f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 24 octobre 2004



Attendu au QG du CCID, hier


Dev Hurnam évoque des " Commitments "


En marge de l'affaire MCB/NPF


Le double chapeau de Gérard Hardy intrigue


Meurtre de Rajah Gunoby à Brisée Verdière


Sanjiv Ramjuttun (suspect N° 1): "Mo finn alle laboutik pu rode vinaigre… mo couto ti dan mo poss "


Triple disparition en mer


Le début des recherches trop tardives selon un pêcheur


Crime de Quatre-Bornes


Rs 18 000 retirées du compte bancaire de Gérald Auguste une heure avant sa mort


Affaire Li Xueqin


L'ouvrière chinoise autorisée à rester à Maurice


Attendu au QG du CCID, hier


Dev Hurnam évoque des " Commitments "

Le premier procès au criminel dans le sillage de la Notary Connection Probe avec comme Prime Suspect le notaire Vinay Deelchand devra être instruit en Cour intermédiaire dans les jours à venir. Une première étape dans les procédures établies devait être franchie, hier matin, avec la convocation du suspect Dev Hurnam au QG du Central CID pour la lecture des charges formelles retenues par le Directeur des Poursuites publiques, Abdurrafeek Hamuth, à la suite de l'enquête de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU). Mais ce n'est que partie remise car le principal concerné s'est fait excuser alors que les limiers sous la supervision du Deputy Commissioner of Police, Tangavel Seerunghen, étaient déjà prêts pour cet exercice formel.

Selon les recoupements d'informations effectués par Week-End, l'assistant surintendant de police Daudau Nandkishore de l'ADSU de Vacoas avait été Detailed pour accompagner Dev Hurnam de son domicile aux Casernes centrales, hier matin. Mais officiellement l'avocat parlementaire a fait comprendre à ce haut gradé de la police qu'il lui était impossible de se rendre à ce rendez-vous du Central CID en raison des Commitments pris au préalable.

Entre-temps, aux Casernes centrales, l'assistant surintendant de police Pierre Murugan de l'ADSU de Port-Louis et l'inspecteur Hector Tuyau, principal enquêteur dans l'affaire Vinay Deelchand, s'étaient rendus au Central CID avec sous les bras le dossier à charge compilé contre Dev Hurnam. Ces deux officiers de l'ADSU ont eu l'occasion de participer à un exercice de Briefing avec leurs collègues du CID sur l'ensemble des éléments du dossier suite à l'OB 962/2004 ADSU en date du 25 mars 2004.

Selon les indications disponibles dans la journée d'hier, un nouveau rendez-vous avec Dev Hurnam a été fixé pour demain matin. Au terme de la décision du DPP de traduire l'avocat parlementaire devant la Cour intermédiaire, trois accusations formelles seront logées contre Dev Hurnam. Trois Charges ont été retenues dans le dossier émanant du DPP, à savoir Conspiracy to Commit Serious Bodily Harm sur la personne du Senior Puisne Judge, Bernard Sik Yuen, Conspiracy to Commit Murder sur la personne de l'inspecteur Hemant Goorah et Conspiracy to Commit Murder sur la personne du constable Lisette. Ces deux officiers de police étaient engagés dans l'enquête policière sur le Hold Up de la succursale de la State Bank à Grand'Baie en 2000 et les allégations relatives à l'utilisation du butin pour les frais légaux.

Les deux principaux témoins dans ce procès sont le suspect repenti, Antoine Chetty et de l'avocat Ashley Hurhangee, qui avait apporté la Corroborative Evidence à la version fournie par l'ancien bras droit du notaire Vinay Deelchand. Le contrat confié à Antoine Chetty contre le Senior Puisne Judge, Bernard Sik Yuen, était: " Tire so poignée côté droite et faire li arrête trape plume ". Les instructions alléguées données par Dev Hurnam à Antoine Chetty étaient que cette mission devait être exécutée à Rodrigues en avril 2001.

Ainsi, le nouveau procès DPP/Hurnam en Cour intermédiaire sera la première de toute une série initiée avec l'arrestation d'Antoine Chetty en possession de 835 grammes d'héroïne d'une valeur de Rs 8,5 millions le 25 mars 2004 par une escouade de l'ADSU menée par l'inspecteur Tuyau. Le deuxième procès à être instruit pourrait concerner pas moins d'une dizaine de personnes pour des délits de Perverting the Course of Justice en venant soutenir le faux alibi mis en avant par le notaire Vinay Deelchand dans l'affaire de drogue.

