant tout une occasion de tisser un partenariat
"fort et durable" dans deux secteurs dans lesquels ces
deux pays ont un avantage comparatif: le tourisme mauricien et
l'artisanat malgache.
Pour sa part, Mme Yvette Sylla a soutenu que "nous sommes
là aujourd'hui pour reserrer non seulement les liens d'amitié
mais aussi les liens de famille". Dans une présentation
très lyrique de la "terre magique" de Madagascar,
elle a rappelé l'étendue de la richesse de la Grande
île, issue de sa "nature cinq étoiles".
Une profusion végétale, source intarissable de matières
premières de toutes sortes, d'essences forestières
- qui seront transformées en objets d'arts ou en meubles
- de plantes aromatiques, de plantes médicinales, de soie
sauvage d'élevage. L'épouse du Premier ministre
malgache a par ailleurs fait état de la mine de trésors
de son pays: or, d'argent, cuivre, ammonites, innombrables pierres
précieuses et semi-précieuses.
L'artisanat, qui représente aujourd'hui 7% du produit intérieur
brut de Madagascar, est appelé à occuper une place
de plus en plus importante dans l'économie de ce pays,
a souligné de son côté l'ambassadeur de Madagascar
à Maurice, Bruno Ranarivelo. La réussite de ce secteur
- qui a contribué aussi à l'essor touristique de
toutes les îles, a-t-il rappelé - est due à
"la dextérité des artisans" et
à "la créativité des opérateurs",
indispensables pour faire face à des marchés de
plus en plus exigeants.
De son côté, le président du conseil de district
de Pamplemousses/Rivière du Rempart a évoqué
une "volonté politique de raffermissement de la
coopération régionale, en particulier sud-sud".
Pour Satish Ramruttun, cette exposition est "une suite
logique de la visite du Premier ministre mauricien à Madagascar",
qui a abouti sur un accord général de coopération.
"Madagascar peut devenir le grenier de l'océan
Indien et pourquoi pas du COMESA", a-t-il souhaité,
en évoquant, outre l'artisanat, l'industrie du thon ou
encore l'épicerie fine.
SEHO 2004 regroupait une dizaine d'entreprises malgaches spécialisées
dans la couture, la broderie, la transformation de la soie, la
filature et le tissage traditionnels, la confection de bijoux,
la vannerie, la ferronnerie d'art et l'art de la table et de la
maison.
Rencontre
Mme Yvette Sylla ou le nouveau Madagascar
S'est tenue cette semaine à l'hôtel Maritim une exposition
de l'artisanat d'art malgache. La délégation d'entrepreneurs
malgaches spécialisés dans la production de l'artisanat
d'art était accompagnée de Mme Yvette Sylla, épouse
du Premier ministre de Madagascar. Cette historienne de formation
a donné plusieurs conférences à Maurice,
dont une, mercredi dernier, sur les relations mauriciano-malgaches.
C'est sur ce thème et l'évolution de la situation
à Madagascar que nous sommes allés interroger Mme
Sylla qui, devoir de réserve d'épouse du Premier
ministre oblige, a restreint le champ de nos interrogations. Aux
questions qui pourraient fâcher, elle a choisi de faire
une description d'un Madagascar solidement engagé sur la
voie du développement.
Pour Mme Sylla, les relations mauriciano-malgaches "sont
des relations d'amitié assez soutenues, des relations que
l'on pourrait même qualifier de familiales parce que datant
de plusieurs siècles. Nos relations commerciales ont été
encore resserrées cette semaine avec la signature d'un
accord entre les Chambres de Commerce de Maurice et de Madagascar."
Même s'il y a eu au cours de l'histoire récente des
périodes où, principalement pour des raisons politiques,
les gouvernements respectifs des deux îles se sont parfois
regardés en chiens de faïence. "Ces relations
se sont bien améliorées de par la volonté
des uns et des autres et les conflits et les tensions, s'il y
en a eu, ont été réglés. Nous avons
chez nous un concept très important le "fihavanana",
c'est-à-dire la recherche constante de l'harmonie et le
respect de la parenté." Il y a eu quand même
quelques désaccords entre ces deux pays. Par exemple, pendant
l'implantation des industriels mauriciens à Madagascar,
certains d'entre eux ont dit avoir ressenti un sentiment de méfiance
des Malgaches qui les considéraient comme des envahisseurs.