Dans des dépositions à l'ADSU, ces témoins ont avancé avoir participé à une Briani Party sur la plage de Trou-aux-Biches alors que le fournisseur de briani, qui est de surcroît un garde-chiourme, avait catégoriquement nié avoir approvisionné la bande à Deelchand le jour indiqué.

D'autre part, la fin de la semaine a vu d'importantes tractations en vue d'amener le suspect-repenti de la Notary Connection Probe, Antoine Chetty, à collaborer avec la police sur d'autres meurtres non-résolus jusqu'ici. Ravin Sooroojbally, qui vient d'être promu Deputy Commissioner of Police (DCP), et responsable de l'ADSU, a fait le déplacement à la prison de Beau-Bassin, vendredi dernier, à cet effet.

Les discussions engagées pourraient déboucher sur la possibilité que les informations fournies par Antoine Chetty permettent d'élucider la disparition mystérieuse d'Ismaël Doba à Rose-Hill, la mort de l'agent travailliste Indur en février 2003, empoisonné au cyanure, la double disparition de Pomponnette et le " double suicide " de Bassin-Blanc. Mais aucune des sources contactées par Week-End n'a voulu confirmer ou infirmer ces détails en attendant le coup d'envoi de la Notary Connection Probe II…


En marge de l'affaire MCB/NPF


Le double chapeau de Gérard Hardy intrigue

Avec la constitution de son nouveau conseil d'administration et l'élection d'un nouveau président pour succéder à Jacques Harel, la Mauritius Commercial Bank se retrouve avec une autre affaire de double chapeau après celle de Thierry Koenig, avoué de la banque et membre du MCB Board. En effet, Gérard Hardy, qui est appelé à présider au conseil d'administration, est également le Chairman du Management Team constitué, en remplacement du Chief Executive Officer, en congé. D'autre part, l'assemblée générale des actionnaires, vendredi, a également vu l'élection de la première femme au sein du conseil d'administration de la MCB, en l'occurrence Margaret Wong Ping Lun.

Selon des informations recueillies par Week-End, cette question des doubles fonctions de Gérard Hardy à la tête de la MCB sera approfondie au niveau de la Banque de Maurice, le régulateur du secteur bancaire, en début de semaine. Les explications pourraient être recherchées auprès de la MCB en vue de mieux apprécier cette nouvelle configuration à la tête de la MCB.

" Sur le plan du Good Governance, la situation de Gérard Hardy en tant que président du Board et président de la Management Team transmet un mauvais signal. Si la MCB a pris la décision de confier ces responsabilités à Gérard Hardy avec l'idée d'officialiser dans les meilleurs délais la nomination de son prochain Chief Executive Officer, le problème est relativement compréhensible. Toutefois, il était du devoir de la MCB de fournir ces précisions et de rendre public le calendrier de la nomination pour éviter toute controverse ", fait-on ressortir dans les milieux bancaires autorisés.

D'autre part, outre la nomination de Gérard Hardy pour succéder à Jacques Harel, trois nouveaux directeurs ont été élus sur le MCB Board, dont Margaret Wong Ping Lun, chargée de cours en comptabilité à l'Université de Maurice, Bertrand de Chazal, ancien Senior Financial Analyst à la Banque Mondiale et ancien commissaire aux comptes en France et Patrick Ducray du groupe Union St-Aubin.

Dans sa dernière intervention en tant que président du conseil d'administration de la MCB, Jacques Harel a brossé un tableau des enquêtes 20 mois après la découverte du méga-scandale politico-financier MCB/NPF. " Plus de vingt mois après avoir révélé au public la fraude à la banque, la MCB, ses actionnaires, ses clients, son personnel et le public en général se posent toujours un certain nombre de questions et par là même interpellent les autorités concernées et les responsables… " a-t-il fait ressortir avant d'ajouter, " Comment au vu de tout ce que les instances et institutions responsables de l'enquête et d'actions en justice savaient et savent sur cette affaire, est-ce le General Manager qui fait l'objet d'une accusation formelle ? Pourquoi Robert Lesage a-t-il, au début même de l'enquête, obtenu une immunité ? "

Plus loin, dans son intervention aux actionnaires, Jacques Harel trouve que " Pourquoi Teeren Appasamy, bénéficiaire principal des fonds volés selon le DPP lui-même, n'a même pas encore été interrogé et encore moins extradé malgré les annonces qui remontent à mars 2003 et ont été répétées en 2004 ? Comment se fait-il que tous ceux, en dehors de la MCB, qui auraient été cités dans les différentes enquêtes, y compris le NPF, n'aient pas tous encore été inquiétés ? "

Le président sortant du conseil d'administration de la MCB s'interroge quant aux délais accumulés dans les enquêtes referrées au Central CID. " Pourquoi l'enquête de la police sur le vol déclaré par la banque aux Casernes centrales depuis le 26 septembre 2003 a tant tardé à démarrer ? Pourquoi l'enquête initiée par la déclaration de la MCB à la police le 21 janvier 2004 sur le fait que Robert Lesage avait personnellement bénéficié de la fraude à hauteur de Rs 586 244.45 ne fait encore l'objet d'aucune action ? " Et en conclusion, il fait ressortir: " Pourquoi les autorités politiques semblent si réticentes d'agir, laissant ainsi planer soupçons et souillures avec de graves conséquences pour l'image et la crédibilité du pays ? "

Jacques Harel rappelle en conclusion que " toutes ces questions relèvent autant d'un refus d'une justice à deux vitesses, que d'un souci légitime d'équité. La MCB aime à penser que, pour la suite des enquêtes et d'actions en justice entourant cette affaire, toutes les institutions et autorités de ce pays fassent preuve de responsabilité, de rigueur, de professionnalisme et d'équité, pour ne pas dire d'objectivité. La Banque continuera à tout mettre en œuvre pour que justice soit faite ".


Meurtre de Rajah Gunoby à Brisée Verdière


Sanjiv Ramjuttun (suspect N° 1): "Mo finn alle laboutik pu rode vinaigre… mo couto ti dan mo poss "

Une dispute éclate aux abords d'une boutique de Brisée-Verdière, lundi soir. Il est 19h30 quand l'altercation tourne au vinaigre entre Rajah Gunoby, 24 ans, maçon de son état, et Sanjiv Ramjuttun, colporteur de 29 ans. D'autres personnes participent à la bagarre, durant laquelle Sanjiv Ramjuttun extrait un couteau de sa poche et assène un coup fatal à Rajah Gunoby. Ce dernier rend l'âme. Ramjuttun est arrêté, de même que trois de ses frères, à savoir Anil, 29 ans, Vinod, 32 ans et Vijay, 39 ans. Ils ont tous pris part à une reconstitution des faits hier sur les lieux du crime. Lors de ses aveux, Sanjiv Ramjuttun a expliqué aux enquêteurs de la CID de Flacq les circonstances de l'agression mortelle de Rajah Gunoby.

Selon les recoupements effectués par Week-End, le suspect N° 1 dans cette affaire, Sanjiv Ramjuttun, a expliqué aux hommes de l'assistant surintendant Suresh Rampersad, responsable de la CID de Flacq, qu'il était chez lui à préparer une salade en début de soirée de lundi, quand son épouse lui fit remarquer qu'il n'y avait plus de vinaigre à la maison. Sur ces entrefaites, il empoche le couteau qu'il utilisait pour nettoyer des laitues pour se rendre à la boutique familiale. " Mo finn alle laboutik pu alle rod vinaigre. Avant mo ine allé, mone zis mett couteau-là dan mo poss ", aurait-il fait comprendre aux enquêteurs. Aux abords de la boutique, il se serait fait apostropher par Rajah Gunoby, qui buvait à côté avec d'autres personnes. Ce dernier aurait été courroucé par une remarque qu'aurait faite Sanjiv Ramjuttun au sujet de la vente de halim dans la localité. Le ton monte rapidement entre les deux hommes.

Selon la version des faits de Sanjiv Ramjuttun, Rajah Gunoby n'était pas seul. Craignant d'être agressé, il appelle ses frères à sa rescousse. Durant l'altercation, Sanjiv Ramjuttun extrait le couteau qui se trouve dans sa poche et assène un coup à Rajah Gunoby. Un seul coup fatal. L'autopsie, pratiquée par le Dr Satish Boolell, médecin légiste de la police, a attribué le décès de la victime des suites d'un Stab Wound of the Abdomen. Ce coup a sectionné l'aorte de la victime, tranchant au passage de gros vaisseaux sanguins. Dans sa défense, le principal suspect a également fait ressortir que l'un de ses assaillants - qui étaient au nombre de quatre - voulait lui asséner un coup de "roche carri" sur la tête. A un moment donné, dans le cours de la bagarre, il devait s'apercevoir qu'il saignait. Sanjiv Ramjuttun, qui a été blessé dans la rixe, a été soigné à l'hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam, Pamplemousses, dans la soirée de lundi. Après y avoir reçu des soins, il devait être arrêté par la police.