L'historienne balaye cette argumentation d'une phrase: "Ce
sont des clichés qui appartiennent davantage aux mythes
qu'à la réalité. Ce sont là des a
priori qu'on a pu trouver dans une certaine littérature
des 18e et 19e siècles. Je crois que ce genre d'attitude
ou de perception n'existe plus. Le Madagascar d'aujourd'hui a
une tout autre vision du monde: celui d'un pays qui doit s'insérer
dans un climat global. Le Madagascar d'aujourd'hui est un pays
fermement engagé vers l'avenir, comme sa population l'a
démontré. Cet engagement est important car il démontre
une volonté pour avancer. Madagascar est un pays qui sait
qu'il a devant lui toutes ses chances de s'épanouir, de
se développer dans le temps présent." Il
ne faut quand même pas oublier que le peuple malgache a
longtemps accepté de se laisser mener sur des voies sans
issue ? "Vous avez raison de le mentionner: pendant un
certain temps, le peuple malgache a emprunté, de bonne
foi, une voie sans issue. Mais il ne le savait pas quand il a
commencé à s'y engager. Il a cru, pendant un moment
qu'il était sur une voie menant vers un avenir radieux,
mais au bout d'un certain temps, il s'est aperçu que c'était
une voie aventureuse et, comme vous l'avez dit, sans issue. Par
conséquent, le peuple a décidé de changer
de direction et pour ce faire, il a repris les choses en main."
Est-ce que le Malgache s'est engagé de plain-pied sur
la nouvelle voie ou est-ce que, par rapport aux déceptions
qu'il a pu vivre dans le passé, il se tient sur le bord
de la route et regarde avec méfiance ? "Le peuple
malgache est partie prenante depuis trois ans dans tout ce qui
se passe dans son pays. Il est parti prenante parce que la volonté
du gouvernement de faire la décentralisation, d'avoir une
politique de proximité, est très importante et le
concerne dans sa vie de tous les jours. Il faut savoir, par exemple,
que le taux de scolarité des enfants malgaches qui était
tombé à moins de 50 pour cent, dans certaines régions,
il y a quatre ans, dépasse maintenant les 80%. Il y a de
part et d'autre un effort qui a permis d'atteindre ces résultats:
celui des autorités pour créer les conditions nécessaires
et des parents de l'autre qui envoient leurs enfants à
l'école."
"Le Malgache est passé de l'attitude de celui qui
regarde, passivement, les événements à celui
qui s'engage pour les faire évoluer dans une direction
donnée. Au lieu de nous contenter de regarder le train
passer, nous sommes non seulement entrés dans le train,
mais veillons à ce qu'il aille dans la bonne direction."
Et comment sont les jeunes malgaches ? "Comme tous les
jeunes, ils sont profondément dynamiques, savent ce qu'ils
veulent, sont de leur temps. Ils ont donné un nouveau souffle
à la musique - qui soit dit en passant est un domaine qui
a beaucoup évolué à Madagascar, ces dernières
années. Ce sont également des jeunes qui ont conscience
qu'il faut travailler pour faire avancer le pays." Sont-ils,
comme tous les autres jeunes de par le monde, des contestataires
qui remettent en cause leurs aînés et leurs politiques
? "Ils ont fortement contesté dans un passé
récent pour faire savoir qu'ils n'étaient pas d'accord
et sentaient leur avenir en jeu. Ils ne contestent plus quand
ils sentent que les choses vont dans le bon sens: ils participent
alors. Ce qui est le cas actuellement et ce qui est avantage considérable
pour un pays qui vient de se remettre en marche." Est-ce
que les femmes malgaches ont, comme les jeunes, joué un
rôle déterminant dans les changements survenus il
y a un peu plus de trois ans dans la grande île ? "Les
femmes malgaches ne jouent pas un rôle important dans le
monde politique, mais le font dans tous les autres secteurs de
la vie. Elles sont très actives économiquement au
niveau des entreprises, dans les travaux agricoles, dans l'artisanat,
l'éducation, la santé, l'administration publique.
L'investissement féminin en politique est un phénomène
extrêmement récent à Madagascar, mais je suppose
qu'il faut s'attendre à beaucoup de développement
rapide dans ce secteur particulier de la vie malgache." À
écouter Mme Sylla, on pourrait facilement penser qu'après
des années de stagnation, Madagascar est bien installé
sur la voie du développement. Mais est-ce que son discours
repose sur une analyse objective de la situation ou est l'expression
fervente d'une Malgache qui veut voir son pays avancer ? "Il
y a, certes, une part de ferveur dans mon discours. Cette ferveur
découle de ma culture et de mon attachement à mon
pays. Mais je crois que je suis capable d'appréhender objectivement
la situation du pays. Quand une population prend à bras
le corps l'avenir de son pays comme les Malgaches l'ont fait,
cela dénote une conversion des mentalités. Ce changement
de mentalité est la clef du nouveau comportement du Malgache
qui est passé de l'attitude de celui qui regarde, passivement,
les événements à celui qui s'engage pour
les faire évoluer dans une direction donnée. Au
lieu de nous contenter de regarder le train passer, nous sommes
non seulement entrés dans le train, mais veillons à
ce qu'il aille dans la bonne direction." Revenons sur
les relations entre nos deux îles: est-ce que vue d'Antananarivo,
Maurice fait partie intégrante du développement
de Madagascar ? "Tous les pays de la région font
partie du développement de Madagascar dans le cadre de
la mondialisation. Aucun pays qui veut avancer ne peut se renfermer
sur lui-même. Avec la globalisation, nous sommes tous interconnectés.