Dans le sillage de l'enquête policière, la CID de Flacq a procédé à l'arrestation de trois frères de Sanjiv Ramjuttun. Les quatre frères ont été accusés provisoirement de " Murder " en cour de Flacq. Ils ont retenu les services de Me Rama Valayden. Interrogé par Week-End, hier, ce dernier a fait ressortir qu'il ne comptait pas, pour l'instant, loger de motion de remise en liberté sous caution pour ses clients. " J'attends que l'enquête policière soit complétée afin d'entreprendre cette démarche ", devait-il dire. L'homme de loi a fait ressortir que le principal accusé dans cette affaire, en l'occurrence Sanjiv Ramjuttun, ne jouit pas d'une très bonne santé et souffrirait d'une phobie, à savoir qu'il a peur du noir. Les suspects ont été examinés par le Dr Satish Boolell en fin de semaine.

Pour leur part, les proches de Rajah Gunoby sont inconsolables. Il laisse derrière lui une épouse et un bébé de six mois. " Li ti enn bon garçon ki pas ti kontan rode chicane are personne. Nu pas kompran kuma enn malheur parey kapav finn arriver. Ki pu arrive so madame ek so zenfant ? ", se demandent ces proches.


Triple disparition en mer


Le début des recherches trop tardives selon un pêcheur

Le Noor Star II a regagné Port-Louis en fin de semaine. Sans Jocelyn Genave, Victor Boulaye et Antonio Félicité, disparus sur les bancs de Nazareth depuis le jeudi 14 octobre. Patrick Genave, frère d'un des disparus, était l'un de ceux qui se trouvaient à bord du Noor Star II. Il dit ne pas comprendre comment les recherches ont démarré à 20h le jeudi 14, alors que les trois hommes n'étaient pas revenus déjeuner. Pour les familles Genave, Boulaye et Félicité, l'attente continue. Interminable.

" Saki mo napa kompran, sé kuma nek huit heures à swar, jeudi, ki nu finn gagne lordre pu kumense roder, alors ki bann-là pas ti mem retourner pu déjeuner ". Patrick Genave reste incrédule. Encore abasourdi par la disparition de son frère, il cherche à comprendre. Ce jeudi matin-là, aux aurores, il a vu son frère Jocelyn pour la dernière fois alors qu'il prenait place dans une pirogue en compagnie d'Antonio Félicité et Victor Boulaye. Il était alors aux alentours de six heures du matin quand plus d'une dizaine d'embarcations ont pris la mer pour la pêche de la journée. A ce moment-là, la mer est plate. Rien ne laisse présager, à ce moment-là, que Dame Nature pourrait faire des caprices.

Les embarcations des deux frères Genave prennent des directions opposées. Puis, vers 11h du matin, le temps se met à changer. Les embarcations se mettent à tanguer sous les roulis des vagues de plus en plus fortes. " Di vent finn kumense souffler. La mer ine kumense grossi ek le temps ine kumense changer. Létan nu finn rentrer pu déjeuner, mo pas finn trouve Jocelyn ek so bann kamarad. Mo pann casse la tet. Mo finn pensé ki zot pu vini ziska taler. Vers 14h, dernier pirogue rentrer. Bann là pas tinn vini pu déjeuner mem. Létan mo dimandé si bann Jocelyn ine vini, bann kamarad dir mwa non. Mé létan finn kumense fer nwar a swar, ler là mo finn mari tracasser ", devait-il déclarer en substance.

Selon les propos du pêcheur du Noor Star II, c'est vers 20h que l'équipage du Noor Star II reçoit des ordres formels pour se mettre à la recherche des trois disparus. Un peu avant, d'autres ordres avaient été donnés afin de lancer des feu de détresse. Ce qui devait être fait aux alentours de 19h30 mais sans aucun résultat escompté. " Nu finn roder pendant enn nuit mais pas finn trouve narien mem ", devait-il ajouter. C'est à 6h30 le lendemain matin, vendredi matin, que le Harbour Police reçoit une communication radio du Noor Star II à l'effet que trois membres de son équipage manquent à bord. Pour ce membre de l'équipage du Noor Star II, les recherches ont commencé trop tardivement. Beaucoup trop.

Pendant ce temps, du côté des familles des disparus, l'anxiété est à son paroxysme. Pour Jeanette Genave, mère de Jocelyn Genave, c'est le désespoir. "Nu pé vivre dans dezespwar mem. Kontinié priyer mem pu ki zot réssi sapper. Pas facile. Nu finn tende toute sorte kalité rimer dans la semenn, ki, kom quoi finn réussi gagne deux vivants kot Madagascar. Mé sa pa ti vré sa. L'espwar finn laisse place à dezespwar. Malgré sa, mo kontinié fer la prière mem. Népli konné ki saint pu prier ", devait-elle déclarer en substance.

Chez les proches d'Anonio Félicité, la situation n'est guère plus reluisante. Nadège Abdul, conjointe de ce dernier, doit sans cesse puisser dans le peu de courage qui lui reste afin de répondre aux questions incessantes de son fils Bradley, trois ans, qui ne cesse de réclamer son père à la nuit tombée. La situation est d'autant plus pénible pour Nadège parce qu'elle est enceinte de six mois. Dans le courant de la semaine écoulée, elle avait été revigorée après avoir entendu dire à la radio que son époux était vivant, mais cet espoir devait fondre comme neige au soleil, tant et si bien qu'elle dut être admise à l'hôpital pendant 24 heures.

"Kuma fer noir, Bradley kumense rod so papa. Li nek allé mem, dimandé mem: " mo papi koté ma ? Kan li pu retourner ? " Sak fwa ki li poz mwa sa kestion-là, mo senti mo lécœur pé déchirer. Mo larmes nek couler mem. Mo pas konné ki mo pu dir li", éructe Nadège Abdul entre deux sanglots. Son beau-frère, Johnny, chez qui elle habite depuis la disparition d'Antonio en mer, tente, tant bien que mal de la consoler. Mais rien n'y fait. "Mo mem mo népli konné ki mo pu dir li. Pas fasil sa mo dir ou. En plis, aster, séki nu finn tendé, recherches finn arrêter".

Du côté de la police, l'on insiste sur le fait que les recherches ne se sont pas arrêté. Parallèlement, la Harbour Police a ouvert une enquête sur les circonstances de cette triple disparition en mer. Dans cette optique, il faudra s'attendre à ce que des membres de l'équipage du Noor Star II soient entendus par les enquêteurs dans le courant de cette semaine. Du côté de la National Coast Guard, (NCG), l'on tient à rappeler les consignes de sécurité en mer. "Même si on sait pertinemment que les pêcheurs n'aiment pas porter les gilets de sauvetage, qu'ils trouvent trop lourd. Mais c'est un Life Saving Device. C'est pour leur bien qu'on leur demande de les porter. Il faudrait que les compagnies de pêche insistent davantage auprès de leurs pêcheurs pour qu'ils portent le gilet", a-t-on fait comprendre à Week-End du côté de la NCG.



Pêcheurs: Les recherches vont redémarrer pour retrouver les disparus

Il n'est pas exact de dire que les recherches ont cessé, a indiqué à Week-End, hier, le Premier ministre. Il a expliqué que Contraint par les normes internationales, après 32 heures de vol, de rester à terre, le pilote du Dornier devrait reprendre les recherches en vue de retrouver les trois pêcheurs disparus à la fin de la semaine dernière au large de St Brandon.

Le Vigilant a lui aussi regagné les côtes mauriciennes après trois jours de recherches infructueuses étant prévu que le bâtiment entre en cale sèche. Les pays amis et les bateaux naviguant dans la région ont également été alertés en vue d'une aide pour retrouver les pêcheurs disparus. Même si les recherches effectuées ont jusqu'ici coûté un million de roupies, le mot d'ordre au bureau du Premier ministre est que la vie n'a pas de prix et qu'il faut poursuivre les recherches.

Quant aux pêcheurs de Pointe aux Sables, qui protestent contre le dragage effectué à Montagne Jacquot dans le cadre d'un projet de traitement des eaux, à une réunion tenue mercredi sous la présidence du Premier ministre pour faire le point de la situation et un constat de tout ce qui a été réalisé en faveur des pêcheurs ces derniers quatre ans, il a été confirmé que, contrairement à ce que certains pêcheurs et leur conseiller légal Madan Dulloo avancent, il y a bel et bien eu des négociations en pas moins de trois reprises au ministère de la Pêche avec Sylvio Michel où tous les renseignements demandés avaient été donnés et une proposition de payer Rs 4 000 par mois à chaque pêcheur pendant les 7 mois que dure les travaux de dragage. Le député de la circonscription Jean-Claude Barbier leur avait également tendu une oreille attentive et leur avait aussi mis en garde contre toute action intempestive mais ils ont préféré agir autrement avec les conséquences que l'on sait.