Je ne dis pas que Maurice et Madagascar sont condamnés,
mais au contraire, appelés à vivre ensemble le mieux
et le plus harmonieusement possible. Comme nous avons su le faire
depuis si longtemps."
Terminons cette brève rencontre en revenant à son
point de départ: cette exposition d'artisanat d'art qui,
souligne Mme Sylla, est plusieurs gammes au-dessus des produits
auxquels sont habitués les Mauriciens. "Les Mauriciens
ne connaissent pas bien l'artisanat d'art malgache haut de gamme.
La production qui arrive à Maurice est une production de
masse, mais de qualité, tandis que celle d'art propose
des produits très hauts de gamme que les opérateurs
malgaches sont venus faire découvrir aux Mauriciens. En
dépit de notre proximité historique et géographique,
nous avons énormément de choses à faire découvrir,
à partager avec les Mauriciens." Pour notre interlocutrice,
l'exposition d'artisanat d'art est le premier pas de ce qui sera
une série d'échanges pour le bénéfice
des peuples des deux îles, qui sont plus que de simples
voisins. "Je suis très heureuse d'être à
Maurice ou les Malgaches sont un peu chez nous. Je crois que cette
volonté commune de vivre ensemble fera que nous allons
bâtir solidement la maison Madagascar/Maurice où
nous allons vivre en toute harmonie."
Dixième édition d'Infobreak
Assad Buglah fait un bilan du commerce international
Le 11 novembre dernier, les membres de l'International Public
Relations Association (IPRA) se sont réunis pour la dixième
édition d'Infobreak. M. Assad Buglah, directeur du Trade
Policy de l'International Trade Division au ministère
des Affaires étrangères, du Commerce international
et de la Coopération régionale, a dressé
un tableau de la situation au niveau du commerce international,
en axant son intervention sur la place qu'y occupe Maurice.
M. Buglah s'est attardé sur le GATT, qui fut créé
en 1947 après la Seconde Guerre mondiale. Il a expliqué
les différentes négociations qui ont eu lieu au
niveau régional, multilatéral et bilatéral,
l'objectif premier étant de maintenir les règles
générales qui régissent le commerce international.
Les principes de l'OMC consistent en quatre points: la non-discrimination
envers tous les membres (c'est-à-dire, aucun privilège
pour aucun pays, qu'il soit développé ou moins développé);
le caractère illégal des quotas; aucun subside sur
les exportations; et un commerce équitable entre nations.
M. Buglah a énuméré les périodes clé
du commerce international - 1947, 1960, 1986-1993 et l'accord
DOHA. De nos jours, le commerce international a connu un équilibre
dû à l'agriculture et le textile, qui continuent
à alimenter l'économie de certains pays, le secteur
de la formation, du service et de la technologie qui émergent
dans d'autres économies.
M. Buglah a fait ressortir que Maurice mise sur la tenue de la
conférence des Small Island Developing States (SIDS)
pour qu'une étude spéciale soit entreprise afin
de trouver une solution pour les petits États. Notons qu'à
l'OMC, chaque pays défend ses intérêts, et
Maurice doit se battre pour faire face aux règles des négociations
multilatérales.
Conférence expo de la UNDP GEF/SGP
Une expérience à renouveler
Conjuguer l'esprit de créativité avec la nature,
protéger des patrimoines naturels, s'inspirer de l'environnement
pour lancer des projets éducatifs, mener des actions pour
sensibiliser les gens au problème de réchauffement
de la planète
Les ONG ne s'épargnent aucun
effort dans ce sens. Elles ont eu l'occasion de présenter
au public leurs réalisations dans ces domaines, mercredi
à l'Auditorium Octave Wiehe, Réduit, dans le cadre
de la Conférence exposition - 2004 Grantees'Exhibition
and Conference - de l'équipe la UNDP Global Environnement
Facility Small Grants Programme (UNDP-GEF/SGP). "Une expérience
fort enrichissante", disent les participants. A la UNDP,
on songe déjà à l'année prochaine
.
"You can now go home with ideas and come back with grant
applications." C'est sur cette note que la conférence
exposition a pris fin vendredi. L'objectif était atteint
pour l'équipe de la UNDP-GEF/SGP qui, en organisant cette
journée d'activités, a voulu mettre en valeur les
différents projets réalisés au cours de ces
neuf dernières années et montrer au public les retombées
de leurs actions. "C'est à la fois impressionnant
et enrichissant de découvrir comment ces organisations
ont pu mettre en pratique leurs idées tout en restant centrées
sur l'environnement et la nature. Chapeau à ces ONG",
témoigne un des visiteurs.