Le Premier ministre, qui se dit ouvert au dialogue a, par ailleurs, confirmé que les pêcheurs de la région ne l'ont, à aucun moment sollicité, pour des discussions à ce sujet


Crime de Quatre-Bornes


Rs 18 000 retirées du compte bancaire de Gérald Auguste une heure avant sa mort

Les enquêteurs de la CID de Quatre-Bornes et les limiers de la MCIT, travaillent d'arrache-pied, depuis lundi matin, sur l'affaire du meurtre crapuleux commis sur la personne de Gérald Auguste, 33 ans, employé de la Mauritius Commercial Bank (MCB) de Trianon. À hier, si aucune arrestation n'avait encore été effectuée, les enquêteurs partagent l'avis que la victime connaissait au moins un de ses agresseurs. Pour étayer cette thèse, les limiers de la criminelle s'appesantissent sur le fait qu'un retrait de Rs 18 000 a été effectué du compte bancaire de la victime à 18h06, soit environ une heure avant sa mort. Gérald Auguste, pieux et serviable, aurait ensuite été tué pour qu'il ne puisse pas dénoncer ses voleurs. Les enquêteurs ont la certitude que ce n'est pas Gérald Auguste qui a fait ce retrait bancaire puisque la fameuse carte, de même que l'argent se sont ensuite volatilisés, tout comme son téléphone cellulaire.

À hier, les enquêteurs travaillant d'arrache-pied sur le dossier Gérald Auguste étaient confiants de pouvoir mener à bien cette enquête, qui, pourtant, est loin d'être une simplicité. Selon les indications recueillies par Week-End dans le giron de l'enquête policière, il ressort que l'hypothèse la plus plausible est que Gérald Auguste s'est fait voler et tuer par des personnes gravitant dans son cercle intime. Ces derniers, connaissant ses habitudes dominicales, se seraient introduits chez lui en son absence, l'auraient patiemment attendu rentrer chez lui, pour ensuite l'attacher, mettre la main sur sa carte bancaire et son téléphone cellulaire, le contraindre à leur donner son Pin Code. Un de ses meurtriers se serait rendu, à 18h06 précises, au guichet automatique de la MCB sis à Stanley - le plus proche des lieux du crime - pour effectuer un retrait de Rs 18 000, tandis qu'il était surveillé par au moins un autre complice du meurtrier. Les meurtriers auraient ensuite pris la décision de le tuer, étant donné que la victime connaissait au moins l'un d'entre eux. C'est la principale hypothèse retenue à hier par les enquêteurs.

Masquer les cris

En fonction du Time Line établi par les enquêteurs concernant la journée passée par Gérald Auguste dimanche dernier, ce dernier serait rentré chez lui à pied, vers 16h après avoir lavé sa voiture, qui se trouvait garée à l'avenue Giraud, chez sa mère. C'est au moment de rentrer chez lui qu'il aurait constaté que des tierces personnes s'étaient introduites dans sa maison. Le même jour, aux alentours de 11h45, Gérald Auguste s'était rendu chez Mme Carmen Baya, une sexagénaire, enseignante à la retraite, avec qui, il s'était lié d'amitié depuis belle lurette. Il avait fait la connaissance de Mme Baya (lire témoignage plus loin) alors qu'il faisait ses études primaires à l'école Remy Ollier, où travaillait celle-ci. Après avoir pris congé de Mme Baya, Gérald Auguste a été déjeuné chez sa mère, comme c'était le cas tous les dimanches. C'est en ne le voyant pas arriver pour le dîner que les proches ont commencé à s'inquiéter.

Les proches de celui-ci se sont rendues à son domicile aux alentours de 19h. Selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, la radio jouait fort et les lumières de la maison étaient allumées. Pour les enquêteurs, ce sont les meurtriers de Gérald Auguste qui ont fait en sorte que les décibels de la radio soient suffisamment forts afin de masquer les cris de leur victime. Les proches du défunt, qui s'étaient rendus sur place vers 19h, étaient loin de se douter qu'un drame se jouait au même moment dans ladite maison. Lorsque les proches reviennent, vers 20h, la maison est toujours allumée. Une musique en émane: elle est moins forte qu'à 19h. Ces proches se disent alors qu'il a dû sortir, puisque personne ne leur répond quand ils frappent à la porte.

Autre élément non-négligeable de l'enquête policière: à 5h30 du matin, lundi, une sonnerie de téléphone retentit chez la mère de Gérald Auguste. Le numéro de portable de Gérald s'affiche sur l'écran Indis. Au bout du fil, ce n'est pas Gérald. Une voix masculine, qui prétend être un ami de Gérald, demande à la mère de ce dernier de ne pas s'inquiéter. Il est avec des amis à Flic-en-Flac. Cet appel des plus intrigants ne fait qu'accentuer les craintes des proches de Gérald Auguste.