Pour sa part, Pamela Dundoo, Coordonnatrice de la UNDP-GEF Small
Grants Program, soutient avoir été "frappée"
par l'impact que cette exposition a eu sur les enfants. "J'ai
été agréablement surprise par la réaction
des enfants. Je suis particulièrement satisfaite par rapport
à la portée éducative que cette exposition
et la participation des ONG, qui ont largement contribué
au succès de cette conférence exposition",
confie-t-elle.
Ils étaient une vingtaine à avoir participé
à l'exposition et à partager dans les moindres détails
leur expérience dans des domaines spécifiques. A
l'instar du projet de CEDREFI qui a su inciter des jeunes recalés
du CPE à bénéficier d'une formation et de
développer un esprit de créativité dans le
domaine de l'artisanat tout en s'inspirant de la nature. Et les
résultats sont flatteurs lorsqu'on découvre ce que
l'on peut faire avec des matériels recyclés. La
même impression se dégage pour les autres projets,
allant de la protection d'espèces en voie de disparition
à la valorisation des produits artisanaux en passant le
recyclage ou le compostage.
"C'était également l'occasion de faire un
appel aux nouveaux projets, aux nouvelles idées pour la
poursuite de telles actions à Maurice comme à Rodrigues",
fait ressortir Pamela Dundoo. La UNDP GEF Small Grants Programme
a déjà reçu cette année des demandes
de financement pour 17 projets. Cinq nouveaux projets sont déjà
en phase de développement. Depuis sa création en
95, ce programme d'aide a financé une cinquantaine de projets
qui, à ce jour, ont été complétés
ou sont toujours en cours.
Agriculture
Islands Fertilizers intègre le marché de fertilisants
Island Fertilizers veut se faire une place sur le marché
des fertilisants. En se lançant dans le "blending",
cette nouvelle compagnie ambitionne d'approvisionner le marché
local de 30 000 tonnes de produits, et ce, à des prix "compétitifs".
La Blending Plant a été inaugurée
jeudi à Mer Rouge en présence du Vice-Premier ministre
et ministre des Finances, Pravind Jugnauth qui, aussi bien que
les promoteurs, ont évoqué les nouvelles possibilités
d'approvisionnement sur le marché et la fin d'un monopole
qui existe depuis trente ans.
Rs 100 millions. C'est le montant investi dans le projet d'Island
Fertilizers, qui se spécialisera principalement dans les
"blended fertilizers", nouvelle technique reconnue mondialement.
La mise en opération de cette nouvelle usine, selon les
promoteurs, permettra aux agriculteurs d'utiliser cette nouvelle
génération de fertilisants pouvant être produits
selon la demande des sols et de cultures. "Les'blends'coûtent
moins chers à produire que le fertilisant complexe de par
le fait que les constituants sont simplement mélangés
physiquement. Ils nécessitent un minimum d'énergie
électrique, alors que les fertilisants complexes nécessitent
des relations chimiques en forme de liquide avant d'être
séchés et granulés. Ce procédé
implique des coûts additionnels et substantiels en matière
d'énergie", explique le Managing Director de Island
Fertilizers, Arnaud Leclézio.
La concrétisation de ce projet, dit-il, peut se comparer
à un "parcours de combattant". "Certains
lobbies", explique-t-il, ont failli faire capoter le projet.
Mais aujourd'hui, dit-il, le gouvernement est conscient des avantages
des "blends" et "notre pays peut enfin
être en ligne avec la tendance internationale". Pourtant
ce projet date de quatre ans. "Le projet ne s'était
pas concrétisé à l'époque faute de
conviction des principaux promoteurs et vraisemblablement par
la crainte de certains de briser un monopole vieux de plus de
trente ans", devait-il ajouter.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances est du même
avis: "Ce projet émanant de la communauté
des planteurs offre de nouvelles possibilités d'approvisionnement
en fertilisants. Il cadre avec les efforts du gouvernement pour
assurer la viabilité et la compétitivité
de l'industrie sucrière. Cette démarche cadre également
avec l'évolution sur le plan international, qui fait que
l'industrie sucrière doit non seulement baisser les coûts
de production, mais aussi demeurer compétitive face à
la concurrence. Island Fertilizers a obtenu l'autorisation d'importer
d'autres produits, tels que les herbicides, car nous ne voulons
pas de monopole dans ce secteur ", dit-il.
Le président de la Mauritius Coopérative Agricultural
Federation (MCAF), Guirdharry Juggessur, présenté
également lors de l'inauguration de la nouvelle usine,
estime pour sa part qu'un marché compétitif ne peut
qu'être bénéfique aux agriculteurs.