Hétéroclite

Dans la matinée de lundi, ces mêmes proches font appel à la police, puisqu'en dépit de leurs multiples tentatives, ils n'arrivent pas à parler à Gérald. En présence des proches de la victime, la porte de la maison du caissier de banque est enfoncée. C'est là qu'ils découvrent l'horreur dans la salle de bains. Il avait les mains attachées derrière le dos, de même que ses pieds, tandis que son cou était relié à ses pieds par une autre corde. Dans le but de ligoter solidement la victime, les assassins n'ont pas fait dans la dentelle. Cordes, câble électrique, fil de téléphone, câble d'antenne de télévision ont été utilisées, afin de s'assurer que leur victime ne peut pas s'échapper.

Cet assemblage hétéroclite avait été soigneusement noué autour du vase des W.C. Autre précaution prise par les meurtriers pour que la victime ne puisse, à aucun moment, crier pour ameuter le voisinage: Une petite serviette avait été placée dans sa bouche, qui devait ensuite être recouverte de straps, de sparadrap et de bande adhésive. Sans oublier la radio qui jouait à pleins décibels. Lorsque la victime a été découverte, elle était ensevelie sous des vêtements lui appartenant. Il avait été aspergé d'une mixture d'essence, de pétrole et de mazout.

Incongruité

L'autopsie effectuée par le Dr Satish Boolell, Senior Police Medical Officer (SPMO) a attribué le décès de Gérald Auguste à l'asphyxie par strangulation. La mort de Gérald Auguste se situerait entre 19h et 20h dimanche soir. Si aucune trace de blessure majeure n'a été décelée sur le corps de la victime, par contre, Gérald Auguste a reçu plusieurs coups violents à la tête. Si les conclusions de l'autopsie ont déjà été communiquées aux enquêteurs, tel n'est pas encore le cas du rapport d'autopsie, qui devrait leur être remis incessamment.

Autre incongruité: l'appel téléphonique reçu à 5h30 du matin lundi. Pour les enquêteurs, cet appel n'a pu être effectué par nulle autre personne qu'un proche du giron familial de la victime. Car selon le témoignage des proches de Gérald Auguste à la police, le numéro de téléphone de sa mère ne figurait pas dans le Phone Book de son téléphone cellulaire, ni dans l'annuaire. Cet élément pourrait s'avérer déterminant dans la conclusion de cette enquête policière. Dans le but de se rapprocher des assassins de la victime, les enquêteurs ont décidé de passer au crible le cercle intime de Gérald Auguste, composé d'un certain nombre de homosexuels.

Fait troublant encore: les circonstances d'un vol dont a été victime Gérald Auguste le 16 janvier dernier. Ce jour-là, en son absence, des voleurs s'étaient introduits dans sa demeure de la rue Gladstone et avaient fait main basse sur un appareil DVD. Ils avaient pris la précaution d'entasser des vêtements appartenant à Gérald avant d'y mettre le feu. L'incendie devait être, fort heureusement, maîtrisé. Gérald Auguste avait sa petite idée sur l'auteur de ce vol mais n'avait pas voulu aller de l'avant avec cette affaire.



Mme Carmen Baya: "Gérald était trop bon"

"Il avait l'habitude d'aller m'acheter les journaux pendant le week-end et m'en faire la lecture. Il venait toujours me rendre visite. Lorsque j'étais à l'hôpital de juin à juillet de cette année, il avait en sa possession la clé de la maison. Il venait arroser "les jeunes filles" (NDLR: les fleurs de Carmen Baya). Il était trop bon. Il est mort à cause de cela. Il était très strict. Sa maison était très ordonnée. Pendant le week-end, il passait son temps à s'occuper de sa maison et de ses vêtements. C'était une personne digne de confiance. Il était très sérieux. Dimanche, il était venu chez moi vers 11h45 et était parti environ une heure après. Il avait nettoyé ma plaie. (NDLR: Carmen Baya, souffrante s'est fait opérer de cette plaie hier). Je lui avais conseillé d'aller en Angleterre. La vie dan pince ici. Lors de l'enterrement, le père Friquin avait dit que cette église (NDLR: St Patrick) est à Gérald. A chaque fois qu'il venait me voir, je lui donnais un chocolat et il attachait l'emballage sur un arbre se trouvant devant la porte. Le jour de la découverte du corps, lundi, il y avait plein de monde dans sa rue. C'est alors que j'ai demandé à une connaissance: kot to sorti. Elle m'a dit: bann là ine touye sa garçon là. J'ai failli m'évanouir à ce moment-là. Il était quelqu'un de strict, gentil, irréprochable. Il n'aimait pas la télé. Il aimait écouter la radio. Il m'avait dit que sa maison avait pris feu fin janvier et qu'il y avait eu un vol d'un appareil DVD chez lui le même jour"



Le père Friquin: "Sa mort brutale nous a tous bouleversés"

Gérald Auguste était un fidèle de la paroisse de St-Patrick, où il lisait régulièrement les lectures. Interrogé par Week-End, le curé de la paroisse, Pierrot Friquin nous a fait la déclaration suivante: " La manière brutale dont il a rencontré la mort nous a tous bouleversés. C'était un bon garçon. Il avait des difficultés dans la vie. Mais il se battait. Il rendait service à la communauté et était très apprécié. Il aidait les personnes âgées. Il était le pilier de sa famille et il avait connu la douleur de perdre son père il y a trois mois de cela. La veille de sa mort, il était à la messe. Je disais dans mon homélie qu'on construisait une société bizarre. Il n'y a qu'à se rendre compte de comment il est mort. C'est terrible ".


Affaire Li Xueqin


L'ouvrière chinoise autorisée à rester à Maurice

Li Xueqin, ouvrière chinoise renvoyée par Floreal Knitwear et qui vivait en clandestinité à Maurice depuis janvier de cette année, est désormais autorisée à rester à Maurice le temps qu'un jugement soit rendu dans son procès intenté à son ex-employeur. Cette décision est intervenue jeudi dernier suite à une rencontre entre la ressortissante chinoise, les deux syndicalistes, Reaz Chuttoo et Jane Ragoo, et le Premier ministre, Paul Bérenger. Ce dernier a ainsi donné son feu vert pour que Li Xueqin puisse rester au pays à condition qu'elle regagne son pays natal dès la fin du procès. Par ailleurs, la Commission des droits de l'homme a soumis un rapport concernant les droits des travailleurs étrangers à Maurice.

Les syndicalistes de la Federation of Progressive Union (FPU) ont crié victoire jeudi soir eu égard à la décision du Premier ministre de considérer le cas de l'ouvrière chinoise qui, depuis dix mois est recherchée par la police pour être déportée dans son pays d'origine. Pendant ces dix mois, les dirigeants syndicaux ont multiplié les démarches auprès des différentes instances locales et internationales pour protéger les droits de cette ressortissante chinoise. Jane Ragoo ne cache pas sa satisfaction par rapport à cette nouvelle tournure. "Nous sommes effectivement satisfaits de ce dénouement, car dès le début, nous avons cru qu'il fallait défendre les droits de cette ouvrière. C'était une question de droits humains et aujourd'hui, nous ne pouvons qu'en être satisfaits. Le Premier ministre a donné sa garantie que l'ouvrière pourra rester à Maurice le temps que son procès durera", a-t-elle confié à Week-End.

La FPU compte par ailleurs organiser une conférence de presse cette semaine pour exprimer leur point de vue sur ce développement et pour commenter le rapport émis par la Commission des droits de l'homme sur la question.. a Commission des droits de l'homme avait été saisi du cas de Li Xueqin en août dernier. Se référant à de nombreux cas où des expatriés ont été déportés dans leur pays sans tenir en compte leurs droits humains, elle a soumis un rapport sur la situation de ces travailleurs et invite, d'autre part, les autorités à prendre des "policy décision" en conséquence.

Mais quoi qu'il en soit, l'affaire Li Xueqin pourrait devenir un "test-case" avec ce développement intervenu jeudi soir. Son procès a une nouvelle fois été appelé en proforma jeudi matin en Cour industrielle. L'affaire sera prise sur le fond le 4 septembre prochain sous la présidence du magistrat. Elle était défendue par Me Jean-Claude Bibi, alors que la défense était représentée par Me Gilbert Noël.

Pour rappel, Li Xueqin a vu son contrat être résilié par son ex-employeur en janvier pour "gross misconduct" suite à des incidents survenus entre les ouvriers chinois et certains membres de la direction de l'usine. Après avoir été convoquée devant un comité disciplinaire, la direction de l'usine avait décidé que ses services n'étaient plus requis et qu'elle devait retourner dans son pays d'origine. Depuis le 15 janvier, elle vit dans la clandestinité à Maurice, son contrat ayant été annulé, ainsi que son permis de travail et de résidence.

Li Xueqin était depuis recherchée par la police. Dans un entretien accordé à Week-End en août dernier, elle devait confier qu'elle ne rentrerait en Chine que lorsque justice sera faite. "J'ai été licenciée pour une faute que je n'ai pas commise. Ce serait un déshonneur pour ma famille si elle apprenait que j'ai perdu mon travail et que je suis en situation illégale. Je crois en la justice mauricienne et, au nom des droits humains, demande aux autorités de me donner la chance de me défendre et de laver mon honneur avant de rentrer chez moi", avait-elle confié.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 24 octobre 2004